La variole du singe (monkeypox)
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La variole du singe (monkeypox)
La variole du singe « monkeypox » est une zoonose[1] causée par un virus à double brin (orthopoxvirus), apparentée au virus de la variole, maladie éradiquée en 1980.
Sa transmission se fait principalement par contact direct avec des animaux infectés ou consommation de viande contaminée dans les pays endémiques.
La transmission interhumaine est possible par contact direct ou par gouttelette, par voie sexuelle ou materno-fœtale (de la maman vers le bébé pendant la grossesse).
En avril-mai 2022, des cas européens et nord-américains, sans notion de voyage ni de contact avec des voyageurs en provenance de pays à risque, ont été identifiés.
[1] Zoonose = maladie infectieuse transmise d’un animal à l’homme (le singe ici)
Signes cliniques/symptômes
Après la contamination au virus de la variole du singe, a lieu une période d’incubation d’une à deux semaines pendant laquelle aucun signe n’est observable.
Survient ensuite une courte période prodromique (fièvre), pouvant être accompagnée de poly-adénomes (grossissement d’un ganglion ressenti à la déglutition ou à la palpation de la gorge), de myalgies (douleurs musculaires semblables à des courbatures), et de fatigue.
On observera ensuite l’apparition de macules et papules, qui s’apparentent à des tâches rouges qui démangent ou à des petits boutons, débutant au niveau du visage ou des organes génitaux, puis touchant tout le corps jusqu’à atteindre les mains et les pieds.
Ces papules vont grossir et se remplir de liquide purulent (clair ou opaque), jusqu’à devenir des vésicules de 5 mm de diamètre pouvant s’ulcérer (surinfection).
A partir de deux semaines après l’apparition des symptômes, des croûtes vont se former au-dessus des papules, qui pourront alors cicatriser.
/!\ Le patient est contagieux jusqu’à la cicatrisation complète de toutes les pustules !! Il ne doit pas gratter ses croûtes, au risque de retarder la cicatrisation.
Contamination et protection
Le patient est contagieux du début des symptômes jusqu’à la cicatrisation COMPLETE des vésicules. La contamination peut se faire par contact avec du liquide infecté, par échange de gouttelettes, par voie materno-fœtale (de la maman vers le bébé pendant la grossesse), ou par contact sexuel.
Il sera donc nécessaire de protéger ses proches en cas de suspicion de la variole du singe :
• Port du masque chirurgical au maximum pour éviter les gouttelettes
• Port de vêtements longs pour couvrir les lésions / de gants
• Lavage fréquent des mains
• Traitement des surfaces à l’hypochlorite de sodium (eau de javel) à 0,5 %
• Isolation
Prise en charge et prévention
Il n’existe pour le moment pas de traitement efficace une fois les symptômes déclarés, mais la guérison est généralement spontanée.
Dans tous les cas, il est recommandé de consulter un médecin dès l’apparition des symptômes, car ce type de symptômes peut être causé par de nombreuses autres pathologies (herpès, syphilis, varicelle, rougeole, gale, etc…)
Les populations les plus à risque sont les immunodéprimés, les femmes enceintes, et les enfants qui risquent de développer une forme plus sévère.
En cas d’éruption majeure (plus de 100 vésicules, surinfection, atteinte oculaire, etc…), une hospitalisation peut être nécessaire afin de surveiller l’évolution du patient.
Les populations vaccinées contre la variole (nés avant 1977) peuvent être partiellement protégés de la variole du singe.
Les personnes contaminées doivent se déclarer auprès de l’ARS.
Les analyses biologiques
Le diagnostic de la variole est très simple à réaliser, et il peut se faire en laboratoire de biologie de ville.
Le biologiste réalisera un prélèvement cutané sur le patient (biopsie ou avec un écouvillon en frottant le liquide des vésicules).
Le prélèvement sera ensuite acheminé dans un triple emballage vers un laboratoire de niveau L3.
Dans le laboratoire, un biologiste réalisera une PCR sur le prélèvement, celle-ci se réalise en 4 étapes :
Dénaturation : l’échantillon est chauffé, ce qui va empêcher l’ADN d’être sous forme de spirale (comme un fer à lisser), puis qui va séparer les deux brins de molécules d’ADN.
Hybridation : on ajoute une séquence de molécules (acides nucléiques) dans le milieu, qui est spécifique de l’ADN du virus recherché (orthopoxvirus ici). Si de l’ADN du virus est présente dans l’échantillon, les molécules vont donc s’y fixer (en vert et jaune sur le schéma)
Elongation : le but ici est de multiplier les brins d’ADN, qui seront générés avec des molécules fluorescentes (en vert sur le schéma) afin de pouvoir être observés.
Observation : si de l’ADN de virus était présent dans l’échantillon, alors cet ADN aura été multiplié par la PCR, et le nouvel ADN créé sera fluorescent. En fonction de l’intensité de la fluorescence observée, on peut quantifier la quantité d’ADN viral initialement présent dans l’échantillon. Si cette quantité d’ADN est supérieure à un seuil fixé, on conclut que le patient est contaminé par le virus.