Autobiographies

Note de la part de la gestion du site C'est à ton tour d'écrire  -   Compte tenu de la longueur de cette autobiographie, celle-ci n'a pas été révisée par notre équipe.  Elle a quand même été déposée sur le site, la jugeant d'un grand intérêt pour plusieurs.  Notez que l'auteur ayant vécu dans un milieu de travail plus anglophone que francophone s'est quand même assez bien débrouillé.

André Robert                                              

Mes 30 années dans 20 pays  de Travail Humanitaire d'Urgence

Guerre, Famine, Camps de réfugiés, Tremblement de terre, Tsunami, Inondation, Urgence médicale, Insécurité sociale, Rébellion, Conflit armé, et Guerre.

 

30 Projets Différents de Logistique

d’Aide humanitaire et Développement

d’urgence partout dans le monde.

  

Un récit autobiographique par

André Robert

Logisticien, Aventurier, Explorateur, Humanitaire

Chapitre 1                         Né un 1er avril

Avant même ma naissance, ma mère, enceinte, allait visiter ses sœurs qui demeuraient dans  une maison en bois à St-Henri. La porte principale de l’extérieur, donnait sur un palier devant l’escalier avec la porte du côté droit pour le logement du premier étage chez Aline, Anita au deuxième étage. Sur ce palier où on pose le premier pas en entrant, une trappe pour accéder à la cave afin de faire des réparations au système d’égouts ou d’entrée d’eau. L’éblouissement de soleil avec l’entrée sombre et la porte de la trappe laissée ouverte sûrement par oubli, nous, ma mère et moi, tombons directement dans la cave.  Comme elle était en forme puisqu’elle pratiquait la raquette en hiver, elle fit un spectaculaire “split” avec une jambe accrochée au plancher, une jambe dans le vide, surement à quelques pouces du fond, mais elle ne le savait pas, franchement, je sais pas si j’ai vu ou ressenti quoi que ce soit. Elle me l’a raconté plusieurs fois, et toujours la même version.

Né comme un poisson d’avril à Montréal, dans le vieux quartier ouvrier de Saint-Henri, juste à côté du canal Lachine et de la voie de chemin de fer. Le Marché Atwater tout près et les usines de toutes sortes qui longent la rue St-Ambroise. Nous habitons rue St-Augustin. Les locomotives à vapeur ou diésel émettaient un nuage de fumée noire et une mince couche de suie noire couvrait tout. C’était le début de la Deuxième Guerre Mondiale.

Je devais avoir 5 ans, dans ce petit logement qui donnait sur un fond de cour. Je dormais sur un matelas par terre, le chauffage se faisait avec une fournaise à l’huile alimentée par une grosse bouteille d’huile sur un support assez haut pour que le carburant descende par gravité dans le brûleur.

Dans la cuisine, un poêle avec un tuyau d’évacuation de la fumée qui traversait une partie du logement. Un jour il a pris feu et mon père a réussi à l'éteindre avec des linges saturés d’eau. Les réfrigérateurs n’existaient pas encore, ou, trop dispendieux pour les familles d’ouvrier, un camion livrait les blocs glace de porte à porte. Notre glacière était dans la passage traversant le logement. Je m’amusais à me balancer en me suspendant à la porte de la glacière. Ce qui devait arriver arriva. La glacière bascula sur moi, et s’arrête à 45 degrés sur le mur opposé mais sans m’écraser complètement. Le contenu verse sur moi, je suis par terre. Ma mère arrive en panique.  J’ai le visage ruisselant rouge vif. Elle me sort de là et me nettoie. Je suis plein de ketchup aux tomates, c’était pas du sang.

Un jour, pendant qu’elle était au travail à l’usine de bas de nylon tout près, je n’allais pas à l’école encore, et ma grand-mère maternelle me gardait chez elle pour la journée. Sur Ste-Émilie, des blocs à 3 étages. Une belle journée en vue. Pendant que ma grand-mère vaque à ses occupations à l’intérieur, je suis sur le balcon à regarder partout, on voyait bien le Marché Atwater à deux rues de là. En 1945, la Deuxième Guerre Mondiale est finie. Une nouvelle vie commence. Les revues ou dessins animés “Comic books” sont super populaires, Tarzan, SuperMan le surhomme qui volait, Spider Man, etc. J’étais à l’âge de rêver ! Je suis sur le balcon du 3e étage. À quelques pieds de moi et un peu plus bas, les fils électriques et peut-être de téléphone. J’examinais attentivement ces fils et leur positionnement. Sachant que je ne suis pas Superman, je réfléchissais et me disais “Je pourrais sauter et attraper ces câbles, ensuite avancer suspendu jusqu’au poteau, et redescendre. Je mets mon fantasme à l’exécution, je traverse par-dessus la rampe et je marche maintenant le long du balcon, à l’extérieur. Tout en me promenant tout autour du balcon, je m’imagine sautant dans le vide pour attraper les câbles, mais je ne suis quand même pas fou, je n’ai aucune réelle intention de sauter. Ma grand-mère m’aperçois et arrive sur le balcon sans le moindre bruit, et là, je sens une main d’acier qui m’attrape par le bras. Elle me tire d’un coup sur le balcon, puis à l’intérieur de la maison. Fin de mon aventure.

Toujours à la même époque, une belle chaude journée d’été, avec un ami voisin, on part en excursion, sans le dire à nos parents, vers l’est rue Notre-Dame. Il y avait une usine de fabrication de ciment avec des montagnes de beau sable à l’extérieur, un super terrain de jeu. Pendant des heures on y a couru, glissé, culbuté. Et, à un moment on a réalisé qu’il faisait noir, et il n’y avait pas beaucoup d’éclairage de rue dans ce coin perdu de St-Henri. On entreprend donc la marche de retour vers la maison. On arrive tard et en pleine noirceur. Nos parents nous attendaient, et on a tout de suite téléphoné à la police qui nous recherchait partout depuis plusieurs heures.  On a jamais retourné jouer sur les dunes de sable.

Un autre jour j’étais très jeune, quand je suis tombé en bas de la fenêtre du 1er étage. Je me suis cassé un bras. Mon père m’a emmené chez le meilleur “ramancheur”  au Québec.  Le guérisseur m’a bien soigné, parce que je n’ai aucune séquelle de cet accident, peut-être juste resté un peu casse-cou. 

La rue St-Augustin, face au chemin de fer et près du Canal Lachine, moi qui ne sais pas nager. Enfin, notre porte d’entrée était sur la rue, mais il y avait aussi un passage pour que l’auto de propriétaire, M. Clapin, puisse passer vers le “fond de cour” où était son garage.  C’était une douce journée de la fin de l’hiver. Le propriétaire enlevait la neige accumulée sur le toit, il y en avait beaucoup. Et le garage était très de la maison voisine. Le propriétaire pelletait la neige de l’autre côté, vers la porte du garage. Avec 5 ou 6 autres enfants, on jouait sur le toit dans la belle neige pendant que M. Clapin travaillait. Avec les vents, la belle neige s’accumulait entre le toit du garage et le mur de l’autre maison, on ne voyait donc pas d’espace ou, de vide entre les deux. C’était une question de temps, en approchant de la maison, je disparus du toit!  Je suis tombé dans cet espace tête première. Comme il y avait des traverses de bois pour tenir ces murs, j’ai réussi à m’accrocher la tête en bas, à mi-chemin entre le toit et le sol. Et je criais au secours. Impossible de me relever tout seul. Le travail achevait, les enfants commençaient à redescendre du toit, heureusement quelqu’un m’a entendu et M.Clapin est venu me sortir de là.

Enfin mon Primaire débute à l’École Jacques-Viger, excellentes institutrices, et deux instituteurs, M. Mitchell et M. Poitevin.  À l’époque vers ans, on nous enseignait les prières en Latin. On devait apprendre à les réciter par cœur. Mes parents, toute la famille, n’allions jamais à la messe le Dimanche, jamais. À l’exception des sorties avec notre classe durant le Mois de Marie, ou autres occasions organisées par l’école. Un jour, dans ma classe, l’enseignant diabolique nous donne comme devoir de mémoriser le Notre Père afin de le réciter devant tout le monde en classe. Le lendemain, les élèves sont placés côte à côte debout autour de la classe, devant les tableaux, ça rappelle un peloton d’exécution Nazi. Quand mon tour vient, je récite de mon mieux, avec des oublis et des erreurs. J’étais pas vraiment un fanatique des prières en Latin. Ceux qui ont failli le test sont alignés au mur, les autres s’assoient à leur pupitre. Le maniaque sort alors notre récompenses, un règle en bois assez épaisse et un à un on reçoit, je sais plus combien de coups de baguette dans les mains, bien administrés, j’avais l’intérieur des mains rouge et enflée. Ça faisait mal. Bien entendu, ça n’a pas amélioré mon Latin, ni augmenter mon assiduité aux messes du Dimanche.  Je complète mon primaire à l’École Jacques-Viger, et deux années de secondaire à l’École Supérieure Saint-Henri, en face de l’église et de la station de pompier. Je ne suis pas très bon à l’école, en fait je n’aime pas l’école du  tout.

Je suis petit, chétif, timide, c’est alors que je développe mes talents de diplomate rapidement pour me protéger.  Vers l’âge de 13 ans on déménage, toujours dans la même paroisse, rue Beaudoin entre la rue Notre-Dame et le chemin de fer. La voie de chemin de fer est notre terrain de jeu, comme les abords du canal Lachine l’étaient avant. Il y a l’épicerie Bibeau, petite épicerie de quartier coin Beaudoin et Notre-Dame, et j’y trouve un travail pour les jeudi soir, vendredi soir et la journée du samedi, $15 par semaine plus pourboires $3 à $5. Je fais la livraison en cycle triporteur, vers les clientes et montais souvent dans des 3 étages, des poches de pommes de terre de 50 livres, des caisses de bière, ou autres marchandises très lourdes pour moi. C’était mon apprentissage, comme récompense on me donnait quelques sous de pourboire, mais je me récompensais en route en mangeant des biscuits “Wippet” en pigeant dans les sacs d’épicerie en vrac.  Plus tard je livrais avec une charrette tirée par un petit cheval.

Je continue mon secondaire. Le cinéma Quartier ou le cinéma Star coutait $0.15 d’entrée. Je contribuais aux dépenses de la maison. Mon père employé à l’entretient chez Northern Electric, fabriquant d’équipement de téléphone pour Bell Téléphone ne gagnait pas beaucoup. Je termine une 9e année, quitte l’école, et tente de compléter 10e et 11e par correspondance, sans succès.  Je quitte donc le collège définitivement pour travailler à plein temps, avec l’accord de mon père sous condition que je prenne des cours du soir.  Je m’inscris à un cours par correspondance encore une fois, mais dans un domaine technique, j’opte pour le cours « Téléphonie ».

En même temps, je travaille chez un nettoyeur à sec, environ $22/semaine, puis dans une manufacture de ceinture en plein centre-ville de Montréal.  J’étais maigre de nature et pas un surhomme, le travail était très dure physiquement. Quel apprentissage, le patron gérait ses employés comme des esclaves.  Je comprenais à peine l’anglais juif, il ne parlait pas le français. Un jour, j’ai fait une erreur dans la production, le chef m’a engueulé et congédié sur le champ, soulagement immédiat. Mais j’apprenais et pratiquais mon Anglais.

Je trouve rapidement un emploi chez Dupuis & Frères Comptoir postal, vente par catalogue à travers le Québec, $24/semaine, j’avais à peu près 15 ans alors. On me place dans le département “Vêtements pour homme”. Un peu la fonction des robots d’aujourd’hui chez Amazon on-line. Récupération des articles des tablettes, emballage, et expédition. J’y reste 18 mois. Durant cette période, encouragé par mon père, je me paye un cour du soir dans une école privée à Verdun.  L’Institut Télé-Technique enseigne les théories et la réparation des appareils de radio et télévision. Deux soirs par semaine, je m’y rends en autobus, et j’aime ça. C’était l’époque où les transistors commençaient seulement à faire leur apparition. À l’âge de 17 ans j’achevais cette formation.

Avec un collègue de travail chez Dupuis & Frères, qui lui avait un diplôme secondaire et plus d’expérience que moi, on décide de former équipe et visiter ensemble les bureaux d’emploi de compagnies pour faire des applications. On se déclare en maladie et passe la journée à la recherche d’un emploi. Une première visite est chez la Compagnie de téléphone Bell, je complète un formulaire de demande d’emploi, des tests d’aptitude, une entrevue, etc.  Une semaine passe avant qu’il ne reçoive sa lettre de refus, regrets, etc.

Quelques jours plus tard, je reçois la mienne, confirmant mon embauche immédiate.  Je suis embauché à $40/semaine chez Bell, et dans les 18 mois suivant, j’atteins les $100/semaine.  À l’époque c’était super. Ce n’est qu’un premier pas.  À ce moment-là, j’habitais toujours rue Notre-Dame à St-Henri coin Notre-Dame et Délinelle, au-dessus d’un dépanneur où ma mère était commis à temps partiel. Content de mes cours du soir, que je terminerai pendant mes premiers mois de travail chez Bell Téléphone.

Chapitre 2                         Devenir Adulte

Donc à 17 ans, je travaille chez La Compagnie de Téléphone Bell du Canada  comme Technicien de Centrale Téléphonique à Verdun et à St-Henri sur la rue Atwater, ainsi qu’à la Centrale rue Belmont au centre-ville de Montréal. Toujours sur des horaires de jour, de soir, ou de nuit.  Un environnement surtout  anglophone, des formations américaines, dans tous les domaines que j’allais toucher pendant les 8 années suivantes, tout la matériel venait des États-Unis.  Je devenais parfaitement bilingue.

Un jour, un grand article dans le Journal des employés de Bell, nous apprend qu’un très important Centre d’Informatique était créé à Montréal, avec photo à l’appui montrant les ordinateurs hissés à l’extérieur d’un édifice rue Guy pour être entrés par une fenêtre. Vu ma formation en électronique par mes cours du soir et mon expérience dans les centrales téléphoniques, je suis très intéressé par cette nouvelle. Rapidement j’en discute avec mon patron à Verdun, de mon désir de changer de département. Malheureusement, lui n’avait aucun intérêt à me laisser partir avec ces années d’expérience en Centrale de téléphone. Il s’opposait résolument, ce qui m’incita à contacter moi-même la section concernée pour leur exprimer mon intérêt. Après une série de tests et examens, je suis sélectionné comme Analyste Programmeur. La formation s’est déroulée pendant 6 mois continus à plein temps, chez Remington-Rand Univac. Il s’agissait de programmation en langage “Assembler” sur un “Main frame computer Univac III”. Vraiment à la fine pointe de la technologie de l’époque.

C’était le début d’une nouvelle vie, j’étais dans la vingtaine.

Coté sport, je joins le Para-club de Montréal, club sportif de saut en parachute. Formation et réunions toutes les semaines, à l’Union Française rue Viger. Les parachutes sont des surplus de l’armée et ont été utilisés durant la dernière guerre. On apprenait toutes les techniques de saut, et on pratiquait à plier les parachutes que nous y allons utiliser. Les entraineurs étaient ex-militaires Français avec grande expérience pratique. Le Samedi soir, soirée de danse toujours à l’Union Française, incluant des danses Françaises comme la Java. Dès que la température le permet, les Samedi et Dimanches à l’aéroport de Saint-Jean d’Iberville, on continue la pratique du roulé-boulé, saut d’une bonne hauteur pour simulé le véritable atterrissage.  Nous utilisons des avions Cesna 172, comme c’est une base-école militaire, on voie des DC3 et autres avions sur les pistes. Le grand jour arrive ou on pourra vraiment partir, pilote, chef-instructeur, avec 2 ou 3 parachutistes. Il n’ya pas assez d’avions pour accommoder le nombre de sauteurs. Plusieurs semaines passent avant que mon tour arrive, habillement over-all, casque, lunette, on monte à bord et on décolle. C’est une belle soirée de début d’été, le soleil se couche lentement, pas beaucoup de vent, la vue est magnifique, j’ai hâte de me lancer dans le vide. Arrivée à l’altitude de 5,000 pieds, le moment est venu. Le frein est mis sur les roues parce que nous nous préparons à monter sur la roue, la porte a déjà été enlevée. Je sors à l’extérieur, un pied sur la roue, un pied sur le marchepied, je me tiens après le travers qui supporte l’aile au fuselage, l’air poussé par les hélices me pousse vers l’arrière, je pense à l’aileron de la queue de l’avion qui va passer juste au-dessus de moi, … le moment est arrivé, une tape sur l’épaule … je saute.  L’avion remonte légèrement en tournant vers la direction opposée… Je suis seul, dans le vide filant à 120 km/h au moins. Je suis en position de descente planée, le bruit du moteur est déjà loin. Le ciel, le soleil, la terre, tout est magnifique. L’extase.  Le mini-parachute tire le parachute de son enveloppe ouverte. Il ouvre me laissant suspendu dans le ciel, silence totale, super, descente à 8 km/h environ, je me lasse pas d’admirer le paysage. Les équipiers au sol me poursuivent en jeep et à pied, et me font signe que c’est le temps de faire un atterrissage, le vent me pousse trop loin. Moi, j’ai pas envie, je continue de flotter  au max pour jouir de la vue et de l’expérience le plus possible. Finalement je touche le sol en douceur, le vent tire mon parachute sur le sol, il y a des roches, soudain, tout s’arrête, Bravo.

Deux ou 3 semaines plus tard … même scénario… un peu plus de vent … Je suis seul, dans le vide filant à 170 km/h au moins. Je suis en position de descente planée, le bruit du moteur de l’avion est déjà loin. Le ciel, le soleil, la terre, tout est magnifique. L’extase.  Le mini-parachute tire le parachute de son enveloppe ouverte. Il est entièrement sortie, mais il prend du temps à se déployer ou à s’ouvrir, c’est pas normal ça, qu’est-ce qui se passe ? Je tourne comme un plongeon par en avant, le parachute est sortie mais il ne se déploie pas, ouvre pas, il reste collé sur toute sa longueur, ça n’arrive que rarement, on appelle ça une “chandelle romaine”, beau nom, mais moins romantique. 

J’ai un parachute d’urgence sur le devant, il est beaucoup plus petit, fait pour être utilisé en cas d’urgence seulement.  Je réfléchis, je continue à tourner et la chandelle me passe entre les jambes, je prends de la vitesse… à ce rythme-là,  je m’enfoncerai 6 pieds sous terre, c’est de la belle terre agricole, le danger c’est que si j’ouvre mon parachute de secours, et le parachute principal se gonfle en même temps, ils risquent de se mêler ensemble et ne pas s’ouvrir correctement ni un ni l’autre.  Je réfléchis vite, j’approche de la terre, soudain, tout en douceur, mon parachute principal s’ouvre pleine grandeur.  A Alléluia, moment de gloire, pas de choc, à cette vitesse j’aurais pu me disloquer les épaules. Coïncidence, ou ange gardien ?  Je touche le sol correctement, le vent me traine un bon bout, j’espère qu’y a pas de roche sur mon parcours.  L’instructeur chef dans l’avion, qui a tout vu, a eu bien plus peur que moi. Il pensait bien que c’était la fin pour moi.

Je lis beaucoup de livres de voyages, en espérant un jour peut-être pouvoir me payer ce luxe … Mon père lisait beaucoup aussi, il était surtout dans l’histoire, l’érotique, la science, et la médecine. Il discutait beaucoup avec ses médecins, et changeait souvent de docteur. Il avait des discussion sur plein de sujet avec ses patrons, devant les collègues de travail, et son plaisir était de leur prouver qu’il avait raison et que le boss est un ignorant, devant tout le monde. Un jour la compagnie lui a dit de partir, ils ne veulent plus le revoir, mais il recevra sa pension normalement. 

À 20 ans, j’entreprends mon premier voyage à l’étranger.  Avion Super-Constellation vers Mexico via New-York.  Grande tournée en limousine des sept plus grands centres ou villes principales et des sites touristiques à travers le pays.  À Mexico City, je visite de nuit comme de jour.  La tournée s’achève à Acapulco, ce sera la dernière semaine des vacances. Au même moment à Montréal, la tempête de neige du siècle est en cours.  

Je ne suis normalement pas amateur de pêche, raison de plus pour faire quelque chose d’inhabituel, une journée de pèche avec quelques américains et le capitaine du bateau.  La journée sur mer se passe agréablement, avec les nouveaux amis. Après souper à l’hôtel, au bar extérieur, le capitaine nous visite. Il demande que je lui donne la montre que je porte, simplement c’est un ‘hold-up”.  Je lui donne la montre qui paraissait bien, mais était une copie sans valeur. Il portait un revolver dans sa ceinture, assez visible, et était probablement bien connu dans cet hôtel. Pas de dommage, et je repartais pour Montréal le lendemain matin, leçon apprise et je m’en fou.  Il continu vers sa victime suivante, l’Américain avec qui j’avais passé la journée à la pèche. Mais l’Américain paraissait être un peu mafioso lui-même, étant chef d’union à N.Y., violente discussion, je ne connais pas le résultat, mais certainement sa montre n’était pas une copie. Une heure plus tard au même endroit, le capitaine revient me voir. Il me redonne ma montre en me remerciant de lui avoir fait confiance.

Le retour en avion, un Viscount à hélice, on traverse un gros orage électrique. C’est 1961, les avions ne volent pas haut au-dessus des nuages, on essaie de contourner la tempête plutôt. Ces vieux moteurs, dans la noirceur de la nuit sans lune, crache le feu, du feu sort littéralement des moteurs, c’est pas très rassurant, et, pour un maximum de spectacle de feu d’artifice, les éclairs en séries comme j’en ai jamais vu d’aussi près, tout autour de nous, et comme dans un manège de parc d’amusement, on se fait brasser par les turbulences, comme si on était dans la sécheuse à linge. Consolation, j’arrive à Montréal juste à la fin de la tempête du siècle, j’aurai manque toute cette belle neige. 

On est en 1961. C’est aussi le temps d’acheter ma première auto, un Chevrolet Bélair HardTop 1957 gros chrome V8 350HP, vert lime. J’étais le jeune fou qui conduisait sur les trottoirs et partout, beaucoup de petits accrochages, le char plein de filles, la vie d’ado capoté. Du chrome en profusion, du pare-chocs avant au pare-chocs arrière, et partout entre les deux. J’en ai frotté un coup pour que ça brille comme un bijou. Je l’ai usé jusqu’à remplacer le moteur, et jusqu’à ce qu’il y ai trop de trous dans le plancher, et on se faisait arroser par en bas.

Il me manquait un atout de taille dans les partys. Je m’enrôle donc dans une école de danse. En peu de temps je suis champion de la valse, la chachacha,  la rumba, le meringue, le foxtrot, le rock and roll, la samba, et tout. Je visite régulièrement les salles de danse. Je fais même des démonstrations avec la professeure.

Ensuite, je deviens membre de la Chambre de Commerce des Jeunes du District de Montréal.  Ce fut une ouverture sur le monde de Montréal, des affaires et la politique.

Chapitre 3                     L’annonce change tout

En 1965 à 25 ans, je quitte Bell pour tenter ma chance chez Sun Life du Canada, compagnie d’assurance, comme conseiller et représentant. On me donne un bon salaire de base pendant un temps, et le reste est strictement commissions sur les ventes. Mon bureau est au rez-de-chaussée de l’édifice Sun Life. Je réussis très bien, mes résultats augmentent chaque mois. Mais y a des choses avec lesquelles je suis en désaccord, c’est à dire que dès que mes commissions gagnées dépassent le salaire de base, on m’apprend qu’il s’agit en fait d’une avance que je doit rembourser. Un malentendu que je n’accepte pas, alors après trois mois je démissionne. J’aurai appris les rudiments de la vente à pression.

La Bourse de Montréal dans les Tours Victoria, me recrute comme Analyste de système. Pendant ma formation pour ce poste chez I.B.M. Place Ville-Marie, je rencontre par chance ou malchance, une personne dans l’ascenseur de l’édifice I.B.M.  Cette personne, M.Bisson, finira par me convaincre de joindre sa compagnie. Démission rapide de la Bourse de Montréal.

Je serai maintenant au Collège of Electronique Computer Programming dans l’édifice IBM Place Ville-Marie.  C’était encore l’époque des grands ordinateurs (Main Frame) d’entreprise. J’allais enseigner la programmation d’équipement informatique “unit record”, c’est à dire des trieuse, des unités centrales, des imprimantes, sur support de cartes perforées.  Je n’avais jamais touché à ça.  J’ai tout appris rapidement, la programmation se faisait avec des fils sur des tableaux, toujours utilisé c’étaiy en train de disparaitre. L’essentiel de ce que j’allais enseigner était la programmation des ordinateurs IBM 360 et autres modèles. Le curriculum couvrait les langages Assembler, Fortran, Cobol, PL/1 et d’autres. Mon expérience chez Bell se limitait à l’Assembler sur Univac III. Qu’importe, j’embrasse l’opportunité d’apprendre du neuf.  Une école privée, avec des élèves adolescents et adultes, qu’on assistait à se trouver un emploi à la fin du cours. Apprendre ces techniques était en soit un défi, et surtout beaucoup de travail. Il y avait toujours trois classes, le matin, l’après-midi, et le soir. Les 3 classes étaient toujours à un niveau de progression différent.  Dès le premier jour, je faisais face à un groupe le matin, j’avais étudié la matière moi-même la veille, l’après-midi une autre classe à un niveau différent, même chose, étudié la veille, ainsi que les 2 ou 3 soir de cours dans la semaine. Chaque soir et fin de semaine, j’étudiais la matière des 3 niveaux de cour que j’enseignais.  J’étais un peu beaucoup timide, pas athlète, mais très déterminé, et bien organisé.  Il y avait un autre facteur pour augmenter mon niveau de stress jusqu’au plafond et à travers le toit, et plus. La clientèle était composée d’adultes de tout âge qui désirait améliorer leur sort tout en plongeant dans l’ère du futur, l’informatique. Cependant la moitié de ces classes de 25 élèves, était de jeunes adultes qui s’en foutaient éperdument, ne voulait plus aller à l’école ordinaire, et les parents les forçait à prendre des cours pour qu’ils ou elles un jour gagnent leur vie, et foutre le camp de la maison familiale. Alors voilà un double stress à conquérir et survivre. Et, je ne parle pas d’un troisième stress qui fera peut-être le sujet d’un autre ouvrage un jour. Tout le matériel utilisé, je le prenais chez IBM juste un étage au-dessus, et c’était le même matériel utilisé par IBM dans leur formations. L’école était approuvée par le Ministère de l’Éducation du Québec. C’était la période de la Révolution tranquille, la crise d’octobre, de l’assassinat de  James Cross,  du mouvement indépendance du Québec et des tanks de l’Armée dans les rues de Montréal. Deux années de ça,  j’étais mure pour un autre défi. J’avais survécu et appris beaucoup.

Je m’inscris donc chez une agence de recrutement de personnel dont les bureaux étaient aussi dans l’immeuble IBM.  Je rédige mon premier CV et obtient un interview à l’agence de recrutement.  Il va présenter ma candidature chez Olivetti Canada.

Rencontre avec M. Batky, Directeur du projet On-Line Banking chez Olivetti Canada à Toronto.  En lisant mon CV, il remarque que je change d’emploi souvent, me demande  “Are you a Gypsie?”   Voilà un homme qui reconnait quelqu’un qui va  aller loin.  Je suis engagé comme Chef de Projet (Représentative Integrated Data Processing Systems) à la Place Bonaventure et plus tard on déménage à l’Ile des Soeurs. C’est un saut vers le futur, il n’y a pas encore pas l’internet comme on donnait aujourd’hui, mais plutôt des réseaux câblés avec lignes téléphoniques reliant les centres de traitement informatique des grandes banques avec les succursales. Ces terminaux fabriqués en Italie, maintenaient une liaison directe avec le centre de donnée principale de la Banque, et pouvait mettre à jour votre livret de banque. J’étais toujours à la pointe de la technologie pour cette époque. Ma mission était de coordonner le projet avec le fournisseur des ordinateurs General Electric, Bell Téléphone, La Banque Provinciale, la Canadian Imperial Bank of Commerce, le siège social de Olivetti Canada à Toronto.

La partie importante de mes responsabilités était la vente ou la représentation auprès des diverses banques et Caisses Populaires. Je vivais donc à la fois dans le centre informatique de la CIBC coin Dorchester (René Lévesque) et Peel, et dans le centre informatique de la Banque Provinciales rue St-Jacques, dans les bureaux chef avec la direction de ces clients, pour suivi et promouvoir la vente d’équipement additionnel pour l’expansion des réseaux.  Je rencontre la Caisse Populaire à Lévis, des banques à Vancouver, etc. Mon patron est à Toronto, ce qui frustrait le directeur de la branche Olivetti à Montréal, parce que je répondais directement au bureau-chef de Toronto, j’étais totalement indépendant de lui.

