Date de publication : Sep 08, 2014 9:12:4 AM
En l’absence de notre reporter officiel Daniel, nous nous lançons (Mélanie et Noémie) dans une cordée de rédaction de notre épopée du 15 août à l’Ossau et en vallée de Tena.
Rendez-vous habituel au pont d’Oly à 6h45. Les heureux participants de cette sortie sont David, Mélanie (pour son premier week-end de grande voie), Lloyd et Noémie.
Surgit ensuite comme une fusée une 306 break qui nous transporta jusqu’au parking d’Anéou. Ce fut l’occasion pour David et Mélanie de découvrir la conduite sportive de notre guide.
Arrivée au parking on entame la montée vers le refuge de Pombie. La lumière du matin est magnifique. Christian démarre comme une flèche suivi de près par David. Arrivée au refuge, ils ont déjà eu le temps de prendre le café ! Un peu d’organisation au niveau matériel et nous voilà reparti dans l’ascension de la grande Raillère pour démarrer au pied de la voie « la Mailly » 200m, 6 longueurs.
Les espagnols qui nous suivaient optent pour une voie voisine. Ils auront finalement passé la nuit à la belle étoile sur le rocher et nous ne les reverrons descendre en rappel que le lendemain après-midi.
Première longueur en IV, parfait pour se mettre en jambe. Christian commence cette longueur par un peu de jardinage en nous envoyant une grosse motte d’herbe et de terre. Heureusement qu’il vise bien, en plein sur le tas de corde ;
Non non David, on grimpe dans l’autre sens !
On contourne la deuxième longueur par la droite qui est peu intéressante d’après Christian. Elle contient un passage avec une petite fissure que les filles choisissent de passer en dulfer (bénissant la voie jaune d’entrainement de Blanchard montée par Emilien) et les garçons optent pour une autre technique car ils n’ont pas « des petites doigts de filles ».
La troisième longueur est la seule cotée 6a. Christian nous montre le chemin, très simple: il faut monter en opposition le long d’une faille, se coucher horizontalement sur le haut du rocher pour attraper un baquet (cotation Ravier : “là, il y a un petit pas athlétique : tu te couches et tu pousses!”), se balancer selon la technique du singe, les pieds dans le vide, pour se rétablir de l’autre côté du caillou. Ensuite, deux petits pas pour passer la fissure suivante et le tour est joué ! Bon, on se lance, un peu sceptique. Malgré le sac pendouillant entre les jambes, pas si facile de se hisser dans cette faille étroite et la parade du singe est assez méconnaissable. Et pour la fissure chacun sa technique, en dulfer toujours pour les filles (efficace mais fatiguant, c’est là qu’on se dit qu’une dulfer dans le devers à Blanchard permettrait d’améliorer notre technique. Emilien tu prends des notes ?) et plus aérien pour les garçons.
Note importante : Voici le signe distinctif de David.
Si vous croisez quelqu’un dans cette pose, c’est surement lui.
Difficile de prendre une photo sans, même s’il est pris par surprise..
Presque sûre qu’il grimpe comme ça !
Les dernières longueurs s'enchaînent bien entre dièdre et cheminée. La descente : un rappel puis le chemin « des virettes » qui finit entre un névé et le rocher.
Retour au refuge pour une bière, uniquement dans le souci d’éviter les crampes , selon David. On songe à remonter au col de Suzon mais le brouillard nous rattrape et l’on finit bien au chaud à déguster un délicieux repas à côté de sympathiques allemands et perpignanais.
Une lichette de whisky plus tard (uniquement pour bien dormir) généreusement partagé par Rémi Thivel « le beau gars aux yeux bleus » (raison de plus pour ne pas refuser, hein Mélanie), et on grimpe au troisième niveau de couchette (c’est bon, on a l'entraînement) où l’on ne tient même pas assis.
Réveil 6h20, petit dej’ 6h30 (et oui, on est des rapides) et décollage à 7h en direction du pierrier et de la voie « des surplombs » qui en fait les contourne tous (quelle chance !), 290m 8 longueurs.
On espère enchaîner avec la Super Jolly, 6 longueurs, et redescendre par la voie des vires. Il fait un froid d’enfer : bonnet, polaire et coupe vent sont de rigueur toute la journée. L’escalade est difficile avec les doigts gelés.
On laisse passer devant une cordée que Christian connait bien. L’itinéraire n’a pas l’air évident. Christian s’impatiente un peu « Mais qu’est ce qu’elle fait ?! Mais non prend à gauche ! Mais non à droite !) même d’en bas, on s’y perd un peu. Nous décollons ½ heure plus tard. Deux autres cordées font la queue, l’une d’entre elle changera finalement de voie.
Les premières longueurs alternent le IV/V/V+ dans des dièdres. On ne sent plus nous doigts mais avec surprise, ça tient quand même. Notre pipelette du groupe nommée David (et non ce n’est pas Lloyd, qui l’eu cru ?) prend son temps sur la première longueur pour poser consciencieusement ces premiers friends. On accélère un peu dans les autres longueurs pour « mettre du rythme ».
Le second de la première cordée, un peu égaré, nous repasse devant au quatrième relais. Christian était d’ailleurs remonté comme une pendule prêt à bondir, ne l’ayant pas reconnu tout de suite, pensant qu’on se faisait déjà doubler par la cordée suivante (faut pas rigoler avec notre Loeb des Pyrénées).
