Date de publication : Jul 30, 2014 1:18:23 PM
Le rendez vous de départ est fixé samedi matin à 7h chez Christian. S’y retrouvent Marion, Lisa, Daniel et Christian. Marie et Vincent nous rejoindront sur place le lendemain. La météo est mauvaise, voire très mauvaise, il pleut des cordes quand on charge la voiture. Ça va s’améliorer en allant vers le SE, et quand on arrive au bord du barrage, il bruine un peu mais ça va se découvrir le temps de prendre un café au Garlitz, le bistrot-restaurant tenu par Francis et Emmanuelle, des amis de longue date de Christian.
Comme le temps n’est quand même pas top, on décide de grimper sur la muraille de Cap de Long, à gauche du lac, à 5 minutes à pied, ce qui permettra une retraite rapide s’il se met vraiment à pleuvoir, et aussi de tâter le granite, dont la caractéristique bien connue est de ne pas avoir de prises.
La muraille de Cap de Long. Le ciel est couvert mais il ne pleuvra pas.
Le choix se porte sur «embarquement immédiat», une classique de la muraille, 5 longueurs dans le 5, bien équipée. Marion fera les 3 premières longueurs en tête, dont une « un peu fine », en traversée sous un surplomb.
Dans la traversée, ce n’est pas Marion, c’est une photo trouvée sur le net, mais elle a fait pareil. Ambiance!
Daniel fera les 2 dernières longueurs. Retour à pied pour une petite collation au Garlitz, qui va devenir le camp de base de l’expédition.
On repart ensuite pour «carpe diem», voie un peu plus corsée, 4 longueurs de 5, 6a+, 6b et 5 pour finir. On embarque pour l’occasion Francis, qui de son propre aveu ne grimpe pas plus que du 5, et n’a pas grimpé depuis des mois. Mais comme le dit son épouse, ça lui fera du bien, il ne bouge plus et il grossit!
Les cordées sont donc Christian avec Francis en second, suivis de Marion et Daniel en réversible. Marion fait la première longueur, un bon échauffement en dalle et dièdre, puis Daniel celle en 6a+, une dalle sculptée (parfois il faut bien les chercher, les sculptures…) une très belle escalade même si les points sont un peu éloignés.
Ensuite ça se corse dans le 6b, pas à cause de la difficulté, Marion va assurer brillamment en tête, mais à cause de Francis qui galère. Christian le tire, lui met des pédales, lui envoie un bout, l’encourage de la voix (lire il l’engueule parce que qu’il ne monte pas les pieds…), ce qui oblige Marion partie juste derrière à se décaler sur une terrasse pour attendre, et du coup elle se retrouve coincée et à du mal à repartir. Elle demande à Christian de lui envoyer un bout de corde, et finira la longueur en «moulinette psychologique», c’est-à-dire avec 3m de mou qui ne l’auraient pas beaucoup aidée en cas de chute, surtout dans la fin de la longueur, où il fallait basculer derrière un arête pour trouver un dièdre bien lisse, à grimper en adhérence ou en ramonage, suivi d’un surplomb teigneux où il valait mieux ne pas se rater. Après quelques rappels, on retrouve Lisa au Garlitz, et on se requinque avec la spécialité maison, 12 crêpes au sucre pour 10 euros, légères, avec juste ce qu’il faut de rhum (et pour 4 euros de plus ils rajoutent la bouteille de cidre!).
Marion dans la descente.
Ensuite on descend au bord du lac pour planter les tentes, et on va diner au refuge d’Orédon. Au menu garbure, confit aux lentilles et gâteau basque en dessert, juste ce qu’il faut après une dure journée de grimpe!
Le lac d’Orédon au petit matin.
Dimanche matin on retrouve Marie et Vincent à 8h 30, et comme le temps est beau on décide d’aller sur la face sud du Ramougn pour «flagrant délice», un tout autre exercice que la veille puisque c’est du terrain d’aventure, 6 longueurs, pas d’équipement à part parait-il un piton (qu’on ne verra même pas) et un relais avec 2 spits. Pour les cordées, on fait «les gars les filles », Christian avec Daniel et Vincent, Marion avec Marie. Marion fera toutes les longueurs en tête en posant les friends et en construisant ses propres relais, du beau boulot, car même si le niveau ne dépasse pas le 5 sup, il y avait de quoi se faire des émotions! Pour l’anecdote, Christian ne mettra même pas ses chaussons, il fera toute la voie en chaussures d’approche.
Marion et Marie Marche d’approche
dans les rhododendrons
et les pins à crochets.