Lors d’un voyage d’affaire à Vancouver, au départ de Montréal, en DC8-stretch, durant le survol des Rocheuses, une violente tempête, vents intenses, turbulence extrême, on ne réussit pas à traverser complètement les montagnes. Le commandant décide de faire demi-tour, vers Toronto. Ce DC8 est plus élancé ou allongé que le DC8 normal. La cabine se contorsionne, les ailes pliées au max, avec les flexions de la cabine passager, les compartiments à bagages s’ouvrent tout seuls, les contenus tombent par terre. Le pilote annonce que nous retournons vers Toronto, et que nous avons perdu un moteur! L’hôtesse principale nous offre boissons à volonté. (Nos dernières volontés ?).  À plusieurs reprises le pilote essaie de repartir le moteur, ce qui provoque un choc à l’avion. Un suspense de plusieurs heures, jusqu’à notre arrivée à Toronto. Une fois au sol, on transfère dans un autre avion, et décolle sans perdre de temps. Mission accomplie à Vancouver.  Là le gypsie que je suis quitte Olivetti après environ deux années, puisque IBM avait commencé à s’accaparer totalement de ce marché. 

Je trouve rapidement un autre emploi, dans la Tour Victoria à Montréal. Chez Mercure Béliveau Syndic, spécialiste de la gestion d’entreprises saisies par les Banques.  Je serai Chef de Projet.  Immédiatement on m’envoi en formation au New Jersey, un nouveau système informatisé acheté de la firme américaine, que nous installerons dans une compagnie de transport à Dorval. En passant aux lignes ou la frontière, le douanier américain me demande ce que nous allons faire aux États-Unis. J’étais accompagné d’un jeune qui allait m’assister dans l’implantation du système spécialisé, pour lequel nous allions quelques semaines aux USA. Je réponds au douanier que nous allions pour le travail, quelques semaines. Il nous libère et donne le OK, on part. Dix minutes plus tard, des flashs gyrophares, une sirène, arrive par derrière à toute vitesse et nous colle au cul. Je m’arrête sur le côté. Qu’est-ce que vous allez faire ? Je lui explique que je vais pas vraiment ‘travailler’, on va en formation, et c’est un voyage d’affaires. Je lui ai montré le chèque certifié pour le paiement du système. On est reparti sans problème.  Durant cette période chez Mercure Béliveau, je continue à donner des cours du soir. Le jour je circule entre la Place Victoria et le client à Dorval.

Tous ces emplois depuis plusieurs années, en grande partie le résultat d’un mariage infernal. Assez, c’est assez! Un bon midi jour de paye, je prends ma paye, me rend à la Gare Centrale tout près, achète un billet pour Vancouver. Je disparais. Trois jobs en même temps, c’est assez. Je n’existe plus, je ne suis plus moi-même. Quatre jours en train, vers la côte du Pacifique. Après quelques semaines à chercher un emploi, je me rends compte que je ne trouverai pas le salaire à Vancouver que j’avais à Montréal. Je décide de déménager à Calgary. La traversée des montagnes Rocheuses en train, ou en autobus, c’est beau. Je loue une chambre. Trouve un emploi en entretien de nuit dans un Shopping Mall de Calgary. Ce qui me permet d’éplucher les journaux le jour pour chercher un emploi, et aller aux interviews le jour.

L’annonce classée qui change le reste de ma vie.

Décembre 1975, une petite annonce classée dans le journal de Calgary    “ Warehouse manager, computer experience, fluent in French, Algeria”  Teledyne Exploration. Dès le lendemain j’ l'entrevue.

Ce client basé à Houston au Texas cherche depuis 9 mois à combler ce poste, sans succès, aucun candidat américain qualifié, qui parle Français. Je leur explique que j’ai l’expérience sur les ordinateurs, je suis 100% bilingue Français/Anglais, mais je connais rien en gestion des stocks ou d’entrepôt. Ils transmettent mon CV à Houston Texas. Moins d’une semaine plus tard, confirmation, j’ai la job! Je dois me rendre en Algérie dans les plus brefs délais. J’ai besoin d’un visa. Je devrais faire parvenir à l’Ambassade d’Algérie à Ottawa, mon passeport tout de suite, par la poste, et je devrais le recevoir à Calgary rapidement. La compagnie s’occupe de la réservation et l’achat du billet d’avion. Il y a un petit hic, Poste Canada est totalement paralysée depuis quelques jours, pour une période indéterminée. Un nouveau défi, rien de simple, mais la vie serait ennuyante, ça me stimule, je plane, je vol, et en plein début de l’hiver je pars au chaud en Afrique, et je sais pas ce que je vais faire là-bas! Comme mes jobs précédentes, j’avais jamais enseigné de ma vie, j’avais jamais vendu quoi que ce soit de ma vie, et maintenant gérer un entrepôt en Afrique, en plein Sahara, matériel géophysique et hydrocarbure, ça dépasse l’entendement, j’adore !! Une nouvelle vie.  Le monde

Chapitre 4                      Afrique Algérie Sahara


DÉC 1975 Premièrement pour partir, il faut un Visa dans mon passeport, un lettre de la compagnie, un billet d’avion, etc. Rien de plus facile, si Air Canada veut vendre un billet d’avion, ils peuvent certainement transporté mon passeport et le livré directement à l’Ambassade, et ainsi de suite. Une semaine plus tard, je suis à Montréal pour une semaine, puis prend mon premier vol outre-mer vers Paris, Orly. Quelque jours à Paris, visite touristique, achat d’un petit livre sur … devinez. “La Gestion des Stocks”. Départ de Charles-de-Gaules, sur le tarmac juste à côté de l’avion, un arabe musulman fait sa prière juste avant de monter dans l’avion, pas très rassurant. Cependant je vais revoir cela chaque jour pendant des années, et c’est totalement normal, et n’est que le début de mon apprentissage. Survol de la Méditerranée, arrivée pour la première fois en Afrique, à Alger. Tout se passe comme prévu.

Mais la personne qui devait m’attendre à l’aéroport n’est pas là, personne de la compagnie en vue. Ils m’ont oublié, je suis habitué. Je prends un taxi, c’est déjà le début de la nuit, je demande au chauffeur de me conduire dans un Hôtel entre l’aéroport et la ville d’Alger. Je passe une bonne nuit. Le lendemain je téléphone à la compagnie, des excuses et il vienne me chercher. En attendant je m’immerge dans ce monde mystérieux, des chats partout dans l’hôtel, des femmes voilées, la musique arabe, les conversations, tout est différent, vue sur la mer, des palmiers tout le long du trajet, en plein ce que je voulais, un dépaysement total.

Une semaine à Alger, au bureau de ALGEO (Société Algérienne de Géophysique) pour rencontrer  mes patrons et recevoir des briefing sur ma fonction.  Je serai à l’Hôtel de Genève, près de la Grande Poste, pour une semaine. J’en profite pour visiter la ville, la Casbah, les restos, les cafés, etc.  À l’hôtel de Genève, vieil établissement, charmant, pratique pour explorer la ville, plein centre, je me repose sur le lit, la poignée de la porte droite est une barre droite horizontal, la serrure ancienne, grand trou de serrure, on peut facilement voir de l’autre côté. Je suis exténué, je me repose, mais je dors pas.  Je mets un vêtement sur la poignée juste au cas où un curieux voudrait m’observer. Plein de choses dans la tête, tout à coup du coin de l’œil, mon vêtement sur la poignée de porte se balance, quelqu’un essai d’entrer. J’attends un peu, je vérifie, y a personne. La fenêtre est ouverte, j’entends les bruits de la rue, exotiques, il y a une chaleur, non pas accablante, mais plutôt confortable pour le mois de décembre.

Enfin, le grand jour, départ pour Hassi-Messaoud en camion, une très longue journée s’annonce, peut-être douze heures de route. Tôt le matin départ d’Alger direction Sud Sahara, traversons la magnifique chaine de montagne Atlas. Éventuellement dans le désert, très beau, immenses dunes de sable de chaque coté de la route pavée un peu étroite. C’est comme naviguer sur ma mer, en contournant les îles, ici on contourne les dunes souvent regroupées ensemble comme des îles. On croise des chameaux, des ânes, d’autres véhicules, il fait chaud. Je sais pas où exactement sur le chemin, à la croisée de deux routes, un petit kiosque de rafraichissements, du Coca Cola froid, je sais pas comment, complètement isolé, rien d’autre autour. Il y a bien plus loin quelques petites villes anciennes, comme Guardaïa et Ouargla. Enfin on roule, roule, et roule. Quand la route devient piste non goudronnée, et la noirceur arrive, le ciel est étoilé, et comme des navigateurs anciens sur les mers, le chauffeur se guide avec les étoiles. Quand il n’y a vraiment plus de route, il y a des fûts, deux, sur le sommet des dunes devant nous, il s’agit de gravir la dune, passer entre les futs ou barils, et on voit déjà les futs au sommet de la prochaine dune devant nous. Habituellement Alger - Hassi-Messaoud se fait en avion 737. environ une heure de vol, on voie longtemps avant d’arrivée, la lueur des torches géantes des gaz qui s’échappe des puits de pétrole.  

C’est un peu La Baie James québécoise en Algérie. On y habite pour travailler. On fait 3 semaines, 1 semaine de congé. Ma résidence pour passé cette semaine au début était à Oran, directement sur la Méditerranée, pas très loin du Maroc.  Éventuellement j’ai demandé et obtenu de passer mes congés en Espagne à  Palma de Majorca,  une magnifique île méditerranéenne.  À Hassi-Messaoud j’étais loger dans une roulotte climatisée très confortable, fabriquée au Canada. On mangeais à la cafétéria. La majorité du personnel local était originaire de la Kabylie. Autour de la base, on voyait des Touaregs. Le chef de base, était Allemand, et beaucoup de Français, d’Américains aussi y travaillait. Le chef de l’entrepôt m’introduit à mon équipe et mon travail.

C’est là que j’apprend les vraies raison pourquoi ce poste était vacant depuis 9 mois, et qu’ils déroulait le tapis rouge pour moi. Une année auparavant, l’armée Algérienne a fait un audit des procédures de sortie des stocks, et blâmé et accuser le chef que je remplaçais …. selon moi une affaire de politique ou personnel, car j’ai continue à appliquer les mêmes procédures sans problème. J’étais en fait très bien traité à tous points de vue. Mon prédécesseur qui travaillait toujours sur la base, un jour m’a amené faire une promenade dans le désert, à une heure ou deux de la base. Il ne m’a pas dit où on allait malheureusement, car j’aurais apporté ma caméra. C’était à Fort Flatters, un fort de la Légion Étrangère française, désaffecté depuis longtemps, avec du sable qui commençait à s’infiltrer dans les bâtiments, cellule de prison, salle de torture, pierres tombales, tombeaux ouverts. Assez impressionnant et peut-être complètement recouvert de sable aujourd’hui, puisque le nom de Fort Flatters à été rayé de la carte. Autour de la cafétéria, le soir il y avait tellement de mouche, que je devais agiter une main autour de mon assiette et ma fourchette pour éviter de manger des mouches. La bouffe était quand même ok, des tripes, des dattes fraiches qu’on devait quand même ouvrir pour éliminer celles qui contenaient des petits vers blanc, du très bon café expresso corsé, et plein de bonnes choses. Le jour, il faisait 50C à l’ombre, tout était très chaud, des rampes d’escalier métalliques devenait complètement intouchables. Pour se rendre à la cafétéria, on devait longer les bâtiments pour éviter le plein soleil et rester dans l’ombre. Par contre, le soir était plutôt confortable. Nos roulottes étaient bien climatisées. Pas d’eau courante, que de l’eau en bouteille, potable, importé de l’étranger. Au retour de congé à l’étranger, les douanier saisissaient les ‘Playboy’ ou ‘Penthouse’. En deux années, avec mon petit livre “Gestion des Stocks”, la pratique sur le terrain, j’ai tout appris sur les inventaires, l’approvisionnement, les achats, la distribution, le transport, etc. Ce qui me servi de tremplin pour les emplois subséquents. On bâtit sur les acquis à chaque nouveau défi, on devient le meilleur. Toujours sur la base, j’apprenais l’Arabe, et j’enseignais l’Anglais aux Algériens qui devaient se rendre aux USA en formation. Durant mon séjour dans le Sahara, il y avait risque de guerre entre le Sahara Occidental et l’Espagne, pouvant entrainer l’Algérie dans cette guerre. Il y avait des canons anti-aériens autour de la base. Durant cette période, l’armée contrôlait nos déplacements. Comme toujours, j’étais “dans” le film! En fin de semaine, comme divertissement, je prenais des marches seul, en m’écartant de la base, dans les dunes. Assez dangereux car c’est très facile  même si on est pas loin, de s’écarter et ne plus retrouver son chemin du retour, quand t’es encerclé de dunes, plus tu t’éloignes, plus c’est risqué. Si tu te retrouve à devoir passé l’après-midi au soleil brulant, tu risques d’y rester! Il m’est arrivé aussi de tomber sur un troupeau de chameaux sauvages qui venaient fouiller dans un dépotoir pas loin de la base. Un chameau de près, c’est impressionnant, 50 chameaux ça l’est un peu plus. Ce magnifique paysage grouille aussi de vipères, mouches, scorpions au venin mortel. Et, en plein hiver, il fait froid, le matin il y a du frimas ou une petite glace sur les dunes, qui fonds dès le lever du soleil. A plusieurs reprises, j’ai visité les équipes de foreurs qui font des tests sismiques loin dans le Sahara, en explosant de la dynamite et enregistrant les vibrations pour déterminer les possibilités d’y trouver du pétrole dans le sous-sol. Ils voyagent en caravanes et passent plusieurs jours avant de revenir à la base, il y avait en tous temps 7 de ces caravanes en opération.

Je suis allé une dizaine de fois à Alger pour le travail, passer une semaine, et naturellement une semaine par mois en Espagne.  Algéo me fournissait un magnifique appartement  bord de mer, piscine, et tout. Finalement après deux années, je décide de retourner au Québec définitivement.

Chapitre 5                     Nouveau départ au Québec

Divorce  Annulation mariage. En 1978, j’ai 38 ans. Je rencontre ensuite Thérèse par l’entremise d’une agence de rencontre ……. Thérèse est la première personne que je rencontre, et la dernière. Thérèse est née en Abitibi, vit à Montréal depuis longtemps, et on se mariera en 1984, alors que je devais partir avec elle travailler en Arabie Saoudite, et il fallait absolument prouver avec certificat de mariage que nous étions bien mariés.  Il y aura des contretemps, et ça fonctionne plus. Nous restons donc au Canada.

Je passe chez Itek comme représentant des ventes d’équipement d’imprimerie.  Puis chez Singer Business Machines représentant des ventes d’ordinateurs.

En 1979, je me lance en affaires à Montréal, sur le site de l’exposition Terre-des-Hommes.  Le kiosque porte le nom de Portrait Ordinateur du  Québec. Pendant trois années, tout l’été à l’île Ste-Hélène, prise de photo et imprimerie des photos sur T-shirts, calendriers, posters.  Sept employés, des étudiants(e) 7 jours par semaines.  Sensiblement le même chiffre d’affaires à chaque année, mais augmentation importante du loyer à chaque année. Quitte définitivement cet emplacement.  Loue à la Place Bonaventure, portrait ordinateur plus photo passeport, et photo copies. Un ou deux ans - pas rentable - loyer beaucoup trop cher - je vends tout ça.

Entre-temps, nous faisons faire par des personnes très connues et respectées nos Cartes du Ciel, et, une Lecture de la Main. Ces deux personnes sont à la TV régulièrement. Étonnamment ma Carte du ciel et ma Lecture des mains, disent la même chose. Ces deux personnes ne se sont pas consultées, ne savent pas que j’ai demandé une consultation à l’autre. Après analyse de données, les deux arrivent à des conclusions très similaires. C’est-à-dire que mon passé s’explique clairement par les deux méthodes, apparemment mes voyages à l’étranger sont clairement visibles dans ma carte du ciel et dans mes lignes de la main. De plus,  les deux arrivent aux mêmes conclusions par rapport à mon futur. Sans entrer dans les détails, bien que j’aie conservé un enregistrement audio de chacune de nos réunions, de plus de 30 minutes chacune, ma vie à travers le monde était écrite dans les planètes et dans mes mains. J’en étais encore à mes débuts de ces aventures internationales. Et le reste de ma vie s’est passé comme prévu, ce qui me surprend moi-même, parce que je n’ai jamais été un fan de ces sciences, et ne le suis pas plus aujourd’hui malgré ces résultats impressionnants.

Autre chose qu’on m’a dit, “Je vais mourir à l’étranger”. De toute façon, vivre et travailler à l’étranger, c’est ce que je voulais le plus, c’était mon rêve sans jamais croire que cela se réalisera, puisque je n’ai jamais reçu l’éducation pour ça. C’est la preuve que quand on a un rêve, qu’on le désire assez fort, tout est possible! Faut jamais abandonner, faut marcher droit, ne pas s’arrêter, et le destin vous conduira au but un jour. 

En 1979, je me lance en affaires à Montréal, sur le site de l’exposition Terre-des-Hommes.  Le kiosque porte le nom de Portrait Ordinateur du  Québec. Pendant trois années, tout l’été à l’île Ste-Hélène, prise de photo et imprimerie des photos sur T-shirts, calendriers, posters.  Sept employés, des étudiants(e) 7 jours par semaines.  Sensiblement le même chiffre d’affaires à chaque année, mais augmentation importante du loyer à chaque année. Quitte définitivement cet emplacement.  Loue à la Place Bonaventure, portrait ordinateur plus photo passeport, et photo copies. Un ou deux ans - pas rentable - loyer beaucoup trop cher - je vends tout ça.

Comme toujours à l’époque, la section des emplois dans la Presse et The Montreal Gazette est pleine. Comme je commence à avoir de l’expérience, y compris en Algérie, en Afrique, dans un endroit parlant Arabe, religion Musulmane,  ça démontre au moins que l’environnement là-bas ne m’impressionne pas et je vais pas démissionner à la moindre difficulté.  Je postule pour un emploi dans une firme de Toronto.  Le travail serais assez semblable à celui que je j’ai exécuté précédemment. Un court entrevu suffit pour confirmer mon recrutement, un autre aventure en Algérie.  A ce moment j’étais toujours à l’emploi de Itek à Montréal, comme représentant des ventes, et avais un voiture de service inclus. Je devais faire du bon travail, puisque je donne quelques semaines de préavis en démissionnant et demande de conserver l’auto de la compagnie, et ils sont d’accord.  En même temps puisqu’il faut que je règle plein de chose personnelles, je dois me procurer un passeport, obtenir un Visa de l’Ambassade d’Algérie à Ottawa, et d’autres formalités, je demande à mon nouvel employeur 3 semaine pour me préparer au Canada avant de quitter pour l’Afrique, et que mon salaire débute immédiatement. C’est accepté, tout le monde est content. Cette fois pas dans le Sahara, mais sur la Méditerranée. Une autre page de vie qui commence.

Chapitre 6                                Alger, Méditerranée

1979-80 en Algérie, travail à Blida, résidence à Tipasa sur la Méditerranée. Beau complexe hôtelier, anciennement un Club-Med.  Ce n’est pas particulièrement luxueux. L’environnent est magnifique, la mer Méditerranée avec plage, promenade, pédalos, tennis, équitation, restaurant et bon vin local, couscous et autre cuisine local, sécuritaire, à une heure de route de bord de mer d’Alger, derrière, la chaine de montagne Atlas, puis le début du désert Sahara.

Chambre modeste, simple, mais propre, terrasse de ma chambre avec vue directe sur la mer. Je suis au 3e étage qui est le sommet du complexe. Une fois ou deux, j’ai du céder mon appartement au Directeur de la plus grande société (Sonatrach) du pays, qui y séjourne quelques jours à la fois. Pas tellement inconvénient pour avoir un penthouse. En arrivant, chacun des 40 Canadiens sur le projet recevait un petite Renault 5 blanche. Pour facilement reconnaître mon véhicule permis les autres, j’ajoute du ruban collant genre attention danger construction jaune/noir, très facile à localiser de loin. Plein de sites de ruine archéologique et autres pas loin dans les alentours.   Seul désagrément il n’y a pas de chauffage, et l’hiver est parfois assez froid. J’ai utilisé une bonbonne de gaz avec des briques dessus que je chauffais. Seul danger un empoisonnement durant mon sommeil, ou l’explosion. 

Mon travail, à cette Base Centrale de la Logistique est intéressant. Un peu de frustration puisque nous appuyons chacun un homologue Algérien qui à plus de pouvoir que nous.  J’implantais un système informatisé de gestion des stocks, avec prévisions des consommations et besoins futurs, et le lancement des commandes de réapprovisionnement en tenant compte des délais de livraisons et autres facteurs. Le complexe était absolument gigantesque avec de nombreuses usines pour servir tous les besoins en pièces de rechanges pour l’industrie pétrochimique du pays entier. Un roulement de centaines de millions de dollars.  Puits de pétrole, pipelines, recherche géologique, immense flotte de véhicules, etc. En fait tout ce dont je ne connaissais rien. Cependant la gestion des stocks, je connaissait! Et quand mon système recommandait l’achat de 40 portes gauche de tel modèle de camion, c’était un calcul scientifique. Alors mon homologue commandait 400 portes gauche, oui, il multipliait par dix. C’était un énorme entrepôt, tout mécanisé, moderne pour ce temps là. Mais de là à multiplier par dix toutes les commandes, y a des limites.

 Un jour, au retour de Blida, mon site de travail, je traverse un village, comme à tous les jours, c’est la route la plus directe, toujours à la même heure, le soleil brille juste en face, éblouissant et aveuglant.  Des écoliers retournent de l’école, un peu devant moi sur le trottoir opposé, ils se tiraillent, et, soudainement un d’eux traverse la rue en courant et s’en vient droit devant moi, je vais le frapper de plein fouet!  Un coup de roue vers la droite, un petit coup d’accélérateur, je l’évite, mais c’est lui qui me frappe, il cogne sa tête dans ma fenêtre arrière gauche. Je m’arrête instantanément. Il tombe par derrière, beaucoup de témoins. Que vas-t’il se passer, ils pourraient me lyncher, les témoins on bien vu que c’est lui qui m’a frapper, mais j’allais peut-être un peu vite. Le jeune se relève et coure  directement chez lui juste à coté. Je bouge pas. la foule de témoins entoure mon auto. Moment de suspense, film d’horreur. L’oncle du garçon arrive. On se met d’accord, je conduis l’oncle avec l’étudiant en vitesse à l’hôpital. Je les laissent et rentre vers Tipasa, ma résidence. En arrivant j’enlève tous les rubans que j’avais coller sur mon auto, vous comprenez pourquoi.  L’incident est terminé.

Un jour au retour de Blida, je descend le chemin assez à pic de la montagne, et arrive sur la route principale qui longe le bord de mer Alger - Oran, une   intersection en T. Habituellement peu de circulation sur cette route. Je n’ai pas une vue idéale de ce qui viens de chaque coté. Quelques auto passent plutôt rapidement, bizarre, ce sont des limousines, un grand espace et je m’insère dans ce qui semble être la circulation normale.  Erreur! C’est un convoie avec le Président, un convoie présidentiel, qui file à tout allure, avec des jeeps et véhicules blindés et d’autres limousines, armés jusqu’aux dents, faut que je sorte de ça.  Je peux pas, trop rapide, pas de place sur les cotés, pas d’accotement, nous sommes au bord de mer. Pendant plusieurs kilomètres, je cherche un endroit où m’arrêter en sécurité, un peut stressant, genre poursuite James Bond. Finalement j’arrive près de mon hôtel dans une courbe vers la gauche, l’entrée est à droite, un coup de roue à droite et soupire de soulagement… le convoie continue de passer vroom vrom vroom … le stress baisse d’un cran.  Je suis à la maison.

Un de mes collègues, responsable d’une des usines sur le complexe, qui avait une femme de ménage, qui est devenu sa copine. Il la visitait à l’occasion chez elle à l’extérieur de Tipasa. Un jour il décide de l’attendre dans sa voiture à l’extérieure du complexe hôtelier, pour l’amener chez elle, à la fin de la journée de travail. Quand une douzaine de femmes de ménage sortent en même temps, il baisse sa fenêtre et appelle sa copine “Fatima, Fatima”. Une femme se dirige rapidement vers l’auto et s’assoie. Roger tout content entame la conversation avec sa copine. À mi-chemin, il n’est pas certain quoi, mais quelque chose est différent. C’est alors que sa copine enlève son voile. Surprise, c’est pas sa copine, c’est une autre ‘Fatima’ voilée. Oui, à la sortie de l’hôtel, les femmes mettent leur voile. Et beaucoup de femmes musulmanes d’appellent Fatima.

Alger grande ville fascinante à marcher, bar, café, resto, crevettes, des plages partout. Jamais un problème avec la population, tout les jours j’apprends quelque chose de nouveau, j’apprends aussi la langue Arabe, très difficile pour moi en tous cas.   En 1980 le Président Boumédienne décède, il était un héros de la révolution et Président depuis très longtemps. Les funérailles nationales ont lieu à Alger. Faut que je voie ça. Je me rend dans la capitale et stationne ma Renault un peu en recul, loin des cérémonies, au cas où ça tourne mal. Il y a foule partout au centre-ville. J’entre à l’hôtel Aletti et monte sur le toit où il y a déjà des curieux.  Le convois ou procession funéraire passe juste en bas, j’ai une vue imprenable sur les événements. Ma caméra dans les mains, je prends des photos. Je remarque que les gens sur le toit sont tous Algérien et ne savent pas que je suis Canadien. C’est comme dans d’autres pays, vaut mieux ne pas être identifié comme étranger, surtout pas Américain, ou Français dans ce cas.  La procession, tout un spectacle, les personnes de chaque coté du cortège, sur la rue, essaient de toucher le cercueil, ils sont hystérique, les forces de l’ordre sont en train de perdre le contrôle, ce sont des milliers de personnes qui sont dans la rue, ils se referment sur le convoie, cercueil, limousines, Polices et Militaires. Il est temps pour moi de disparaître. Je marche vers mon stationnement, mais je dois traverser la foule, heureusement je n’attire pas l’attention, j’ai l’air d’un Algérien bronzé. Je me dirige directement vers mon auto, droit devant il y a des tanks avec canon à eau. Il commence à arroser tout ce qui bouge, pour rafraîchir les esprits. J’ai quand-même pas peur, c’est juste excitant, mais un jet de cette force, ça calme.  Je retrouve ma Renault et décolle sans perdre un moment. J’allume la radio, en directe de Paris, une description de ce qui se passe “… d’Alger, les funérailles du Président …en direct: “Tout se passe dans le calme et la dignité …  “


Thérèse me rend visite pour un mois, on décide de faire un voyage à Oran, près du Maroc. Elle  n’est pas bienvenue dans certain restaurants sur la route entre Oran et Tipasa,  pas de femmes dans ces restaurants d’hommes, finalement ils nous acceptent, sans se douter que Thérèse jouait toute nue sur la plage qui était complètement vide, pas un être vivant en vue, absolument super nature tout le long de la cote entre Oran et Alger.  À Oran on marchait sur la rue en se tenant par la main, on croise cinq jeunes militaires, ils nous contournent et soudain un d’eux, se retourne et donne une bonne tape sur une fesse à Thérèse. Un homme et une femme ne doivent pas se tenir par la main, deux hommes oui. On décide de partir le lendemain matin.  Magnifique paysages, des falaises, une route sinueuse mais sécuritaire, la mer à l’infinie. L’autre jour, Thérèse me retrouve en Algérie pour un mois. Elle pourra voir où j’habite, visiter Alger, se rendre dans le désert jusqu’à la Porte du Désert, faire une promenade en chameau, visiter Oran, Constantine, et jusqu’en Tunisie. On en profite pour passer une semaine à Palma de Mallorca en Espagne, ainsi que sur l’îles de Grandes Canaries où on a failli être emportés par une super vague qui a passé par-dessus les brise vagues au port.  J’ai bien vu la très grosse vague qui arrivait, impossible de fuir, l’escalier pour redescendre de ce mur est trop loin Il y a d’autres personnes aussi, malgré l’affiche qui interdisait l’accès à ce site à cause de la tempête.  Les personnes qui courent vers l’escalier, sont frapper par la vagues et tombent. Je dis à Thérèse de prendre position comme moi, on bouge pas, dos à la vague, les pieds solidement ancrés sur la pierre, on se courbe un peu vers l’avant en présentant le bas du dos à la vague, de façon à offrir le moins de résistance à l’eau, qui rapidement nous passe par-dessus la tête, on se tient par la main, la vague passe, on est toujours debout. Totalement trempés de la tête aux pieds. Maintenant c’est le temps de courir avant la prochaine vague. Un taxi vers l’hôtel, on passera encore quelques jours dans cette île paradisiaque. Peu de temps après ces moments passés ensembles en Algérie, je décide de retourner au Canada pour retrouver Thérèse définitivement.

