J5 : vendredi 21 mai 2021
Le ciel est partiellement couvert ce matin et la météo prévoit de la pluie dans la journée. Il va falloir prendre en compte ce risque et adapter nos choix d’activités. Parmi ma liste de randonnées, l’une d’elles semble pouvoir coller à cet impératif : le bois de Païolive.
Cette forêt ancienne, parsemée de roches calcaires aux formes parfois étonnantes, s’étend sur 15 km2 à une vingtaine de minutes de Vallon-Pont-d’Arc (30 mn de Balazuc), dans l’extrême sud du département.
Parcouru par la rivière Chassezac, le bois de Païolive offre également quelques beaux points de vue sur les profondes gorges taillées par cet affluent de l’Ardèche.
Trois circuits permettent de découvrir ces attractions, un découpage parfaitement adapté aujourd’hui. Nous nous inspirons d’une description trouvée dans un ouvrage mis à disposition dans notre gîte dont cette photo donne une vue d’ensemble.
En raison de l’incertitude météorologique, nous allons commencer par le circuit de la corniche, si la météo le permet poursuivre avec le circuit St Eugène et si le temps se maintient toujours, compléter avec le circuit de la Vierge.
Le parking des Clairières sur la D252, à proximité de la commune de Berrias-de-Casteljau, est le point de départ de la randonnée. Coup de chance, alors que le revêtement de la voie est en cours de rénovation, la route reste accessible jusqu’à ce parking mais pas au-delà.
Top départ à 10 heures, en commençant par la corniche que nous longeons jusqu’à l’endroit où la rivière Chassezac forme un beau Z. Le belvédère est un peu exposé mais pas vertigineux.
Au bout d’une heure seulement, nous arrivons déjà à l’intersection nous permettant soit de revenir au point de départ soit d’enchaîner avec le circuit St Eugène. On enchaîne bien sûr, et on s’enfonce à présent davantage dans les bois, débusquant déjà quelques rochers remarquables.
Un couple en pleine embrassade ?
Une bonne demi-heure plus tard, nous sortons la tête du bois sur le flanc ouest de notre parcours, où un rapide détour nous offre un nouveau point de vue sur la rivière Chassezac, ses falaises et la campagne environnante.
Juste à côté se dresse l’ermitage St Eugène qui a donné son nom au circuit. C’est un lieu dédié à la vie monastique, non accessible au public. Il est uniquement ouvert pour la messe tous les dimanches à 11 heures.
Retour au parking des Clairières sur les coups de midi, soit au bout de 2 heures alors que ce parcours était estimé à 4 heures.
Trois quarts d’heure plus tard, après le pique-nique, c’est reparti pour le circuit de la Vierge. Pourquoi la Vierge ? Car au fond d’une des anfractuosités rocheuses, on trouve une petite statue de la Madone. Mais le plus intéressant est ailleurs…
Il faut en effet prendre son temps pour ce parcours et ne pas hésiter à se perdre dans le dédale de ce labyrinthe rocheux pour que se révèle ce qui fait la renommée de Païolive : un bestiaire ludique et féerique qui titille notre imagination.
A force de se focaliser sur les sculptures rocheuses, on aurait presque manqué cette belle orchidée, bien cachée dans la végétation.
Orchis pourpre
Une végétation très singulière également, caractérisée par une abondance de mousse et de lichen barbus.
D’ailleurs, le bois abrite une mousse épiphyte, Codonoblepharon forsteri, endémique et classée parmi les espèces rares protégées.
D’un détour à l’autre, la grande arche conclut le circuit au bout d’une heure et quinze minutes.
Avec seulement 6,6 kilomètres (pour l’ensemble des trois circuits) réalisés en 3 h 15 (sans les pauses) avec un dénivelé de +167 mètres, ce fut une déambulation plaisante dans un bois surprenant.
Il nous restait à découvrir « l’Ours et le Lion » situés dans une clairière distincte accessible depuis un parking plus à l’ouest, mais qui ce jour-là, en raison des travaux sur la route, n’est pas atteignable. Nous avons par conséquent dû faire une croix sur cette triple arche emblématique.
Voici ce que nous avons loupé !
Mais nous allons immédiatement nous consoler en rejoignant un autre incontournable de la région : la grotte Chauvet 2. Réplique de la caverne originale découverte en 1994 par trois spéléologues amateurs, elle est ouverte depuis 2015.
En guise de préambule et en attendant l’heure de notre visite prévue à 15 h 25, nous tentons d’en apprendre davantage sur nos ancêtres, la faune et l’environnement de la région à l’époque préhistorique, dans la galerie des Aurignaciens.
Puis, après l’explication, place à l’émotion !
En pénétrant dans la grotte, au milieu des stalagmites et des stalactites, nous sommes immédiatement saisis par la qualité de la restitution, les concepteurs ayant pris soin de reproduire la même température, le même degré d’humidité et la même luminosité que dans la grotte originelle.
Pendant une heure, nous déambulons sur une passerelle, en compagnie d’un groupe d’une douzaine de personnes (au lieu du double habituellement) et découvrons les œuvres laissées par des hommes et des femmes il y a 36 000 ans.
Des centaines d’animaux, de quinze espèces différentes, apparaissent au fil des parois, mis en valeur par différentes techniques : peinture à l’ocre rouge, gravure au silex, tracé au doigt ou au fusain.
Les photos sont interdites sur place mais le site Internet de Chauvet met à disposition un dossier de photos à télécharger.
Hibou (gravé au silex)
Œuvre au point paume (ocre rouge)
Ours et panthère des neiges (tracé doigt)
Chevaux (tracé au fusain)
La visite se termine par la grande fresque des lions, panneau monumental de douze mètres de long d’où surgissent 92 animaux en mouvement.
Panneau des lions
Nous sommes à la fois subjugués et dubitatifs devant une telle maîtrise artistique !
C’est sur ce mélange de sentiments que se termine cette nouvelle excellente journée. Nous avons juste le temps de rentrer à Balazuc avant l’arrivée de la pluie qui va tomber en abondance toute la soirée.