"Roman vrai", Délivrez-nous du mal raconte la vie de Louis Antoine, fondateur d'un culte dans la banlieue liégeoise à la fin du siècle dernier. Le livre de Robert vivier ne se lit pas seulement par plaisir littéraire, mais parce que l'auteur y re-constitue, avec une sympathie profonde, l'itinéraire psychologique d'un homme, les mœurs et la mentalité d'une région qui fut également la sienne, un peu plus tard. Il jette aussi quelque lumière sur le phénomène passionnant que constitue la naissance d'un mouvement religieux.
Préface de P. SEMPOUX. Lecture de Cl. GOTHOT-MERSCH.
Recension dans Le Jardin des lettres, 1er avril 1936 :
De M. Robert Vivier, qui obtint il y a deux ans le Prix Albert 1er pour l'ensemble de son œuvre et, en particulier, pour son roman Folle qui s'ennuie, un livre très curieux sur le guérisseur Antoine dont aujourd'hui les adeptes innombrables – les Antoinistes – ont leurs temples, leurs prêtres, leurs rites et leur morale : Délivrez-nous du Mal (Fr. 18). « On se demandera peut-être en lisant cette histoire, écrit M. Robert VIVIER, si j'ai été témoin de ceci ou de cela, si je suis strictement documenté sur tout ce que je raconte. Je crois n'avoir attribué à Antoine ni un seul acte, ni un seul geste qui ne soit en accord avec son caractère ou avec les mœurs de son milieu, ou bien que la tradition orale, qui a joué un grand rôle dans la diffusion première de l'Antoinisme, ne lui ait attribué à un moment ou à un autre. »
Dans « La Vie wallonne » (12, rue Saint- Mathieu, Liége), M. Pierre Landelies, à propos d'un livre : « Sans Ame », publié naguère par M. André Thérive, parle de l'antoinisme dans le roman :
Religion éclose sur les coteaux de Meuse, à quelques kilomètres de la Cité, l'antoinisme porte en soi les marques du paysage qui l'a vu naître. A la douceur des ciels gris appuyés sur les collines roses succèdent les nuits traversées des lueurs ardentes et cyclopéennes des hauts fourneaux au travail : étrange union des contraires, spiritualité et matière mêlant leur rythme en un perpétuel acte de foi pour créer la vie. Ainsi l'antoinisme : religion de foi simple et fruste, sans grand apparat, entourée d'une spiritualité assez vague et informe pour plaire aux humbles et les conquérir. Religion touchant à la lumière en la niant. Il serait assez curieux de rechercher ce que l'antoinisme doit aux autres religions et philosophies, depuis Epictete jusqu'à Allan Kardec, amalgame d'idées hétéroclites et parfois contradictoires. Il serait plus intéressant encore de suivre, dans la foule souffrante à qui il s'adresse, son influence ascendante.
Le Soir, 27 juin 1932
M. P. DEBOUXHTAY, conservateur de la Bibliothèque Centrale de la Ville de Liège, satisfera bien des curiosités par la publication de son livre sur Antoine le guérisseur et l'Antoinisme (Liège, Fernand Gothier, 1934, un vol. in-12 de 332 pages, avec 8 gravures). C'est une biographie, la plus complète qui ait jamais été publiée, fondée sur une solide documentation, faite en bonne partie de sources inédites, notamment les archives judiciaires et administratives ; c'est une mise en œuvre absolument objective de tout ce qui a été imprimé sur l'Antoinisme, qui fait apparaître celui-ci sous son vrai jour et dont les données ne laisseront pas d'étonner plus d'un lecteur. Le travail consciencieux de M. Debouxhtay a été composé avec le seul souci de la vérité. Il mérite d'être lu avec tout l'intérêt que comporte un sujet qui ne peut laisser personne indifférent. Exposé narratif et biographique, il sera suivi d'un tome II où l'auteur se propose « d'analyser avec détail l'enseignement » d'Antoine, d'en retracer l'évolution et d'en rechercher les sources. »
Chronique archéologique du pays de Liége, 25e année, 1934 - À lire, p.39
En 1945, il publie en 1945 une monographie de 33 pages sur l'antoinisme éditée par La Pensée catholique (Imp. Soledi, Liège).
Louis Antoine (1846-1912), ouvrier autodidacte wallon, un temps attiré par le spiritisme, rompit avec le catholicisme ambiant pour fonder une religion nouvelle basée sur une doctrine et des écritures monothéistes originales : le mal et la maladie viennent de la matière ; l'homme peut s'en débarrasser en prenant conscience de sa nature spirituelle. Le charisme et la réputation de thaumaturge du "Père Antoine" lui attirèrent beaucoup de sympathisants dans les couches populaires en voie de déchristianisation. Après la mort du "Père", son épouse, la "Mère", le relaya dans l'organisation de la nouvelle foi, largement décentralisée et dotée de rites fort sobres. Il existe ainsi en Wallonie et dans le Nord de la France une cinquantaine de temples antoinistes qui accueillent des fidèles, en nombre relativement restreint, mais aussi tous ceux qui cherchent un remède à leurs souffrances.