1982 BENDIX Aviation Electrique  à Ville St-Laurent. 

Ça commence par une formation de plusieurs semaines à Chicago, s’agit d’un système d’approvisionnement de tout le matériel ou les pièces requises pour le bon fonctionnement de l’usine, juste au moment où on en a besoin, évitant ainsi d’avoir à investir beaucoup dans l’entreposage. Je deviendrai un des experts menant ce projet à terme. Durant mon séjour à Chicago, j’en profite pour visiter la ville. Un soir je me perds complètement, je vois bien au loin les gratte-ciels et les lumières du centre-ville, mais je suis dans un quartier très mal éclairé, et que des personnes noires. En fait c’est aussi durant cette période des émeutes raciales ou troubles civils aux USA. Je fini par retrouver mon chemin vers le centre-ville, fini les explorations des quartiers dangereux le soir.

  

Je devient membre de APICS  l’ American Production & Inventory Control Society

Inventory control and MRP (Materials Requirement Planning) et après18 mois, la compagnie est en difficulté, trois importantes coupures de postes dans les derniers 6 mois, bien qu’avec peu de séniorité, je survis à toutes ces coupures, inutile d’attendre d’y passer aussi, aussi bien partir au ‘top’.  Je me remet à la recherche d’un emploi.

 

Quand j’annonce à mon patron que je quittais pour un travail en Afrique, il ne comprenait vraiment pas. Il ne pouvait pas concevoir qu’un canadien s’exile pour travailler en Afrique.

 

 C’est meilleur moyen de visiter le monde, faire le bien, et être payé pour le faire, une expérience extra-ordinaire. Pour moi le salaire offert a toujours été ma dernière considération. Cependant malgré que j’étais sans diplôme important, et travaillais avec des professionnels, ingénieurs, et autres, je gagnais autant sinon plus qu’eux.  Mon apport était aussi important. Je cherchais d’abord un pays que je connais pas, où je suis jamais allé. Ensuite le défi d’apprendre quelque chose de nouveau, ajouté à mon bagage, de transmettre mes connaissances.

 

Tout le monde peut le faire ! Y a pas d’excuses!  Postes avec les gouvernements, ou les Nations-Unis, super bonnes condition, la plupart du temps dans les capitales ou grandes villes, tous les avantages et sécurités d’un travail au Canada et même plus.  Ensuite les grandes entreprises qui œuvrent à l’étranger, qui ont besoins de personnel Canadien pour diriger, administrer le projet et former le personnel local. Enfin, le Développement international et l’Aide humanitaire, incluant l’aide d’Urgence après des désastres majeurs. Aujourd’hui avec l’Internet, le web est plein de site où ces postes sont répertoriés et disponibles à tout le monde, avec votre CV publié sur ces sites, une touche et il devient  disponible à tous les employeurs. Au début, je devais imprimer des CV, et poster des sacs entiers d’enveloppe de CV.

Chapitre 7                      Le Sahel du Mali

 

1983-1985 LAVALIN INTERNATIONAL, à Nioro-du-Sahel, et Bamako, Mali, pour 3 mois.


Le Projet de Développement Intégré du KAARTA est financé par l’Agence Canadienne de Développement Internationale. Mon poste est Conseillé en Gestion des Stocks. Il y a déjà un conseiller en gestion des stocks sur place employé permanent de Lavalin. Je suis là pour l’appuyer. La partie Finance et Administration est gérée par Interimco Consultants Int’l d’Ottawa. Ce projet inclus l’approvisionnement et toute la logistique du projet incluant plusieurs volets dont Agriculture, Forage de puits, Alphabétisation, Élevage, et autres. Durant ces trois mois je m’intègre dans mes nouvelles fonctions. C’est un environnement nouveau pour moi.

 

Départ seul, escale à Paris, puis une semaine à Bamako, à l’hôtel Amitié sur le bord du fleuve Niger. Familiarisation avec le pays, la population, le personnel International et national travaillant sur le projet. C’est mon troisième séjour en Afrique. Rien à voir avec la Méditerranée ou le Sahara. Bamako est une ville sympathique, accueillante, toujours ensoleillée, mais avec des égouts à ciel ouvert partout, qu’on appelle des marigots, des marchés colorés de tissus Africains, magnifiques robes africaine en batik, boubous pour les hommes, les poubelles qui s’accumulent en tas sur la rue, ramassées occasionnellement, des terrasses pleines de vie et restaurants surtout Maliens et Français. Absolument sécuritaire à l’époque il y a 35 ans. Je couche à l’hôtel Amitié où séjournent des hommes d’états et diplomates en visite, toujours intéressant de voir le spectacle du protocole, des fois avec gardes d’honneur à l’arrivé et convoies de limousines.  Autre service unique, les belles de nuits, frappant aux portes des chambres le soir, “C’est l’amour qui passe”, vous avez bien compris. Un canadien m’a raconté avoir accepté la livraison une fois, et à son réveil, la prostituée avait disparu en douceur en lui laissant son porte-feuille totalement vide. Jeunesse, manque d’expérience, leçon apprise!

 

Au maximum sept canadiens habitent dans ces maisons, avec leur familles, incluant les enfants, quelques-uns sont célibataires et habitent seuls, comme moi pendant ces 3 mois. Nous avons tous un cuisinier et un gardien qui font la cuisine et l’entretien. Il y a souvent des tempêtes de sables. La poussière de sable alors pénètre partout à l’intérieur. Le soir, comme il n’y a à peu pas d’arbre, c’est le firmament étoilé d’un horizon à l’autre. Habituellement pas d’humidité dans l’air, ce qui donne une transparence extraordinaire, et à l’extérieur de notre base, pas d’électricité, donc pas de source de lumière pour polluer notre visibilité des étoiles, de la lune, ou des orages électriques. Notre électricité était produite par un groupe électrogène (une génératrice). Notre mécanicien, notre foreur, étaient de ceux qui assuraient l’alimentation en électricité et en eau pour la base. Mais surtout supervisait et formait l’équipe malienne à mettre en place des installations semblables dans les villages du Sahel. Un chef de village tellement content et reconnaissant pour ce puit, voulait donner sa fille à notre foreur, qui a bien poliment décliner l’invitation. À côté de nos petites maisons, il y avait une piscine hors-terre fabriquée au Québec. En après-midi, 42C à l’ombre. Imaginer après souper, dans la piscine, tous réunis, ces familles québécoises dans l’eau rafraichissante, de la musique, Elvis Presley, Bob Marley, un ciel à rêver, un silence jamais entendu.  Aucun moustique, mouche, que quelques petites chauve-souris qui venaient boire dans la piscine. Il arrivait qu’on en trouve le matin, noyé en tombant dans l’eau en buvant. Le jour, des femmes venant de villages pas encore équipés d’un puit partaient chercher de l’eau dans des villages voisins qu’elles rapportaient sur leur tête. Elles passaient souvent avec leurs enfants, à côté de la base, à côté de la piscine, elles riaient avec nous un moment, avant de continuer vers la maison avec une chaudière d’eau sur la tête, pour la cuisine et le bain. Elle comprenait aussi que nous étions en phase de forer les puits dans chaque village, et leur tour viendra. Parfois, au loin on apercevait des chameaux.

 

Après 3 mois, mon contrat avec Lavalin prend fin. Je retourne au Canada. La direction Malienne du projet décide de mettre fin à l’entente avec Lavalin et attribue un nouveau contrat a Interimco, à condition que ce soit moi qui prend la relève de toute la gestion des stock à Nioro.

 

Dès mon retour au Canada, Interimco Projets Engineering Corporation me demande de joindre leur équipe pour remplacer Lavalin au Mali dans 2 ou 3 mois.  Alors, qu’est-ce que je fais pendant 2 ou 3 mois à attendre sans salaire? Je négocie un contrat débutant immédiatement dans leur bureau à Ottawa, pour ensuite repartir au Mali. Mon épouse Thérèse me rejoindra deux mois plus tard, le temps que je prépare la maisonnée avant son arrivée. Pendant mon séjour à Ottawa, Interimco m’a fourni un condo, et je passais mes week-ends à Montréal avec Thérèse. Le temps venue, Montréal-Paris-Bamako et je reprendrai le contrôle à Nioro pour le compte d’Interimco au lieu de Lavalin.

 

Deux mois passent, j’accueille Thérèse à l’aéroport de Bamako, avec tous ses bagages pleins des nécessitées, dont je lui avais envoyé la liste, pour une durée d’une année. On s’installe à l’hôtel Amitié une semaine. Durant cette semaine Thérèse fait la connaissance des autres familles Canadiennes du projet postées à Bamako, la famille Robillard de l’Ontario, Bastien le pilote, et les autres.

 

Je suis enfin à Nioro du Sahel, avec Thérèse, elle venait de démissionné de 15 année comme infirmière-chef à l’hôpital St-Laurent, vie trépidante d’activité, beaucoup de responsabilités, et de stress. C’est le choc pour elle, le cuisinier malien prépare la cuisine, quelqu’un pour exécuter toutes les taches d’entretien de maison, elle n’a plus rien à faire! Elle passe une bonne partie de la journée à se bercer sur la terrasse, on avait apporté une chaise berçante du Canada. Elle qui vient de quitter son poste de Chef de Département à l’hôpital Ville St-Laurent. Plus aucun souci, pas de comptes à rendre à personne, pas d’horaire de travail, pas de problème de personnel à régler, la liberté totale. Elle passe au travers la réserve de livres qu’elle a apportés. Les caravanes de chameaux passaient tout près. C’est très calme, même les chameaux qui déambulent plus loin s’ennuient. C’est chaud et sec, mais la piscine est juste à coté.

 

Thérèse décide de prendre les choses en main. Elle prend le contrôle de la maison. Elle n’est plus un visiteur, et devient la “maitresse” de la maison. Elle se met à enseigner au cuisinier les vrais plats québécois, de A à Z, il sera capable de tout faire. Elle lui fait laver, peler, couper, hacher, trancher tout. Ensuite lui enseigne pas à pas, chaque recette. Thérèse et le cuisinier sont contents. Le cuisinier Mohamed apprécie beaucoup Thérèse, il amène à l’occasion sa jeune femme avec son petit bébé. Elle devient amie avec les autres épouses canadiennes, pour échanger et faire des activités. En plus des jeeps et camionnettes du projet, nous avons tous une mobylette, et ça donne la mobilité et liberté à Thérèse, elle se promène partout autour du village de Nioro. Dans le centre, elle fait la rencontre d’un groupe de 5 religieuses espagnoles. Elle ont mis en place un centre de nutrition pour les bébé et jeunes enfants du village. Thérèse se joint à elles, à tous les jours, 40 femmes avec leur bébés viennent alimenter leurs enfants. Gros chaudron de fonte, feu de charbon de bois, les portions sont distribuées aux femmes, et Thérèse participe aussi en prenant les bébés dans ses bras et les faire manger, des fois en leur présentant la purée avec le doigt et le mettre dans la bouche de l’enfant. Il fait chaud, Thérèse aide à la préparation et la cuisson de la bouillie. C’est exténuant dans cette chaleur. Elle revient en mobylette tout les jours. Les bonnes sœurs apprécie énormément l’aide de Thérèse. M.Touré, le directeur malien du projet du Kaarta, à dit que Thérèse était la première épouse de canadien à Nioro à aidé aussi activement et généreusement ces activités. La direction de l’Agence Canadienne de développement International, a récompensé Thérèse avec un chèque de $5,000.

 

Parmi les familles du Québec, Serge Bayard, ex-professeur de l’école de l’automobile à Montréal, avec son épouse et 5 enfants. De vrais canadiens d’origine haïtienne. Régulièrement des maliens du projet étaient sélectionné pour faire un stage ou diverses formations au Québec. Un jeune du projet à Montréal arrive dans un bâtiment rue Ste-Catherine, il avait un rendez-vous, devant les ascenseurs, ils voie bien des portes s’ouvrir, les passagers qui débarquent et d’autres qui entrent, les portes qui se referment.  Je sais pas à quelle étage il voulait aller. Il a fini par comprendre … il croyait qu’il s’agissait d’un métro, il était certain que ça partait vers la droite ou la gauche. Un autre jour, il se baladait rue Ste-Catherine encore, il a passé à coté de travaux d’excavation ou réparation quelconque dans la rue. Il s’est dit “Parfait, avec ça, je vais me reconnaître au retour”. À son retour quelques heures plus tard, il est passé tout droit. Il n’a jamais retrouver le site des travaux. Les travaux étaient terminés. Il nous raconte tout ça en rient “ça c’est impossible chez nous”. Des travaux fini le même jour, impossible! On a bien rient ensemble.

Tous les mois je vais à Bamako avec Thérèse. Un jour c’était pour accueillir Rachel et Lionel, soeur et frère de Thérèse, qui nous visitaient pour plusieurs semaines. Ensemble, on a fait plusieurs excursions, sur le fleuve en pirogue, dans des villages éloignés … Quand ils marchaient dans des villages qu’aucun ‘blanc’ visitait, les enfants les suivaient, ces étrangers devenaient des attractions. Des femmes touchaient les cheveux de Thérèse, très différents des leurs, certaines voulaient couper une tresse pour la conserver. Tout ça se passait dans la bonne humeur. Un jour Ils se promenaient les trois dans le village, lorsqu’un feu éclate dans une maison. Il n’y a pas de pompier, ni bornes fontaines. Lionel se lance avec les voisins, avec des seaux d’eau, arroser le feu. Les villageois essais d’empêcher Lionel d’aller près du feu, de crainte qu’il se blesse. Mais pas question, en bon québécois Lionel continu jusqu’à la fin. Ce voyage au Mali fut un de leur plus beau voyage de leur vie, et aucune agence de voyage commerciale ne peut faciliter une telle intégration à la vie malienne.

 

Un événement annuel était le passage du rallye Paris-Dakar, près de Nioro.  Que de mémoires. 

Chapitre 8                                Forêt tropicale du Zaïre

 

1986 à 1987 GENERAL WOODS & VENEERS LTD, Bois & Placage, durée 24 mois.

Responsable des magasins et approvisionnement ACDI, projet FORESCOM

Nioki, province du Bandundu, Zaïre plus tard devenu République Démocratique du Congo.  Projet financé par L’agence Canadienne de Développement International.

 

Après une escale à Paris, nous sommes arrivé à Kinshasa, la côte Est de l’Afrique noire, rencontre avec la direction du projet, nuit de récupération dans le plus bel hôtel du Zaïre, puis vol de 4 heures en direction du centre du continent, en DC3, c’est un grand pays, on survol la jungle verte, dense, et de grandes rivières. Finalement le vieil avion aborde sa descente au-dessus de la rivière Congo et atterri en douceur sur une piste très courte. En ouvrant la porte de l’avion à Nioki, un véritable choc thermique, merveilleux, chaleur extrême, j’aime déjà. En ouvrant la porte, on est chaleureusement accueillis par les 7 familles de Québécois, et beaucoup d’ouvriers Zaïrois, tout ce beau monde au pied de l’avion. Après les présentations, Thérèse et moi sommes un peu fatigué de ce long trajet de Montréal, on nous conduit directement chez nous. La distance est plutôt courte, juste à côté de la piste.

 

Une série de confortable maison de colon Belge directement à côté de l’unique piste d’atterrissage, chacune avec jardin de fruits incluant bananiers, ananas, profusion de légumes et fleurs magnifique partout, on dirait un petit jardin botanique. Et surtout, un cuisinier, un homme de ménage, le gardien de nuit, quoi demandé de plus? Mon transport personnel à Nioki, pour circuler entre l’aéroport, le village, et le chantier, une moto cross-country ajoutant une touche de sport et d’aventure dans le mixte. Au besoin je pouvais utiliser la Land-Rover 4x4. Toutes des routes en terre, en période de pluie tournent en boue, un peu plus d’aventure.  Les sièges en cuir noire de ces motos, laissées au soleil brulant, étaient difficiles à enfourcher à la fin de la journée, quand même préférables à des sièges en glace.

 

Graduellement on fait connaissance avec les autres Canadiens, nos voisins, de la Gaspésie et des régions québécoises de l’industrie forestière des scieries, du placage, et  avec leurs conjointes et enfants. De mon côté mes premiers contacts avec mon équipe Zaïroise. Dès la première semaine, un midi, à mon départ à la maison pour manger, le chef de l’entrepôt de pièce de rechange, mon premier assistant, m’approche pour m’emprunter un peu d’argent pour acheter un singe qu’un vendeur itinérant lui propose, le singe est suspendu à un bout de bois, mains attachés et pieds attachés de chaque côté. C’est une aubaine, ils raffolent du singe. Ce sera leur diner du jour. De retour de mon diner à la maison, tout le monde est content, Ils ont tout mangé. Il reste rien. Ils grugent tout exactement comme on mange un poulet BBQ. Je leur annonce qu’il ne me doivent rien, je leur offre le singe. Quelle belle entrée dans ma nouvelle famille.

 

Je n’ai jamais mis les pieds à l’intérieur d’une scierie, dans laquelle on scie des arbres d’essence exotiques, qui debout, mesure 100 mètres de haut et plus de deux mètres de diamètre. Des acheteurs japonais et autres, viennent directement dans la forêt choisir les essences les plus rares et précieuses, et paye une fortune pour chaque arbre. Tous ces magnifiques arbres sont coupés en sections (grumes) et transportés par barges sur la rivière, jusqu’à l’usine. La plupart de ces bois précieux exotiques no flotte absolument pas. À la scierie de Nioki, ces grumes seront coupé selon les besoins et spécifications, de l’acheteur, par bateau jusqu’à Kinshasa. Un enchevêtrement de convoyeurs, des scies de toutes dimensions, des fours à séchage, des équipements de levages, une génératrice d’électricité très ancienne à vapeur, tout doit être produit sur place. L’électricité généré par l’usine, est alimente aussi le village où habite les travailleurs. Personnellement je ne connais rien à tout ce procédé de transformation du produit brute au produit fini. Mon expertise et ma responsabilité, comme partout ailleurs, l’achat de tout ce qui est nécessaire pour ce travail, et le contrôle de l’entreposage. Mais j’apprends plein de choses, et ça rend le tout plus intéressant. Quand je n’ai plus rien à apprendre, c’est le temps de quitter. Tout le monde peut travailler sur ces projets à l’étranger. Tout le monde à des connaissances et expertises unique, en besoin partout. S’agit de ne pas craindre l’inconnu, je dirais même de rechercher la chance de participer à des défis nouveau, la personne libre de voyager, n’a qu’a envoyer ses CV et laisser l’employeur le choisir, et le convaincre qu’il est capable d’accomplir la tâche. Personnellement, je fais le difficile, les candidats qualifiés et surtout d’expérience sont rares, avantageux pour négocier les meilleurs conditions! Qu’attendez-vous?

 

Une de mes toutes premières journées en poste, on reçois une livraison de carburant par bateau, tout en barils. Le livreur viens me visiter dans mon bureau, un vrai four sous ce toit en tôle, on fait connaissance, la personne que je remplace était aussi Canadien. Rapidement, et de façon apparemment routinière, il dépose devant moi, sur mon bureau, un rouleau de billet de banque gros comme un petit rouleau de papier de toilette. C’est très clair, ça s’appelle de la corruption. Certain appelle ça une commission. Immédiatement je lui dis de reprendre le tout. Et de ne plus jamais refaire ça. Du coin de l’œil, je vois mon assistant au loin qui surveille la scène.  Pour moi, toujours, c’est tolérance Zéro! Je vais pas ruiner ma réputation pour quelques argents que se soit. Aussi, accepte le pot de vin, et tu deviens prisonnier du chantage de ceux qui corrompe.

J’apprend plus tard que la personne qui m’a précédé acceptait tout, et passait régulièrement de belle vacance à l’hôtel à Kinshasa. Plusieurs personnes influentes ont ainsi essayé de me faire des cadeaux, comme des bouteilles de bon whisky ou autre chose. Toujours la même réponse. Certainement certain pensent que je suis idiot, c’est leur affaire, moi, j’ai la conscience tranquille!

 

Comment on s’alimentait et vivait-on en pleine jungle congolaise? Un mois ou deux après notre arrivé à Nioki, l’envoie de nos effets personnelles arrive du Canada enfin. Expédié de Montréal par bateau, plusieurs caisses de vivre incluant  des réserves de farine, sucre, vin, huile, gâteries, lait en poudre, de tout ce qu’on trouve dans l’épicerie à Montréal. Aussi la vaisselle, chaudrons, ordinateur, radio ondes-courtes, des livres, filtre à eau distillateur, et plus, plusieurs caisses en bois. Thérèse à montré au cuisinier à faire tous nos plats québécois favoris, tout le monde était content. Autour il y avait une plantation de caoutchouc et plein de sentiers pour la marche.  Seul chose disponible à Nioki, la viande de boeuf, sur patte, vivant. On l’achète en groupe d’un éleveur local, un québécois chasseur à apporter une carabine. Il abat l’animal. Ensuite on le dépèce en morceaux et se partage en part égal la viande, qu’on met dans nos congélateurs immédiatement. J’ai gouté aussi au serpent, un gros python, ça goûte entre le poisson et le poulet. J’ai certainement mangé des choses sans savoir ce que c’était.

 

À l’occasion, on partait avec un des bateaux du projet en promenade sur la rivière et pour un pique-nique.  Un jour il y a eu une tempête tropicale électrique, durant 24 heures, nous étions assis paisiblement dans le salon au milieu de l’après-midi, le tonnerre et les éclaires tombaient sans arrêts autour de nous, je dirais un coup à la minute, j’ai jamais vu ça.  Soudainement le tonnerre tombe directement sur la cuisinière électrique, l’élément chauffant est devenus instantanément comme une boule de feu, rouge vif. De la pluie commençait à pénétrer dans la maison, et s’accumuler sur le plancher. Comme on était invités à souper chez le docteur canadien et sa famille, on a décidé d’y aller quand même. Mourir là-bas ou ici, quelle différence? Heureusement on n’y allait pas en moto, j’avais la Land Rover. Durant tout le parcours, le tonnerre tombait autour de nous à toutes les secondes, des coups terribles. On dit que les pneus isolent le véhicule du sol, et nous protège. Les locaux disaient que c’était pour punir quelqu’un dans le village, ou la population en général. On aurait dit un bombardement, sans arrêt toute une journée et une nuit.

 

Et pour nous garder en alerte, on a un jour trouvé un python long de 4 mètres devant la porte, régulièrement de grosses araignées totalement dégoutantes dans les fenêtres ou portes doubles, notre eau pour le bain n’était pas claires, pas contaminée mais simplement terreuse, brune, de temps en temps il y avait des bébés serpents dans l’eau, on aurait dit des vers. Quand on a quitté définitivement, on a découvert qu’il y avait un nid de serpent sous le bain, et les bébés petits, pouvaient grimper en entrer par le renvoi de surplus d’eau. Quand Thérèse le matin, entrait dans le bain, et les petits bébés se tortillaient dans le fond, elles criaient au meurtre. Personnellement je trouvais les araignées plus dégelasses toutes poilues et avec un corps gros comme le pouce, si écrasée, elle laisse une tache pas jolie. Apparemment elles n’étaient pas dangereuses.

 

Pour Noël le projet financé par l’ACDI, offre de la viande fraiche à toutes les familles des travailleurs de la Forescom, une cinquantaine de bœufs vivants, à se partager entre eux pour la période des fêtes. Le bœuf est inabordable pour ces salariés. La cargaison inhabituel venue d’une autre région du Zaïre, arrive pas bateau-barge bien vivant sur 4 pattes. La suite n’est pas recommandée pour les personnes sensibles. C’est le transbordement du bateau du bétail, ainsi que l’abattage. Il n’y a pas de quai approprié, ni de passerelle sécuritaire pour faire marcher le bétail du bateau jusqu’au sol. Je n’étais pas présent à cette opération, nous étions au Canada en vacance. Cependant un collègue m’a remis copie du vidéo. Sur le chantier, nous utilisons des grues pour soulever les grumes très lourdes hors de l’eau et les ramener sur le sol. Alors avec une de ces grues, les bêtes sont transportées, attaché par les cornes seulement, soulevé, amené vers le sol, pour la prochaine étape, l’abattage, dès que l’animal touche le sol, des ouvriers attendent avec des gros marteaux, des masse, et le frappe en plein front afin de le tuer d’un seul coup. Seulement, ça se passe pas comme prévu, l’animal se débat, les coup passent à côté ou frappent pas à la bonne place, il faut plusieurs coup de masse pour endormir la bête. Un carnage. Pour les curieux et les récipiendaires de la viande c’est une fête. Une fois les bêtes sur le sol, morte, elle sont transportées en un lieu plus pratique, découpées en parties égales qui serons distribuer à chaque famille d’ouvriers. Rien ne se perdra, et la viande est fraiche. 

 

Nous habitons à coté de la piste d’atterrissage, opposé à nous de l’autre coté de la piste, il y a le petit bâtiment qui sert d’ aérogare.  Un jour le toit s’est totalement effondré durant la nuit. On a alors découvert que l’entre-toit était un populaire refuge de chauve-souris. Dans le plafond ou l’entre-toit du bureau, salle d’attente etc. il y avait une énorme quantité de ‘guano’ accumulé, c’est la merde de chauve-souris, et c’était devenu très lourd, ce qui devait arrivé est arrivé, le plafond a cédé et tout s’est retrouvé sur le plancher, heureusement durant la nuit.

 

J’avais un magnifique radio ondes-courte Grundig pour capter les nouvelles du monde entier. Il n’y avait pas de TV. Je suivais Radio-Canada International, et d’autres. Un officiel de la police secrète du Zaïre, nous visitait souvent. Il s’informait si je pouvais transmettre avec mon appareil, et si je pouvais capter des communications internes, mais ce n’était pas une station de radio-amateur, même si il était un peu gros et avec beaucoup de bouton. Il était inquiet que je sois un espion. Je continuai à entretenir des relations amicales avec lui, on sait jamais …

Chapitre 9              Mousson au Bangladesh

 

1988 à 1990A.R.A. CONSULTANTS, Dhaka, Bangladesh pendant 30 mois.

Training coordinateur ACDI (Agence Canadienne de Développement Internationale)

Chef de projet pour la formation des gérants d’entrepôt, jusque-là, c’est bon. Je suis parfaitement qualifié. Expérience à l’étranger, gestion des stocks!  Mais on ne connaît jamais tout, et je ne connais absolument rien de l’entreposage de grain de céréales. Je serai content d’apprendre quelque chose de nouveau, et surtout d’aller vivre dans un autre climat chaud. En dehors de ça, je sais pas ce qui m’attend. C’est aussi ma première fois en Asie, totalement différent de l’Afrique.

 

 

Thérèse part avec moi, pour toute la duré du contrat. Une fois familiarisés avec Dhaka, on trouve une maison, située entre le bureau et l’aéroport dans un tout nouveau quartier, probablement ce qui deviendra le plus beau quartier de la capitale, le quartier neuf de Baridara d’ailleurs le gouvernement entreprend la construction d’une formidable ambassade, une forteresse. Ce quartier est très peu habité, il n’y a que de grosse maison comme celle que nous avons louée, les rues ne sont pas encore pavées. Partout autour il y a que des rizières, très joli environment, le soir on a des concerts de grenouilles, et on mange des cuisses de grenouilles à volonté.

