J2 : Lundi 2 août 2021
Le temps étant un peu incertain ce matin, nous renonçons à la côte de Granit rose, préférant la réserver pour un jour de très beau temps. En lieu et place, nous décidons de partir à la découverte de la côte du Petit-Trégor, à l’ouest de Locquirec, entre notre port d’attache et Morlaix. Finalement, le temps de prendre le petit déjeuner et de laisser passer une averse matinale, le ciel se dégagera vite, nous laissant optimistes pour réaliser notre programme.
Cap à l’ouest donc, avec un premier stop à moins de dix kilomètres de notre maison d’hôtes, sur la commune de Guïmaec, près de la pointe Beg an Fry, où nous avons prévu de suivre le circuit en boucle du même nom publié sur Altituderando.
Le parking dominant le sommet de la pointe, nous pouvons immédiatement nous faire une idée du caractère abrupt des à-pics, couverts de fougères, de bruyères et d’ajoncs, tombant tout droit dans la mer.
Depuis ce belvédère, nous profitons en outre d’un large panorama sur la baie s’étendant de Locquirec à Locquémeau et jusqu’à Trégastel.
Ensuite il s’agit de descendre d’un étage pour récupérer plus bas le chemin de randonnée GR34 qui sera notre fil conducteur. D’ailleurs on devine aisément sa trace dans la distance serpentant au bord des falaises dans un tapis de fougères.
Nous retrouvons ici des couleurs, nous rappelant les landes du cap Fréhel, dont les touches pointillistes évoquent aussi des œuvres impressionnistes.
En empruntant un GR, nous nous attendions à trouver un sentier entretenu et fréquenté, ce qui est loin d’être le cas pour cette portion.
Pour le moment, le passage entre la végétation est encore correct, mais bientôt il se rétrécit comme peau de chagrin, rendant la progression laborieuse dans une forêt de filicinées de plus en plus épaisse.
Au bout d’une heure, nous finissons par croiser un randonneur, solitaire et au long cours, en provenance de Saint-Nazaire (point d’origine de ce GR) et à destination de Saint-Malo. Lui aussi regrette l’état du sentier très envahi sur cette étape.
Heureusement, juste après, notre circuit s’échappe du bord de mer pour rejoindre, au bout d’un escalier très raide, la petite route D79A toute proche.
Nous traversons alors la campagne par un ensemble de chaussées très peu fréquentées par les voitures mais prisées des cyclistes, sinuant entre corps de fermes isolées et belles maisons bretonnes bordées de haies d’hortensias et d’allées d’agapanthes.
Au niveau du lieu-dit Prajou, le parcours s’enfonce à nouveau dans les terres en direction de la mer, en passant, entre étangs et ruisseaux, devant le moulin restauré du Trobodec autour duquel quelques vaches Highlands paissent tranquillement.
La roue à augets de cinq mètres de diamètre est particulièrement remarquable.
Le sentier aboutit à la plage de Vilin Izella, haut-lieu de la Résistance. C’est ici que des corvettes anglaises ont débarqué des informateurs résistants, notamment François Mitterrand, chargés de préparer le débarquement en février 1944.
Nous ignorons la plage afin de boucler notre circuit par un nouveau passage à flanc de falaises où nous croisons une nouvelle fois le fameux randonneur solitaire rencontré plus tôt, interloqué de nous voir arriver en sens contraire une seconde fois . 😉
C’est aussi l’occasion de contempler une dernière fois cette magnifique côte, sauvage et préservée.
Il reste alors à remonter jusqu’au parking que nous atteignons vers 13 heures après un très beau parcours de 8,4 kilomètres effectué en 2 h 50 à une altitude maximale de 87 mètres mais avec un dénivelé de 337 mètres, tout de même.
Cette dernière grimpette nous a donné chaud. Une baignade nous ferait donc le plus grand bien. Dans ce but nous prenons immédiatement la direction de la petite station balnéaire très populaire de Primel-Trégastel afin de poser notre serviette sur la vaste plage de sable fin après quelques brasses tonifiantes.
En dehors de la baignade, la pointe de Primel, réputée pour son amoncellement de roches rosâtres, mérite, elle aussi, qu’on s’y attarde. Alors c’est reparti sur les sentiers sillonnant la lande, slalomant entre des blocs granitiques aux apparences tourmentées où l’on croit pouvoir déceler, sur certains, quelques profils de visages pétrifiés. Le site est également prisé des amateurs d’escalade.
Cherchez les profils pétrifiés !
Après la pointe de Primel qui ferme la baie de Morlaix à l’est, rendez-vous justement en plein cœur de « la ville aux trois collines ». Pour l’apprécier, il nous faut encore crapahuter afin d’atteindre le fameux viaduc permettant au chemin de fer de franchir la rivière Dosen 58 mètres plus haut sur une longueur de 284 mètres.
Depuis ce belvédère, la perspective est saisissante sur les maisons s’étageant de part et d’autre de la rivière et par conséquent du viaduc coupant la ville en deux, à laquelle il confère une sorte de troisième dimension.
Vue vers le sud et le quartier autour de l’église Sainte-Mélanie
Vue vers le nord, la rivière de Morlaix et le port de plaisance
De Morlaix à Locquirec, nous n’avons plus qu’à traverser une jolie campagne fort peu fréquentée dont le relief déjà un peu marqué annonce les monts d’Arrée plus au sud.
Ce soir, nous dînons « dehors » de galettes et crêpes chez P’ti Anne, établissement simple et sans prétention dans le centre de Locquirec. Au passage, nous faisons une réservation pour le lendemain soir au restaurant du très chic Grand Hôtel des Bains qui nous promet le meilleur de la mer dans notre assiette. Hâte d’être à demain soir !