Benjamin Viaud : Symphonie n°7 Salve Regina (2026 - création)
pour célébrer la réouverture de Notre-Dame de Paris
Mouvement 1 - Prélude pour la réouverture de Notre-Dame de Paris
Mouvement 2 - Suite de danses anciennes pour le temps présent
1 - Ouverture "La Réjouissance"
2 - Adagio (Pas de deux)
3 - Danse Lente (Milonga)
4 - Air à Danser (Chanson)
5 - Gymnopédie
6 - Bourrée
7 - Sarabande
8 - Farandole (Danse Macabre)
9 - Forlane (Fileuse)
10 - Rigaudon (Mouvement perpétuel)
11 - Pavane (Méditation)
12 - Gigue
Mouvement 3 - Postlude pour l'office des complies sur l'antienne Salve Regina
La Nuit Blanche 2024 avait permis d'entendre au Grand Orgue de Saint-Louis-en-l'Île la Symphonie n° 6, Notre-Dame Résurrection, fresque musicale dramatique inspirée de l'incendie puis de la reconstruction de la cathédrale de Paris.
La Nuit Blanche 2026 en constitue le prolongement naturel avec la Symphonie n° 7, Salve Regina, qui célèbre la réouverture de Notre-Dame en décembre 2024 dans une atmosphère plus lumineuse, festive et contemplative.
L'œuvre reprend plusieurs motifs de la symphonie précédente, notamment le célèbre thème construit sur les lettres B-A-C-H. À ceux-ci s'ajoute un nouveau thème issu de l'antienne mariale Salve Regina, véritable fil conducteur de l'ensemble de la partition.
La symphonie s'articule autour d'un vaste cycle de douze danses empruntant aux formes anciennes, mais réinventées dans un langage tonal contemporain où le sacré et le profane se répondent constamment. Ce parcours chorégraphique est encadré par un prélude et un postlude de grandes dimensions.
Le prélude, dédié à la réouverture de Notre-Dame, déploie progressivement une vaste fresque sonore évoquant la majesté retrouvée de la nef. À l'autre extrémité de l'œuvre, le postlude, prolongeant l'Office des Complies, prend la forme d'une chaconne lancinante aux teintes de clair-obscur, d'où émerge le thème du Salve Regina.
La première danse, La Réjouissance, donne immédiatement le ton. Héritée de l'esthétique baroque, elle enchaîne épisodes contrastés et élans festifs avant de s'apaiser dans une première apparition pleinement affirmée du thème marial.
L’Adagio prend la forme d'un véritable pas de deux des ballets romantiques : une ligne mélodique chantante se déploie sur un accompagnement délicat, comme l'expression d'une conversion intérieure.
Deux pièces s'écartent volontairement des modèles anciens : une Gymnopédie et une Milonga, hommages respectifs à Erik Satie et Astor Piazzolla. Leur caractère nostalgique et introspectif transforme le souvenir en chemin spirituel, où le profane rejoint peu à peu le sacré.
L’Air à danser joue avec les codes de la chanson populaire actuelle. Mais sa conclusion sur le choral Herzlich tut mich verlangen (« Ardemment, j'aspire à une fin heureuse ») rappelle que l'élan de la jeunesse trouve son accomplissement dans une quête de transcendance.
La Bourrée abandonne la vigueur traditionnelle de cette danse binaire pour une version légère et espiègle, tandis que la Sarabande évoque discrètement celle, célèbre, de Haendel, tout en explorant les couleurs changeantes des modes anciens.
La Farandole constitue l'un des sommets dramatiques de l'œuvre. Danse populaire provençale tourbillonnante, symbole de vitalité, elle rappelle également les danses macabres médiévales nées au lendemain de la Peste noire. Le mouvement devient ainsi un affrontement entre la danse de la vie et celle de la mort.
La Forlane, dans sa version lente et lyrique héritée du XXe siècle, déroule son rythme souple et sa mélodie mélancolique comme un hommage aux êtres aimés et disparus.
Le Rigaudon, danse provençale vive et énergique, se transforme en un mouvement perpétuel débouchant sur un véritable feu d'artifice sonore.
La Pavane suspend ensuite le temps dans une méditation sereine tournée vers un idéal de beauté et de transcendance.
Enfin, la Gigue finale évoque la célèbre fugue en forme de gigue de Johann Sebastian Bach avant de s'élargir dans une vaste conclusion épique. Une ultime apparition du Salve Regina vient alors couronner l'édifice, comme une célébration de la lumière retrouvée, de la vie renaissante et de l'espérance.
Copyright Benjamin Viaud - 2026