 

Le plancher est à au moins deux mètres plus haut que le niveau de la rue, la parcelle est entièrement encerclée par une haute clôture en fer forgé. Magnifique entrée, recouverte et entièrement pavée de céramiques. Il y a un garage, mais les domestiques y logent. Le premier étage contient une chambre à coucher qui pourrait aussi servir de bureau, une grande cuisine, salle à manger, et salon. Tout est neuf, nous serons les premiers à l’utiliser. En entrant droit devant, un escalier tout en marbre, la rampe comme toutes les boiseries dans la maison, en acajou. Cet escalier circulaire vers le deuxième et le toit très large au départ, se rétrécie vers le haut, à l’allure de film d’Hollywood, et elle tourne comme un coquillage en montant. Le deuxième étage a 4 chambres à coucher, chacune avec une immense chambre de bain tout équipée, nous serons deux personnes au total! On m’a alloué un généreux budget pour meublé le tout. J’ai acheter les climatiseurs, les électro-ménagers, les meubles de salon et salle à diner, en bambou magnifique, c’est quand même ce qui était le moins couteux, tout rembourré avec beaucoup de goût. Et, la TV qui ne présentait rien en Anglais, que des discours en Bengali ou des documentaires. Ensuite pour le transport un solide et confortable 4x4 bleu, avec chauffeur, en uniforme, s’il-vous-plait merci ! Pour moi, c’étais du jamais vu, et superflu, mais ça allait avec la job et le standing dans ce pays. Pour en rajouter, je m’assoyais toujours sur siège arrière, et en arrivant au bureau ou à la maison, le chauffeur apportait ma mallette pour la déposer sur mon bureau, et insistait pour le faire. Si Thérèse avait une sortie de prévue, comme par exemple visiter ses amies, jouer au Majong, ou magasiner, je retournais la voiture à la maison, et Thérèse repartais avec le chauffeur, très heureux parce que Thérèse aimait faire la conversation, s’assoyait avec lui en avant, et des fois, il arrêtait chez lui pour que Thérèse vois ses enfants et son épouse. Profitons-en parce que ma prochaine job sera peut-être dans un pays au climat glacial, je coucherai peut-être dans une tente, avec toute sorte de danger autour. À la maison, nous donnions du travail aussi à un cuisinier, un homme de service (aide au cuisinier, vaisselle, ménage) et deux gardiens de sécurité (jour et nuit). L’escalier en marbre débouchait sur le toit qui était un endroit idéal pour apprécier la vue. À peu près pas de voisin, que des rizières. Beau, paisible. À l’occasion un avion qui décollait de l’aéroport en survolant la maison. Même le Concorde d’Air France lors de son vol inaugural nous a survolé à basse altitude à l’atterrissage et au décollage. Ça fait longtemps de ça!  Plus régulièrement des avions de chasse Mig de Russie qui faisaient des exercices de combat au dessus de nos têtes.

 

Une fois bien installés chez nous, la plus grande orage, la Mousson saisonnière arrive et d’un ampleur rarement vue, pendant des jours une pluie abondante qui ne cessait pas, nous étions maintenant une île isolée à la maison. Notre 4x4 ne pouvait pas circuler. Comme la maison était surélevée pas d’eau à l’intérieur, mais on est pas sorti pendant plusieurs jours. Et comme on ne voyait plus les limites des champs de riz, on aurait dit la mer tout autour. Quand le niveau de l’eau a baissé, j’ai pris un rickshaw pour me rendre au travail quelques jours. Parfois la personne ne pouvais plus pédaler et tirait le tricycle rickshaw pour avancer. Un jour, avec mon patron, on a pris une embarcation ou pirogue pour évaluer la situation sur le terrain, et on naviguait au niveau des fils câble téléphonique ou électrique. Oui, beau atteignait presque le bout des poteaux. Après que l’eau s’est retirée complètement, des travaux majeurs de construction de routes ont été entrepris dans le quartier, et éventuellement notre rue. Un déploiement de machinerie comme vous n’en avez jamais vue. Des centaines d’ouvriers qui manuellement fabrique des briques, utilisant des moules installés sur les bords de rues, ensuite, pratiquement que des femmes avec des marteaux qui concassent ces mêmes briques pour les utilisés ensuite comme de la roche concassée dans la construction des routes et rues. Pendant des mois peu à peu, ils avançaient, souvent les femmes avec leurs enfants, dans la grande chaleur. Du travail d’esclaves. Un peu de machinerie pour écraser tout ça, ensuite le goudron chauffé dans de grande marmite chauffées au feu de bois, était cueilli à la chaudière et étendu manuellement, également, à répétition, jusqu’à ce que le tout soit parfait. Les ouvriers et ouvrières mal chaussées pour faire ce travail, pour surement un salaire de subsistance. Je conserve tout ça sur vidéo. dans deux des coins de notre parcelle, il y avait une tourelle surplombant le mur, afin de faire le guet pour nous protéger des voleurs. Parfois durant des nuits chaude, on entendait que les grenouilles, je montais sur le toit regarder les étoiles en prenant un peu d’air frais et examiner ces rizières à l’infini. C’était toujours tranquille, les deux gardiens, je sais, souvent dormaient à leur poste. Ces tourelles étaient recouvertes d’un toit de tôle. 

 

Un jour alors que j’arrivais sur le toit, j’aperçois 5 silhouettes dans la noirceur, qui se dirige à travers les champs, droit sur nous, ça m’inquiète un peu. Puis je voir briller dans chacun leur main, de grande machette. Ça semble prendre une éternité, il parait que l’enfer c’est pour l’éternité, la lune éclaire bien, ils sont vraiment proches d’arriver. Vont-ils essayer de sauter le mur. À quelques pas, peut-être qu’ils ont aperçu les gardiens, ou moi, ils tournent carrément à gauche et continue vers la maison du prochain voisin qui est après quelques parcelles de rizière de chez nous. Ce n’est que le lendemain matin qu’on a appris que les voleurs avaient pénétrer dans cette maison, avais aligner tout le monde en ligne, et pris leurs bijoux, tout l’or qu’il possédaient colliers, bracelets, ces personnes étaient de riches propriétaires de plantation de thé, le meilleur que j’ai jamais gouté. Personne n’a été blessé heureusement. Dans les jours suivant, j’ai fait installer un système d’alarme dans la maison. Mais un peu énervant, parce qu’il se déclenchait si un papillon ou autre insecte s’approchait des détecteurs, et c’était la panique à chaque fois. J’ai donc ramassé des restes de briques cassées que je gardais sur le toit, pour lancer sur la couverture en tôle des tourelles de gardiens pour les réveiller.

 

Nous sommes invités aux noces de la fille du médecin, notre voisin d’en face. C’est une cérémonie très intéressante, beaucoup de couleurs, de la musique, pour le repas, les hommes dans une salle, les femmes dans une autre salle. À l’heure des discours, dans une autre salle, la famille proche, les dignitaires, incluant des ministres assis dans la première rangée au centre, Thérèse et moi, assis directement derrière la Ministre la plus importante. Pas très rassurant dans ces pays, une telle proximité.

 

Quand on se promène au centre-ville de Dhaka, la circulation est toujours très dense, à plusieurs intersections, des femmes quêtent avec un bébé dans les bras. Il arrive qu’il manque un membre au bébé, c’est pas rare qu’on casse un bras ou autre membre au bébé pour attirer la compassion. Assez courant aussi, qu’en approchant l’auto arrêtée, la mère pince le bébé pour le faire pleurer.

 

Thérèse a fait du bénévolat dans une crèche. Il y avait une petite fille de 6 mois tellement maigre, les bras et les cuisses la grosseur de nos doigts. Elle refusait de manger. Les religieuses jugeaient qu’il n’y avait plus d’espoir de la sauver, elle va pas vivre longtemps. Thérèse leur a demandé de la prendre à la maison. Avec les bons soins de Thérèse qui a amélioré sa diète.  Cette fillette a survécu et engraisser comme un bébé Canadien. Devenue très belle, enjouée, toujours de bonne humeur, elle a éventuellement été adoptée par une Canadienne de Calgary qui accompagnait son mari en mission au Bangladesh. Plusieurs années après notre retour au Canada, nous avons visité la famille en Alberta.

 

Quand nous avons quitté le Bangladesh définitivement, l’ambassadeur Canadien et son  épouse ont recruté notre cuisinier pour travailler à l’Ambassade du Canada. Rare étaient les cuisiniers local qui savait faire un pâté chinois, une tourtière, une dinde et la plupart de nos mets québécois préférés. Thérèse, peur de rien, aventureuse, curieuse, m’accompagnait dans la plupart de mes déplacements à travers le Bangladesh. J’allais régulièrement visiter des entrepôts de grain, et constater le déroulement des sessions de formation que nous avions organisées. Très bien accueillis partout, nous avons séjourné une semaine à Chittagong, à côté de la frontière Myanmar. Après les discours usuels au début et à la fin des cours, On en profitait au max à la plage, c’est le lieu où se déroulait la formation. Sur cette plage magnifique, immense, aucun touriste, beaucoup de grosses méduse échouées et dans l’eau, soyons prudent.

 

Dans à peu près tous les pays où on a vécu, la bouffe étais bonne, même si on n’y était pas habitué. En tout cas du curry j’en ai mangé. À Chittagong se trouve un des plus grand cimetière de bateau, ou navire. On désassemble tout ce qui peur être récupéré pour revente, et le reste est du scrap metal aussi revendu. Beaucoup de belles pièces sur ces navires, on a rapporté des vases fabriqués à partir de cloche en “Brass” ou laiton, cuivre ou autre amalgame, quand on frappe ces vases ou autre objets, on obtient un son angélique, multi vibration ondulante qui dure longtemps. Nous avons parcouru aussi beaucoup de routes, dans des coins éloignés de la capital. On roulais en Jeep, qui  sur des routes de terre, traversant multiple villages, à chaque tournant on découvrait des choses qu’on n’avait jamais vu nulle part. Aucune toilette publique, tout le monde faisait comme la population locale. J’ai plein de vidéo de tout ça. Ces Jeeps absolument “original” hérités de le 2e guerre mondiale, et étais très bien entretenu localement, ils savaient fabriquer les pièces de rechange. 

 

Au retour de ce périple, nous aboutissons sur la mer, face à la ville, c’est déjà la nuit, et c’est la noirceur totale, il n’y a pas de pont à cet endroit. Nous empruntons donc une petite embarcation rapide, qui fait la navette à travers ce bout de mer. Une traversée au moins une heure en ligne droite entre les deux rives. Thérèse, moi, mon boss, et quelques autres personnes, avec le propriétaire de ce petit bateau. Quelqu’un est assis devant sur la pointe de bateau avec une lampe de poche pour éclater le chemin. Ou pour signaler aux gros navires stationnés en attente et sans aucun éclairage, éparpillés partout sur notre trajet, que nous arrivons. Tous ces cargos, véritable forteresses flottantes, sont immobiles et bien ancrés, personne à bord! Nous on file à toute allure, j’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs. La lampe de poche n’éclaire pas assez loin. C’est de la folie. On a beau faire confiance, mais j’avais peur. Peut-être que le capitaine de ce speed boat faisait cette traversée à tout les jours. Mais qui périra si on frappe un pétrolier à l’allure d’un iceberg de plein fouet, comme une tomate lancée sur un mur? C’est le temps d’apprendre à prier. Mais comme d’habitude, on fini par arriver à la maison d’un morceau. 

 

Thérèse avait un cercle d’amies conjointes d’autres travailleurs Canadiens, comme l’ambassadeur et autres personnel de l’ambassade, des gens de l’ACDI, du CNR ou CPR, et plein d’autres entreprises privées venues du Canada. Ensembles elles se réunissait régulièrement pour jouer au Majong ou se baigner au Club Canadien de Dhaka. Elles voyageaient souvent vers la Thaïlande à Bangkok magasiner des produits alimentaires qu’on trouvait pas au Bangladesh comme du porc, …   Elles ont visité ensemble le Népal et ses temples. Et au Inde, vu le Taj Mahal ainsi qu’un orphelinat à Calcutta, la ville de Mère Theresa. Nous, les hommes au foyer, étions content de revoir nos épouse revenir de ces excursions remplies d’énergie, de souvenirs et belles mémoires, et reposées.

 

Un jour on est invités au mariage d’un de nos formateurs Bangladeshi, encore très loin à l’intérieur du pays. La aussi, une cérémonie très colorée, très longue aussi. Le soir tard on nous dirige vers le plus bel hôtel du coin. Toute la nuit on entend des gens cracher, pisser, tousser, comme s’il étaient dans notre chambre. Toutes les chambres de bain, étaient à l’arrière des chambres, mais les murs de ces toilettes, n’allaient pas jusqu’au plafond, laissant au bon mètre non fermé au haut des murs. En plus tous les autres murs n’étaient pas du tout isolés.

Chapitre 10                   Niamey, fleuve Niger

 

1990 à 1992 SÉGIBEL CANADA INTERNATIONAL (Bell Canada), Niamey,

Niger 24 mois comme Conseiller en gestion des inventaires, projet ACDI (Agence Canadienne de Développement International)  OPT du Niger (Office des Postes et Télécommunication)

Le Niger à l’époque était très calme, les gens sympathiques, à Niamey, la capitale, il y avait un seul feu de circulation dans la ville. En auto ou à pied, on se promenait partout sans aucune inquiétude.

 

Mon implication, comme d’habitude était avec la gestion des stocks des entrepôts de OPT du Niger. Ici, pas de matériel de pipeline, ni de machinerie d’usine de transformation du bois, ni de médicaments. Simplement des équipements de communication, des fils et câbles pour le système téléphonique. S’agissais pour moi de coordonner l’implantation d’un nouveau système de gestion informatisé. Le matériel informatique, des PC bien rudimentaire comparé à aujourd’hui, il y a bientôt 30 ans de cela, suffisait à la tâche pas tellement complexe à ce moment. Pas d’Internet, pas de cellulaire, nous devions quand même bien gérer les atouts de cet entreprise nationale. Les portables et le système ont été importés de France. Le personnel, déjà sur place, Nigériens Nigériennes devait être entièrement formé. À commencer par une formation de base (n’est-ce pas ce que j’ai toujours voulu faire depuis ma jeunesse) à l’étranger (ça aussi mon désir de toujours), suivi pas la création des données, comme les inventaires complets, les fournisseurs etc. et éventuellement la mise en fonction du système opéré et géré pas le personnel local Nigérien, qui en grande partie n’avait jamais touché à un ordinateur. C’est à ce moment que mon rôle est terminé et je pourrai  quitter le Niger.

 

Notre maison, un beau bungalow comparé au standards Africain. Simple, avec seulement l’essentiel à l’intérieur, le luxe serais superflu et immoral, la cour extérieur totalement entouré d’un mur d’environ 2 mètres de haut avec portail métallique, typique dans toute l’Afrique, de la place pour stationner la voiture, et détail important, une piscine tellement agréable. Avec la maison, du personnel pour l’entretien, intérieur et extérieur, incluant la piscine. Comme il fait toujours chaud, on se baigne à tout les jours. Cependant aucun personnel dans la maison durant les fins de semaine, seulement les gardiens pour la nuit, j’en profitait pour me baigner nue les Samedi et Dimanche. J’ai acheté pour que Thérèse puisse se déplacer dans la ville, une voiture Peugeot. Pas besoin de chauffeur, on conduisait nous-même. Jamais de problème excepté les policiers qui m’arrêtaient pour demander un peu d’argent, toujours sur des coins avec des Arrêts. “Bonjours Monsieur, vous n’avez pas immobilisé les quatre roues” Inutile d’argumenter, est-ce qu’on immobilise les 4 roues ici au Québec? Donc on paye l’amende directement au policier, quelques dollars, il est très content. Sinon faut aller au poste de Police pour arriver au même résultat. L’intérieure de la voiture laissée au soleil trop longtemps, le volant devenait tellement chaud qu’il était impossible d’y toucher et conduire sans avoir climatiser un moment l’intérieur. Thérèse utilisait aussi notre voiture pour visiter ses amies de femme quand j’était au travail. Beaucoup de personnel d’autres organisations Canadiennes et Européennes à Niamey, nous avions une vie sociale bien remplie, la plupart étant en couple, certain avec des enfants. Pour les nouvelles du Canada, pas de TV, seulement ma radio  onde-courte Allemande Grundig pour écouter Radio-Canada International. Mais j’avais comme toujours mon ordinateur personnel, un antique Macintosh avec ses petites disquettes. Thérèse avais trouver un travail à temps partiel avec un autre projet Canadien au Niger. Elle participait à une étude sur la toxicité des produits insecticides sur les sauterelles arrivant en nuages dans le Nord du Niger. Elle recueillait les sauterelles mortes et les rapportaient à Niamey pour étude. Elle voyageait vers Tombouctou et ailleurs où aujourd’hui il est impossible ce circuler en sécurité si on ne veux pas finir nos jours comme otage de groupe terroristes.

On a eu la chance de se rendre à Cotonou au Bénin, Thérèse et moi. Toujours avec notre Peugeot, un voyage combinant le travail pour Ségibel, plaisir et aventure. Aller, par le Burkina Fasso, retour par le Togo.  Beaucoup plus loin, nous sommes allé avec Thérèse et notre petit groupe de Ségibel, en mission jusqu’à Dakar au Sénégal. Nous avons roulé de grande distance dans les plaines sèches et tropicales à 50 Celsius, de Niamey à Dakar. Ce fut un extraordinaire expérience, là aussi travail et plaisir combiné.

 

Une fois mon projet exécuté, retour au Canada, et après un repos, recherche d’un autre expérience de découverte à l’étranger si possible.

 

Un jour je trouve dans des annonces de La Presse, un poste de Gestionnaire des stocks d’un très grand projet dans le domaine métallurgique, interviewé par 3 Allemand au Reine-Élizabeth de passage à Montréal. Grosse compagnie allemande dont le projet est approuvé en Irak à Bassora. On est en attente de la fin de la guerre entre l’Irak et l’Iran qui sévit depuis quelques années, et devrait cessée prochainement.  ‘Prochainement’ se faisait trop attendre, j’ai trouvé autre chose avec CARE Canada en Azerbaïdjan dans les Balkans ou le Caucase, directement sur la mer Caspienne.

Chapitre 11                         Baku, Azerbaidjan

 

1994 à 1995. Recruté par CARE Canada à Ottawa, comme Team Leader à Baku la capitale d’Azerbaïdjan pour une durée de 12 mois.

En passant par Istanbul en Turquie, que je tente de visiter Istanbul en une journée.

Je serai représentant et responsable de ce projet financé par le Ministère des Affaires Extérieur du Canada. Je travaillerai en étroite collaboration avec le bureau des Nations-Unis à Baku. Ce projet compte distribuer des vivres à 170,000 personnes déplacées en Azerbaïdjan; et établir les bureaux/bases pour les opérations ci-dessus.

 

Ces vivres expédiés des USA, qui arrivent via la Russie par bateau ou par voie ferrée, sont déchargées au port ou à la gare de train, puis rechargées sur des camions, pour être expédiées vers la zone des personnes déplacées par le conflit du Nigorno-Karabakh à la frontière avec l’Arménie. Je gérais personnellement les rencontres, négociations, les finances de toute ces opérations. Plusieurs fois par semaine rencontres de coordination avec les U.N., et les autres agences d’aide internationales incluant La Croix-Rouge et autres de nombreux pays. Il n’y avait pas d’Ambassade du Canada en Azerbaijan, de temps en temps un diplomate en poste en Turquie venait en Azerbaijan et m’invitait à souper dans un des bons resto de Baku, pour que je luis donne un briefing sur la situation dans le pays. Est-ce la raison pourquoi ce projet était financé par le Ministère des Affaires Extérieures, je sais pas…

 

À mon arrivé à Baku, pour la première fois dans ce pays et dans la région, je me rend en taxi vers un hôtel suggéré par le chauffeur. Je connais absolument personne dans cette ville.  Il me fallait de toute urgence une secrétaire, je ne sais plus comment, mais quelqu’un m’a référer Solmaz, veuve d’un haut fonctionnaire du pays, environ 50 ans.  Je l’invite à me rencontrer à l’hôtel pour l’interview. On se rencontre dans le lobby de l’hôtel, et au moment de prendre l’ascenseur, un employé de l’hôtel m’informe que c’est interdit de monter dans la chambre avec une femme. On se dirige donc vers le restaurant-bar pour prendre un café et discuter.   Son mari décédé était un haut placé dans le gouvernement. Elle connaissait personnellement tous les hauts responsables et les ministres avec lesquels je devais communiquer éventuellement.  Elle a quittera son poste de guide dans le plus beau musée de Baku. Je l’engage sur le champs, impossible pour moi d’opérer dans ce pays sans quelqu’un de compétent pour traduire et me guider dans les dédales du gouvernement d’Azerbaijan. Premièrement, elle m’aide à trouver un bureau pour Care Canada et l’équiper. Ensuite J’ai besoin urgent d’un appartement pour sortir de l’hôtel. Nous avons aussi immédiatement besoin de quelques chauffeurs fiables et avec expérience des voiture sécuritaire.

Dans mes réunions officielles elle est mon interprète et traductrice.

 Durant la période des examens scolaires annuels, les professeurs exigeaient de l’argent des parents pour que les enfants puissent participer à l’examen. Je lui ai donné quelques fois l’argent nécessaire, qui de toute façon était peu pour moi. Naturellement avec le temps, j’ai rencontré toute sa famille, enfants, frères et sœurs. Même Thérèse est venu chez elle quand elle m’a rendu visite pendant un mois. Je m’efforçais d’apprendre le Russe, mais en Azerbaijan la langue Azérie est utilisée, dérivée de la langue Turque. Je leur expliquais que je peux pas apprendre toutes les langues parlées dans chaque pays que je visite, le Russe est utilisé partout dans la grande région, et c’est suffisant pour moi. Un peu embarrassant parce que c’est comme un personne qui vient travailler au Québec et qui apprend l’Anglais plutôt que le Français.

 

Elle m’aide à trouver une administratrice responsable des finances. L’administratrice aussi avait de l’expérience, et son mari était dirigeant d’une grande union en Azerbaijan.

Elle était capable d’accomplir cette tâche, et avait déjà travaillé pour un responsable des Nations-Unis lors de ses visites à Baku. Elle avait deux jeunes filles, et je suis aller manger chez eux à quelques reprises. Elle m’a aussi invité à des noces dans la famille, et tout ces rencontres amicales m’aidaient à m’intégrer dans ce monde très différent du nôtre. C’était vraiment une chance pour moi d’être bien entouré, et protégé dans cet environnement très différent de l’Afrique. Elle et son mari m’ont invité aussi à les accompagner à la plage, et autres événements dans leur famille.

 

Ces deux assistantes m’étaient indispensables pour naviguer dans ce pays en guerre, pauvre, mais qui venait de découvrir beaucoup de pétrole. Ce qui a changer complètement le pays après mon départ. Il y a même eu les Olympiques à Baku.

 

Après avoir interviewé plusieurs chauffeurs, et testé leur façon de conduire et leur voitures, je devais faire un choix. Parmi les chauffeurs il y avait plusieurs très instruits, professeur d’université et autres, mais le salaire de chauffeur chez nous était de beaucoup supérieur à ce qu’ils gagnaient comme enseignants. Beaucoup ne parlait pas Anglais ou Français. Leurs voitures variaient d’une belle Mercedes, à la petite Lada russe. On recrutait le conducteur et son auto ensemble, à un tarif journalier. J’ai choisi la Lada parce que son propriétaire parlait l’Anglais. L’épreuve pour moi fut de tester leur talent, assez excitant ces tests de conduite, je faisait un circuit dans la ville, et j’ai survécu. On a recruter deux ou trois voitures et chauffeurs. Naturellement pas question pour moi de conduire.

 

 Quelques semaines passent, et deux autres Canadiens dans mon équipe sont arrivés quelques semaines après moi. Le premier, d’origine chinoise m’a semblé super motivé, qualifié, ça s’annonce excellent, je suis très content. Une autre semaine passe, et le deuxième arrive, un canadien d’origine arabe, un très chique type, aussi le genre que vous aimeriez avoir comme ami, père de famille en Ontario. Voila on est au complet, du moins pour débuter, éventuellement nous aurons 50 employés. Nous sommes tous employés de Care Canada, financé par le Ministère des Affaires Extérieures du Canada, excellent. Rapidement on se déploie dans la région du conflit Nagorno-Karabakh à la frontière avec l’Arménie, c’est la guerre. Des milliers de familles sont refoulées vers l’intérieur en Azerbaijan, à Mingechevir. On commence seulement à s’organiser pour cette opération.

 

Nous sommes toujours à Baku lorsque le chinois reçois une nouvelle du Canada, son père est mourant en Chine. Il doit abandonner et quitter tout de suite pour retrouver son père mourant. Une grande perte pour moi. Reste Mohamed, un géant super sympathique, avec de l’expérience, un bon travailleur, et ne prend pas une goutte d’alcool. Nous partons ouvrir un bureau à Mingechevir. Nous devrons équiper, meubler, recruter plein de personnel, trouver un entrepôt pour entreposer les rations alimentaire devant être distribuer dans cette région. Aussi louer des camions rapidement. Plutôt que de payer pour louer un entrepôt, je décide de solliciter un entrepôt du gouvernement, puisque ce projet bénéficiera à toute la population de cette région. Nous y entreposerons aussi une énorme quantité de farine. Ma secrétaire organise cet entrevue, qui se déroulera dans des locaux assez spacieux mais sobre. Le directeur responsable des lieux est assis au bout d’une immense table de conférence, et mon assistante à coté de moi, fait la traduction. Il y avait bien quelques autres personnes autour, peut-être des curieux, associés à l’entrepôt, qui voulait voir le Canadien. C’était comme dans un film, l’atmosphère était lourd, un air militaire et irréel pour moi, le chef ressemblait et avait une démarche, un ton de voie, comme celle du président de la Russie. Tout s’est bien passé. Plusieurs mois plus tard, comme il y avait une pénurie de farine dans tout le pays, et que la population menaçait de se révolter, il n’y avait plus de pain, c’était très grave, on nous demande de leur donner une partie de nos réserves. Ces vivres étaient destinés aux personnes déplacées, mais je négocie avec les Nations-Unis qu’on leur prête la quantité demandée, et cela devra nous être retourné éventuellement. Un accord est conclus, tout est bien qui finit bien.

 

En route, nous visitons un solarium pour personnes atteintes de la tuberculose. S’agit simplement   d’avoir une vue d’ensemble afin d’évaluer les besoins, et voir dans quelle mesure on pourrait aider. Étant donné tout ce que j’observe, j’espère simplement ne pas attraper la tuberculose. Avec Mohamed, j’achète un coffre-fort dont on aura besoin sur la base. Tout se paie comptant, le système banquier est a peu près inexistant. Et il faut beaucoup de billets pour subvenir aux besoins de notre projet. On charge le coffre-fort dans notre auto. C’est très lourd. Mohamed décide de le soulever seul. Il réussit. Durant  la semaine suivante, il commence à avoir de plus en plus de douleurs. Probablement causée pas l’effort surhumain de chargement du coffre-fort. Il est hospitalisé pendant quelques semaines. Les soins et services hospitaliers sont inadéquats, je lui apporte ses repas à l’hôpital à tous les jours. Je demande à mon grand regret, à Ottawa, de le rapatrier au Canada le plus rapidement possible pour poursuivre ses soins de santé. Il me manque maintenant deux personnes. Il semble que les deux excellents travailleurs qui ont du quitter, ne reviendrons pas. Il m’envoie deux autres. En attendant mon projet grossi et je suis toujours seul.

 

Dans les semaines qui suivent, un autre canadien, celui-ci d’origine Bangladeshi arrive directement du Nord Kivu au Zaïre et était posté dans les camps de réfugiés fuyant le Rwanda. Malheureusement pour lui, il ressemblait vraiment à l’ethnie Tutsi, qui ont chassé du Rwanda les Hutus. Les réfugiés rwandais Hutus voulait le tuer. le prenant pour un Tutsi. Il y avait d’autres problèmes avec lui. Le support attendu commence à arriver. Rapidement le deuxième arrive, un canadien pur laine. Il arrive de la Somalie directement. Il était en prison depuis un bout de temps en Somalie. Il était en amour avec une belle somalienne. Elle était la fille d’un chef de province ou d’un ministre, ou plus haut, en Somalie. C’est à leurs yeux inacceptables. Le père de la fille l’a mis en prison, plusieurs mois. Le père de ce nouvel arrivant était une des plus grande autorité en politique ou justice, au Canada. Les diplomates ont réussi à le faire libérer, et il est arrivé maintenant à Baku. Il aimait dire ‘mon père c’est (trop connu pour le nommé), moi je suis un bum !’  Appelons-le Sam. Ces deux canadiens seront basés à Mingachevir, loin de Baku, et viendront occasionnellement à Baku se reposer. Comme moi j’irai à Mingachevir suivre le progrès de l’opération. Mon travail est vraiment à Baku avec les Nations Unies, les relations avec les ministères concernés à Baku, les autres organisations internationales et les fournisseurs. J’ai aussi un autre contact une fois par mois, un attaché de l’Ambassade du Canada en Turquie me rend visite.

Il m’invite toujours dans le plus populaire restaurant de Baku, à l’extérieur, grand écran de cinéma comme un resto drive-in, et je l’informe de ce qui se passe dans le pays, je suis James Bond pour une soirée. Et, les serveuses dans ce resto, toutes belles, genre top model, à jupette très courte. 

