De la place des Musiciens au jardin des Fées
De la place des Musiciens au jardin des Fées
J7 : Samedi 10 août 2024
Pour notre dernier jour, j’aurais aimé faire une randonnée vers deux formations rocheuses emblématiques de la région. D’une part, la Porte de Pierre (alt.858 m), un monolithe de grès rose résultant de l’érosion, composé de trois piliers surmontés d’un linteau, le tout formant une double porte. D’autre part, le rocher de Mutzig (alt. 1100 m) offrant une vue imprenable sur la vallée et les massifs alentours (Donon, Schneeberg, Champ du Feu). Mais pour les rejoindre, il faut être prêt à parcourir 16 kilomètres avec un dénivelé de plus de 800 mètres pour une durée estimée à 6 heures minimum. Or aujourd’hui, nous n’y sommes pas vraiment prêts ! 😉
Lien vers... le descriptif
Ne voulant pas complètement y renoncer, je propose d’en effectuer une partie seulement, jusqu’au jardin des Fées aller/retour. Le dénivelé serait alors réduit à 400 mètres, ce qui me paraît envisageable.
Nous partons par conséquent tous les cinq jusqu’au point de départ, la place des Musiciens dans la forêt de Lutzelhouse, à une vingtaine de minutes de « chez nous ». Pas de musiciens en vue 😉, juste un chalet du Club Vosgien local devant lequel nous débutons notre randonnée à 9 h 45. Altitude : 428 mètres.
En suivant le balisage « cercle vert », nous passons, au bout d’une vingtaine de minutes, à côté d’une sculpture monumentale semblable à celles que nous avions déjà vues dimanche dernier sur le sentier du Sandweg. En effet, depuis 2004 et la création du sentier des Géants, 42 œuvres monumentales contemporaines de pierres issues du sous-sol local ont progressivement trouvé leur place au cœur des forêts des alentours le long d’un itinéraire de 62 kilomètres de long, à proximité du GR53. Cette sculpture-ci intitulée « Les têtes » est l’œuvre de Mirceas Puscas, un artiste canadien. Les trois silhouettes représentées m’évoquent immédiatement les membres de la famille des Géants du Nideck, le père, la mère et leur fille. 😉
Sculpture "Les têtes"
Au bout de trois quarts d’heure (depuis le départ), nous arrivons au pied d’un autre géant, un séquoia de 56 mètres de hauteur, planté en 1896 au bord de la route forestière du Kappelbronn par un garde-forestier, en mémoire de son fils décédé de la diphtérie à l’âge de 4 ans. Une bien triste histoire pour un arbre vraiment remarquable, nous sommes impressionnés !
Cinq minutes plus tard, nous quittons la route forestière du Kappelbronn pour débuter une longue montée escarpée, déroulant ses larges lacets à travers une belle forêt moussue. Devant nous, il y a 300 mètres de dénivelé à encaisser jusqu’au sommet de la bien nommée « Grande Côte » ou plus exactement longue côte si l’on en croit la version locale de « Langenberg ». Bercée par le rythme régulier des pas de sa maman, D. s’est endormie comme une bienheureuse. 🙂
Après cinquante minutes d’ascension, nous atteignons enfin la Grande Côte (alt. 830 m), terminus de notre parcours. Le sommet est occupé par une curieuse enceinte circulaire faite de mégalithes et de pierres à cupules appelé « Jardin des Fées ». On ne sait pas précisément si ces pierres sont issues de l’érosion ou ont été taillées par l’homme. En dehors de la légende qui prétend que des fées venaient y danser la nuit, l’endroit aurait eu différentes utilités : observatoire astronomique à l’âge de fer, lieu de culte celtique, pressoir à huile… Ces éléments auraient au moins 3000 ans comme le stipule un panneau à proximité.
Certaines pierres portent d’étranges marques en forme de croix ou encore d’assiette bordée d’un sillon et percée d’un trou central. La légende dit que les fées s’en servaient pour préparer leurs philtres 😉. Vraisemblablement elles auraient plutôt servi de meule ou de pressoir.
En tout cas, ces menhirs couchés nous offrent une assise confortable pour une pause pendant que notre petite fée se dégourdit les jambes en se faufilant entre les pierres.
Nous en profitons aussi pour immortaliser la vue sur les sommets alentours dont une application nous révèle les noms et les altitudes.
Après une bonne demi-heure de pause agrémentée d’une petite collation, nous quittons le sommet à midi passé. Vu l’heure, Quentin est chargé de nous trouver la voie la plus rapide pour le retour. Fort de cette consigne, il n’hésite pas à opter pour des sentiers certes existants, mais non balisés, peu empruntés et parfois embroussaillés. Par moments, je me demande où nous allons atterrir. Au carrefour du Partage, nous ne sommes pas encore en terrain connu (ne sommes pas passés par là à l’aller), mais l’apparition d’une des 42 sculptures contemporaines prouve que nous sommes sur la bonne voie.
L’œuvre appelée « La porte de pierre » fait allusion à la formation rocheuse dominant cette forêt. A défaut d’avoir pu voir la vraie porte de pierre, nous en admirons ici la réinterprétation de l’artiste letton Uldis Zarins.
Sculpture "La porte de pierre"
Peu après, nous empruntons un petit tronçon commun à l’aller jusqu’au carrefour du Kegelplatz avant une dernière variante jusqu’au parking. Retour à la voiture à 13 h 15 après avoir parcouru 6.4 kilomètres en 3 heures et demie (pause comprise) avec un dénivelé de 400 mètres.
Notre trace est en bleu
Conclusion : cette randonnée aura été la plus longue (en durée) et la plus exigeante (en dénivelé) de la semaine. Par conséquent, repos pour tout le monde, l’après-midi !
En soirée, il faut commencer à préparer les valises, demain on rentre à Paris ! 😐