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Les urbanistes s’interrogent 
sur leur identité
(UI du 3.9.14 - de notre correspondant Innovapresse/Marseille)
 
Marseille accueillait la XVIIIe université d’été du Conseil français des urbanistes (CFDU), du 28 au 30 août. Une édition qui se proposait de passer au crible la relation, ô combien complexe, "entre urbanisation et littoral". Un enjeu qui concerne précisément "885 communes, 26 départements et 11 régions métropolitaines... soit un espace de 22 260 km2", a rappelé le géographe Ronan Le Delezir. Assez bizarrement, ce territoire soumis àde multiples pressions souvent antagonistes n’est jusqu’à présent pas vraiment entré dans le champ de radar des urbanistes. Un oubli symptomatique de l’incapacité des pouvoirs publics à appréhender à la bonne échelle les enjeux d’aménagement de ces territoires en mal de boussole
urbaine. 
"En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des littoraux !", a résumé, sur un mode badin, Jean-Pierre Mispelon, le président du CFDU.
Des littoraux, mais aussi des... urbanistes : 24 000, aux statuts les plus variés : libéraux, fonctionnaires, chargés de mission, salariés... tous en butte à des degrés divers aux affres de la crise. "Ils sont nombreux à être confrontés à des problèmes économiques majeurs", constate Jean-Pierre Mispelon. Ces nouveaux écueils ont pour noms : "dumping" et "mauvaise organisation de la commande publique". Ils s’ajoutent aux soucis plus anciens, quasi endémiques, comme le sempiternel enjeu "de la qualification des urbanistes" (1). A ce jour, seuls 700 professionnels disposent d’une qualification reconnue par l'Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU). Et l’accès à la fonction publique territoriale reste semé d’embûches, la voie du concours d’attaché étant interdite aux diplômés des instituts d’urbanisme...

Urbaniste 2030

La loi ALUR, qui met pourtant en exergue "l’urbanisme rénové" est loin de trouver grâce aux yeux des membres du CFDU. "On ne fait pas de l’urbanisme avec la seule réglementation", grince le président, apôtre comme tant d’autres d’un "urbanisme de projet".
Au delà de la conjoncture et des textes, le malaise des urbanistes est aussi identitaire. Un malaise résumé par François Rouanet, membre du Conseil national de l’Ordre des architectes : "votre diversité est à la fois votre force et votre faiblesse". 
A défaut d’être fédérés dans un Ordre professionnel, les urbanistes demeurent plus que jamais en quête d’une véritable identité collective. Remédier à cette carence est justement le fil rouge de la démarche "Urbaniste 2030" instiguée par le CFDU. "Il s’agit de s’interroger sur ce que l’on sera dans 15 ans", résume Jean-Pierre Mispelon.
Comment ? "En demandant quelles sont leurs besoins à tous ceux qui font appel aux urbanistes", explique le président du CFDU. Les résultats de ce sondage seront au menu de la prochaine Université d’été, en 2015.

(1) Les premières assises de la qualification d'urbaniste, organisées par l'Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU), se déroulent le 18 septembre à La Défense : www.opqu.org