Après quelques contorsions pour désenrouler notre corde, nous voilà prêtes à démarrer la cinquième longueur : Petite traversée avec des écailles qui bougent (rassurant), suivi d’une fissure pour laquelle David, nous suivant de près, crie à l’embouteillage et une autre traversée plus impressionnante, pendant laquelle Mélanie pense déjà au repas du soir pour se donner du courage!
Finalement cette longueur en réchauffe certains. Lloyd se dévêtit et en fait tomber son casque. Joli vol ! Mélanie, l’accompagnant de concert, en perd son reverso. Pas pratique pour le rappel.. mais non mécontente de battre le record de lancé de reverso détenu jusqu’à présent par Daniel.
L6 : Démarrage avec un « petit pas » pas évident. Personnellement plus trop dedans avec tous ces lancés de matériel. Enchainement avec une Dulfer qui parait interminable (Mélanie se demande pourquoi elle est là) pour finir par un balancier pour enjamber un gros bloc.
L7 : Bien contentes de finir la longueur précédente. On apprend que le pire est à venir (gloups) Passage en cheminée, on ne sait pas trop où mettre les pieds. (Mélanie se dit alors que c’est un sport de « malade »). Heureusement, parmi les rares pitons de la voie, deux d’entre eux sont placés dans la partie permettant à certain(e)s d’entre nous de « tirer au clou » comme l’aurait conté notre cher rédacteur en chef.
L8 : Dernière longueur facile, relevant de la balade entre des buissons. Attention Mélanie fait du jardinage au passage !
Enfin arrivés, nous ne pourrons pas enchainer avec la super Jolly vue l’heure déjà bien avancée. Christian se prépare pour le premier rappel en nous faisant une démo avec 4 mousquetons à la place du descendeur. David revêt à son habitude ses gants, Christian toujours ébahi de cet équipement prononce un « mais c’est incroyable ça ! ».
La cordée derrière nous se presse dans les rappels pour enfin « voir les filles ». Entre deux rappels nous présentons Mélanie à Romain. Nous sommes alors très satisfaits d’avoir casé notre célibataire du groupe. Malheureusement, malgré des promesses de retrouvailles au refuge, l’idylle ne fut pas au rendez-vous. Tant pis on aura essayé..
Traditionnelle bière de récupération au refuge mais cette fois ci accompagnée de saucisson. Apéro de luxe ! Mais il fallait bien ça pour affronter la douche glacée (on avait fait l’impasse le premier jour à l’exception de David le courageux). Après un repas tout aussi délicieux que la veille, s’en suivit un repos bien mérité.
Réveil 6h, pour un départ à 7h. Nous quittons l’Ossau avec un peu de regret. Le levé de soleil est superbe.
On zigzague entre les vaches et on finit par retrouver le parking après une traversée de rivière et des pieds trempés. Arrivés à Formigal on entame la montée vers Foratata pour faire la voie « valle de tena », 250 m, 9 longueurs que l’on fera en 7.
Personnellement la montée fut rude avec des crampes aux jambes, malgré la bière de la veille (j’aurais du en boire plus !) mais le paysage était somptueux et coloré.
Contrairement à l’Ossau, la voie est bien équipée, pas besoin de friends ou coinceurs. Une douzaine de dégaines suffisent. Le tout au chaud en plein soleil, le froid de la veille est vite oublié.
Christian fait du nettoyage en enlevant une grosse plaque en plastique qui indique le départ de la voie. Ca fera un souvenir à Mélanie Les deux premières longueurs, Mélanie découvre, comme on lui avait raconté la veille, comment faire l’araignée sur la dalle. Tout en adhérence sur les pieds, et pas grand chose pour les mains. Imitation réussie !
L3 : Dernière longueur de dalle avec des alternances de cannelures. Superbe !
L4 : Longueur un peu plus soutenue avec un petit surplomb.
Christian décide d’enchainer les deux prochaines longueurs. La corde est un peu courte et on est obligée de démarrer la longueur en corde tendue pour que Christian puisse atteindre le relais. L5 : Dièdre/Cheminée sympathique ou il est facile de se coincer pour avancer (si on lit hors contexte, ça n’a pas trop de sens). L6 : Belle fissure un peu « chaude » à passer au goût de Mélanie. Normal, on est plein sud.
L7 : C’est là que ça se gâte. On observe attentivement Christian pour s’imprégner de la méthode. Dernière petite couche de crème solaire et nous voila partis entre passage en opposition, pied écartés sur le dièdre et quand même un petit tirage sur une longue sangle laissée gentiment par Christian. On s’en sort finalement pas trop mal.
On enchaine ensuite L8 et L9 avec un passage en cheminée. « Attention ne vous enfoncez pas trop dedans » nous crie Christian. Raté pour ma part. J’aurais du enlever le sac qui m’a valu de rester quelques secondes bien coincée.
Après avoir profité de cette magnifique vue, on redescend par des vires, ravis de cette belle journée.
Ah ça y est, Mélanie a été contaminée par David !
On entame ensuite le rallye Formigal-Pau. On se place on bonne position en remontant petit à petit la file de voitures, les obligeant à se rabattre à coup de klaxon, pour finalement remporter la course. Mélanie avoue qu’elle ne conduit pas tout à faire pareil mais qu’elle prend des notes. ça promet ! Pour fêter cette victoire, rituelle petite bière de fin de journée à l’auberge du caviste à Louvie-Juzon.
Le mot de la fin de Mélanie, réconcilliée avec le rocher, « on remet ça quand ?»