Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont des êtres vivants dont l’ADN a été modifié par l’homme afin de leur donner certaines caractéristiques voulues : résistance à certaines maladies, à des pesticides, meilleure productivité, meilleure qualité,...
Les premiers végétaux génétiquement modifiés sont apparus aux Etats-Unis dans les années 1980 et ont commencé à être commercialisés dans les années 1990. Ces nouvelles semences ont été vantées comme une révolution dans le domaine de l’agriculture, on disait même qu’elles allaient pouvoir remplacer les pesticides (plus besoin de pesticides si la plante est elle-même est rendue résistante à ces nuisibles). Cependant, force est de constater que c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. En effet, la majorité des OGM ont un rôle bien différent : rendre ces nouvelles semences résistantes aux herbicides très agressifs tels que le Roundup. Ainsi, les agriculteurs peuvent pulvériser des litres d’herbicides sur leurs champs, qui vont tuer tous les végétaux à part les cultures OGM. De plus, l'entreprise qui produit ce Roundup n’est autre que Monsanto, un des plus grands producteurs d’OGM au monde ! Résultat des courses : le Roundup est utilisé en énormes quantités dans des champs du monde entier, ce qui provoque non seulement une perte impressionnante et dramatique de biodiversité - au niveau des plantes, des insectes qui sont en contact avec ces substances toxiques, des oiseaux qui se nourrissent de ces insectes - mais aussi des maladies graves auprès des riverains de ces champs. En effet, le glyphosate, substance chimique que contient le Roundup, est considérée comme potentiellement cancérigène par l’OMS. Dans certains villages proches de champs pulvérisés par de grandes quantités de Roundup, un tiers des habitants ont attrapé un cancer ou une autre maladie grave, d’autres souffrent de malformations. Malgré cette situation dramatique, la vente et l’utilisation de Roundup est toujours autorisée en Europe…
Mais l’utilisation de ce genre d’OGM pose aussi d’autres problèmes. A force de pulvériser les champs de Roundup, les mauvaises herbes deviennent plus résistantes à ces pesticides, il faut donc en pulvériser d’avantage. Et plus on pulvérise de pesticides, plus la terre s'appauvrit et moins elle est fertile. Il faut donc utiliser plus d’engrais. C’est donc un véritable cercle vicieux pour les agriculteurs.
De plus, les graines OGM qui sont produites par Monsanto sont la propriété de Monsanto car l’entreprise américaine a un brevet sur ces graines. C’est-à-dire que si un agriculteur utilise ces semences OGM, il ne pourra pas replanter les graines qu’il a récoltées sans payer Monsanto une nouvelle fois. Résultat : les agriculteurs doivent repayer leurs semences chaque année avant de les planter ! Les agriculteurs deviennent donc dépendants de Monsanto et ne sont plus libres de replanter leur propre récolte. Pire encore : si jamais, à cause d’insectes butineurs ou du vent, un champs qui cultive ces OGM en contamine un autre (des plantes “classiques” peuvent être contaminées par du pollen de plantes OGM et devenir à leur tour OGM), le propriétaire du champs contaminé peut être amené à payer de très lourdes amendes à Monsanto car ils ont “volé” des semences OGM, propriété intellectuelle de la multinationale !
Pour conclure, le débat autour des OGM soulève de nombreuses questions mais il est important de préciser que la réponse à apporter à ce débat est assez nuancée. Ce qui pose problème, souvent, ce ne sont pas vraiment les OGM eux-mêmes mais plutôt ce qu’il permettent (l’utilisation massive de pesticides très agressifs par exemple). Il faut aussi se rendre compte des pratiques scandaleuses de certains géants de l’industrie chimique tels que Monsanto, qui n’hésite pas à jouer avec la santé de millions d’être humains et qui n’accorde que peu d’importance aux effets ravageurs de ses pesticides sur la santé, la biodiversité et l’environnement en général.
Antoine Zulewski