J5 : Jeudi 8 août 2024
En Alsace, tout le monde connaît le mont Sainte Odile. Pour ceux qui l’ignorent encore, il s’agit d’une montagne vosgienne culminant à 764 mètres d’altitude surplombant la plaine d’Alsace au-dessus du village d’Ottrott. Elle est surmontée d’une abbaye fondée par Sainte Odile, patronne des Alsaciens. A ce titre, c’est un lieu de pèlerinage très fréquenté dont la réputation dépasse les seules limites de l’Alsace. C’est également devenu un haut-lieu touristique et le point de départ d’un grand nombre de randonnées, notamment le parcours que nous souhaitons effectuer aujourd’hui, sur le sentier nord du mur païen.
C’est quoi, ce mur ? C’est une enceinte d’une longueur de 11 kilomètres qui fait le tour du plateau du mont Sainte Odile. Formé de 300 000 blocs cyclopéens, le mur fait entre 1.60 et 1.80 mètre de large et peut atteindre jusqu’à trois mètres de hauteur. On ne connaît pas véritablement ni son origine ni sa fonction. L’enceinte qui daterait de l’époque mérovingienne pourrait avoir été conçue dans un but cultuel ou défensif. La section Nord du mur est celle qui est la mieux conservée, c’est celle que nous nous apprêtons à découvrir.
Depuis le parking P3 au mont Sainte-Odile (à une demi-heure de notre gîte), nous n’avons que quelques pas à faire pour nous retrouver au cœur d’une magnifique forêt de pins sylvestres. Le fameux mur commence déjà à se profiler devant nous.
En observant plus attentivement la construction, on peut se demander par quels procédés les pierres ont été amenées jusqu’ici et assemblées de cette manière.
Intrigué, Hervé trouve quelques explications sur un panneau à proximité.
Il y apprend que les blocs de grès ont été taillés sur place. On trouvait de nombreuses carrières à ciel ouvert tout au long de l’enceinte. La technique utilisée est détaillée sur le panneau.
Nous continuons à progresser aisément (peu de dénivelé) entre pins, fougères et bruyères en n’oubliant pas de humer avec bonheur toutes ces délicates senteurs. Vous aurez sans doute remarqué nos tenues, coupe-vent de rigueur. A 700 mètres d’altitude, à l’ombre de la forêt, il fait frisquet ce matin !
Quelques formations rocheuses remarquables ponctuent notre itinéraire. Certaines portent un nom, comme la porte Koeberlé, une poterne mise à jour en 1877 par le professeur du même nom, ou le Stollhafen, un rocher dont la forme rappelle celle d’un pot sur pied. Je ne crois pas que le rocher qui a attiré mon attention ait été dénommé, alors je propose « rocher du reptile ». 😉
Ne trouvez-vous pas qu'il ressemble à un reptile ? 😏
Au bout d’une heure nous atteignons le point le plus éloigné de notre parcours qui se trouve aussi à deux pas des ruines du Hagelschloss, où nous étions lundi. Que le monde vosgien est petit ! Dans ces conditions nous ne faisons pas le détour mais obliquons à angle droit dans le but de rejoindre la moitié sud du sentier des Merveilles.
Mais quelles sont ces merveilles ? Le sentier en question est jalonné de sculptures en bois représentant des animaux de la forêt (faon, renard, ours, hibou…) réalisé à la tronçonneuse par un bûcheron, Alfred Baumgart, champion de la spécialité, plusieurs fois primé. Malheureusement, avec le temps, certains sujets ont été abîmés comme cet ours (dont le socle s’effrite).
Les sculptures nous guident ensuite jusqu’au rocher d’Oberkirch où une trouée dans la végétation nous offre une jolie vue sur la plaine d’Alsace.
Petit à petit, nous approchons du mont. A l’issue d’une courte grimpette nous accédons à l’esplanade de l’abbaye où nous sommes tout étonnés de trouver autant de monde alors qu’en forêt nous n’avons croisé que très peu de randonneurs. C’est la rançon du succès du mont !
Sous notre surveillance, la petite D. va crapahuter sur la pelouse pendant que ses parents en profitent pour faire le tour du sanctuaire depuis la terrasse panoramique jusqu’aux différents bâtiments religieux (basilique, chapelles). Puis c’est à notre tour de faire la visite.
Le Mont...
... Sainte
... Odile
Après cette pause bien méritée, nous rejoignons le parking (bondé à cette heure !) par un sentier longeant la route.
Fin d’une très belle randonnée de 6 kilomètres, 2 heures (plus la pause), dénivelé 200 mètres. Un excellent rapport effort/intérêt !
Notre trace est en bleu
La fin de l’après-midi est à nouveau consacrée à une promenade locale, une boucle débutant comme la fois précédente dans les champs derrière le gîte avant de s’orienter vers le centre du village où la collégiale Saint-Florent tient une place de choix. C’est un véritable joyau de l’art gothique dont les proportions impressionnent, surtout par rapport à la taille du village et à son nombre d’habitants (1400 hab.). On comprend alors pourquoi l’église a été surnommée la « petite sœur de la cathédrale de Strasbourg ». Construite aux XIIIe et XIVe siècles puis rénovée dans la deuxième moitié du XIXe siècle, elle abrite les reliques de son saint patron que les pèlerins viennent vénérer depuis plus de mille ans et possède un superbe ensemble de vitraux gothiques d’époque.
Il aurait été dommage de louper un tel chef d’œuvre historique et architectural.
Collégiale Saint-Florent
Nef de la collégiale