 

Un jour je suis convoqué avec d’autre diplomates et représentants internationaux au bureau du KGB russe, pour nous présenter des prisonniers, les derniers combattants ennemis capturés, dans la guerre Nagorno-Karabakh, territoire disputé avec l’Arménie. Personnellement je n’ai rien à voir avec cette guerre, et il n’y a même pas d’ambassade de Canada en Azerbaïdjan, en fait il n’y a que 3 autres canadiens dans le pays. Ce n’est qu’un des événements ou rencontres inattendue que j’ai eu dans ce pays. La langue parlée en Azerbaijan est l’Azérie et comme partout dans les Balkans, le Russe. J’ai réussi en peu de temps à acquérir une base de la langue Russe, que je trouvais assez facile comparé à l’Arabe. Quand même dans toutes mes rencontres officielles avec diverses autorités locales, j’étais accompagné de ma secrétaire qui traduisait tout. 

  

Thérèse est venu pour un mois me visiter. Mes deux collaboratrices l’ont beaucoup aidé à comprendre la vie en Azerbaijan. Nous avons été invités chez mes assistantes plusieurs fois dans leur famille, rencontré les enfants, dans des noces et diverses fêtes familiales. Thérèse à été surprise de voir à la TV locale, une série canadienne “Le temps d’une paix”. Ma secrétaire, âgée d’environ 60 ans, habitait au 5e étage, d’un immeuble sans ascenseur, et vue l’état de guerre du pays, pas de pression d’eau jusqu’au 5e, elle montait l’eau un seau à la fois par l’escalier.  On a organisé l’acheminement de vivre en train et en camion. Il est arrivé que les envois de nourriture envoyé par les U.N. arrivait par bateau dans un port Russe, était ensuite chargé sur des convois ferroviaires pour être acheminé  vers Baku, en passant par les territoires contrôlés par les Chechens  en République de Chechenie dans le Nord Caucase que ces marchandises n’arrivaient pas en Azerbaijan, parce qu’intercepter et voler en pays rebelle à l’époque.  Un bateau qui est venu directement en Azerbaijan, je me rappelle avoir rencontré le capitaine du navire dans le poste de commandement sur le bateau, discussion agréable, inusité pour moi, peut-être bien aussi pour lui, il m’a offert de la Vodka. Ce déchargement s’est effectué sans problème et chargé sur 37 camions remorques.  Le contrat de transport de Baku à Mingachevir a couté US$37,000.  J’ai personnellement pris livraison de la somme équivalente à la banque de Baku, en devise local. Nous avons compté et emballé ce $37,000 en devise local en remplissant une boite de carton, pouvant contenir une TV de bonne dimension. Nous avons ensuite transporté cette cargaison dans le coffre arrière de notre voiture pour livrer ce paiement à la compagnie de transport. Naturellement cet opération s’est déroulé dans le secret, l’Aventure avec un grand A, on tue pour bien moins dans ce pays. Tout s’est bien déroulé.

 

Quelques jours plus tard ma secrétaire, et Thérèse, mon épouse en vésite à Baku, et mon chauffeur, avons pris la route de Baku vers l’ouest, la région où les personnes déplacées sont réfugiées. Mais on ne les appel pas “réfugié” parce qu’ils sont dans leur pays, simplement déplacés dans des zone sécuritaires derrière le front. Nous avons couché en cour de route dans des hôtels comme vous pouvez imaginer en zone de guerre. Arrivés sur place nous avons eu des échanges avec les familles sinistrées qui n’avaient aucune resources pour se nourrir, et assisté à des distributions de vivres, sucre, farine, miel, huile, lait en poudre, savon, etc. Nous avons aussi été invité avec les dignitaires ou officiels de la place. Le grand responsable, une personnalité remarquable, très accueillant,  avait toute la bouche en or, exactement, toutes les dents en haut et en bas en ‘or’ solide. Vous comprendrez pourquoi y en à qui creuse dans les cimetières. C’était un excellent repas arrosé de vodka et champagne russe, coke etc. Comme la coutume le veut, chaque convive fait un discours suivi d’un ‘toast’ à la santé qui il veut. Et c’est à tour de rôle, et ça recommence toute la durée du repas, On étaient en plein air comme à un pique-nique. Au retour, comme à l’aller, le paysage était  très intéressant, bien différent du Québec. On a croisé des tanks, des positions de canons, et autres choses pour nous rappelé où nous sommes.  De retour à Baku j’ai emmené Thérèse mangé dans un bateau-restaurant typique. De la musique forte et festive, les gens dansent, la table est remplie de petits plats aussi divers que succulent. 

 

Un mois passe, Thérèse repart pour le Canada. Elle a un billet Baku-Paris-Montréal. Arrivée à Moscou aéroport secondaire, dans la nuit. Départ prévu de Moscou avec Air-France le matin. Elle doit prendre la navette de cet aéroport secondaire, vers l’aéroport International de Moscou. À son arrivée à l’aéroport secondaire de Moscou, elle constate que l’aéroport est encore fermé. Elle sort à l’extérieur où les autobus quittent pour l’aéroport international, mais aucun autobus en bus. Un jeune homme poli, l’approche pour voir si elle a besoin d’aide. Il ne parles pas l’Anglais ni le Français, elle montre son billet au jeune homme, en lui indiquant les aiguilles sur sa montre, il lui fait comprendre que la navette quitte seulement à 06h00, beaucoup trop tard pour attraper son vol de Moscou. Quand l’autobus navette arrive dans la nuit, bien avant 6h00, avec l’aide du jeune Russe, elle négocie avec le chauffeur, de la conduire, seule, directement à l’aéroport International, pour US$60. Après un petit trajet d’anxiété, elle arrive à bon port, soulagée, et est en toute confiance maintenant dans un aéroport International, où l’Anglais et le Français sont parlés. Elle embarque dans l’avion avec sa carte d’embarquement, et s’assoie directement en Classe Affaire. Avant le départ, on annonce que quelqu’un dans la Classe Affaire n’est pas à la bonne place, Thérèse doit déménager dans la classe ordinaire.  À Paris Air France Charles de Gaules, ça va de mieux en mieux, dans l’avion, Thérèse s’assoie directement dans la classe ordinaire, prochaine escale Montréal.  Avant le départ, l’hôtesse vient voir Thérèse, et lui demande de changer de siège, elle est surclassée dans la Classe Affaire. Ça recommence, finalement l’hôtesse lui explique que puisqu’elle fait le plus long trajet de tous les passager dans l’avion (Baku-Moscou-Paris-Montréal), elle sera surclassée en Classe Affaire. Et, elle lui demande, Madame aimeriez-vous un verre de champagne ? Oui oui oui oui.

 

 

Baku est une ville de culture, j’assistait de temps en temps à des concerts de piano et autres, dans des églises ou salle de concert, pour le coût faramineux de l’équivalent de $0.15, surement aujourd’hui c’est plus dispendieux. Un jour me promenant dans les rue de Baku, d’un vieil édifice, une école de musique, des fenêtres, on entendait une belle musique. J’étais avec le canadien originaire du Bangladesh, personnellement j’aurais pas oser faire ça. On a sonné à la porte, Une femme très belle, beauté classique, queue de cheval, peut-être danseuse de ballet, nous accueille. On lui explique simplement avoir entendu la musique par la fenêtre, et nous sommes curieux d’en savoir plus. Peut-être parce que nous sommes canadiens, et elle croyait peut-être que nous étions des connaisseurs, elle nous a reçu à bras ouverts. On a eu droit à un petit concert privé. Une belle expérience, un peuple généreux, un endroit à retourner.

 

De mon logement au 5e étage d’un vielle édifice tout en pierre, la mère de mon administratrice faisait le ménage à tous les jours, et me préparait le souper pour mon retour du travail, beaucoup de patates et de chou, mais c’était quand même bon. Ce service était inclus dans le prix du loyer. Autre chose imprévu de mon grand balcon avec vue sur la ville, je profitais souvent d’un concert gratuit. Un chanteur d’opéra sur le coin de la rue en face du balcon, chantait. Des chansons d’opéra classique, et une voix qui portait loin, très riche, plutôt inattendu, mais définitivement agréable et bienvenue. Continuellement du jamais vue, je me suis rarement ennuyé dans tous ces pays.


 

Chapitre 12                            Nord Kivu Goma, RDC

1996 CARE CANADA à Goma, Nord Kivu, Zaïre (République Démocratique du Congo) 12 mois Coordonnateur de Programme, UNHCR (Haut Commissariat au Réfugiés) tout près de la Frontière du Rwanda, Gisengy.

 

Nous avions deux projets distincts 1) fourniture de bois de chauffe à 350,000 réfugiés Rwandais dans un camp de réfugiés, et 2) la gestion du magasin pour le UNHCR Nord Kivu (transport, entreposage, inventaire, distribution) des biens (médicaments, tentes, savon, couvertures, denrées alimentaires pour l’ensemble des camps de réfugiés.

 

Je suis arrivé directement de Montréal, pour la 2e fois au Zaïre. En arrivant, le bureau et la résidence principale de Care Canada déménage, tout se passe bien. Une exception, et c’est pas un détail. La Québécoise, qui a démissionné de son poste et que je remplace, a changé d’idée. Elle ne veut plus démissionner et partir. Mais moi je suis déjà arrivé sur le terrain, et je suis le nouveau chef. Elle est très fâchée, mais j’ai l’habitude de personnes comme ça.   

 

Elle à promu un employé local, chauffeur, au poste de Chef des chauffeurs. C’est normal, quand c’est basé sur les compétences et tout. Pas du tout correct si c’est parce que tu couches avec lui. En plus c’est un homme marié, avec des enfants, qu’elle obligeait à coucher avec elle, et tout le monde était au courant. Ça donne une idée des mœurs, de la moralité, honnêteté, dans ce coin du monde, et que j’ai constaté à beaucoup d’autres endroits, et dans les plus grandes organisations.

 

Avant de quitter elle devrait terminer sa passation de pouvoir, et me transmettre tous les info accumulées sur notre mandat au camp de réfugiés et au magasin des Nations Unis dont nous avons la responsabilité de gestion. Elle devra me donner un briefing sur les progrès et difficultés de notre mission, les infos sur l’équipe que j’aurai à gérer, nationales et internationales, et finalement me présenter à mon homologue des UN.  Elle fait à peu près rien de cela.

 

Toujours folle de rage, elle passe sa dernière journée avec le chef chauffeur sans doute, et en guise de passation, elle me lance son trousseau de clé. Terminé. Elle n’est plus la chef. Le lendemain je la conduis moi-même à l’aéroport, en m’assurant qu’elle prend bien son vol, bon débarras. J’ai déjà avisé Ottawa de ce qui se passe à Goma.

 

Le déménagement est en pratique terminé, mais il manque de place pour moi. Je logerai un temps dans les locaux de MSF Médecin sans frontière, juste à coté.

 

En quelque jours, je re-déménage cette fois avec les autres canadiens de Care, juste de l’autre côté de la clôture, dans l’hôtel Karibu, qui veut dire Bienvenue. Je m’empresse de rencontrer tout notre personnel local et intervenants canadiens, ainsi que les coordonnateurs des autres organisations d’aide humanitaire sur place. On me donne une visite guidée des camps de réfugiés, je rencontre les responsables Nations Unis, qui chapeaute l’ensemble de toute l’aide humanitaire dans la région. Ils sont aussi responsables de notre sécurité. J’en profite pour une baignade dans la piscine de l’hôtel avec sa terrasse. Ça aura été un long voyage et une arrivée fracassante.

 

C’est le Jour de Noel, un souper de Noël est prévu ce soir dans la résidence d’un groupe de travailleurs internationaux, comme moi, dans une résidence située entre l’hôtel Karibu et le centre-ville de Goma. Au beau milieu de l’après-midi, en ville, un officier tue un autre officier des forces armées Zaïroise. Cà fait moins d’une semaine que je suis arrivé, je vais fêter ça et connaître tout le monde. Les rumeurs circulent. On entends des coups de feu venant du centre. Çà dégénère en émeute, puis en pillage en ville, les soldats tirs dans les air. Le centre-ville est à quelques kilomètres plus loin, dépassé la réception de Noël. Mais c’est notre souper de Noël, on a déjà payé et préparer la dinde.

 

On décide que c’est l’heure de partir, je conduis la Land Cruiser Toyota, avec mes quatre ou cinq équipiers Canadien, Zaïrois, Kenyan, tous de Care-Canada Ottawa. Les amis arrivent aussi, un bon verre de vin, des amuse-gueules, c’est bien parti. Le temps avance, le repas de Noël est prêt, c’est déjà la noirceur. Les coups de feu se rapprochent aussi. En fait, difficile à évaluer la distance, mais ça commence à nous encercler. On demande au gardien de barrer les portes du portail, à l’intérieur on ferme les stores et rideaux ,on tamise l’éclairage. Le vin est bon, la dinde aussi, mais je sais pas pourquoi j’ai moins faim, j’avale moins bien.  Des amis qui habitent au centre-ville communique sur leurs walkie-talkie et cellulaire ce qui passe. Les soldats tire en l’air, les balles retombent partout. Les militaires en révolte essais d’entrer dans les maisons. Ils font du pillages, prennent tout ce qu’ils peuvent. Les résident ont peur et se cachent sous leur lit ou ailleurs. Je mange de moins en moins. Ici, entend les tirs tout autour de la maison, toujours plus près. J’ai vraiment plus faim. Les appels par radio se font de plus en plus dramatiques, c’est pas un film d’horreur, c’est la réalité en directe.

 

Soudain coup de tonnerre venu du ciel ! Un violent orage avec pluie abondante. Les tirs cessent. Le silence de la nuit de Noël. On décide de quitter et retourner à l’hôtel. Nous sommes à mi-chemin entre le centre-ville et l’Hotel Karibu. Donc nous prenons le chemin opposé aux troubles en ville. Attention aux mines anti-char placées sur la route peu éclairée. Le gardien ouvre les portes de la parcelle, Nous sommes prêt, on y va, c’est le film d’action, je conduis et fonce devant. Tout va bien. Je passe devant la résidence du Président Mobutu. Soulagement, enfin bien arrivé, bon nuit de sommeil, demain la routine, si ça existe. Un Noël inoubliable.

 

L’Hôtel Karibu, genre Hôtel/Motel, avec piscine, terrasse, vue directe sur le lac Kivu. Je me suis baigné quelques fois dans le lac. Il y a souvent des bulles venant du fond comme du champagne. Mais attention, ce sont des gaz qui proviennent du volcan Nyiragongo juste à côté. Ce volcan est actif et quelques aventuriers montent au sommet la nuit pour voir l’ébullition de la lave. Il mijote seulement, pas d’éruption pour le moment. Plusieurs mois après mon départ de Goma, il a explosé dans une éruption majeure, et coupé la ville en deux, la lave coulait jusque dans le lac. Donc la baignade dans le lac était déconseillé parce les bulles qui montent vers la surface crée une sorte de vide et ne supporte pas bien le baigneur, de là les noyades, moi, qui nage déjà comme une roche … je vais rester dans la piscine, d’autant plus que les fins de semaines, il y a toujours un orchestre de musique Africaine entrainante, sur la terrasse.

 

À propos de l’Hôtel Karibu (qui signifie Bienvenue) après quelque mois de repos paisible après le travail à la piscine, dans les jardins, sur le bord du lac, un grand nombre de nouveaux locataires sont arrivés pour habiter en permanence l’hôtel. Et moi je changeais de chambre, quittant une chambre genre Motel, je m’installe dans une unité à part juste un peu en retrait du Karibou. Un genre de maisonnette, en forme de tente ronde, séparée au milieu en deux apparts privés. Petit jardin privée et un peu en retrait du lac.

 

Ces nouveaux locataires, c’était l’état-major de l’armée, tous des haut-gradés, accompagnés de leurs gardes rapprochées. On mange dans la même salle à manger, voisins de table. La chambre que je quittais avait une fenêtre donnant directement sur la pelouse en face du lac. Je n’aurai plus cette superbe vue. Les militaire avaient installé une mitraillette sur trépied entre ma fenêtre et le lac. Cette mitraillette était toujours pointée directement vers ma fenêtre. Si un ennemi attaquait l’hôtel un jour, ce serait venu du lac, pas de moi, je n’ai jamais compris. Un jour je devrais mettre mes photos et surtout mes video en ligne, c’est le prochain projet.

 

Durant mon séjour dans le nord Kivu j’ai voyagé quelques fois vers Kigali au Rwanda, une fois, invité par l’ambassade du Canada à une réception du 1er juillet pour la fête du Canada, d’autres fois en mission pour notre projet. C’était après le Général Dallaire et le génocide, et très paisible. Il arrivait que des membre de notre équipe national y voyageais aussi, nous étions une famille de Rwandais(e) Zaïrois(e), Hutu, Tutsi, l’équipe internationale étaient aussi diversifiée. Autant que possible, nous maintenions un équilibre dans le nombre de chaque ethnie originaire ce cette région, fallait pas qu’il y ai apparence de favoritisme. Là-bas on joue pas de la gâchette mais aussi de la machette. Durant tout mon séjour il y avait parfaite harmonie entre tout le monde, et personnellement  être Canadien et Québécois était un atout.

 

 

Après une journée au camp de réfugiés, un petit drink s’impose, nous sommes un groupe de collègues de travail assis à prendre un verre sur une petite terrasse, quand sans avertissement, un coup de feu juste à côté sur le trottoir. J’ai pas vu qui a tiré. J’ai bien vu un tracer, j’y connais rien, mais en même temps que le bruit du coup de feu, un trait rouge devant moi. Tout le monde s’est penché ou tenter de se cacher sous les tables. Un instant seulement, c’était fini. et miraculeusement j’ai pas perdu une goutte de mon breuvage.

 

Alors pour mettre un peu de piquant dans la vie de tous les jours, pourquoi pas une excursion dans le Parc national des Virunga, bien connu, pour voir les “whiteback” gorilles de montagnes à dos blanc. Une bonne balade, au nord de la frontière du Rwanda, en passant à coté du volcan, droit vers le nord vers l’Angola, tous des endroits calmes. Je suis pas le genre à Safari, à moins d’y être entrainer par Thérèse. Et par hasard, elle à fait cette excursion avec la famille entière du médecin canadien de notre séjour à Nioki quelques années avant. Bien sure elle à été élevé en Abitibi et n’a peur de rien. Moi j’ai une peur incontrôlable des ours. Et si elle à visité les gorilles, pourquoi je pourrais pas le faire? J’étais seul avec mon chauffeur, il me conduis jusqu’aux montagne Virunga.  Je me suis joins à 6 autres touristes pour tester mon courage.  Nous sommes guidés et escortés par 5 gardes armés. Je suis pas certain que leurs armes fonctionnaient. Pour nous protéger ou protéger les gorilles? Tout ça coutait environ US$10., aujourd’hui c’est près de US$1500. Et les gorilles à dos blanc sont en voie de disparition. La seul consigne à respecter, ne pas regarder les gorilles directement dans les yeux, ne pas montrer les dents, ne pas rester debout près d’eux, ça pourrait être interprété comme de l’agressivité. Vaut mieux paraitre amical, aucun signe d’agressivité, pas de mouvement brusque, moi je dirais, faire le mort. Ce sont de vrais King Kong.  Donc le grand départ, à pieds, plus d’une heure à grimper dans la montagne. Des gardes nous précèdes pour ouvrir un passage dans les grandes herbes de la brousse tropicale, à l’aide de grand coups de machette, ils écartent les herbes hautes, les branches, les lianes pour que nous nous enfilions derrière eux. Ils se dirigent dans les environs de où ils les ont aperçu la veille.

 

Enfin, ils nous disent de regarder en haut sur les hautes branches, ils sont là, plusieurs. Ils nous encerclent. Il y a 13 membres dans cette famille. Le père doit mesurer deux fois ma grandeur. Ses bras sont la grosseur de mon corps. Sa bouche, ses dents, ses mains, sont énormes. Ils mangent, jouent avec les enfants, conscient de notre présence, ils nous ignorent. Tout à coup un petit s’approche de moi, très près, je pourrais le toucher. Du calme, le père observe du coin de l’oeil, interdit de toucher aux gorilles car on pourrait leur transmettre des microbes. Moi, en ce moment j’ai tellement peur, un geste ou mouvement que le père n’apprécierait pas, un grand saut et il atterrit sur moi. Pas de regard dans les yeux, pas montrer les dents, du calme. Si je chie dans mes culottes, comment il va interpréter ça? Pendant 90 minutes avec 13 gorilles, j’ai hâte de partir! Pourquoi les gardes restent un peu en retrait eux? King Kong n’acceptera pas mes $50 j’en suis certain. J’ose même pas prendre de photo avec ma caméra qui fait ‘clic’.  Le père se promène et jète des petits arbres par terre. Il se frappe dans la poitrine, ça résonne fort, du solide, il s’étire de toute sa grandeur, il semble me regarder, moi j’essaie de pas le regarder directement, j’hâte de partir, plus d’une heure avec cette famille gentille jusqu’à maintenant, qu’est-ce que je fait ici?

 

Enfin, les gardes décident que c’est le temp de partir. Les gorilles aussi dans une autre direction. Quel soulagement, pouvons-nous marcher plus vite? Une vingtaine de minutes plus loin les sentiers se croisent. Toute la famille de gorille vient vers nous et j’espère, vont passer à côté sans s’arrêter. À mesure qu’ils approchent, le sol tremble plus fort à chaque pas. Mon coeur aussi. Le garde nous fait signe de libérer le centre du sentier, de s’assoir sur les côtés et rester tranquilles. Ils ralentissent, nous regardent, nous examinent, on les entend respirer, moi, je respire plus! Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie, pas de mourir. Mais de me faire détacher les membres comme à un petit poulet BBQ. Oui, j’ai quand même des photos close-up, de vrais gros plans, je sens son haleine! Cinq minutes éternelles. Finalement le chemin est libre. c’est terminé. L’excursion la plus extraordinaire de ma vie. 

 

Un jour une réunion est organisée pour tous les chefs d’organisation humanitaires participant à la gestion, de ces camps réfugiés, une bonne distance dépassée les camps, site merveilleux, collines surplombant une grande rivière. Nous arrivons au lieu de rencontre. Pas moins de trente jeep blanche UN, CARE, Croix Rouge, Unicef, Médecin Sans Frontière, et tous les autres, nous sommes tous là, discutant stratégie, priorité, sécurité, nous partageons nos expériences etc.  Au moment du retour vers Goma, que nous devons traverser pour joindre chacun nos résidences,  on apprends en quittant que c’est le chaos à Goma, ça tire de partout, on doit être une centaine de personnes dans notre convoie. On se met en route quand même aucune route de contournement, ou route qui conduirait ailleurs temporairement pour se mettre à l’abri. 

On fait des arrêts en route pour évaluer la situation. Après beaucoup de délais, on arrive à Goma, en passant d’abord devant l’aéroport, puis on traverse le centre-ville, et filons tous chacun dans des directions différentes vers nos résidences. On sent l’atmosphère un peu tendue, puis encore un peu plus loin, on arrive à l’hôtel Karibu.

 

Cependant avec le temps les circonstances évoluent. Un beau dimanche paisible, parmi les magnifiques fleurs partout, les chants d’oiseaux, je me rends à la frontière de Gisenyi entre le Zaïre et le Rwanda, attendre un membre de notre équipe national qui revenait de Kigali en autobus jusqu’à la frontière. J’étais seul dans la jeep, et même durant la fin de semaine, je suis responsable et constamment en contact par radio walkie-talkie ou cellulaire, les gros Motorola à l’époque, avec les membres de notre équipe.  Nous avions été informé à notre dernière réunion hebdomadaire avec les UN, que M. Kabila père préparait un coup depuis longtemps, et que l’attaque était déjà en cours venant du Katanga (où éventuellement j’irai quelques années plus tard) au Sud du Kivu. Et, que l’arrivée de cette armée à Goma était imminente. En, fait nous avions des réunions journalière à ce sujet. Après quelques heures d’attente, j’en conclus que la personne attendu n’arrivera pas aujourd’hui. De décide de retourné à l’hôtel. Presque tout de suite, un policier m’interpelle, il dit que le commandant voudrait me parler. Je me rends dans le bureau du poste frontière. Le commandant me demande à qui je parlais pendant toute mon attente. Je lui explique, et il me répond “Vous donniez de l’information à l’ennemi qui est en route …” Il exige que je lui donne mon radio, mon téléphone, et mes clés. Ça regardes pas bien. Il commence à être tard, après de longues discussions, allégations, accusations, on me dit de me présenter le lendemain au bureau de la Gendarmerie, le Colonel voudrait me voir.

 

Le jour suivant je me rend à la Gendarmerie avec un chauffeur qui m’attendra dans la voiture. Un long interrogatoire s’ensuit, le capitaine en uniforme, assis à un petit bureau, moi assis sur une chaise carré en face.  Je dois m’identifier totalement et lui raconter toute mon expérience outre-mer en aide d’urgence, avec qui je travaillait, quand, comme s’il s’agissait d’une entrevu pour un job. Après un temps, un autre officiel, mais en civil, un géant, debout devant moi, s’interpose dans l’interrogation. Pendant que le capitaine note tout ce que je dis, le géant devant moi me parles “On ne vous crois pas, vous transmettiez de l’information à l’ennemi …” les menaces continuent longtemps, je suis resté assis 4 heures. Il avait un beau fusil que j’appellerais plutôt un revolver. Grosse arme de poing 6 barils tout chromé, comme dans les vieux films de cowboy. Il me le pointait très près de la tête, en disant “Vous êtes tous des menteurs, on vous crois pas, on va vous tuer!”.  Je restais très calme, trop calme peut-être, il aurait voulut me voir pleurer, ou au moins montrer ma peur. Dans la suite chronologique de mon récit de travail au Zaïre, je raconte que j’était avec l’ACDI à la Forescom, un projet forestier important, dans la province du Bandundu, à Nioki exactement, sur la rivière Congo. Alors soudainement le capitaine s’exclame “Ha oui je connais, je viens de cette région…”. Le moment que j’attendais arrive, mon intuition était correcte.

 

Il me demande alors de le suivre, il m’amène dans une pièce où en entrant je constate qu’il y a sur le plancher un peu partout, des lances-roquettes, des mines anti-chars, des grenades, et plus encore. Je devais faire bien attention de pas marcher dessus. L’instant que j’attendais depuis le début, pas besoin de paroles, il tend la main, ce qui signifie clairement qu’il me demande de l’argent. Je conserve toujours en US$ des billet de différente dénomination dans différentes poches. Alors d’un mouvement, je sort un billet de $50 et le lui remet. Tout de suite, 7 ou 8 autres simples gendarmes sortent de je sais pas où, m’entourent et tendent la main aussi. Encore une fois d’un mouvement je sors une liasse de billets, et leur remet à chacun un $1. Je n’ai pas cru un instant qu’il me ferait du mal, et me doutait bien que ce quels voulais c’est de l’argent. Le commandant me dit alors que je peux quitter. Et en sortant me prévient que d’autres supérieurs voudraient me parler aussi, ils seront en contact. Vous comprenez? Je descend à la porte de sortie de la gendarmerie, le géant menaçant est là. Il me dit “Si j’avait été responsable aujourd’hui, moi, je vous aurais fait expulser du pays immédiatement”. Je lui ai pas dis, mais rien ne m’aurais fait autant plaisir.  Un chose que j’ai pas mentionné durant mon interrogatoire, ou ma déposition, est que j’avais quelque chose à la maison (hôtel Karibu) que j’ai pas révélé. J’avais rapporté de Montréal un “Scanner” portable que je gardais précieusement dans ma chambre. Cet appareil permet de capter les signaux radio walkie-talky et suivre n’importe quelle conversation, les cellulaires, la police, les forces armée (au Zaïre en tout cas) pour savoir dans quelle direction il faut fuir si une attaque armée vient vers nous. Maintenant que j’ai été arrêté, je suis probablement ciblé par des autorités. Si jamais ils trouvaient ce Scanner, je suis cuit. Je l’ai donc envoyé au fond du lac.

 

Les militaire du régime Mobutu sont nerveux. Kabila et son armé approche. Ils sont à quelques jours de Goma au max. Le soir je reçois un appel sur mon cell venant de CNN qui m’interview.  Tôt le matin, je reçois un appel des UN déclarant l’évacuation d’urgence de la moitié du personnel international de chaque organisation. Moi, déjà ciblé, je quitte avec le premier groupe, il restera 4 ou 5 personnes de Care Canada regroupées dans une maison, qui est entouré d’un mur solide et quelques gardes militaires protégeant le personnel des Nations-Unies, en poste à l’extérieur de la maison, mais dans la parcelle clôturée. Ce sont des pseudo-militaires employés par les UN. L’attaque est imminente.

