L'article de Stéphane Allaire, présente le compte rendu d'une expérience menée à l'automne 2023 dans un cours optionnel de deuxième cycle universitaire. L'objectif principal était d'explorer les potentialités socio-numériques ou affordances de l'intelligence artificielle générative (IAg), en la considérant spécifiquement comme un collaborateur dans le contexte d'une démarche de coélaboration de connaissances.
Au début, l’auteur a adopté une « posture de pédagogue prudent » car il craignait que l’usage de l’IA réduise la participation et la liberté d’action des étudiants. Pour éviter ce risque, l’approche choisie repose sur la coélaboration des connaissances qui vise à faire progresser la réflexion du groupe tout en maintenant la responsabilité de chaque étudiant.
L'expérience a permis d'identifier six rôles de soutien (affordances) qui favorisent la réflexion et le dialogue au sein de la communauté : Soutien à la formalisation d'un questionnement complexe / Soutien à l'identification de pistes d'approfondissement provenant de sources reconnues / Soutien à l'identification d'idées qui témoignent d'un avancement de connaissances / Soutien à l'autoévaluation des étudiants et étudiantes / Soutien à l'analyse du processus de travail de la communauté / Soutien à la synthèse du discours. Ces usages sont présentés comme des éléments de soutien pour les étudiants de cycles supérieurs mais l’auteur suggère qu’ils pourraient être adaptés aux étudiants de différents niveaux.
À mon avis, il est aujourd’hui impossible d’ignorer la présence et l’influence de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’éducation. Plutôt que de la craindre, il est préférable d’apprendre à l’utiliser de manière pertinente, éthique et réfléchie. L’IA offre de nombreuses opportunités : elle peut soutenir la recherche, faciliter l’écriture, encourager la créativité et même aider à mieux comprendre certains sujets. Ses avantages sont, selon moi, plus nombreux que ses inconvénients, à condition qu’on soit bien formés à son usage. Je pense que l’enjeu principal n’est pas de limiter l’IA, mais de développer une culture numérique responsable qui permette de l’intégrer dans nos apprentissages sans perdre notre autonomie intellectuelle. Si les enseignants et les étudiants apprennent à collaborer avec l’IA plutôt qu’à la subir, elle peut devenir un outil de progrès collectif, au service de la connaissance et de l’innovation.