Le culte prend place dans les temples. Un membre costumé souhaite la bienvenue à toute personne qui entre en l'appelant « frère » ou « sœur », même s'il s'agit d'un simple visiteur. Le service est fort peu cérémoniel et très informel, car il ne comporte pas de liturgie, ni de chant, ni de prières toute faites, et dure entre 15 et 30 minutes.
Le culte est composé de deux pratiques :
- « l'Opération générale » : établie par Antoine en 1910, elle commence et se termine par trois sons de cloches (1- Amour ; 2- Intelligence ; 3- Conscience : Dieu est parmi nous) ; elle est brièvement annoncée par un membre costumé, on se lève au 2eme coup de sonnette après l'annonce. Après avoir médité dans une pièce située au fond du temple, un desservant monte à la plus haute tribune, et l'adepte costumé (s'il y en a un) se rend à la tribune inférieure. Tous deux restent debout et prient silencieusement pendant quelques minutes afin de transmettre le fluide à l'assistance. Puis, si la lecture des textes sacrés est prévue juste après, comme c'est le cas en France, le desservant chuchote au membre costumé de procéder à la lecture.
- « la Lecture » : d'une durée maximale de vingt minutes, cette forme de culte consiste en une lecture d'un livre d'Antoine par le membre costumé. Cette lecture se termine quand il remercie l'assistance par une formule consacrée.
Frère Antoiniste en costume
avec la Révélation par Antoine le Généreux
Après le service, des fidèles réguliers ou des visiteurs peuvent demander à consulter un guérisseur, ce qui se fait dans l'une des petites pièces du temple. Durant ces consultations, tous deux se tiennent debout devant l'image d'Antoine : le patient exprime la requête qu'il veut obtenir, puis le guérisseur fait « une pensée ».
La Mère établit des rituels (baptême des enfants, bénédiction des couples et communion des jeunes gens). Les funérailles sont également pratiquées. Seules les funérailles ont encore cours en Belgique, comme du temps du Père.
On voit l'emblème de l'Arbre de la Science de la Vue du Mal et le lecteur.
Antoine calqua les fêtes antoinistes sur celles du catholicisme, d'une part parce que les premiers membres étaient principalement issus de cette religion, et d'autre part parce cela offrait une plus grande solidarité dans la prière ; les fidèles observent donc toutes les fêtes chrétiennes, notamment la Toussaint, Noël, Pâques, le lundi de Pâques et l'Ascension, des passages appropriés des œuvres d'Antoine étant lus ces jours-là durant le culte.
Il y a également trois jours spéciaux dans le culte antoiniste, et l'assistance au temple est généralement plus élevée à ces occasions. Le 25 juin, jour de la mort de Louis Antoine, a été institué « Fête du Père » par sa femme peu après la mort de son époux. Au début, à partir de 1913, tous les temples, excepté celui de Jemeppe, étaient fermés ce jour-là pour que les adeptes viennent assister à la cérémonie dans cette ville. Les antoinistes effectuaient ce jour-là un pèlerinage à Jemeppe pour participer à une procession à travers la ville durant laquelle étaient soulignés les principaux événements de la vie d'Antoine. La procession fut abandonnée en 1937 et le pèlerinage ne semble plus être organisé ; les fidèles se contentent depuis de rendre hommage au fondateur dans les temples. Le 15 août commémore la Consécration du premier Temple, celui de Jemeppe. En 1911, ce jour-anniversaire, l'Opération générale eut lieu au temple, puis se poursuivit dans une salle des fêtes, ce qui choqua des adeptes ; aussi, dès l'année suivante, toute la cérémonie se déroula exclusivement dans le temple. Enfin, le 3 novembre, Fête de la Mère, correspond à l'anniversaire de la mort de Catherine.
Le fait de porter le vêtement religieux antoiniste est le signe d'une grande implication dans le culte de la part de la personne qui fait ce choix. Bien que non obligatoire, il est réservé aux fidèles qui effectuent l'office, les célébrations et les autres tâches dans le temple, celles-ci étant appelées « travail moral » puisqu'elles sont censées participer à l'élévation morale des fidèles.
