PRP – Plasma Riche en Plaquettes
PRP – Plasma Riche en Plaquettes
Le plasma riche en plaquettes (PRP) est une fraction de votre propre sang, concentrée en plaquettes par centrifugation et débarrassée des globules rouges. C'est un produit 100 % autologue — issu de votre propre organisme — utilisé en médecine du sport depuis plus de 40 ans.
Après centrifugation, on recueille le surnageant jaune clair, riche en facteurs de croissance : c'est cette fraction qui sera injectée dans la zone à traiter.
Les plaquettes jouent un rôle bien connu dans la coagulation, mais elles contiennent aussi des granules libérant des facteurs de croissance essentiels à la réparation tissulaire : le VEGF (croissance vasculaire), le PDGF (régulation cellulaire), le TGF-β (différenciation des cellules souches), entre autres.
Une fois injecté dans un tissu pathologique, le PRP active en cascade le métabolisme local et stimule la régénération naturelle de la zone lésée. À la différence des corticoïdes (qui agissent en bloquant l'inflammation), le PRP est pro-inflammatoire : il sollicite votre corps pour qu'il déclenche sa propre guérison.
Le geste débute par un prélèvement sanguin classique, réalisé au pli du coude ou à l'avant-bras. Selon la zone à traiter, 15 à 100 ml peuvent être prélevés.
Les tubes sont ensuite centrifugés. Un gel d'aphérèse intégré au tube sépare les globules rouges des plaquettes. Le plasma riche en plaquettes est alors recueilli et prêt à être injecté ; une éventuelle deuxième centrifugation (double spin) est possible pour concentrer les plaquettes et diminuer le volume de l'injectat.
Comme pour toute procédure interventionnelle, un protocole strict d'asepsie est respecté : selon les recommandations HAS, matériel de ponction stérile à usage unique, marqué CE.
Le PRP est indiqué dans plusieurs situations de pathologie musculo-squelettique :
Arthrose (injection intra-articulaire) — les facteurs de croissance stimulent la microvascularisation, le métabolisme articulaire et exercent un effet antalgique. Si le cartilage ne peut pas se régénérer complètement, le PRP peut en ralentir la dégradation et réduire significativement la douleur. Il est d'autant plus efficace que le patient est jeune et la lésion légère. Toutes les articulations périphériques peuvent être traitées, des grosses articulations portantes (hanche, genou, cheville, épaule, coude) aux petites articulations (poignet, main, pied).
Tendinopathie fissuraire (injection intra-tendineuse) — associée à une ténotomie à l'aiguille (fenestrations du tendon pathologique), le PRP stimule la régénération tendineuse. Tous les tendons peuvent être traités : épaule, coude, poignet, hanche, genou, cheville, pied. Un tendon complètement désinseré relève généralement de la chirurgie. La tendinopathie fissuraire est une excellente indication du PRP, là où la cortisone est contre-indiquée : la cortisone fragilise un tendon déjà lésé, alors que le PRP stimule sa cicatrisation.
Lésion ligamentaire (injection intra-ligamentaire) — le PRP favorise la cicatrisation en cas de retard de consolidation après entorse ou de surmenage de l'appareil ligamentaire.
Œdème osseux (injection intra-osseuse) — en cas de lésion osseuse sous-chondrale ou d'œdème médullaire, le PRP peut être administré directement au sein de l'os pour stimuler la réparation locale.
Atteinte nerveuse (injection péri-neurale ou intra-neurale) — dans certaines indications ciblées, le PRP est utilisé au contact ou au sein d'un nerf périphérique pour favoriser sa régénération ou réduire une névralgie chronique.
Le PRP a été développé initialement dans le sport de haut niveau, où la cortisone est considérée comme un produit dopant. Il n'est en aucun cas réservé aux sportifs : toute personne souffrant d'une pathologie musculo-squelettique — jeune ou moins jeune, active ou sédentaire — peut y avoir recours.
L'âge n'est pas un facteur limitant : votre organisme renouvelle en permanence ses plaquettes, quel que soit votre âge. Le PRP reste néanmoins plus efficace chez un sujet jeune présentant une lésion légère.
La réputation douloureuse du PRP est en partie méritée : la zone traitée reste sensible plusieurs jours après l'injection, en raison de la réaction inflammatoire volontairement déclenchée. Une anesthésie locale est systématiquement réalisée avant le geste.
Certains praticiens y renoncent, invoquant un possible effet inhibiteur des anesthésiques locaux sur l'activité plaquettaire (un débat non tranché à ce jour). Plusieurs sociétés savantes internationales de médecine orthobiologique valident cependant l'utilisation d'une anesthésie sans impact démontré sur l'efficacité clinique.
Par ailleurs, une injection douloureuse génère un stress physiologique et une vasoconstriction réflexe qui peuvent eux-mêmes nuire à la qualité de la réponse tissulaire. L'anesthésie fait partie intégrante du protocole, pas une concession au confort.
Le PRP étant issu de votre propre sang, il ne peut provoquer ni rejet ni allergie au produit lui-même. Les effets indésirables sont ceux de tout geste d'infiltration :
• Douleur et ecchymose au point de ponction
• Réaction inflammatoire locale de 48 à 72 heures
• Risque infectieux très faible, inférieur à 0,01 % (plus faible qu'avec les corticoïdes)
La contre-indication absolue est l'infection active. Les maladies auto-immunes, les arthropathies inflammatoires et les arthropathies microcristallines constituent des contre-indications relatives à évaluer au cas par cas.
La séance se déroule en trois temps :
• Prélèvement sanguin et centrifugation au cabinet
• Anesthésie locale préparatoire
• Injection du PRP sous guidage échographique, après asepsie rigoureuse
La qualité du PRP dépend directement de la qualité de votre sang. Dans les 72 heures précédant le geste :
• Privilégiez une alimentation légère, riche en fruits et légumes, pauvre en aliments ultra-transformés
• Évitez les repas gras, riches en protéines animales et l'alcool
• Hydratez-vous abondamment — au minimum 1,5 L d'eau par jour
• Arrêtez tout anti-inflammatoire (AINS) 15 jours avant le geste et jusqu'à 2 mois après. Un antalgique non anti-inflammatoire (paracétamol) peut être utilisé pendant cette période si nécessaire.
Le processus de cicatrisation est progressif et s'étend sur 3 à 6 mois en général. Un repos sportif strict de 7 à 14 jours est nécessaire pour laisser le temps à la phase initiale de cicatrisation, suivi d'une reprise encadrée de la kinésithérapie. Si votre activité professionnelle n'est pas physique, un arrêt de travail n'est pas nécessaire.
L'indication, le volume prélevé et le site d'injection sont discutés en consultation, en tenant compte du contexte clinique, des antécédents et des attentes du patient.