Parue en juin 2015, cette « lettre » du Pape François de 256 pages est un événement marquant. Selon les mots de Nicolas Hulot, « Il a placé l’enjeu écologique à un niveau supérieur ». « Ce qui n’est pas quantifiable est par définition inestimable. L’impact ou l’influence de l’encyclique Laudato Si n’est pas mesurable, mais elle est bien palpable. L’écologie est passée d’un thème politique dans lequel elle était engluée à un thème de civilisation qui maintenant éclaire la voie à suivre. En déployant des vérités qui dérangent, par la force et la justesse des mots, par l’exigence des engagements et l’intransigeance du diagnostic, ce texte a très certainement contribué au succès de la COP21. »
Dans l’encyclique, le Pape s’adresse à tous car le diagnostic posé sur le monde, notre maison commune, est sombre : l’eau potable risque de manquer, la pollution, les changements climatiques, la qualité de vie et les liens sociaux se dégradent. C’est une crise socio-environnementale qui frappe particulièrement les plus pauvres.
Il faut changer de direction et trouver une réponse globale aux problèmes car les facteurs environnementaux, économiques, politiques et sociaux sont interdépendants. Et il en va de la justice.
Les obstacles qui empêchent d’apporter des solutions à cette crise sont tant l’opposition des puissants que l’indifférence et parfois même la négation du problème, la résignation ou la confiance aveugle dans les technologies. La politique est trop soumise aux finances et à la technologie. Les décisions visent à satisfaire les besoins économiques particuliers et ne tiennent pas suffisamment compte du bien commun et de l’avenir de la planète.
L’information est parfois manipulée. Les associations qui cherchent à faire changer les choses sont présentées comme des utopistes romantiques, des gêneurs à contourner.
Enfin, l’empreinte écologique des pays riches et leurs déchets est le vrai problème.
Le message du Pape est cependant porteur d’espoir : pour lui, nous pouvons sortir de la crise et décider de nous réorienter. Il suffit parfois d’un seul homme pour commencer et interpeller les consciences. Les êtres humains peuvent se regarder avec honnêteté et choisir ce qui est bien. Il propose de dialoguer de manière transparente, entre tous, scientifiques, religieux, citoyens, politiques et économistes, sur la façon dont nous construisons l’avenir, afin d’arriver à un consensus.
Il invite aussi à puiser dans une spiritualité écologique le désir et la force de l’engagement, il invite à une conversion : changer notre style de vie, réfléchir à nos idéaux et relever le défi éducatif qui consiste à cultiver de solides vertus et à développer une citoyenneté écologique, d’adopter les petits gestes qui comptent au niveau de la consommation pour la réduire, pour polluer moins, planter, éviter le plastique, changer nos habitudes de transport,… Cette conversion est aussi spirituelle : il souligne l’importance d’une mystique pour retrouver le sens profond de l’engagement dans une écologie intégrale, pour que nous soyions animés par une motivation du cœur à renouveler notre relation au monde, à autrui, à Dieu, à retrouver une harmonie avec la nature.
Yann Arthus-Bertrand a collaboré avec le Pape pour proposer une édition illustrée par des exemples incarnés, saisis par son talent de photographe. Il estime que :
« La solution pour sauver notre planète ne sera ni politique, ni scientifique, ni économique, mais spirituelle ».
Voici une vidéo qui présente le livre illustré par les photos de Yann Arthus -Bertrand