HPV et cancer du col de l'utérus
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HPV et cancer du col de l'utérus
Les virus HPV (human papillomavirus) sont la cause la plus fréquente d’infection sexuellement transmissible partout dans le monde. Si la plupart des infections ne causent aucun symptôme, certains types de virus peuvent causer des verrues génitales et évoluer en cancer du col de l’utérus chez une femme sur 5 !
Le cancer du col de l’utérus est presque exclusivement causé par une infection au virus HPV, il tue 270 000 femmes par an dans le monde, on observe 3000 nouveaux cas et 1000 décès par an en France.
Les hommes ne sont d’ailleurs pas protégés de ce virus car ils peuvent également développer des cancers génitaux.
Le virus HPV est un virus similaire à celui de l’herpès, contenant de l’ADN circulaire. Il ne possède pas d’enveloppe, ce qui fait de lui un virus « nu », et sa capside est icosaédrique (forme à 20 faces).
Il existe près de 120 génotypes (ou mutations) différentes du virus. Les formes les plus agressives sont les formes 16 et 18, qui sont en cause dans le cancer du col de l’utérus notamment.
Symptômes/signes cliniques
Une fois contaminé, les manifestations physiques dépendent du type d’HPV :
• Verrues cutanées : verrues plantaires, à régression spontanée le plus souvent→ génotypes HPV1, HPV5 HPV47 et HPV8
• Papillomes laryngés : souvent chez les enfants du fait d’une transmission lors de l’accouchement si la mère présentait des lésions au niveau génital. Ces papillomes peuvent présenter un problème car ils sont récurrents et risquent d’obstruer les voies respiratoires. Génotypes HPV6 et HPV11
• Lésions du tractus génital :
- Condylomes acuminés : proliférations d’épithélium (peau) bénignes Génotypes HPV6 et HPV11
- Condylomes plans : au niveau du col utérin, bénins au début puis peuvent se transformer en cancer.
- Lésions dysplasiques de sévérité variable : à régression spontanée ou évolution vers tumeur.
• Cancer du col de l’utérus génotypes HPV16 et HPV18
• Autres cancers : cancer anal, cancer de l’oropharynx HPV16 dans 85% des cas
Le processus tumoral a lieu dans l’épithélium (épiderme, derme et hypoderme). En cas de tumeur, on observera une prolifération cellulaire anormale. Ces cellules étant naturellement produites par l’organisme, elles ne sont pas reconnues par le système immunitaire, et notre corps est incapable de les détruire, elles deviennent donc immortelles.
Le test de dépistage
• Cytologique (pour rechercher des cellules anormales possiblement pré-cancéreuses ou cancéreuses) : frottis cervico-utérin (prélèvement au niveau du col).
• Virologique (pour rechercher une contamination à HPV) : PCR à ADN ciblé HPV haut risque ET PCR ARNm viraux ciblé sur gènes E6 et E7
Les recommandations de fréquence de dépistage sont les suivantes :
• Femme de 25 à 30 ans : tous les 3 ans après 2 examens consécutifs normaux à 1 an d’intervalle : cytologie puis si anomalie est détectée, il faudra réaliser un test HPV HR par PCR
• Femmes 30 à 65 ans : détection par test HPV HR par PCR 3 ans après le dernier frottis normal, puis tous les 5 ans si le résultat est négatif. Si le résultat est positif, il faudra réaliser une cytologie.
Explication du schéma ci-contre
• Le test HPV-HR correspond à un test de dépistage et permet de déterminer si la patiente est contaminée à l’HPV. Cependant, une contamination à l’HPV n’est pas toujours synonyme de cancer !
• Pour éliminer l’éventualité du cancer, si le test à l’HPV est positif, on réalisera un examen cytologique réflexe (ou frottis) ; cela correspond à une analyse au microscope des cellules du col de l’utérus sur le même prélèvement que pour le test HPV. La dénomination « ASC-US+ » signifie « atypical squamous cells of undetermined significance », et témoigne de la présence de cellules squameuses anormales.
• Si on observe des cellules anormales sur le prélèvement, la patiente sera rappelée pour réaliser une colposcopie ; une sonde sera introduite dans le conduit vaginal afin d’observer directement le col de l’utérus avec une « loupe ». En cas de doute, s’ensuivra une biopsie du tissu suspect. Ce test final permettra d’infirmer ou de confirmer un diagnostic de cancer du col de l’utérus.
Prévention et traitement
Une méta-analyse récente des programmes de vaccination des filles à l’étranger a montré une réduction de 51 % [42 %-58 %] des lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les filles âgées de 15 à 19 ans et une réduction de 31% [16%-43%] chez les femmes âgées de20 à 24 ans.