 

Le lendemain matin, moi je quitte l’Hotel Karibu dans une jeep, derrière une camionnette type pick-up qui ouvre le convoi, je suis dans deuxième véhicule derrière le pick-up conduit par des militaires, donc c’est le début du convoi d’évacuation et d’autres évacués se joindront à nous durant le parcours vers l’aéroport.  le pick-up de tête avec soldats dans la boite manœuvrant un énorme fusil mitrailleur monté sur trépied dans la boite. On fait notre chemin jusqu’à l’aéroport. Mais la milice des U.N. ne fait pas partie de l’armée de Mobutu. Ceux-ci refuse de nous laisser passer. Il y a négociation, et on avance jusqu’à la porte.

 

À l’entrée un soldat vérifie les passeports “Y a un erreur ici c’est quoi votre nom, prénom?” C’est ce qui peut arriver quand t’as deux prénom. Robert André, ou André Robert? Le chaos est tellement total, que je finis par entrer. À l’intérieur, une table avec d’autre soldats, on fouille les bagages, et on les réduits, question de poids. Quelle belle façon de voler les passagers. Je dois me diriger vers le comptoir d’enregistrement pour le vol des Nations Unis. Mais on m’interpelle, je dois me rendre dans un bureau pour être questionné. Heureusement ces militaires ne sont pas au courant de mon arrestation quelques jours plus tôt. Après une vingtaine de minutes (une éternité) on me laisse passer. Je passe vite à l’enregistrement UN, puis dans la salle d’attente.

 

Ça traîne et il y a beaucoup d’armes dans l’aéroport, y compris de grenades, l’atmosphère est survoltée. En plus les camps de réfugiés sont en train de se vider, et ces Rwandais, familles au complet, retournent chez eux, et c’est justement du coté opposé de l’aéroport. S’ils arrivent maintenant, ils envahiront la piste de décollage en traversant pour arriver chez eux. Aucun avion ne pourra décoller. Ça y est on sort à l’extérieur de la salle d’attente, on marche vite pour se rendre à l’avion et monter à bord. Finalement je suis assis, les moteurs se mettent en marche, on se dirige vers la piste. Rien n’est joué, ç’est pas fini tant que ç’est pas fini!  Quel bordel. Soudainement les moteur à pleine puissance, en une courte distance on est dans les air. Quelqu’un pourrait toujours tirer sur l’avion. Quelques minutes encore et nous sommes hors de portée de toute menace. En route pour Nairobi, Kenya. Alléluia!  Dans une heure on sera à Nairobi.

 

Durant les jours qui suivront, mes collègues resté derrière à Goma, principalement parce qu’il y avait une capacité limitée sur l’avion, attendent un prochain vol. Plusieurs travailleurs humanitaires sont regroupés dans un plus petit nombre de maison. Pour l’administratrice de notre projet à Goma, et le directeur pour le nord Kivu de Care, ils sont ensemble dans un de ces refuges temporaires. Ces deux là ne sont vraiment pas amis, du tout. À l’extérieur des coups de feu venant de toutes les directions, si on vous voie de l’extérieur par la fenêtre, on tire sur vous. Tous le monde caché sous les lits. Si y a des vitres fracassées, afin de ne pas être blessé, c’est un bon endroit, pas sur le lit. La situation était tellement stressante, épeurante, dangereuse, que ces deux là sont presque devenus amis, sous un lit. Jusqu’à se tenir par la main. Les gardes UN voulaient quitter la maison, mes collègues leurs ont offert d’entrer à l’intérieur avec eux. Les gardes ont choisi de partir et essayer de retourner vers leurs familles. Ils ont ouvert le portail, sorti dans la rue, et immédiatement été tués. Quelques jours et un important convoie des UN bien armé, a récupéré tous ceux et celles laissés derrière, pour les évacués aussi à Nairobi. On s’est revu à leur arrivé, ils m’ont raconté ce qui s’est passé. Un groupe de travail à été mis en place pour préparer leur retour à Goma dès que la situation le permettra. Moi, mon contrat se terminait dans trois semaines, et j’avais déjà avisé la direction à Ottawa, de mon intention de ne pas renouveler.

 

Comme j’étais un peu en état de choc, avant de quitter l’Afrique, je décide de prendre un repos de récupération à Mombassa sur l’océan Indien dans un des hôtels sur la cote est du Kenya. J’y suis aller souvent au court des années, à différent hôtel mais toujours à Mombassa. L’eau est chaude comme un bain relaxant, le bonheur. La bouffe est ok tout est frais, fruits, poisson, super. Petit déjeuner un petite table à l’ombre, face à la mer, sur la plage, quoi demander de mieux? La mer était particulièrement belle ce jour là.

Je reviens avec mon assiette du buffet, avec un assortiment de fruit juteux, aux couleurs arc-en-ciel, ç’est parfumé et je me régale.

 

Comme un éclair, un petit singe qui était dans l’arbre, saute sur ma table, pas un bébé, mais une petite variété de singe, il se sauve aussi vite avec quelques morceaux de mes beaux fruits coupés et juteux. Il recommence son manège à quelques reprises, jusqu’à ce qu’il reste plus rien. Il pensais peut-être que je faisait des auditions pour le Cirque du Soleil. Juste amusant, on a fini l’assiette ensemble. Plus tard, sur la plage, les gens relaxe dans les chaises entre les baignades à la mer. Pendant que tout le monde s’amuse sur la belle plage, quelques singes, un peu plus gros, genre petit chimpanzé, fouillent les sacs, bagages, sacoches, des gens qui sont dans la mer, et volent tout ce qu’il aiment. Enfin, moins rassurant, des babouins aux testicules bleues poudre, beaucoup plus gros et fort, je dirais même dangereux, grimpent dans les arbres, et sautent sur les balcons des chambres. Si la porte à été laissé ouverte, ils entrent à l’intérieur et saccage tout.

 

Rien n’est parfait, vaut mieux les singes de Mombassa, que les militaires de Goma. Pour revenir à Goma au Nord Kivu, après mon évacuation au moment de la guerre, qui n’était même pas un conflit entre race, ethnie, religion, pays, mais simplement un coup de pouvoir, un dictateur en chassant un autre. L’armée de Kabila a poursuivi les armées de Mobutu jusqu’à Kinshasa la Capital. Il y a eu des milliers de morts, j’étais pas là pour les comptés. Je sais pas ce qui est arrivé des militaires qui avait réquisitionné l’hôtel Karibu (Ils ne devaient pas payer le loyer), mais j’ai reçu des courriels de gens de notre équipe et de voisins à l’hôtel, qu’ils ont passé un dur moment.

 

Un an après mon départ, le volcan actif Mount Nyiragongo juste à 20km de la ville, a fait éruption, spectaculaire, dévastatrice et mortelle. La lave coulait en rivière, en plusieurs branches jusqu’au lac, à travers le centre de ville de Goma. Les conflits et insécurités sociales continues comme avant. Un soir devant les bureaux des U.N. un coin sécuritaire normalement, des personnes circulant en auto autour de rond-poing furent arrêté par un militaire. Ils s’arrête, la fenêtre de l’auto est rabaissée, jusque là, pas de problème. Ça c’était courant, à toute sorte de barrage le soir, faut baisser les phares ou les éteindre complètement afin de pas aveugler le ou les militaires, qui peuvent être intoxiqués à l’alcool ou des drogues, et être très jeunes. J’ai toujours été très poli dans ces situations, mais en insistant que j’ai pas d’argent, ni de cigarette à leurs donner. Faut aussi pas oublier d’ouvrir les lumière à l’intérieur du véhicule, pour être bien visible et qu’il voie qu’on n’a pas d’armes, et, garder les mains sur le volant. Ce soir là, c’était pas moi. Le militaire est à coté de la porte, puis passe son bras par la fenêtre ouverte, avec une grenade dans la main! “Donnez-moi tout ce que vous avez!” en sous-entendu, sinon je lâches la grenade. J’ajoute que les cheveux blanc dans ces moments, ça vaut de l’or. Les personnes âgées sont très respectées dans les vieux pays. Avoir les cheveux et la barbe blanche c’est super, et un Ange Gardien aussi.

Aujourd’hui en 2019, pas de guerre, c’est le choléra, la malaria et l’Ebola qui tue. 


Retour au Canada via Johannesburg, Afrique du Sud.

Chapitre 13          Bujumbura Burundi

 

1997 à1999 à Bujumbura, Burundi pour 24 mois, comme Conseiller Technique au Dépôt Central du Ministère de la Santé du Burundi. Encore une fois, un domaine qui m’est totalement étrange. Je n’ai jamais géré des stocks de médicament, matériel ou équipement médical. Mais j’ai un bon bagage d’expérience dans la gestion des stocks, les approvisionnements, la planification, et surtout l’informatisation. On allait informatiser pour la première fois ce dépôt du Ministère de la Santé.

 

Arrivé à Bujumbura, une voiture de l’ONG m’attend pour me conduire à ma nouvelle résidence. Le lendemain au bureau je rencontre les collègues de travail, une équipe multidisciplinaire, incluant des médecins et autres professionnel. Il n’y a pas de Chef de mission, seulement un ex-marine américain nommé temporairement. Ma résidence de est de l’autre côté d’un ravin, juste en face de la résidence du Président du Burundi.

Je visite régulière l’ambassade USA puisqu’il n’y a pas d’ambassade Canadienne. Dans la ville et ses environs, je conduis moi-même, à l’extérieur de la ville je me fait conduire par un chauffeur. J’avais un petit Toyota rouge 4x4 super.

 

Nous habitons tous dans une très belle maison pour 5 expat sur 2 étages. Louée à un européen, sur la colline avec vue imprenable de la ville de Bujumbura plus bas, et du Lac juste en face, de l’autre côté du lac, on aperçoit la République Démocratique du Congo (Ex-Zaïre). Derrière un peu plus haut sur la colline l’Université. J’aimait me promener partout dans la ville et visiter le pays, qui est très petit. Tout le monde parle Français. À la maison, j’avais une grande chambre avec chambre de bain et douche. On avait un cuisinier, homme de ménage, gardien de nuit et un autre chargé des jardins et entretien de piscine. La terrasse était immense.

 

Un soir chaud étoilé, j’était seul à la maison, assis confortablement sur la terrasse-balcon, pas un bruit. En cette période, il y avait des troubles civils et politiques, nous étions heureusement dans le quartier le plus protégé et riche de la ville. Le premier ministre habitait à deux rue au dessus de nous. Il y a 6 ou 7 chambres dans notre maison, parfois tout le monde est la, ce soir paisible, j’étais seul au monde. J’ai envie de dormir, mais il fait trop beau dehors. … BOOM !  une explosion qui fait vibrer la maison, j’ai du faire un saut d’un mètre. Mon cœur bât fort et vite. Je suis abasourdis, qu’est-ce qui se passe? Est-ce que je rêve?  J’écoute attentivement, des sirènes ? la police, pompiers? j’attends…  rien, absolument rien.  Peut-être je suis fou, ça explosé dans ma tête? Seulement le lendemain matin, au nouvelle, j’apprends que quelqu’un à fait exploser la voiture du Premier Ministre. Mais il n’était pas dans sa voiture, son épouse était dedans! Presqu’un fait divers. On n’en a pas entendu parler longtemps.

 

Ma job cette fois est simple, responsable entrepôt ou Conseiller au directeur du Dépôt de médicaments du Ministère de la Santé. Rapidement je fait la connaissance du représentant du ministère, un Burundais bien instruit, jeune, au premier contact il me dit que si je voudrais avoir des filles, belles, il peut m’en présenter autant que j’en veux.  Naturellement ça en dit long sur le personnage, c’était peut-être un test, est-ce qu’on veut m’acheter? J’ai respectueusement décliner son offre, mais l’ai rencontré très souvent dans des réunion de travail au Ministère. Mon projet consistait en autre à informatiser la gestion des stocks du dépôt de médicament.

 

À ma première visite au dépôt, j’ai trouvé cinq containers plein de médicaments dans la cours du dépôt, en plein soleil, et probablement périmés.  Éventuellement ils furent vidés dans un grand trou, et enterré pour toujours. Ils auraient été acheté de la Chine ou des Indes, surement de qualité douteuses, et jamais acceptés par les autorités.

 

Une nuit, il y a eu un cambriolage de médicaments au dépôt. Deux cambrioleurs a été arrêtés par la police. La police locale tenait les voleurs au dépôt, mais n’avait pas de moyen de transport pour les conduire au poste de police / prison. On a donc fait appel au conseiller Canadien chargé du Dépôt pour de l’assistance. Afin de maintenir d’excellentes relations avec le Ministère, un peu à reculons, mais comme j’aime bien un peu d’aventure, j’accepte. Je me rends au dépôt où les policiers et voleurs m’attendent. les voleurs assis derrière moi, je conduit, les deux policiers armé de mitraillettes à coté et sur siège arrière à coté du voleur. Can anything go wrong? Je les conduis  à la prison municipale, c’est la petite aventure du jours.

 

Dans une terrasse sur la rue principale un après-midi après le travail avec les amis expats, on prend un verre tranquille. C’est tout à fait mixte bien sure comme partout, aucune animosité entre les couleurs, ou entre ethnies ou les clans. Un peu de musique, bonne ambiance pour un rafraichissement avant de rentrer à la maison souper. Une clôture en bois entoure la terrasse assez haute pour cacher la clientèle des passants sur le trottoir. On entre par une petite porte en bois aussi. À un moment donné un motocycliste veux entrer à l’intérieur avec sa moto. Le portier l’en empêche. La moto fait demi-tour, pour se donner un meilleur élan, et fonce dans la forte pas assez solide pour ce genre d’assaut à toute vitesse. La porte vole en éclat, la moto avec son propriétaire enragé se retrouve bien à l’intérieur de la terrasse, dans un fracas terrible. Il a une arme au point. Panique générale, tout le monde se lance par terre ou derrière les colonnes, sous les tables, n’importe où. La bagarre s’ensuit avec le portier, le motocycliste, et d’autre personnes, pour maitriser et sortir l’intrus. C’est fait. On termine notre verre et disparait, c’est le temps du souper.

 

Un incident vraiment mineur un autre jour en arrivant à la maison. Comme je disais, le président et le premier ministre habite près de notre maison. Parfois il se passe des choses qu’on s’explique pas, mais on pose pas de question. Ce jour-là les militaires pour une raison x on décidé de dévier la circulation, mais cette modification me bloque l’entrée de chez moi. Ils ont étaler un rouleau de fil barbelé dans le chemin, ils en déplace une section pour me laisser passer. J’avance prudemment. Mais quand même, avec le pare-choque arrière de ma belle jeep Toyota rouge, j’accroche le bout du fil barbelé. Je tire et j’étire ce barbelé sur une distance, et constate dans le miroir ce que je suis en train de faire. J’aurais pu blesser un militaire. Je m’arrête et m’excuse abondamment avec beaucoup de regret. Les militaires eux, ne sont vraiment pas contents. Incident terminé, je ne me suis à aucun moment senti menacé.

 

Comme endroit relax en fin de semaine, sur le bord du lac pas loin de Bujumbura, il y a un resto directement sur le bord de l’eau, grande terrasse, bonne bouffe, idéale en après-midi ou en soirée. Le soir les hippopotames s’approchent et remonte la berge tout près de la terrasse. C’est un animal énorme, sur le sol il peut courir vite, sans cornes ni griffes, mais s’il vous attrape il vous écrase et piétine bien comme il faut, et fait de la confiture avec vous.

 

Du coté opposé de Bujumbura il y a aussi une belle plage, le climat Africain et l’eau douce du lac en font un endroit idéal durant le week-end aussi. Attention là aussi il y a des hippopotames en liberté. S’agit de pas s’aventurer trop loin au large, et surtout surveiller qu’un animal ne se trouve pas entre vous et la plage. Dans le secteur de cette plage et l’aéroport internationale de Bujumbura, un jour, dans les premiers mois après mon arrivée, il y a eu une grande attaque de rebelles causant quelques centaines de blessés et morts. De la terrasse de la maison sur la colline, j’entendais les coups de canons, tirs de mortiers, et le soir venu, pouvais apercevoir les flash des explosions. Suite à ces événements, j’ai été invité à l’ambassade Américaine pour une rencontre d’information sur la sécurité. Des agents spéciaux sont venus de la Maison Blanche, donner une formation sur la sécurité. Exemple, comment se comporter quand on est stoppé à un barrage le soir en particulier, quoi faire quand on est dans une pièce, et quelqu’un lance un grenage dans la place, les AK47 ou Kalashnikov tire jusqu’à quelle distance? 10 miles, disons 15 Kilo, donc quand j’écoute et regarde les combats à la Kalashnikov en ville, de mon balcon en haut de la colline, je suis bien à l’intérieur du rayon de tir. Je pourrais toujours me cacher derrière les colonnes, mais je pense qu’à l’avenir je vais entrer à l’intérieur. Une autre fois en revenant vers la maison le soir, sur la petite route sinueuse montant la colline, un militaire portant une belle mitraillette, me fait signe de m’arrêter. Je m’arrête ou pas? Pas le choix, je stop. Il veux un lift jusqu’en haut de la colline. En principe c’est défendu de prendre des passager inconnus, encore mois s’ils sont armés, pas le choix, je l’amène à l’Université en haut de la colline, pas loin derrière ma maison. Il me remercie.

 

Pour ceux qui pouvaient se le permettre, de belle excursions en bateau, comme un jour deux hommes d’une importante organisation internationales, genre ambassade européenne, ayant un beau yacht à leur disposition, partent en balade nautique avec un chien, et deux burundaises.

Ils contournaient une petite presqu’île, qui était en fait un lieu de prédilection pour les crocodiles (ou alligators à vérifier).  Un violent orage arrive soudainement, provoquant des vagues d’une ampleur inattendue, le yacht coule au fond du lac. Heureusement tout ce beau monde sais nager. Une de ces personne est un officier de sécurité dans son ambassade et son fusil à couler avec le bateau, avec une bonne partie de leurs vêtements, et surtout le bateau.   Il plonge plusieurs fois pour récupérer son fusils de service, sans succès. L’arme restera au fond. Quelqu’un va avoir beaucoup d’explication à donner à ses patrons et son épouse en vacance à l’étranger. Les deux hommes, leurs compagnes, et le chien ont deux possibilités, soit tenter de revenir à la nage à leurs point de départ, et risquer de couler en route; ou, nager vers la presqu’île beaucoup plus proche, ou les centaines de crocodiles les attendent pour souper! Quelques-uns(unes) tentent de s’accrocher au chien, ça marche pas.  Aussi soudainement que la tempête est arrivée, un bruit lointain de moteur approche, miracle, c’est un pêcheur qui passe par là. C’est un collègue de travail à moi, le marine, qui est allé les chercher sur la rive pour les ramener à leur résidence. 


Coté travail, tout est plus calme. Quand on a du repeindre l’ensemble du bureau, qui était originalement tout blanc, puisque je suis responsable de tous les travaux et achats de biens et services, je décide de mettre un peu de couleur, et risquer un peu de pastels dans différent bureau individuel, pour le mien, un orange sanguinaire pulsatif, un vrai coucher de soleil. Le reste avait l’air d’un hôpital. Un jour ordinaire, mon nouveau chef de mission, un médecin Sud américain, une personne vraiment bien, qui pouvait me conseiller dans ma fonction de conseiller pour le dépôt de médicament avec le ministère de la santé, arrive à Bujumbura.  On s’entendait très bien. Un jour je commençais à trouver que mon implication avec le Ministère de la Santé, dépasse mon rôle de gestionnaire de stock et exigeait des connaissances pointues du domaine médicale. Alors j’ai demandé qu’on recrute un spécialiste, ce qui fut fait, et une jeune pharmacienne européenne est venu me remplacer. À partir de ce moment, je remplace le chef des opération qui lui terminait son affectation.

 

La directrice des finances est canadienne, et son copain français, un jour on reçoit le salaire du staff local ou national, environ $25,000US en comptant qui étais très attendu, expédié de Nairobi était en retard d’au moins une semaine, et c’était la veille de Noël.  Le bureau de l’administration / finance était dans une autre section du bâtiment, séparé de la logistique. Je travaille tard ce jour là. En sortant de mon bureau, je prend ma jeep, et je croise la responsable des finance qui a déjà mis en sécurité les $25K et ferme son bureau. Son copain Français l’attend dans le stationnement pour aller faire du sport, il y a un court de racquetball pas loin, elle apporte son sac de raquettes et son matériel. On se salut. Le stationnement se vide, nous étions les derniers à quitter. Le lendemain matin, quand j’arrive au bureau dans l’avant-midi passée, j’apprend qu’il y a eu un cambriolage durant la nuit et les $25K disparus. Panique générale, les employés ne seront pas payés à temps pour Noël. La police était déjà au bureau, arrête tout le personnel de la finance, tous Congolais à part l’administrateur, elle est arrêtée aussi. Tout le monde est conduit en prison. Je visite la prison souvent, dans l’espoir que l’argent soit retrouvé et les innocents relâchés. L’argent comptant, reçu tard dans l’après-midi avait été placé dans un armoire classeur de document. Après le vol, j’ai bien réfléchi au soir que en marchant vers mon véhicule, j’ai croisé l’administratrice avec son sac d’équipement de sport, qui repartait avec son copain. Rien de trop étrange là-dedans. Maintenant j’ai des doutes. Le lendemain l’enquête de la police révèle qu’il n’y a pas eu d’entrée par infraction. Les serrures n’ont pas été forcées. Au moment des événements, j’avais aucun motif pour douter ou m’imaginer ce qu’il y avait dans le sac, ou pas. Dans la prison, les employés congolais du service des finances, étaient frappés par les policiers à coup de bâton sur les chevilles, pour les faire avouer. Pour d’autres, on mettait de la braise brulante dans la main de la personne, si la personne réagi de douleur, elle doit être coupable. Bien sure, la police ne faisait rien de ça devant moi. Je tentais par tous les moyens de solutionner le vol et surtout faire libérer tout le monde. Surtout d’extraire l’administratrice et l’évacuer immédiatement hors du pays. En fait, quelques années plus tard, Je l’ai rencontré dans un party en Albanie. Je ne saurai vraiment jamais qui a volé la paye de Noël. La rumeur circulait ensuite que certains responsables de la police, dépensait beaucoup d’argent partout, dans les semaines suivantes. Tout les employés ont été relâchés. Un autre transfert de fond a été fait et les employés ont reçu leur salaire de Noël un peu en retard.

 

 

Un jour notre directeur médecin, mène la réunion, avec notre équipe nationale et internationale. Il y a beaucoup de volets à notre opération dans tout le Burundi, nous avons des sous-bureau en d’autre endroits à l’extérieur de la capitale. Une de mes principale responsabilité est la sécurité. Je participe aux réunions d’information de la plupart des autres organisations internationales présentes. Aujourd’hui il s’agit d’un réunion de notre organisation, et je vais retransmettre aux membres de notre personnel, ce que j’apprends ailleurs, beaucoup de terrain à couvrir. Pendant le tour de table où chacun donne son avis, contribue de l’information, pose ses questions, en mentionnant des nom de place, de village, des activités au programme, moi, de plus en plus tout devient flou, je me demande de quoi ils parlent, je comprends très bien qu’il s’agit d’une réunion dont l’objet je suis totalement impliqué, avec tous les détails, mais je continue à me demander de quoi ils parlent, c’est pas normal, qu’est-ce qui se passe avec moi? Est-ce que je vais avoir un malaise, m’évanouir, tomber de ma chaise? Ça dure un bon moment. Je me glisse discrètement sur bord de ma chaise, pour, si besoin est, je puisse me laisser descendre par terre en douceur. Personne ne s’est rendu compte de se qui s’est passé. Seulement après la réunion, quand tout le monde est parti, j’ai raconté à mon Dr. chef, il était pas content, il m’a dit j’aurais du lui en informer immédiatement quand ça c’est arrivé. Je ne me rappel plus bien ce qui est arrivé après. Je crois que je suis revenu au Canada, été examiné en hôpital, rien trouvé de sérieux, peut-être un ITC. Autre possibilité, le niveau de stress était tellement élevé que la circulation dans le cerveau aurai pu être affectée. Quel stress? Oui, quel stress?

 

Thérèse et Lorraine, sa sœur, me visite à Bujumbura, première sortie au chic restaurant “Chez André”. J’ai avant accueilli d’autres amis, dans les marches du restaurant, un des meilleurs en ville, je les attendais à l’entrée, et tous très surpris de voir mon nom à l’affiche. C’était bien sure une farce, je n’avais rien à voir avec le resto. Avec Thérèse et Lorraine, nous avons assisté dans le restaurant, un soir, à une parade de mode, et concours Miss Bujumbura, avec la sélection et le couronnement. On ne fait pas ça souvent chez nous au Canada.

 

La circulation sur les rues le soir est un peu stressante. Outre les road block, ou barrages, je gardes toujours les vitres baissées et pour écouter si j’entends des coups de feu au loin et être près à changer de direction.  Un soir je suis en route pour la maison, une auto semble me suivre, une bonne distance, un hasard ou des bandit?  J’accélère avec belle jeep Toyota rouge, tout à coup … BANG un coup de feu venant de derrière..  ma jeep ralentit tout seule..  qu’est-ce qui se passe ? ils sont sur moi tout près derrière, et ma jeep est en train de s’arrêter ..   VROOM… la voiture qui me suivait me dépasse en accélérant, le différentiel à explosé,,, je réussis à me rendre jusqu’à la maison au ralenti, très lentement impossible d’aller plus vite.  Le lendemain je visite le garage d’où j’ai loué ce véhicule, il comprend pas, il dit impossible que ça pette comme ça, j’ai certainement fait une manœuvre comme changer vitesse de Drive à Reverse ou quel……   en écrivant ces ligne maintenant, je me demande si quelqu’un dans l’auto qui me suivait n’a pas tirer sur moi et atteint le différentiel ? possible! je saurai jamais.

 

Départ du DR chef de mission, il continue sa carrière internationale avec les Nations Unies. Un période sans chef, je gère tout en attendant le nouveau directeur. Tout tourne rondement. L’harmonie total avec les personnel national et expat. Un soir, comme je fait de temps en temps, j’invite toute mon équipe de logistique à souper au restaurant. Tout se passe à l’extérieur, je sais plus combien on étais, excellent ambiance, belle musique, température idéale, ça prend pas grand chose pour faire une famille. Je doit m’absenter pour aller à l’aéroport chercher la nouvelle Directrice de Mission. Je ne la connait pas du tout. Elle arrive le Los Angeles. On se retrouve, je charge ses bagages puis en route vers la ville. C’est sa première visite au Burundi.

 

Durant tout le trajet, j’essais de l’informer gentiment de la situation en général. Elle s’identifie un peu, elle est mixte Juive, Russe, et une autre race que j’oublie. En fait j’essaie d’oublier "tout" d’elle. Son père était trafiquant d’armes. Elle doit doit peser l’équivalent de 3 ou 4 personnes. Elle a la personnalité la plus désagréable que j’ai jamais rencontré. Tout le long du trajet de l’aéroport à la maison elle me donne des instructions, des ordres, avant même d’avoir jamais mis les pieds dans le bureau ou sa maison. J’en suis estomaqué, elle est folle à lier. Elle me demande de lui trouver des valium, oui, elle carbure au valium. On lui a loué une maison juste pour elle, juste derrière notre maison, merci mon Dieu, quelle bonne décision!  Après notre arrivé chez elle, elle demande déjà toute sorte de choses à modifier. Je lui donne sa propre voiture, ça c’est normal. La seule chose qui soit normal dans son affectation. Elle a critiquer sur tout.

 

Le lendemain matin, son premier jour au bureau, d’abord, elle m’informe qu’elle à défoncer le portail d’entrée de son driveway, le premier jour qu’elle conduis elle abime son véhicule et la porte de l’entrée fer forgé. Au bureau elle rencontre le personnel local très poli, se rendant bien compte aussi que cette personne de corpulence exagéré, à un caractère de chien enragé. Un total manque de savoir vivre. La personne qui l’a choisi pour ce poste est le V.P. qui s’est très mal conduit lors de sa visite à Bujumbura, et que j’ai menacer et forcer à s’excuser. Peut-être qu’il a fait exprès pour m’écoeurer, j’y pense seulement maintenant. Je lui fait faire la tournée des bureaux et l’amène à son bureau. Elle demande encore que je lui trouve des valium.  Même réponse, pas de prescriptions, pas de valium. Elle continue en demandant que je change toutes les serrures de toutes les portes. Il n’y a vraiment aucune raison de faire ça. Elle est bien assise dans sons fauteuil, elle déborde de partout, et pour compléter la scène, elle met ses deux pieds sur son bureau. Très élégant n’est-ce pas? Elle continue ses demandes farfelues.