C'est en 1906 qu'Antoine décida de porter un habit spécial pour la première fois, et ce fut au tour des fidèles à partir de 1910. Entièrement noir, le vêtement pour les hommes a été créé par Antoine, et celui pour les femmes par Catherine, qui définirent précisément leurs dimensions dans leurs écrits. Des habits pour les jeunes enfants des deux sexes existent également, mais ne sont dans les faits jamais utilisés. Historiquement, le port du vêtement fut l'objet d'un débat parmi les premiers antoinistes, certains d'entre eux ayant refusé de le porter et créèrent un scandale tant et si bien qu'Antoine dut se justifier sur ce sujet, affirmant qu'il avait été révélé par inspiration. Dans le passé, le vêtement était également porté dans la rue, et c'était ainsi que les fidèles étaient immédiatement identifiés par les passants. Mais cet usage s'est perdu et désormais l'habit est généralement porté uniquement lors du culte, étant mis et enlevé dans le vestiaire du temple. Celui pour les hommes est composé d'une robe semblable à celle portée par le clergé catholique vivant dans les monastères, et fermé par treize boutons, plus un chapeau haut-de-forme en cachemire. L'habit pour les femmes est composé d'une robe large accompagnée d'une cape et d'un bonnet avec un voile. Dans la doctrine antoiniste, le col est important car c'est ici que le fluide est censé résider.
Le seul emblème du culte antoiniste est l'arbre de la science de la vue du mal qui figure sur la façade de la plus haute tribune dans le temple. Il a sept branches qui représente les sept péchés mortels (bien que le péché soit nié), deux yeux qui symbolisent la vue des péchés, et des racines de l'arbre qui sont le symbole de l'intelligence reliant l'homme à la matière. Dans les branches, la mention « Culte antoiniste » est généralement écrite.
La Meuse - La Lanterne, 16 mars 1971 (Archives de sœur Mya)
L'emblème (qualité de la photo améliorée par Grok)
Le costume antoiniste pour les hommes se compose des éléments suivants :
Lévite noire : longue et sobre, elle couvre le corps jusqu’aux genoux et possède 13 boutons.
Pantalon noir : porté avec la lévite pour une tenue uniforme.
Souliers noirs : pour compléter l’uniformité de la tenue.
Coiffure :
Chapeau haut-de-forme (feutre), notamment lors des cérémonies.
Principe :
La tenue doit refléter l’humilité, la discrétion et la foi, sans ostentation ni personnalisation, conformément à l’enseignement du Père Antoine.
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Le costume antoiniste pour les femmes se compose des éléments suivants :
Robe noire : longue et sobre, elle descend jusqu’à 13 cm du sol, couvrant entièrement le corps.
Bonnet :
Forme ronde, sans pointe, avec une ruche de 22 cm de contour sur les cheveux.
Sans voile à l’origine, conformément à la révélation initiale de Mère.
Accessoires :
Sans maquillage ni bijoux, pour respecter l’idéal de simplicité.
Souliers et bas noirs, pour une tenue uniforme et discrète.
Cheveux rentrés sous le bonnet, pour éviter toute coquetterie.
Variations symboliques :
Bonnet blanc : porté par la Mère Antoine et certaines desservantes (comme Sœur Deregnaucourt) lors des cérémonies exceptionnelles (consécrations, fêtes), symbolisant leur accès au "fluide du Couronnement".
Voile : initialement suggéré par une sœur pour un aspect plus religieux (inspiré des religieuses catholiques), mais abandonné par la Mère plus tard, car elle estimait que « tantôt vous le retirerez aussi ». Aujourd'hui, le voile est encore porté en France, tandis qu'en Belgique, on a adopté de nouveau le bonnet sans voile, revenant ainsi à la simplicité originelle.
Principe :
La tenue doit refléter l’humilité, la discrétion et la foi, sans coquetterie ni personnalisation, comme l’a souligné la Mère : « La robe révélée est notre plus belle robe, car l’esprit en est revêtu. »