Maître de conférences en psychologie sociale à l'Université de Lille, Régis Dericquebourg a mené une enquête sur le terrain. Resituant l'antoinisme dans le cadre des religions de guérison dont il est spécialiste, il donne ici la première description systématique et impartiale de cette religion méconnue, dont il souligne l'extrême discrétion, explicite la doctrine, cite les textes principaux et dévoile le fonctionnement concret
Alors que l’Europe assiste au réveil des nationalités, un pays vient de naître en 1830 et il porte le nom que lui donna Jules César à l’époque des conquêtes romaines : Belgique, qui abrite un trésor, la houille ainsi qu'une main-d’œuvre locale à bon marché. La réalité de cette époque dépasse en horreur tout ce que le cerveau de Zola pouvait concevoir en écrivant Germinal et ceci malgré plus de quatre cents pages d'archives! Ce livre est le seul qui ose dénoncer les tragiques conséquences du marasme économique de l'époque. C’est dans ce creuset d’esclaves ouvriers que Louis Antoine voit le jour en 1846 à Mons, un village surplombant le bassin houiller liégeois. Sa réputation de guérisseur et sa notoriété grandissante provoque aussitôt la jalousie de la médecine qui n'arrive à rien. Médecins et notables intriguent alors pour se débarrasser de l'intrus si dérangeant qui leur fait concurrence.
Documentation précise et parfois de première main qui ne manque pas d'intérêt. M. Jacques Cécius qui est décédé maintenant me précisait vouloir mettre cette contribution à disposition de toute personne qui le demande. À bon entendeur, salut !
première partie
introduction - pourquoi ce livre ?
naissance et jeunesse d’un prophète
la première épreuve
un cadeau du ciel
le spiritisme
l'initiation d'Antoine au spiritisme
les Vignerons du Seigneur
la condamnation
la rupture avec le spiritisme
le prophète de Jemeppe
la religion nouvelle
la désincarnation du Père
l'œuvre de la Mère Antoine
la liturgie, cause de la « rupture » entre temples belges et français
la reconnaissance officielle du culte
les guérisons
quelques erreurs relevées dans divers ouvrages
seconde partie : la doctrine antoiniste
les dix principes de dieu révélés par le Père
la matière est une illusion
la non existence du mal
l’emblème antoiniste: "l'Arbre de la science de la vue du mal"
notion antoiniste de la réincarnation
l'origine de la vie
l’éthique antoiniste
quelques documents
conclusion
commentaire de l'auteur : Je ne suis pas moi-même antoiniste, mais j'ai consacré un long chapitre de mon ouvrage "Les Aventuriers de Dieu" (Ed. Picollec 2002) à la vie et au message du Père Antoine. La couverture, une oeuvre de la sculptrice Catherine Cairn, est d'ailleurs librement inspiré du portrait du Père Antoine.
Présentation de l'éditeur
Ils étaient persuadés que Dieu leur avait adressé un message. Ils ont consacré et parfois sacrifié leur vie pour convaincre des milliers d'autres. Depuis un peu plus d'un siècle, ces " aventuriers de Dieu " explorent de nouvelles pistes spirituelles en marge des religions établies. Leurs existences, flamboyantes et tragiques subjuguent ou hérissent. Elles nous invitent à réfléchir sur le sens de nos propres vies... Loin de tout esprit polémique, voici les parcours atypiques de quelques-uns de ces nouveaux prophètes, choisis pour la sincérité de leur conviction et le côté palpitant de leurs aventures. Ils sont suivis de notices concernant les autres fondateurs de " religions " aux XIXe et XXe siècles, d'Auguste Comte à Moon, en passant par Krishnamurti ou Gilbert Bourdin du Mandarom.
Chapitres sur Louis Antoine (p.193-226) : Le havre de toutes les misères, "Ton âme est un feu aussi", Dans la mine, le souffle de Dieu, Un soldat consciencieux, Le mariage du "grand Louis", Quel est le secret de l'univers ?, Les messages de l'au-delà, Les âmes sur "l'autre rive", Les Vignerons du Seigneur, Petit catéchisme spirite, Les agissements d'"un nommé Antoine", L'art et le don de guérir, La foi en l'opération du Père, Un guérisseur de l'âme, Un chemin plus direct, Le temple du Père Antoine, Les démarcheurs de l'Antoinisme, Le couronnement de l'Oeuvre, "Ne vous préoccupez pas de ma mort".
Biographie de l'auteur
Historien et journaliste (Point de Vue, Histoire, etc.) , Philippe Delorme est notamment l'auteur de nombreuses biographies sur les reines de France (éditions Pygmalion). Il est également à l'origine de l'analyse, pratiquée en 2000, sur le cœur de Louis XVII et qui a connu un immense retentissement médiatique, prouvant ainsi que l'enfant du Temple était bien le fils du roi de France.