 

Avant la fin de la semaine je donne ma démission à ma nouvelle patronne, et envoie copie au bureau chef à Los Angeles. Du bureau californien, on me téléphone pour me demander de rester. Je refuse. Je regrette même d’avoir donné un mois complet de préavis, mais je tiens parole. Je prépare mon retour au Canada. Avant mon départ final, on me rappelle des USA, le VP voudrait m’avoir en Albanie qu’il dirige depuis peu. Il veut absolument m’avoir, je suis la meilleur personne pour ce job d’enfer. Je suis très surpris, surtout après ce qui s’était passé ici à Bujumbura lors de sa visite d’il y a quelques mois seulement. Après son inconduite très grossière et la façon dont je lui ai exigé des excuses, et menacé d’informé le bureau USA, il était presqu’à genou, et j’étais persuadé qu’après cet humiliation, c’en était fini pour moi dans cet organisation. Faut pas se laisser impressionner par ces “bully” quelque soit leur pouvoir. Pour moi ça toujours été: Tolérance Zéro!

 

J’ai quitté le Burundi pour me rendre directement en Albanie. Avec le recul, je pense que le VP dégueulasse voulait me faire payer pour l’humiliation que je lui ai donné au Burundi. Je suis parti du Burundi en Afrique, et sans même passer par le Canada, je me suis rendu directement à Tirana en Albanie.  Ce sera la pire expérience dans mes souvenirs.

Chapitre 14                      Balkans Kosovo Albanie

 

Avril 1999 à Tirana, Albanie, Procurement Manager, 9 mois.

C’est la guerre du Kosovo. Bosnie, Serbie, des endroits qu’on connait peu au Canada.


J’ai quand même rencontré d’autre canadiens, des militaires Casques bleus des Nations-Unis, sur des routes. Un endroit et des collègues à oublier. Situation des plus difficiles. J’ai voyagé aussi à Skopje, la guerre dans la région est mémoire très fraiche. Dans les rues de la ville que je visitais à pied, un expat dont je ne connais pas la nationalité ni avec quelle organisation il était, s’est mis à parler dans la langue de l’ennemi. Je pense pas qu’il était du côté ennemi, mais il voulait montrer qu’il connaissait les langue, il a été lynché sur place par la population. Des endroits durs, et dans mon équipe de provenance mixte, je vivais ces froids, cette méfiance, dont les subtilités m’échappaient. Pas une région où j’ai envie de retourner.  Sur une plage ou une grève, je marchais simplement, c’était un simple arrêt pour me délasser. Il y avait par endroits, des rectangles dessinés avec des cailloux, peut-être une douzaine, par-ci, par-là, y avait pas d’habitation autour. Je me demandais ce que ça pouvais bien être. J’examinais, regardais, aucune indication visible. Soudain un homme arrive s’en vient directement sur moi, en criant ce qui me semblait des insultes, en tout cas il n'était pas content. Je suis parti pronto. Et je n’est jamais su, mais je crois qu’il s’agissait de tombes, ou en tout cas ça marquait les endroits où étaient enterrées des personnes. 

 

Après quelques mois, j’ai mérité mon congé R/R (Rest & Récupération). Je choisis l’Italie, Rome et ses environs. Avion des Nations-Unis. Je marche la ville de long en large, le Vatican, la bonne bouffe, les ruines de Pompéi, et l’île de Capri.  Vraiment une magnifique distraction pour oublier Tirana. Après mon retour le même avion tombe lors de son vol suivant. Aucun survivant.

 

J’avais comme d’habitude une voiture de fonction avec chauffeur, essentiel puisque je suis ignorant des lois et de la langue locale. Mon chauffeur fait office de guide, dans le pays. La première fois qu’il me conduit, il met en marche la sirène sur sa voiture. Je n’étais pas du tout à l’aise avec ça. Je lui demande d’arrêter la sirène immédiatement. Il répond que dans son emploi précédent, il conduisait un Ministre, tous les policier le connaissent et connaissent sa voiture. Il répond de ne pas m’inquiéter, il a l’habitude. Je lui demande d’y aller avec modération, ça me rend nerveux. 

  

Un bel après-midi en marchand devant un édifice publique, il y a attroupement qui grossit  à vue d’œil. Toujours curieux et un peu téméraire, je m’incorpore dans la foule. Membre du cabinet de Bill Clinton, Madeleine Albright s’apprête à donner un discours sur une place publique. 

Ça pourrait être intéressant. La foule grandissante est composée d’ouvriers du coin. À un certain moment suspense,  un homme entre dans la foulée, il porte un gros sac sur l’épaule, pour moi, c’est louche. 


Je ne tiens pas à voir ce que peut accomplir un sac d’explosifs explosant. Je déguerpis au plus vite. Je suivrai ces événements à la TV.


J’ai aussi passé un week-end en Grèce, petit voyage en autobus en passant par la Macédoine.


 Le VP que j’ai un peu mis à sa place au Burundi, dirige l’opération en Albanie, c’est pas un bon départ.  L’assistant qu’on m’a assigné est un serbe en territoire croate, venue de la zone de guerre, qui voulait favoriser les fournisseurs de son camp. Je n’aime pas ça. Un autre personnage avec lequel j’ai des réserves, un Australien qui est responsable de la flotte transport. Il a comme mission spontanée de réduire les dépenses dans les logements des expat. Je perds donc mon bel appartement au centre ville et me retrouve dans un petit appart partagé avec d’autres, beaucoup moins confortable. Par contre, lui garde son bel appartement neuf. Je commence à avoir mon voyage. Quelques semaines plus tard, il y a un feu dans le bloc où j’habite. Je suis au travail, un des chauffeur du chef des transports, me demande la clé, il dit en avoir besoin urgent suite le feu. Je sens pas le feu, mais je sens que quelque chose est louche. J’était occupé, mais j’aurais du partir moi-même avec ce chauffeur et garder mes clé. Comme pressentie, à mon retour après le travail, en arrivant je vois que j’ai été cambriolé et qu’on m’a volé une bonne somme d’argent, $1,500 c’est pas rien, en forçant mon bagage. On aurait dis un complot contre moi. Assez c’est assez!  Je retourne au Canada. Beaucoup de leçons apprises dans ce coin du monde. Je sais plus combien de temps je suis resté en Albanie. Mais, je préfère l’Afrique.

  

J’ai bien séjourné une dizaine de jours dans chacune de ces endroits, en vacances mixe avec le travail,  Cotonou au Bénin,  Kigali au Rwanda, en Cote d’Ivoire, au Ghana,  à Zanzibar en Tanzanie, au Togo, à Dakar au Sénégal, à Tunis en Tunisie, et bien d’autres.  Et ça c’est seulement quand j’étais en Afrique.

 Chapitre 15                               Yérévan Arménie


Fev 95 nouvelle aventure, Régional Director Caucasus & Central Asia.

C’est tout de suite après qu’on m’a contacté à Montréal, pour me supplier de reprendre le gestion du projet sur place à Yerevan, Arménie (origine de Charles Aznavour).

  

Alimentation des enfants dans 830 écoles en Arménie, bureau à Yerevan. La fondatrice de WAI m’a interviewé dans sa chambre d’hôpital, à Londres. Elle venait d’avoir un accident grave en voiture, pourchassée par la mafia local, une vraie chasse à l’homme, peu de temps avant, parce qu’elle refusait de donner une contribution au propriétaire de l’entrepôt où on devait entreposer les vivres. Durant la poursuite à haute vitesse, sa voiture a quitté la route dans une courbe, et plongé dans le fossé. Elle s’est brisé les deux jambes à plusieurs endroits. C’est pour cette raison qu’elle est hospitalisée. En principe le gouvernement nous permet d’utiliser leurs entrepôts sans frais. Cette femme est très brave et a une énergie sans limite.

 

Durand ma rencontre avec Madame Ripley à l’hôpital, elle me remet un chèque de US$100,000. à encaisser à la banque et emmener avec moi en Arménie. Au début du projet, avant mon arrivé, au lieu de recruter le personnel elle-même, elle avait engagé toute une équipe complète qui venait de démissionner d’un autre projet. Parmi les chauffeurs, inclus des propriétaires de Mercedes, moi j’ai choisi d’utiliser un autre avec une simple Lada ou autre jeep ordinaire. Je ne conduisais pas moi-même, contrairement à la plupart des autres pays, à cause de la langue parlée, et ma méconnaissance des lois locales. Yerevan, est une ville très intéressante, j’en ai rapporté de beau souvenirs, reçu des cadeaux très typiques de mon staff le jour de ma fête.  Il n’y a pas d’électricité à cause de la guerre.  C’est très froid dans mon bureau, je garde mes vêtements d’hivers à l’intérieur.  Qu’importe, à tous les jours, j’apprenait quelque chose de nouveau, comme ce fut le cas dans presque tout les pays que j’ai habité.  Naturellement les douaniers ont vu passer cette énorme sommes d’argent comptant US$100,000. et n’ont pas tenter de le saisir. Le fait qu’il s’agissait d’un projet aide humanitaire, et que je j’ai un passeport Canadien, y est peut-être pour quelque chose.

 

Je m’installe dans un petit appartement fourni gracieusement par la Croix-Rouge à l’extérieur de la capital. Ce qui a pour avantage de m’éloigner un peu de centre de Yerevan, afin d’De être un peu plus en sécurité, et surtout c’était un des rare bâtiments à avoir l’électricité, et du même coup du chauffage, éclairage, de quoi cuisiner, etc. ma résidence je voyais le Mont Ararat juste de l’autre coté de la frontière en Turquie, où il parait que l’Arche de Noé se trouve sous les glaciers. Le $100,000. était déjà dans le coffre-fort du bureau. Je voyageait parfois dans les autres pays du Caucase, avec des sommes substantielles réparties dans mes poches de veston.

 

La Directrice et Fondatrice de l’ONG extrêmement contrôlante, me téléphonait de Londres à tout les jour pour mieux micro-manager.  À Pâques, Pida décide que nous allions tous à la messe de minuit à la Cathédrale Orthodoxe de Yérévan, j’avais déjà visité d’autres église Orthodoxe, mais la première fois dans une Cathédrale pour assister à une grande cérémonie religieuse. C’était plein. La cérémonie tardait à commencer. Il y avait aussi d’autres étrangers d’autres ONG et des Nations-Unis présent. Soudain quelqu’un vient nous demander, seulement à nous, de quitter l’église. Pida très surprise demande pourquoi. On lui répond que nous n’avons pas affaire là, nous ne sommes pas Orthodoxes. Elle demande à voir le célébrant ou responsable. La cérémonie a déjà beaucoup de retard. Le responsable vient voir Pida et lui répète la même chose. Elle commence à argumenter, il y a plein d’autres personnes ici présentes qui ne sont pas Orthodoxes. Elle parles fort, et l’atmosphère est en train de se gâter. Moi, je sens que ça commence à être dangereux, il y a des murmures autour de nous. Après ce qui me semble une éternité, on sort de la cathédrale. Nous devons marcher une bonne distance pour rejoindre notre Mercedes. Il y a plein de grosses limousines de personnes importantes, riches, politiciens, mafia, de tout. Il fait très sombre, j’ai hâte de retourner à la maison.

 

Un autre jour, on quitte pour démarrer Yérévan une nouvelle opération en Georgie, état voisin. Nous prévoyons faire la distribution de biscuits haute protéine, lait en poudre, comprimés de chlore pour purifier l’eau. Je suis parti avec mon adjoint en Lada. Ça l’avantage de ne pas nous faire remarquer comme étant peut-être des riches. J’avais dans mes poches pas mal de cash. Arrivé à Tbilissi, on est logé dans un hôtel assez bien. J’apprends plus tard que la mafia en est propriétaire, ainsi que possiblement plusieurs des occupants.  On croisent des tanks dans les rues, sans problèmes, suffit de céder le passage. Notre dernière visite est à Batoumi sur le bord de la Mer Noire, avec la directrice d’une grande école, afin de l’informer de notre projet d’alimentation des enfants.  Une femme d’une corpulence supérieure, à l’allure d’une gardienne de prison, qui nous reçoit aimablement avec des boissons alcooliques, sorties de son armoire ou bar derrière son bureau de directrice d’école à Batoumi, toujours en Georgie. Tout se passe très bien, j’en apprends à chaque jour davantage.

  

Un jour j’accompagne ma patronne pour me pas dire matrone à son départ de l’aéroport pour retourner à Londres. Je pousse sa chaise roulante, en roulant vers les contrôles de douanes, elle verbalise sans arrêt, surtout des ordres, directives, dont je pourrai me passer. Je suis tellement content qu’elle parte, je garde mon calme. Devant le comptoir des douanes, elle cherche son billet d’avion, cherche, et cherche encore. Elle qui se prétend si organisée ne trouve plus son passeport, et le vol part bientôt. Finalement à la dernière minute, elle le trouve, Dieu merci, elle va partir! Quand elle était encore hospitalisée à Londres, elle insistait pour que je lui téléphone tous les jours pour lui rendre compte de tout mes faits et gestes, et me défiler les prochaines étapes à suivre dans les moindres détails. Quand je lui téléphonait pour la rejoindre dans sa chambre, à l’hôpital à Londres, le système d’alarme pour le feu se déclenchait et les pompiers se mobilisaient. Rien de simple avec cette femme.

 

Elle planifie une autre mission au Kazakstan. Aujourd’hui c’est un petit pays très riche pas son pétrole. En ce temps là, c’était un pauvre pays avec pas grand chose à voir sinon le désert, les chameaux, et les cavaliers galopants pour je ne sais quelle destination. Assez mystérieux. Pida me confirme qu’elle a déjà recruté mon assistante sur place pour cette nouvelle mission. Il parait qu’elle est extrêmement belle, intelligente, instruite, et qu’on devrait bien s’entendre, genre Melania peut-être?  Je quitte donc l’Arménie pour me rendre au Kazakstan. Je transporte comme d’habitude un bonne sommes d’argent liquide, pour les locaux, une petite fortune. Quel bonheur d’être un coffre-fort ambulant, comme s’il n’y avais pas déjà assez de danger de toutes sortes.

 

Je fais escale quelques jours à Baku en Azerbaijan. J’en profite pour rencontrer mon ancienne assistante et mon bras droit de quand je travaillais à Baku pour Care Canada. J’ai peu de temps durant cette escale, mais assez pour réfléchir à ce qui m’attend au Kazakstan. Et à cette femme qui me téléphone à tous les jours. Pas surprenant que son mari est mort. Il lui a laissé 4 grandes et luxueuses résidences autour de Londres, et deux Rolls-Royce convertibles, la laissant multimillionnaire, la pauvre. D’ailleurs, en Arménie quand elle visitait le projet, on rencontraient plein de ministres, ou de responsables des Nations-Unies, dont un en particulier qui était beau garçon, grand, distingué, et qui avait une copine Arménienne. Elle m’a demandé “André, pourquoi ‘untel’ ne veux pas sortir avec moi? Je comprends pas, explique moi, je pourrais lui donner tout ce qu’il désire!” Alors qu’en fait, c’était elle qui ne comprend pas, qu’on achète pas l’amour! Comme c’est la coutume dans plusieurs de ces pays, quand elle invitait des gens dans de grands restaurant, c’était ma job, de, discrètement, à la fin du repas me rendre à l’arrière du restaurant pour payer l’addition. Les invités ne doivent pas voir ça. Pourtant tout le monde le fait, c’est la coutume. Et tous on se lèvent ensemble et quittent le restaurant sans que personne ne parle d’argent. Faut dire que ma boss faisait partie de la haute gamme en Angleterre, son nom est mentionné dans un livre de Lady Diana. Disons que j’en avais mon voyage. Je décide de démissionner, ne pas continuer mon voyage vers le Kazakstan, confier l’argent à mon ex-assistante de Baku qui le fera transporté par le pilote d’avion de ligne qui retourne à Yerevan, et sera attendu en Arménie par l’équipe de Yérévan, pour reprendre l’argent. Moi je prend le même jour l’avion pour Montréal, après avoir envoyé ma démission par Fax à ma patronne préférée!  Je n’en ai plus jamais entendu parler.

Chapitre 16                           Safari au Kenya

Durant mes nombreuses années passées en Afrique avec Thérèse, nous sommes passé par Nairobi des douzaines de fois, en route vers une nouvelle affectation en Afrique, ou en route vers des vacances en Europe ou ailleurs. La plupart des organisations d’aide humanitaire, en urgence ou développement, qui oeuvre en Afrique, ont des projets dans plusieurs pays d’Afrique, au nord, ouest, centre, ou est. Ce continent est très vaste. Nairobi est une grande capitale bien située pour effectuer les escales entre l’Afrique et plusieurs parties du monde. Pour ces raisons les organisations y maintiennent une présence centrale pour coordonner leurs opérations en Afrique. Durant mes voyages via Nairobi, et dans des réunions de travail, nous en profitons pour faire des Safari toujours inoubliables.

Petit parc à Nairobi.

On est tout près de la ville, mais attention ce n’est pas un zoo, pas d’animaux en cage.  On s’y promène en minibus sur des pistes achalandées. Il n’y a aucune enclos pour consigner les bêtes à l’intérieur d’un périmètre donné. Il y a aussi quelques arrêts prévus où il est permis de descendre. Je l’ai fais, je le recommandes pas. Surtout si vous êtes gras et appétissant. Bon pour les visiteur pressés de passage dans la capitale. Régulièrement on entend dans les nouvelles, comment un touriste qui a loué une voiture s’aventure dans un des parc avec sa famille, sans guide, sans bien s’assurer qu’il a assez de carburant, et alors qu’il croise une famille de lions, bien relax, qui s’étire à l’ombre d’un rocher ou un magnifique arbre, comme de gros chat nonchalant, attendant que le repas du soir s’approche. Toujours de la même façon,  le brave touriste, sort de la jeep, pour prendre une photo et si possible s’inclure dans le portrait, ou s’éloigner assez pour inclure les bêtes et la voiture où l’attende sa famille. Sa famille risque d’attendre longtemps, après avoir assister au spectacle du chef de famille dévorer par le chef de meute, si ils n’ont pas de moyen de communication, ça peut être long.

Faut aller avec les opérateur de tours Safari professionnels. Avec Thérèse j’en ai fait quelques uns, le meilleur ‘The Big Five’ 10 jours à travers les 5 plus beau parcs safari du pays. On a fait avec Thérèse plusieurs fois et avec Lorraine sa sœurs au retour de sa visite chez moi à Bujumbura. On a visiter les plus grands et beaux parc comme, Parc national de Nairobi, Samburu, Mont Kenya, Amboseli, Lac Nakuru, Tsavo West, ainsi qu’une Réserve nationale Maasai Mara et dansé avec les femmes et hommes Maasai. On a vue de tout, et très près, mais bien à l’abris dans la mini-van habituellement. J’en ai de super photo et vidéo. Les plus beaux spectacles qu’on peux observer en pleine nature sauvage.

Tsavo 200 éléphants

Dans le parc Tsavo, on a croisé un troupeau d’éléphants, j’en ai compté environ 200, adultes et bébés inclus. C’était la période des changements saisonniers, pour trouver des régions avec plus d’eau ou de nourriture, selon la saison, pour retourner dans l’autre sens dans 6 mois. Le chauffeur arrête la mini-van en plein milieu devant le troupeau qui avance, et qui marche d’un bon pas, rien ne peu les arrêter. Nous sommes tous debout, dans le véhicule sous le toit levant qui nous protège et nous donne de l’ombre, un couple d’Américain, un couple d’Anglais, Thérèse et moi. Les ciné ou vidéo caméra, les 35mm et tout ‘clic’ ‘clic’ sans fin. Ce troupeau énorme avance de façon bien déterminée, en ligne droite vers nous. Ils savent où ils s’en vont et ne vont pas dévier de leur itinéraire. Seulement à 10 ou 20 mètres de nous ils se séparent pour passer de chaque coté de nous, comme si on n’existaient même pas, juste à coté a gauche et à droite, les mamans protégeant les petits. Le sol vibre, une poussière s’élève, ça a pris du temps pour que le troupeau soit complètement passé. Une expérience qu’on n’oubliera jamais, majestueux, impressionnant, beau, je vibre à l’intérieur au moment d’écrire ces mots, je suis peut-être un peu émotionnel.

En temps normal, quand nous nous approchons d’un troupeau qui se repose, ou mange tranquille, Il arrive qu’un éléphant nous pourchasse, d’abord, il fonce sur notre véhicule, Il est bien plus lourd que la jeep et nous à l’intérieur, il peut nous renverser facilement et causer de sérieux dégâts. Puis il s’arrête subitement et fait demi-tour, il joue avec nous, avec nos nerfs, et répète ce manège plusieurs fois, jusqu’au moment où il décide d’attaquer pour vrai. On niaise pas avec ce mastodonte!

La même chose avec des rhinocéros gris, moins haut que l’éléphant, mais tout aussi dangereux. Plusieurs fois on s’est fait attaquer et il faut vraiment accélérer. S’il nous attrape, suffit qu’il mette sa grosse corne sous un bord de la jeep, et il la soulève comme un jouet. Malgré tout, il nous est arrivé une fois, dans un espace surveillée par quelques gardes armés (je sais pas si leur fusil était armé et fonctionnel), de s’approcher à pied, par derrière de l’animal, pour lui touché la fesse. Leur vision est très pauvre, mais puisque Thérèse s’en ai approché sans hésiter, j’ai oser le faire aussi, de la pure folie. J’ai toujours la video de ça.

On a rouler à coté des girafes, le plus bel animal, des autruches, des zèbres, magnifiques, etc etc 

 Thérèse encore avec moi sur l’île de Lamu, encore vierge à l’époque, aujourd’hui la proie de l’industrie du pétrole. De Nairobi, on voyage de nuit par train, dans une chambrette ou cabine privée, comme une mini chambre d’hôtel. Toute la nuit, clopin-clopant de Nairobi jusqu’à Mombassa, de là, un taxi jusqu’aux complexes hôteliers sur la mer. Les paysages sont spectaculaires, on traverse aussi de petits villages typiques. De la gare, on est conduit vers le port, et grimpons à bord d’un petit bateau qui nous amène vers l’île de Lamu. Aucun véhicule moteur sur l’île, auto, camion, moto, que des embarcations pour aller-retour vers le continent, et tout autour de l’île. Magnifique, tranquille, la population est des plus accueillante, bonne cuisine, il fait bon y passer plusieurs jours. Nous habitions l’étage supérieure d’un petit hôtel de 4 étage, sur l’étage supérieur, des demi-murs seulement et un toit qui se projète un peu plus loin, alors, on couche en plein air sur le toit, vue sur la mer. Le grand air de la mer.

Mombassa, sur l’Océan Indien Indien. Aussi avec Thérèse, le bon vieux train définitivement pas un TGV. Retour de la même façon, puis avion vers le travail au Mali, au Congo, au Niger, je sais plus.

Ma vacance à Zanzibar. 

Arrivé seul d’un de mes projets au Congo en avion à Nairobi un ou deux jours après qu’une bombe explose à l’Ambassade des Etats Unis, 200 morts. En plein centre-ville, toutes les vitres des fenêtres de ce grand édifice exploses et s’éparpilles dans la rue tout autour du bâtiment, il n’ont même pas eu le temps de ramasser, je marche là-dedans. Pourquoi y a des bombes partout où je passe?

Comme je transite seulement par Nairobi, je prend le prochain avion vers Dar es Salaam, capital de la Tanzanie. Là aussi, encore un bombe juste quelques jours avant. Et de là par la route jusqu’à Zanzibar.

News: The 1998 United States embassy bombings were attacks that occurred on August 7, 1998, in which more than 200 people were killed in nearly simultaneous truck bomb explosions in two East African cities, one at the United States Embassy in Dar es Salaam, Tanzania, the other at the United States Embassy in Nairobi, Kenya.

Zanzibar aura été très spécial de plusieurs façons. J’ai adoré. La mer, la chaleur, le soleil, les gens accueillants, quoi demander de plus? Non, pas de bombe à Zanzibar. J’ai vue le film lorsque j’était jeune. "Road to Zanzibar" Hope&Crosby/ Dorothy Lamour - YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=BniNxhwsD14

Another great road picture starring Bob Hope and Bing Crosby. Also starring Dorothy Lamour.

 

Je suis parti accidentellement avec la clé de mon hôtel de Zanzibar attachée à la tête d’éléphant en cuivre que je conserve précieusement sur mon porte-clés jusqu’à ce jour. 

 Chapitre 17                                  Dictateur au Liberia


9/2000 à Children Aid Direct (UK), Monrovia, Liberia 6 mois

3/2001  Operations Manager. Un programme d’agriculture dans lequel on assistait les cultivateurs en leur fournissant les outils, et intrants comme les semences, les fertilisants, les insecticides.

 

Petit projet dans le domaine de l’agriculture, encore pas ma spécialité, de toute façon je n’ai pas été recruté comme agronome ou spécialiste dans ce domaine. Comme d’habitude, quelque soit l’objet du projet, rien ne s’accompli sans la Logistique, en plus je suis habilité à maintenir la sécurité, et la coopération avec les autorités locales, les Nations-Unis, le contact avec l’Ambassade des États-Unis puisqu’il n’y a pas d’ambassade du Canada, ainsi que vérifier le plus souvent possible, la température de l’eau de l’atlantique à ce niveau (joke) puisque nous sommes directement en face de la plage.


Bel appartement 3e étage sur rue face à la plage, partagée avec le chef de mission, un Anglais de Londres, rien de bon à dire de lui. Aucun autre expat, nous ne sommes que nous deux. Mon boss tous les soir est sur le bar-terrasse à deux pas de chez nous. J’ai un chauffeur qui peut m’amener n’importe où, et peut aussi se perdre à l’intérieur du petit pays.

 

Je dois voyager vers Buchanan, sur route il y a de petites maisons avec des adultes et des enfants dehors, le corps complètement dessiné avec de la peinture ou de la craie blanche, cela rappelle des photos de tribus très isolées en Amazonie ou ailleurs dans le monde. Ils n’ont pas l’air dangereux, et nous regardent passer surpris. Il n’y a que le chauffeur et moi dans le 4x4. C’est la saison des pluies et la route est une mer de boue. Le chauffeur semble perdu!  C’est vraiment une patinoire de glaise, on ne voie pas l’épaisseur ou la profondeur des traces de camions qui se sont déjà embourbé ici, et creuser des sillons très creux.  Ce n’était qu’une question de temps, on s’embourbe à notre tour, il y a cette boue de glaise liquide jusqu’à moitié de la hauteur du véhicule. Ma crainte c’est que ça entre par les fenêtres, il fait chaud les vitres sont baissées.  Va-t-on disparaitre dans les profondeurs de la terre? Non, ça se stabilise, on ne pourrait même pas ouvrir les portes. Aucun autre véhicule en vue. Enfin, un immense bulldozer vient en face de nous.  Il est accoutumé et nous tire enfin de ce merdier. Chacun continue sa route.

 

On passe devant les immenses installation de GoodYear Tires avec ses plantations de caoutchouc. Ce caoutchouc est utilisé à travers le monde. Enfin on arrive dans un petit village. Nous visiterons un orphelinat. Ce n’est qu’un stop sur notre route. Nous débarquons des boites de cahiers vierges à dessiner, ou écrire, des livres à colorier, des crayons pour écrire, des crayons à colorier, et autres articles pour faire l’école dans l’orphelinat. Pour ces enfants c’est un cadeau du ciel. Jamais vu des jeunes tellement content. Avant de repartir, les responsables nous avait préparé une petite fête pour nous remercier. Entre 20 et 40 enfants, je me rappel plus, sont placés devant nous, et entament une série de chants en langue africaine locale, donc je comprenait rien. Mais c’était très clair que ç’était des belles paroles, un cœurs d’enfants, filles et garçons, une mélodie aux rythmes africains, des voix qui vibraient en unisson et qui venait profondément nous toucher. En tout cas, aucun coeur de chant à Montréal ne m’a jamais mis la larme à l’œil. Que de l’amour. Sommes parti sur cette note.

 

Prochain arrêt, une clinique où nous avons livré plusieurs boites de matériel médical nécessaire pour exécuter les soins aux patients vraiment très isolés aussi, le village s’appelle Greenville nous sommes passé quelques jours là. J’ai visité entièrement ce petit hôpital de campagne. Pas besoin d’être un expert pour comprendre qu’ils ont besoin de tout.