Relaxes au relais
Marie arrive au relais Pause casse-croûte
Un passage Marion sur l’éperon Le sommet
pour grimpeur svelte avant le sommet
Au sommet, on envisage de finir l’après midi en montant au sommet du Ramoung par la crête, mais un ciel menaçant et un coup de tonnerre nous en dissuadent, et on rentre au camp de base en descendant le névé par divers moyens : en marchant, en chasse-neige sur les chaussures, et finalement en luge sur les fesses.
Pour le soir, Francis nous propose de diner dans son bistrot, même s’il ne sert pas le soir. Au menu côte d’agneau au barbecue, à 20h pétantes, parce qu’à 21h il y a la finale de la coupe du monde !
On plante les tentes avant le diner, et le vent commence à souffler. Il soufflera tellement qu’après le match, Christian ne retrouvera que le double toit de sa tente, le reste ayant été emporté par une rafale. Il finira la nuit dans sa voiture.
Le lendemain, c’est après une nuit pluvieuse et particulièrement venteuse que nous nous réveillons en ce jour de fête nationale ! Le ciel est dégagé au petit matin, et la météo promet d’être clémente. On remballe les tentes et on prend un délicieux petit déjeuner au Garlitz, (avec confiture maison s’il vous plaît !), en discutant de notre projet du jour.
Nous avons décidé de repartir sur le secteur des terrasses de Cap de Long, dans le couloir qui sépare le Néouvielle du Ramougn, pour effectuer la très belle voie ouverte un 1er septembre : « Vive la rentrée » ! L’itinéraire présente une difficulté relativement homogène et abordable (V / V sup), dans un très beau granite sculpté : de toute beauté !! J Il s’agit d’une voie en terrain d’aventure, même si nous avions rencontrés 5 pitons par-ci, par-là dans la totalité des longueurs. Chaque relais est équipé d’un spit, qu’il s’agit de renforcer à l’aide de coinceurs et / ou friends.
Nous quitterons le parking peu avant 9h, en laissant Lisa partir de son côté pour une randonnée dans le vallon voisin. Nous nous engageons alors sur la même marche d’approche que la veille !
Aïe aïe aïe !
On savait désormais ce qui nous attendait : 1h30 à 2h de crapahute dans un dédale de chemins paumatoires (pas du Gat, vire Batan et compagnie !), où il est prudent de lever le nez de temps en temps pour s’assurer qu’on est sur la bonne voie… A ces altitudes, l’accès à la paroi se mérite!...
Le mental semble être au rendez-vous !
Pourtant, à mi-chemin, l’idée de passer une journée de farniente à la terrasse du Garlitz, une assiette de crêpes maison à portée de main semble avoir raison de la détermination de Daniel. (Eh oui, il fallait choisir, les crêpes ou les crêtes… note de Daniel). Je récupère donc le reste du matériel et m’empresse de rejoindre les autres, qui nous ont distancés depuis longtemps, laissant mon compagnon de cordée derrière moi.
Nous terminons la marche d’approche avec Christian et les filles dans un ultime névé persistant, qui nous contraindra à chausser nos crampons. Ce sont les pieds mouillés que nous atteignons le pied de la voie. Christian s’élance le premier (toujours en chaussures d’approche, faut pas déconner ! J) avec Marie en second, et nous grimperons en réversible dans leur sillage avec Marion.
C’est parti !! Passées les deux premières longueurs qui se font sur un rocher relativement friable et péturé, on débouche rapidement sur une 3ème longueur très jolie, avec de petites colonnettes sculptées par l’érosion.S’en suivent 4 longueurs magnifiques, un poil plus soutenues que la veille, avec des relais plutôt confortables dans l’ensemble ! J
Et une vue !... :
De jolis passages en dalle Marie dans la dernière longueur
Arrivés au sommet de la voie, nous décidons de rechausser nos grosses pour rejoindre le sommet du Ramougn par l’arrête Ouest en corde tendue. Magnifique itinéraire, de faible difficulté (III voire IV par endroit), qui offre parfois de jolis passages particulièrement gazeux ! J Compter 1/2h environ.
Du haut du Ramougn, la vue sur le parc du Néouvielle est imprenable !
Du sommet, nous avons désescaladé prudemment la face Est, relativement raide, sur 200m environ, jusqu’à atteindre le névé qui se situait en contrebas. Nous nous trouvons alors quelques centaines de mètres plus haut que la veille, mais le protocole reste le même : luge improvisée à fond la caisse !!!!! J
Puis retour au parking par le Pas du Gat.
Merci à tous pour cette aventure !
Daniel et Vincent