VERS L'ASSAUT FINAL
Devenue dramatiquement exposée à la suite de la bataille de Fère-Champenoise, la ville de Paris disposait en 1814 de moyens de résistance très limités.
Prise au dépourvu par l'avancée rapide des Coalisés, la ville comptait également en son sein des conspirateurs résolus à obtenir l'abdication de Napoléon.
L'Empereur décida de se porter au secours de la capitale le 28 mars 1814, progressant via Bar-sur-Aube, Troyes et Fontainebleau.
Pour affronter 145.000 soldats de la Coalition, Napoléon ne comptait alors plus que sur 60.000 soldats. Mais, jouant de la possibilité de joindre ses forces à celles des maréchaux Marmont et Mortier, l'Empereur estima qu'il avait encore une possibilité de renverser le cours de la guerre.
AFFRONTEMENTS
Joseph, frère de l'Empereur, ne se décida à mettre Paris en état de défense que le 29 mars.
Les forces de la garnison parisienne purent dès lors se monter à 12.000 fantassins de valeur inégale, 3.000 cavaliers, 8 batteries d'artillerie légère et 84 canons placés sur les hauteurs de Belleville et de Montmartre.
La veille, 28 mars, l'armée coalisée de Schwarzenberg avait atteint la Marne.
Les Coalisés décidèrent d'attaquer Paris par le Nord à l'aide de trois colonnes :
la colonne de droite, forte de 3 corps, attaquerait via Saint-Denis.
la colonne du centre, soit 2 corps, attaquerait par Meaux.
la colonne de gauche, aussi forte de 2 corps, attaquerait via Neuilly.
Les Coalisés décidèrent également de garder deux corps d'armée en réserve dans la région de Meaux.
Ayant franchi la Marne le 29 mars, les Coalisés atteignirent Bondy.
Un combat de cavalerie se déroula dans la région et vit la retraite des Français.
Dans la soirée du 29, les Coalisés occupèrent Aulnay, Drancy et Noisy-le-Sec. Au cours de cette même soirée, les généraux alliés décidèrent pour le lendemain de porter leurs efforts sur Montmartre et Vincennes. Entendant se rendre maîtres des hauteurs, les Coalisés espéraient ensuite bombarder la capitale à l'aide de leur artillerie et contraindre les défenseurs à la capitulation.
Le 30 mars à 5h30, la bataille pour Paris s'engagea véritablement à Romainville, point de jonction obligé des divers corps coalisés.
Malgré des assauts soutenus, les contingents russes furent contenus.
Ailleurs, des combats se déroulèrent pour la possession de Pantin, où les Français résistèrent, d'Aubervilliers, de Chelles et de Neuilly-sur-Marne.
Plus au sud, les Coalisés s'emparèrent de Saint-Maur et Charenton et s'approchèrent de la forteresse de Vincennes qu'ils se gardèrent toutefois d'investir.
Dans la soirée du 30, perdant son sang-froid et estimant que tout était perdu, Joseph autorisa le maréchal Marmont à traiter avec l'ennemi.
Durant la nuit, l'assaut massif des Coalisés débuta contre Romainville, le Pré-Saint-Gervais, Bagnolet, Charonne, Ménilmontant, La Villette et Aubervilliers. L'enceinte fortifiée de Paris s'en trouva directement menacée.
Le 31 mars à 2h00 du matin, la reddition de la ville devint effective.
RÉSULTATS
Le 31 mars 1814, les Coalisés entrèrent dans Paris, suivis des Royalistes.
Réfugié à Blois, le gouvernement impérial continua brièvement de fonctionner mais les défections de plusieurs maréchaux, dont Marmont, Ney, Lefebvre, Oudinot et Macdonald, contraignirent Napoléon à abdiquer, le 6 avril 1814.
La bataille de Paris fut la plus meurtrière de la campagne de France. Elle fut aussi celle qui y mit un terme.
Ayant engagé environ 40.000 ou 45.000 soldats, les Français perdirent 4.000 tués et blessés, 1.000 prisonniers, 126 canons et 2 drapeaux.
Ayant disposé de 100.000 soldats, les Coalisés en perdirent environ 5.050 tués, blessés ou disparus.