Appuyer sur le bouton « snooze » est un geste quasi universel. Un petit bonheur quotidien. Dix minutes de plus sous les draps ? Pourquoi pas ! Une étude de 2025, publiée dans Scientific Reports par la revue Nature, a révélé que plus de la moitié des gens utilisent régulièrement le bouton « snooze ».
Pourtant, la science nous montre désormais que ces courtes interruptions de sommeil peuvent vous rendre plus somnolent, moins concentré, et même nuire à votre santé à long terme. Voyons ensemble pourquoi il est peut-être temps d'en finir, une bonne fois pour toutes, avec le bouton « snooze ».
La routine du réveil devrait être des plus simples : le réveil sonne, on se lève.
Mais aujourd'hui, réveils et téléphones intelligents offrent des fonctions de rappel d’alarme personnalisables, souvent à des intervalles de 5 à 10 minutes, ce qui permet d’allonger la routine matinale de 30 minutes ou plus.
L’étude de Scientific Reports a analysé plus de 31 000 utilisateurs et plus de 3 millions de nuits de sommeil grâce à l’application Sleep Cycle. Elle a révélé que 55,6 % des personnes utilisaient la fonction « snooze », avec en moyenne 2,4 répétitions par matin, prolongeant ainsi leur réveil d’environ 11 minutes.
Le hic : cette habitude fragmente le sommeil.
Même si le « snooze » semble offrir une transition douce vers une journée productive, cette routine révèle surtout un problème répandu : nous manquons cruellement de sommeil réparateur. Et plutôt que de s’attaquer à la racine du problème, on retarde l’inévitable, dans l’espoir vain de mieux commencer la journée.
Vous est-il déjà arrivé de vous sentir étourdi, désorienté, ou déconcentré après être finalement sorti du lit ? Ce phénomène s'appelle l’inertie du sommeil, et le bouton « snooze » l’aggrave.
Selon Scientific Reports, se réveiller régulièrement à l’aide du « snooze » augmente l’intensité et la durée de cette inertie.
Pourquoi ? Parce qu’à chaque pression sur « snooze », votre corps redémarre un nouveau cycle de sommeil, interrompu quelques minutes plus tard. Au lieu de vous réveiller à la fin d’une phase légère, vous êtes arraché à une phase profonde, ce qui accentue la fatigue.
Une étude publiée dans le Journal of Physiological Anthropology confirme que les participants ayant utilisé le « snooze » étaient plus somnolents et avaient des temps de réaction plus lents que ceux réveillés par une seule alarme.
Cette confusion ne nuit pas seulement à l’humeur : elle peut affecter la mémoire, la prise de décision et la concentration tout au long de la journée.
Le corps humain fonctionne selon une horloge interne de 24 heures, appelée rythme circadien. Elle régule notamment le cycle veille-sommeil, la production d’hormones, la température corporelle et la digestion.
Se réveiller à heure fixe contribue à stabiliser cette horloge, améliorant l’énergie et la qualité du sommeil. Or, le bouton « snooze » perturbe ce rythme.
Selon Scientific Reports, les personnes qui utilisent fréquemment le « snooze » ont des heures de réveil moins régulières que celles qui ne l’utilisent jamais. Résultat : le corps ne sait plus à quoi s’attendre, et cela peut perturber la libération de mélatonine, le niveau de vigilance, et même les processus métaboliques.
Autrement dit, si vous cherchez à vous réveiller plus tôt ou à vous sentir plus alerte, le bouton « snooze » est votre ennemi.
Et voici le plus ironique : ces dix minutes de sommeil supplémentaire ne vous reposent pas. Pourquoi ? Parce que :
Elles surviennent souvent pendant une phase légère, non réparatrice ;
Elles sont constamment interrompues par les alarmes.
Conséquence : votre cerveau n’atteint jamais les phases profondes et restauratrices, et vous vous sentez plus épuisé que si vous vous étiez levé tout de suite. Selon l’étude de Scientific Reports, les personnes qui utilisent beaucoup le « snooze » rapportent une qualité de sommeil inférieure, même si leur temps total au lit est similaire à celui des autres. En clair : vous restez plus longtemps au lit, mais vous n’en tirez aucun bénéfice.
L’étude de 2025 parue dans Scientific Reports est sans appel : le snooze est courant, mais contre-productif.
Fait étonnant : beaucoup de gens utilisent le bouton « snooze » sans même en être conscients. Ce comportement est devenu automatique, intégré à une routine matinale inconsciente. C’est donc une habitude, et la science montre qu’il est grand temps de la briser.
Voici cinq stratégies simples et validées scientifiquement pour vous aider à reprendre le contrôle de vos matins :
Mettez votre téléphone ou votre réveil à l’autre bout de la pièce. Cela vous forcera à vous lever pour l’éteindre. Le mouvement physique aide à réduire l’inertie du sommeil.
Essayez de vous lever à la même heure chaque jour, y compris les fins de semaine. Cela renforce votre rythme circadien et vous aide à vous réveiller plus facilement.
Les simulateurs d’aube (réveils lumineux) imitent le lever du soleil, facilitant un réveil progressif et naturel. Chez nous, c’est ce que Charlie et Alice utilisent actuellement. Moi, je me réveille naturellement à 5 h 30… mais ça, c’est une autre histoire !
Si vous êtes toujours tenté de dormir plus longtemps le matin, c’est peut-être que vous vous couchez trop tard. Essayez d’avoir 7 à 9 heures de sommeil par nuit et limitez l’exposition aux écrans avant le coucher. Chez nous, on regarde la télé en famille, mais on éteint les téléphones 45 minutes avant d’aller au lit.
Un bon café, une courte promenade ou un podcast que vous aimez peuvent transformer votre réveil en plaisir plutôt qu’en corvée. L’envie de bien commencer la journée réduit l’envie de somnoler.
Parlant de routines matinales, je vous quitte en vous encouragent à lire mon livre : Faites votre lit
Un discours inspirant, rempli de conseils pratiques pour transformer vos matins, votre quotidien… et peut-être même changer le monde !
Ogawa K, Kaizuma-Ueyama E, Hayashi M. Effects of using a snooze alarm on sleep inertia after morning awakening. J Physiol Anthropol. 2022 Dec 31;41(1):43.
Robbins, R., Sääf, D., Weaver, M.D. et al. Snooze alarm use in a global population of smartphone users. Scientific Reports, 15, 16942 (2025). https://doi.org/10.1038/s41598-025-12345-6 (lien fictif à titre illustratif)