Cette étude examine l’adoption du numérique par les enseignants des hautes écoles francophones de Belgique en période post‑pandémique, afin de comprendre comment ces enseignants intègrent les technologies numériques dans leurs pratiques pédagogiques en étant influencés par des facteurs institutionnels, contextuels et individuels. L’étude s’appuie sur des entretiens semi‑directifs auprès de 39 enseignants et technopédagogues, et une analyse thématique identifie quatre influences majeures : les politiques publiques (comme le cadre du Recovery and Resilience Facility (RRF)), les contextes institutionnels, les dynamiques communautaires et les compétences numériques variables des enseignants et des étudiants.
Parmi les éléments favorables à l’intégration des outils numériques, on note l’émulation entre pairs, soutenue par un petit groupe de « pionniers » en innovation pédagogique et le déploiement massif d’équipements et de technopédagogues permis par le RRF. Toutefois, la recherche souligne aussi des freins : la nature temporaire du financement, l’absence d’une stratégie globale de formation pour enseignants et étudiants ainsi que les coûts financiers et temporels engendrés par les nouvelles technologies.
De mon point de vue, cette étude apporte un éclairage précieux sur la transition numérique dans l’enseignement supérieur non universitaire, en soulignant que la technologie seule ne suffit pas : l’engagement humain, la culture institutionnelle et l’accompagnement pédagogique sont tout aussi déterminants. Elle me convainc qu’une adoption réussie du numérique passe avant tout par une vision partagée et un soutien institutionnel à long terme et non par une simple accumulation d’outils.