Date de publication : Jan 16, 2015 3:20:5 PM
Nous avions assisté, lors de la retraite d’été au Village des Pruniers, à un partage où le projet Wake Up Schools France avait été présenté.
Nous venons de recevoir le cadeau d’un week-end de pratique dans la sangha toulousaine de l’île intérieure. A cette occasion, nous avons proposé un temps de parole à ceux qui se sentent concernés par le thème de l’éducation. Peut-être verrons-nous bientôt dans notre sangha une famille d’éducateurs heureux.
C’est ainsi que se sont regroupés Adèle, Sylvie, Catherine, Patrick, Annette, Murièle, Marie- Ange, Margaux, Françoise, Catherine, Raphaël et Elodie.
Chacun s’est présenté et a témoigné de son intérêt pour le projet Wake Up Schools France, dont l’historique a été brièvement rappelé.
Nous appartenons tous à des corps de métiers différents ; l’une d’entre nous est venue simplement en tant que maman. Nous parlons d’éducation, au-delà de nos identités professionnelles. Nous ne nous sentons pas seulement concernés en tant que professionnels mais en tant que pratiquants.
Pour beaucoup, nous tournons autour du même constat : il faudrait faire quelque chose mais je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas comment faire. Et de chercher tous nos freins à cela, toujours perçus comme extérieurs : principe de laïcité, collègues bornés, incompréhension de la hiérarchie... Souvent nous nous sentons seul et nous n’osons rien entreprendre. Peur de l’échec. Peur de la stigmatisation. C’est difficile de commencer quelque chose seul. Nous n’avons pas assez confiance dans la pratique.
Certains ont fait un pas et entrepris discrètement d’introduire dans la classe des pratiques de pleine conscience, parfois en toute clandestinité. C’est le fruit de leur chemin de pratique. Peut-être que certains d’entre nous attendent que nos institutions nous disent que c’est cela qu’il faudrait faire.
Ceux qui ont fait ce pas de pratiquer dans leur espace professionnel et en témoignent nous montrent que c’est possible, si nous le souhaitons. Il est possible de pratiquer dans notre monde professionnel, sans chercher à transformer nos collègues ou nos élèves en pratiquants. Ceux qui ont fait ce pas et en témoignent nourrissent notre courage.
Car nous manquons de courage, cette précieuse force du coeur. Nous n’osons pas commencer à transformer ce qui est à notre portée. Serait-ce que nous avons peur de changer, que nous avons une représentation tellement immobile de nous-même et de notre métier que nous ne pouvons y toucher ? Nous n’osons pas. Pas encore...
Ce rassemblement, au sein de la sangha, des pratiquants qui se sentent concernés par l’éducation nous semble aujourd’hui une belle façon d’essayer de participer à ce changement. C’est dans la sangha que nous cherchons le courage du changement.
Elodie Fuchs, octobre 2014