J1 : Dimanche 1er août 2021
Nous sommes attendus ce soir dans la maison d’hôtes « L’Ardoisière » à Locquirec. En ligne directe, la destination est distante de 160 kilomètres soit deux heures de route. Mais j’ai jugé qu’il était intéressant de faire un écart à mi-parcours afin de consacrer quelques heures à un site naturel remarquable. En l’occurrence j’ai choisi la pointe du Château à Plougrescant.
C’est à l’approche de Saint-Brieuc qu’il nous faut décider si oui ou non nous tenons à faire ce détour, car la météo est capricieuse aujourd’hui. Nous tentons le coup bien qu’ayant essuyé une suite d’averses conséquentes en cours de route. Nous avons bien fait car sur place le temps est magnifique.
Nous aurions pu nous diriger directement vers le parking le plus proche de la fameuse pointe, mais comme nous aimons bien marcher un peu plus… nous préférons suivre un tracé en boucle publié sur Altituderando dont le point de départ se situe, à l’est de la pointe, à Port-Castel. Nous y arrivons un peu après 15 heures.
Cela nous donne tout loisir d’apprécier la beauté sauvage de cette partie de la côte ponctuée de blocs de granit aux formes tourmentées encadrant d’immenses plages de sable ou de galets bordées de quelques charmantes chaumières.
C’est d’autant plus agréable que la fréquentation sur cette portion (avant la pointe) est très modérée.
Plage de Pors Hir
En arrivant à proximité de la pointe, les promeneurs, en provenance de l’aire de stationnement la plus proche, se font un peu plus nombreux. Ne cherchez pas de château à proprement parler, mais ce promontoire de granit composé de tours rocheuses aux allures de donjons possède tous les attributs d’une forteresse.
La randonnée se poursuit à l’ouest de la pointe en passant devant la Maison du Littoral, un centre d’information pour les visiteurs du site. Mais c’est surtout la petite maison voisine que la majorité des touristes sont venus voir. Il s’agit de la propriété privée de Castel Meur, adorable demeure coincée entre deux rochers et posée sur son îlot comme un défi à l’océan. Cette image est devenue l’emblème du site et sa réputation a fait le tour du monde.
A l’autre extrémité de la plage, nouveau détour vers l’autre point d’orgue de ce cheminement côtier. Il s’agit du Gouffre, surnommé aussi gouffre de la baie d’Enfer, formé d’un enchevêtrement de pans de falaises écroulées il y a fort longtemps, prenant des allures de canyon où l’océan s’engouffre avec fracas en soulevant des gerbes d’écume soufflées sur des centaines de mètres.
Tout autour, l’environnement rocheux s’étend à l’infini. Ici, les pointes granitiques s’avancent telles des griffes dans l’océan, là tels les doigts d’une main surgissant de la terre (à moins que ce ne soit de l’enfer) 😧.
C’est aussi à cet endroit du site que la fréquentation est la plus importante, les visiteurs s’agglutinant et se croisant en nombre au bord des gradins glissants de cet amoncellement rocheux de plus de dix mètres de haut. D’ailleurs des accidents (parfois mortels) sont à déplorer tous les ans. Nous ne nous attardons pas.
Après la rudesse de ces paysages, nous ne sommes pas mécontents de retrouver un peu plus de douceur, de tranquillité et de verdure en coupant par les terres pour revenir à notre point de départ.
Nous nous félicitons aussi d’avoir commencé la balade à l’est de la pointe du Château, beaucoup moins fréquentée. Nous avons néanmoins beaucoup apprécié cette belle boucle de 9,3 kilomètres réalisée en 2 heures et 15 minutes avec un dénivelé de 124 mètres.
Il nous reste à présent une heure de trajet jusqu’à Locquirec, mais auparavant nous aurions aimé prendre un verre. Ce ne sera pourtant pas possible avant Lannion, aucun café n’étant ouvert en cours de route en ce premier dimanche d’août !
A L’Ardoisière, les propriétaires nous accueillent chaleureusement dans leur demeure d’armateur datant de 1865, entourée de ses longères, qu’ils viennent de transformer en élégante maison d’hôtes ouverte depuis deux mois seulement. Dans les étages, plusieurs chambres spacieuses et lumineuses aux ambiances de bord de mer alliant charme de l’ancien et confort moderne. Nous héritons de celle baptisée « Moulin de la Rive » du nom d’une des plages de la commune et nous nous y sentons immédiatement comme chez nous.
Les abords de la maison sont encore partiellement en travaux, les maîtres des lieux ayant plein de projets à court et moyen terme (d’autres chambres, une nouvelle salle à manger, une piscine…) En attendant, un spa extérieur (ainsi qu’un espace de soins et de massage) complète déjà l’équipement.
Pour le dîner, nous n’avons qu’à descendre l’escalier pour apprécier une cuisine de bistrot familiale généreusement préparée par nos hôtes à partir de produits locaux, souvent bio. L’ambiance est conviviale et très vite, nous nous sentons ici comme chez des amis.