Homéopathie Scientifique

Qui je suis et ce que je veux faire

Je m’appelle Philippe Marchat, je suis français. J’ai effectué mes études de médecine à la faculté de médecine de Toulouse en France et j’exerce en tant que médecin homéopathe, dans le sud-ouest de la France, depuis un peu plus de trente ans.

A la fin de mes études de médecine, j’ai entrepris, des études de philosophie et d’épistémologie ou philosophie des sciences. J’y ai été diplômé après un cycle de quatre années.

Je suis l’auteur de deux livres, publiés en français, et non traduits en anglais. Le premier s’intitule « La médecine déchirée, entre désir de savoir et volonté de guérir » et a été publié aux Editions Privat en 2001. Le second, publié en 2006 aux Editions E.P.M, s’intitule « L’objet de l'homéopathie : le corps vécu ». J’ai, par ailleurs, participé à la rédaction de deux autres livres, écrits à plusieurs, sur l'homéopathie, disponibles uniquement en français.

Le constat qui m'a amené à présenter ce travail.

L'homéopathie a du mal à se faire une place dans les systèmes de santé des pays du monde entier. Elle n’occupe donc presque aucune place dans les débats de la médecine ou de la biologie modernes. Je veux dire, dans les débats constructifs, ceux consacrés à la recherche, au savoir humain, à la biologie, etc. Elle est tout aussi absente des débats et réflexions des universitaires de toutes les disciplines.

En fait, les seules occasions où nous en parlons sont pour la critiquer ou pout plaider sa cause. Et cette situation perdure alors que de nombreux patients l'utilisent régulièrement dans le monde entier et que de plus en plus de médecins la pratiquent. Cependant, il serait plutôt vain de protester contre cet état de choses et de se contenter de s'indigner. Au contraire, il s'agit de comprendre la raison d'une telle situation et de se donner les moyens de changer les choses.

Reformuler l'homéopathie, une nécessité

Or, ces deux objectifs visent tout d'abord à la mise en place d'une nouvelle conceptualisation de l'homéopathie. Cela donnera à la communauté homéopathique les moyens de se faire entendre enfin sur la scène médicale, biologique et scientifique. Cela lui permettra également de mieux se comprendre et d'améliorer également sa communication interne. Enfin, cette nouvelle formulation améliorera l’attractivité de l’homéopathie pour les jeunes générations de médecins, ce que le jargon homéopathique ne peut, hélas, que décourager. Reconceptualiser l'homéopathie est en effet le meilleur moyen de rendre possible un dialogue avec les communautés scientifiques et biomédicales.

On ne peut pas espérer s'adresser à l'autre et se faire comprendre par lui, si on n'utilise pas un langage accessible et compréhensible, des mots ayant la même signification pour les deux interlocuteurs, si l'on n'utilise pas de concepts qui, bien sûr, peuvent couvrir des nuances et des nuances. des variations les unes pour les autres mais qui doivent néanmoins converger suffisamment pour ne pas se prêter à un malentendu immédiat.

J'entends mener ma contribution en me guidant sur l'idée forte que le respect dû à l'esprit de l'homéopathie n'implique pas le respect de sa lettre lorsqu'elle est approximative, vague et déroutante. Ce qui est le plus préjudiciable, c’est que certains des concepts les plus courants de l’homéopathie n’y ont même pas une signification claire. Je ne prendrai que l'exemple du concept de miasme. Celui-ci cumule, si je puis dire, tous les défauts.

Pour le monde médical classique, il a une signification obsolète, anachronique et désigne "une émanation malsaine considérée dans l'Antiquité comme la source de maladies contagieuses". (Dictionnaire Larousse, dictionnaire français de référence). Et voici ce que Wikipédia dit: "La théorie du miasme (du grec ancien μσασμα : "pollution") est une théorie épidémiologique aujourd'hui invalidée qui attribue au miasme une forme néfaste de "mauvais air". Miasme jette immédiatement le discrédit sur l’homéopathie et lui confère un côté archaïque et obsolète.

Le problème est aggravé par le fait que, même dans le monde homéopathique, le terme "miasme" n'a pas de signification non équivoque. En effet, la signification que lui attribue le Dr Rajan Sankaran de Bombay est très différente de celle d’origine donnée par Hahnemann et conservée par les homéopathes "classiques". Et je ne parlerai pas de la conception miasmatique d'Alfonso Masi, d’Argentine, qui est là encore différente. Mais le pire est que ce terme ne comprend même pas, en soi, ce qu'entendent pour lui, Rajan Sankaran, Hahnemann ou Masi. C'est pourquoi chacun lui donne son propre contenu. Cela ne peut et ne doit plus durer. Il est temps de comprendre que lorsqu'un mot a, d'une part, un sens "négatif" pour la majorité des gens, que, d'autre part, tout le monde lui donne un sens différent et que, finalement, pour l'utiliser, on doit le redéfinir entièrement, c'est simplement qu'il n'est pas adapté.


Donner à l'homéopathie des bases scientifiques.

Il est également essentiel d'inclure l'homéopathie dans les sciences modernes et en particulier dans la biologie moderne. Dire que les maladies sont dues au fait que la force vitale est déréglée ne peut plus suffire non plus, pas plus que parler d'énergie vitale sans dire ce que l'on met, plus précisément, dans ce terme. Maintenant, les grands principes et les idées maîtresses de l'homéopathie sont, j'en suis profondément convaincu, complètement énoncés en termes scientifiques rigoureux, sans trahir l'originalité de l'homéopathie. Je vais donc y consacrer une grande partie de ma contribution.

Expliquer la place où doit se situer l'homéopathie dans l'université de médecine de demain.

Je pense enfin qu’une homéopathie scientifique doit aussi pouvoir s’articuler avec la biomédecine. Elle doit pouvoir montrer leurs points de convergence, leurs divergences, leur complémentarité et leurs antagonismes car c'est à cette condition qu'elle saura s'imposer dans le débat médical et scientifique et qu'elle pourra s'y rendre incontournable. .

La tâche est immense, j'en suis conscient. Cela ne peut être accompli par un seul homme. Le moment viendra donc où j'aurai besoin des contributions de mes nombreux confrères du monde entier. Mais, pour le moment, je vais essayer de tracer la voie et essayer, au fil des textes mis en ligne, de donner à l'homéopathie une nouvelle intelligibilité, universelle, accessible à tous et partagée par tous.

Libre à chacun de vous de retenir ce qui vous intéressera. Libre à tous aussi de m'écrire pour partager avec moi vos remarques et vos réflexions.

Octobre 2019