 

On continue vers notre but ultime. C’est un projet agriculture. Nous fournissons les semences et les outils nécessaires, ainsi que le savoir-faire. Il s’agit comme souvent d’aide sous la forme de conseils, gestion, appui dans l’exécution, formation, avec la fourniture des intrants pour mener à bien la production des produits d’agriculture. Les outils sont simples, comme par exemple des machettes. Elles ont un design assez spécial, avec le bout en pointe courbée, très solide, un peu lourde, on peut tout faire avec. Simple à utiliser pour labourer, couper l’herbe, une solide poignée et d’un grand coup, rien ne résiste, elle peux blesser ou tuer sans peine, donc plutôt dangereux à utiliser. J’en ai rapporté une dans mes bagages, accrochée au mur longtemps, jusqu’à ce que Thérèse l’enlève, trop dangereux. Si j’avais utilisé cette machette pour couper le gazon, c’est certain que je n’aurais plus de pieds. Imaginer ce que ça peut faire en temps de guerre. J’ai rapporté des lances aussi que j’ai revendu à Montréal. Au Niger, notre gardien de nuit, sa pratiquais à lancer sa lance sur les arbres.

 

À Monrovia, comme partout ailleurs, à toutes les semaines ou au besoin, réunion au bureau des Nations-Unies avec tous les autres intervenants humanitaires dans le pays, pour que chacun soit bien informé de ce qui se passe dans le pays du point de vue de la sécurité, la politiques, les troubles civils etc. Je me rendait aussi régulièrement à l’ambassade des États-Unis pour de la formation, invités à toutes sortes d’événement et fêtes. C’est aussi de la, qu’en cas de guerre civil, on évacue les humanitaires et les diplomates, par hélicoptère. L’ambassade est directement sur la plage océan Atlantique, et on rejoint ainsi les bateaux porte-hélicoptères. J’allais aussi souvent dans l’Ambassade USA, mon passeport du Canada suffisait. On ne s’ennuis pas au Libéria.

 

J’habitais à une rue face à la plage, en temps de guerre, quelques années seulement avant, cette plage était pleine de cadavres, tué par armes à feu, ou à la machette. Je conduisais souvent moi-même, et en passant devant la résidence du président, fallait ralentir à 20 km/h sinon tu risque qu’on tu tire dessus. Un jour en conduisant vers la plage, le président revenait de l’aéroport, son convoie venait à toute allure sur moi. Seule chose à faire, s’enlever de là, prendre le trottoir et attendre qu’il passe. Par contre, avec la population en général, pas de problème. Je circulais seul partout sans aucune inquiétude.  Et tout le monde parle l’Anglais. Toujours beau et chaud. Tous les jours.

Chapitre 18                       Bukavu Sud Kivu

2001 J’arrive à Bukavu, province du Sud Kivu, République Démocratique du Congo.

On est 4 ou 5 dans cette petite maison. On est situé en hauteur avec vue de l’extrémité du lac Kivu, opposé à Goma Nord Kivu. Je vais gérer en autre une flotte de camions, entrepôts de médicaments, tous les achats relatifs à une opération d’envergure, dans un des pays les plus corrompus et violent de la planète. Cette région viens de vivre une période de guerre importante. Sur le lac des militaires congolais tire souvent à la Kalashnikov ou AK47 avec des mitraillettes tes bruyante qu’on entend à plusieurs kilomètre à la ronde.  Ils disent qu’ils nettoient leurs armes. Mais on ne sait jamais ce qui ce passe en réalité. Seulement quelques jours après mon arrivé à Bukavu le Directeur du projet quitte pour New York City pour des réunions de travail.

 

Un midi après diner à la maison, on regarde les nouvelles à la télévision. Probablement un science-fiction, pas intéressant, ici on est dans la réalité, ça tire de vraies balles, les mines antichars dans les trous-de-poules sont réelles, on est dans l’action. Mais, rapidement par la voie des commentateurs sur CNN, on constate tout ça se passe actuellement à New-York, en direct. Ça prend quand même un moment avant de réaliser et admettre que ça se passe réellement, c’est le début tôt le matin aux USA de L’attaque 9/11 sur le World Trade Center. On a suivi toute la journée, c’est irréel. Moi je viens d’arriver ici à Bukavu, j’ai rencontré mon patron avant son départ pour le bureau-chef à N.Y. et il est la au moment où on regarde les événements. Plus tard dans la journée on nous téléphone pour nous informer qu’il est en sécurité. J’avais passé mon entrevue quelques semaines avant dans les bureaux de l’organisation humanitaire à Manhattan. 

 

Pendant les jours suivants je fait connaissance avec mon équipe de terrain, notre mandat, nos objectifs, nos faiblesses, les besoins en formation, etc. En fait, en vérité, j’ai complètement oublié les détails de ce que je faisait la! La résidence était bien, même avec les barbelés tout autour sur la clôture. Il y a bien aussi des trous d’obus sur les toits des maisons voisines, et notre porte de garage était trouée comme un gruyère par un éclat de grenade. Faut quand même mentionner, c’est important, qu’à travers les fils barbelés, il y avait plein de magnifique fleurs très colorées. Un peu partout des cactus, des oiseaux rares exotiques. Y a quand même un équilibre entre le ciel et l’enfer. Faire de l’administration et de l’ordinateur, non merci. Je préfère être sur le terrain, où ça se passe, et ici je suis bien servi.


 

Petit vidéo sur Bukavu récent:  https://youtu.be/93kNi1G9Fx0  

 

 

On a besoin de visiter un village lointain vers le nord. En passant par le centre-ville de Bukavu, on rencontre une démonstration plein la rue des centaines de personnes qui marchent à la largeur de la rue, réclamant ou protestant contre qui, quoi, je sais pas. Armés de cailloux, bâtons, ils sont pas vraiment dangereux. On passe lentement, ils nous contournent, ils savent très bien qu’ils n’ont pas avantage à nous attaquer, nous sommes la pour les aider. On fini par sortir de la foule. On enfile sur la route de bord du Lac Kivu. Comme d’habitude, je suis le seul “blanc” dans la jeep. C’est joli, belles vagues calmes, aucune circulation …. 

Petit vidéo sur Bukavu récent:  https://youtu.be/93kNi1G9Fx0

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Toit avec obus - Bukavu, Sud Kivu - RDC 2001

Maison voisine d'André 

 

 

On a besoin de visiter un village lointain vers le nord. En passant par le centre-ville de Bukavu, on rencontre une démonstration plein la rue des centaines de personnes qui marchent à la largeur de la rue, réclamant ou protestant contre qui, quoi, je sais pas. 


Armés de cailloux, bâtons, ils sont pas vraiment dangereux. On passe lentement, ils nous contournent, ils savent très bien qu’ils n’ont pas avantage à nous attaquer, nous sommes la pour les aider. On fini par sortir de la foule. 


On enfile sur la route de bord du Lac Kivu. Comme d’habitude, je suis le seul “blanc” dans la jeep. C’est joli, belles vagues calmes, aucune circulation ….

Je couche chez les sœurs religieuses, y a aussi une résidence pour les pères religieux, en fait je préfère loger chez les religieuses, c’est moins dangereux. Pourtant, l’endroit est très agréable, la nature généreuse, un climat de rêve, les paysans très amicales. Un lac paisible, les femmes qui lavent le linge, les enfants se baignent à coté, des pêcheurs reviennent avec le repas. Je marchait seul dans les sentiers du villages, sans aucune crainte. Ce sont plutôt les jeunes enfants, qui, en m’apercevant, entraient en courant à la maison en pleurant, complètement terrorisés, me prenant pour le bonhomme 7-heure, pour que les enfants se calme et se couche, ou rentrent à la maison le soir, les parents leur disaient parfois, si t’écoute pas, “le blanc va te manger”. 

Retour anticipé à cause d’une invasion ou attaque d’un groupe rebelle, avançant en notre direction, je sais pas exactement qui ils sont, mais ce sont pas des “enfants de cœur” ni des gentils.

Chapitre 19                           Lubumbashi Katanga R.D.C.

American NGO

 

Lubumbashi, capitale de la province du Katanga. La province du Katanga, en République Démocratique du Congo, complètement à l’Est du pays, l’ex-Zaïre, est une des régions les plus riches d’Afrique. Exploitée par de grandes entreprises internationales, du Canada et de partout dans le monde incluant la Chine. Exploitée aussi localement par des Congolais de façon artisanale dangereuses, à la main, c’est la misère pour gagner des sous, avec des cailloux ou des pierres précieuses, revendu illégalement partout dans le monde. La richesse provient du cobalt utilisé dans les batteries des voitures électriques, et le minéral coltan utilisé dans les téléphones cellulaires, il y a aussi de l’or, des diamants, du cuivre.

 

Lettre d’Afrique 16 mai 2009, premières nouvelles à Thérèse

 

Déjà un mois et demi à Lubumbashi, ca passa vite.  La 2e ville de la République Démocratique du Congo, très tranquille, sécuritaire, chère.  Puisque c’est calme, tous les samedis, je déjeune en ville, je fait mes provisions jambon cuit, fromage, jus, eau, pain tranche, croissant, beurre, etc, Tout ca, importé de l’Afrique du Sud pas loin,  excellent, ensuite en boite, thon ou saumon, cassoulet, a surveiller les dates d’expiration, pomme, orange, banane, très bonne vendu a l’unité, exemple 250 franc congolais la banane ce qui fait $0.30US ou $0.40Can. C’est-à-dire que tout coute cher, et au resto c’est la même chose. Je dirais que la bouffe coute de 50 a 100% plus qu’au Canada.  Mon allocation couvre ca. Ensuite je marche pendant deux heures en ville, je fouine partout et je suis à peu près le seul blanc en vue.

 

Y a des scouts, ou des policiers, ou militaire qui font du jogging en chantant, y a des femmes avec un panier sur la tête qui vendent des bananes, des cacahouètes en écailles etc. Y a 4 ou 5 feux de circulation, la plupart fonctionnent pas, y a beaucoup de policiers de la circulation, en chemise jaune serin, pas armée, sans moto ou voiture, pas trop efficace.  Dimanche des Rameaux, beaucoup de monde dans les églises, il y a beaucoup d’églises, beaucoup de prêcher a la télévision, et nos chauffeurs écoute des sermons a la radio.

 

Au KFC local Katanga Fried Chicken, tenu par des libanais je mange souvent, prix raisonnable, shawarma, poulet frit, spaghetti, salades, pizza, etc. clientèle locale, 10% blanche, familiale, écran géant CNN.  Un autre resto bord de l’eau, payotte (voir photo) canards, grenouilles, balade en chaloupe, très relax.  Un autre resto congolais, bon marche, antilope, simple bon pas cher.  Mais les restos pour les blancs grec, italien, etc. très cher.

 

Ce matin, je suis allé au grand marche local acheter de belles tomates, des oranges, une papaye, la saison commence. Il y avait aussi des chenilles séchées au soleil ou grillées et plein de choses exotiques.  A date, pas de coquerelles, pas de fourmis, pas de chat ni de chien nulle part.  Climat confortable, pas de climatiseur, toutes fenêtres ouvertes, j’ai eu un oiseau qui retrouvait pas son chemin pour sortir de la maison, il s’assommait dans les fenêtres, j’ai réussi à l’attraper et le mettre dehors, hier soir, un bébé chauve-souris, sais pas par ou il est entré, enfermée dans la 2e chambre, pas retrouvée aujourd’hui. 

 

Mon staff porte des noms comme ildephonse, Jolie, Cyrille.  Dans des cv que je sélectionne : Statut matrimonial – marié culturellement ; nombre d’enfants – deux males ; divers – Serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ …

 

Maintenant je connais les noms de mon staff, y en a environ 25, chef charroi, chauffeurs, gérant logistique, responsable du compound, femmes de ménage, acheteuses, magasiniers, informaticiens, etc., et le nom de ceux avec qui je travail, la finance, l’administration, les programmes, nos fournisseurs, et plein d’autres.  On a une dizaine de véhicules, j’en ai une avec chauffeur 24/7. 

 

Je déménage bientôt dans une maison plus grande, je dirais même immense, avec bon électricité, génératrice d’urgence, beau jardin, palmier, fleurs, Internet, TV satellite, mais pas d’eau !  On achète l’eau, un tanker nous livre dans nos réservoirs, ca coute cher, pas a moi, tout est fourni.  Une autre maison est sans électricité depuis 4 mois, ca coute très cher de carburant pour alimenter la génératrice, et c’est bruyant.  Un nouveau voisin s’est construit à côté. Il a tout brisé les câbles souterrains,  et le voisinage est coupé d’électricité depuis.  Faut savoir que le nouveau voisin a un MP armé devant sa porte, il est général, et ami de la famille du président.  Même la compagnie d’électricité a peur de lui.  J’ai quand même réussi à obtenir du courant en passant par un poteau d’un autre voisin.  Dans chaque maison y a un problème, c’est normal ici.  On a un garde à la porte (pas arme) avec walkie-talkie, de chaque maison et bureau, et du barbelé sur le mur entourant la maison, c’est normal aussi.

 

Coté travail, autant ca se présentait comme un défi insurmontable a mon arrivée, autant je suis optimiste pour la suite, non seulement j’ai accompli beaucoup en un mois, malgré que mon adjoint a été absent tout ce temps, et revient la semaine prochaine, ce qui ne m’a pas aidé du tout, et depuis 10 jours je fais l’intérim du Directeur Provincial, donc j’occupe 3 postes, mais je suis convaincu du succès total de mon opération.


Par exemple, la semaine passée, notre dépôt de médicament, $1,000,000 d’inventaire, était un bordel, une honte, j’ai engage des ouvriers temporaires et en une semaine, transforme l’entrepôt.  Ca pressait parce qu’on attendait la visite surprise de la Banque Mondiale, un de nos bailleurs de Fonds, et fallait pas qu’il voie ce désordre.  Il a été tellement impressionne qu’il a décide sur le coup de faire une inauguration officielle du dépôt le lendemain.  En 24 heures nous avons organisé une présentation, projetée, des chaises et tout pour les invites, le chef de cabinet, des médecins chefs de zone, etc. et la presse écrite et TV, et un buffet complet dans l’entrepôt.  Succès total !!  Trop de succès… il y avait un début d’épidémie au nord de la province, le Ministre de la Sante nous demande d’envoyer deux avions de médicament le lendemain matin, naturellement c’était un Samedi matin, qu’importe, 3 de nos camionnettes, 2 ambulance venues des hôpitaux de ministère chargées a bloc et livrées dans les 2 avions, alors que le Ministre se rendait en hélicoptère annoncer qu’il amenait des médicaments…


Dans 2 semaines, je vais en tournée à Mitwaba pour livrer de l’argent comptant sur le terrain, et voir les problèmes moi-même, et il y en a des gros, et cela va me permettre d’apprécier la route qui est sec maintenant, mais sera impraticable lorsque la saison des pluies recommencera en Sept.  Il faut pré-positionner les stocks de carburant et les matériaux de construction avant Sept.  Il faut d’abord qu’on achète pour $1,000,000 de matériaux de construction, trouver des camions, entreposer sur les sites, faut faire des appels d’offres publiques, analyser tout ca, sélectionner, enquêter avec une procédure Anti-terrorisme et beaucoup d’autres choses.

 

Je pense que ca donne une bonne idée de ce que je fais ici, au début 12+ heures par jours, maintenant réduit graduellement a 9 – 10 heures, mais seulement 5 jours, et ca va continuer à diminuer avec le retour de mon adjoint.  Si quelqu’un par hasard est intéressé à plus de détail sur ma job, j’ai attache un document en Anglais, et quelques photos.

 

La prochaine lettre sera après mon congé de fin juillet, a Mombasa, au Chutes Victoria, ou ailleurs.  A+   André


Sur une rue tranquille, bordée d’arbres, je pouvait marché jusqu’au bureau, c’était une période calme, je passait des marchés, des écoles, comme n’importe quel petite ville du monde. Au centre-ville il y avait un supermarché, on y trouvait plein de produits importés, surtout d’Europe, mais même du Canada, comme la marque du Président d’IGA. Mon équipe était formidable, ils me faisait connaître la ville, je marchait et explorais partout, des églises, des parcs, des restaurants avec cuisine internationale. Surtout les fins de semaines, je marchait beaucoup, je me retrouvait la plupart du temps seul de blanc dans une mer de noir. Je n’ai jamais ressenti le moindre danger. Dans un café en particulier on retrouvait plusieurs blanc européens, des anciens Belges ou Français, ils arrivaient tous en auto, marchaient pas souvent. Les autres étrangers Canadiens, Américains, Chinois, vivaient dans des chantiers à coté des mines. Je conduisait ma jeep moi-même dans et autour de la ville, pour les voyages à l’extérieur, un chauffeur du projet conduisait. Ce n’est pas qu’une petite ville, il y avait un choix de bon restaurant, pas luxueux mais excellente cuisine.

 

J’ai habité une belle maison, avec un beau jardin. Le terrain était entièrement entouré d’une haute clôture brique, surmontée d’une bonne quantité de fil barbelé. Une agence de sécurité fournissait les gardiens de nuit comme de jour. Le logement était divisé en deux, avec les appartements privés, chambres à coucher et petit salon, à chaque

extrémité. La partie commune au centre, la cuisine, je partageais avec le directeur des finances, une Sud africaine noire d’une efficacité et énergie redoutable.

 

Un autre 6 mois, dans une autre maison, plus petite et modeste, mais plus privée. Je m’approvisionnais en fruits, légumes, viandes, et conserves, dans un super marché géré par des Libanais en ville. Grande sélection de fruits et légumes frais local. Le reste était en majorité importé d’Europe, et même du Canada. Un jour en me couchant, je commence à avoir mal à la poitrine, au ventre. de plus en plus fort, je transpire, ça va pas bien du tout. J’ai un appareil pour prendre ma pression artériel, dans le tiroir du haut d’une armoire à quelques pas de mon lit. Je conserve tout ce que j’ai de plus précieux dans ce tiroir, gardé barré à clé. C’est maintenant le milieu de la nuit, et il n’y a pas de 911 ici. Même si je parvenait à contacter mon chef, un Américain Belge de NYC, il ne traverserait pas la ville en pleine nuit pour m’amener à l’hôpital, mal équipés qui est probablement fermée ou sans docteur dans le milieu de la nuit. Je commence à être inquiet. Et si quelqu’un venait à mon secours je n’arriverais même pas à me rendre à la porte pour la débarrer. Je décide de me lever pour chercher mon appareil à pression, comme si je pouvais me diagnostiquer moi-même en sachant si je fais de la haute pression, ou basse-pression. Je suis tout nu naturellement. Péniblement je me rends devant le bureau, ouvre le tiroir avec la clé. C’est un gros tiroir lourd, j’attrape les poignées et tire  …

 

X temps plus tard, je me réveille. Je suis étendu de tout mon long par terre, sur le plancher de ciment, pas de tapis, direct sur le béton. Je suis bien vivant et conscient. Le tiroir est à coté de moi, à moitié vide, presque tout est renversé par terre. Ce tiroir de fabrication locale plutôt artisanale, avec tous les côtés absolument coupants, auraient pu me couper ou me blesser sérieusement. Je suis légèrement blessé à la tête. Toujours par terre je me demande ce qui s’est passé, et depuis combien de temps je suis couché par terre. Je bouge, je me rend compte que mon malaise, ma douleur est totalement partie. Je me recouche et m’endors jusqu’au matin.

 

Tôt le matin je me rends à une clinique, géré par des médecin italiens, sur le chantier d’une grande mine. Après examens et tests, le résultat est négatif, tout est normal. J’ai besoin d’une vacance.  Une mission à l’extérieur de la capital devrait me faire du bien. C’est que plus tard, après mon retour que j’ai appris dans les journaux locaux, que les autorités gouvernementales allaient fermer ce supermarché, qui importait des produits en conserve, l’accusant de changer les dates de péremption sur les boites et emballages. Donc mon malaise était probablement du à un empoisonnement alimentaire.

 

À une journée de route de Lubumbashi nous avons un projet de réhabilitation de cliniques, d’écoles, divers lieux publiques. Il s’agit de réparer ou refaire entièrement des toits, ou autres parties importantes de bâtiments pour l’usage des citoyens, comme aussi des écoles. Nous n’effectuons pas les travaux nous-même. Afin que les bénéficiaires prennent en charge eux-mêmes l’entretien dans le futur, nous finançons le coût des travaux, et ils achètent les matériaux nécessaires ou engage un petit entrepreneur local. Cette façon d’opérer est en place depuis le début du projet, bien avant mon arrivée. Des agents de notre bureau de Lubumbashi livre et distribue l’argent aux différents responsables sur les sites. Tout se paie en comptant.

 

Pour moi, c’est très probable qu’on se fait voler par tout le monde. Je suis fatigué du travail sur l’ordinateur, j’ai besoin d’air, voila mon occasion, je décide d’aller moi-même faire la grande tournée et distribuer l’argent pour les travaux. Le lendemain matin, un emballage papier plein de devises locales, mon cellulaire, un téléphone satellite, une assistante des finances, le chauffeur, et un agent local qui est transféré dans cette localité, on démarre à 6h00. Juste en quittant mon assistante logistique, qui va faire le suivie pendant mon absence, me demande, ‘Monsieur Robert, avez-vous déjà entendu parler de Gédéon?’  Je lui répond que ‘Non, à part le comédien Le Père Gédéon au Québec, non.’

 

Je suis contant d’échapper pour 4 ou 5 jours du bureau. Normalement, le règlement stipule qu’on ne doit pas être sur la route après 18h pour raisons de sécurité. C’est aussi interdit de faire monter des étrangers surtout des armes à bord. C’est la saison des pluies, une fois terminé la route goudronnée, nous sommes sur la piste en terre. Mon chauffeur s’appelle Pipa.

 

Toujours dans la région des mines d’or et autres minéraux, on traverse la rivière Dicoulou, on s’arrête pour respirer un peu, de l’autre coté, un barrage policier genre poste frontière, c’est pas clair. Au barrage un officiel prends mon passeport et l’apporte à l’intérieur, on attend dans la jeep. Il revient et me demande de le suivre, le commandant veut me parler. Petit bureau, il demande qui je suis, où je vais, il pense même que nous sommes avec une compagnie minière chinoise. Coïncidence, deux jours avant j’assistait à l’inauguration d’un nouveau entrepôt de médicaments pour notre projet à Lubumbashi, et le gouverneur de la province du Katanga était présent. J’en profite pour mentionner ça à mon interlocuteur, en lui suggérant de téléphoner au gouverneur pour confirmer qui je suis. Bien entendu, il n’a pas oser faire ça. Il m’a écœuré et retardé encore un peu, puis nous libère.

 

On reprend la route, mais on commence à avoir du retard. On s’arrête pour manger simplement en traversant un village plein de kiosques sur le bord de la route. En discutant avec les autres passagers, l’agent du service des finance à un petit malaise, et mentionne qu’elle est enceinte, ça, je savais pas. Ça continue à bien aller, pourquoi pas un accouchement dans la jeep en route. Restons calme, on reprend la route pour le reste du trajet sur la piste. Et la piste en terre, pas goudronnée, ça brasse, le bébé va aimer ça. En pleine saison des pluies. Il y a des trous très creux laissés par les gros camions de transport. On contourne ces obstacles, mais c’est pas beaucoup mieux parce que tous les véhicules font la même chose et ça commence à s’embourbé partout, on est dans la boue et ça bouge plus. Je sort et grimpe un peu sur les cotés de la route en attendant que notre jeep bouge et sorte de cette situation. On a rencontré la même situation plusieurs fois. Aucune inquiétude, on avance mais on arrivera pas avant 18h c’est certain. 

 

Celui qui est muté où on s’en va, m’explique son travail un peu. On l’amène dans le grand village, de là, il sera conduit en moto, à travers de petits sentiers, jusqu’à là où il ne pourra plus avancer en moto. À partir de ce point, il continuera en bicyclette jusqu’à ses sites d’inspection. Il m’explique aussi, pour me rassurer, que même dans le grand village ou moi je coucherai, il y rode des lions, tigres, et autres chats semblables. Très rassurant. Parles parles jases jases, le temp passe il fait déjà noir, ce n’est pas l’autoroute ni la ville, c’est comme nager dans de l’encre, si on a la lune ça aide. À l’approche d’un petit village de huttes qu’on va bientôt traversé en pleine noirceur, il devient agité. Plus on approche du village, plus il est nerveux.  Je lui demande pourquoi, de quoi as-tu peur? Il répond “C’est le village de Gédéon”. Ça me rapporte immédiatement à la question de mon assistante logistique juste avant mon départ “M.Robert, avez-vous entendu parler de Gédéon?” Elle m’a rien dit de plus.

 

Notre passager qui s’appelle Adolphe, environ 25 ans, est maintenant hors de lui, sur le bord des larmes, on est à 5 minute du village. Je lui demande alors, “Qui est Gédéon?¨, réponse “C’est le Chef des Cannibales!” je me dis que ça n’existe pas des cannibales, oui, déjà, il y a longtemps, mais plus de nos jours. Nous entrons dans le village, il n’y a pas de route ni rues, le chauffeur sait où il va, il contourne chaque hutte par la gauche, la droite, il fait totalement noir. On fini par ressortir du village. J’ai bien hâte d’arriver à destination.

 

Je transporte beaucoup d’argent en billet cash, ce serait surprenant que personnes n’est au courant de ça, on pourrait facilement nous attendre en quelque part pour nous voler.

 

À Kasenga je serai logé avec l’agent de Finance enceinte, dans une petite maison louée $4./jour à la congrégation religieuse. Finalement on arrive à Sampwe.  La maison est un peu plus grande qu’un cabanon de jardin, ça ressemble à un poulailler.   Dans le noir total avec une lampe de poche, on traverse un marigot en passant sur deux planches de bois. Il y a deux chambrettes et un petit salon, la serrure de la porte d’entrée est brisée. les chambres n’on pas de serrures. On nous à laisser un lunch froid dans le salon,  riz poulet frites froid et café. Il y a trois sceaux remplis d’eau par terre à l’entrée. Je demande à quoi ça sert, c’est pour la douche. Où est la douche? elle est derrière la maison, dans la toilette, la cabane qui a un trou au milieu par terre pour faire tes besoins. OK merci bonne nuit. Tu pense que je vais aller chier à la noirceur dans un trou, si il y a des lions qui rodent autour? Tout le monde est fatigué. je me couche et mon lit est près de la fenêtre, sans vitre, mais avec des barreaux. J’ai de la misère à m’endormir, il y a du bruit à l’extérieur, ça se promène, c’est quoi? Je me rendort épuisé, quelques heures. Seulement le matin, je découvre des chèvres et des poules, devant la porte.

 

C’est le temps de la toilette enfin. Une cabane en ciment, sans porte, infecte, insalubre, mur en terre cuite, boue, des mouches et moustiques, je comprend pourquoi une personne local a refuser une affectation ici à Mitwaba. Faut rapidement terminer la distribution des fonds aux responsables locaux pour avancer les divers travaux de réfection dans le village. Dangereux de garder tout cet argent dans la maisonnette qui barre pas.

 

J’ai un Sat Phone, un téléphone satellite qui fonctionne sans réseau cellulaire, simplement directement en liaison avec un satellite, donc réseau mondial. Comme nous n’avons pas d’électricité, je ne l’utilise pas, je conserve la batterie pour besoin d’urgence seulement. Nous procédons à toutes les opérations prévues, distribution de l’argent, visites des travaux en cours, rencontres et réunions de travail. Et, l’essentiel de mon temps, je visite à pied tout le village. Ça ressemble à un petit village de film féérique avec de petits ruisseaux, des enfants partout, mais sans la musique. En tout cas, moi je trouve tout ça bien agréable. Le soir il y a une petite terrasse ou buvette, et j’invite toute l’équipe à boire et manger à la bonne franquette. Super bonne atmosphère. Et l’équipe de projet, surtout ceux posté dans ce village, me dise combien ils sont content et apprécie ma visite dans leur coin de pays. Depuis le début du projet, aucun des gestionnaires expat international, n’est aller les visiter. Je suis le tout premier à faire ce voyage. Pour eux je suis un héros ou un champion. Les blancs de Lubumbashi ont peur de s’aventurer si loin. Ce qui m’encourage à étirer mon séjour de quelques jours, une semaine au lieu de 3 ou 4 jours. Éventuellement on quitte.

 

On arrête passer la nuit dans un couvent de religieuse. Une vraie expérience spirituelle. La aussi ça coute $4/jour et ç’est pas chère. Je mange dans la salle à manger avec les sœurs. Très agréable. Une des religieuse me demande de l’amener dans notre véhicule jusqu’à Lubumbashi et j’ai refusé à cause des règlement, en cas d’accident, les assurances, etc. Une des rare décisions que je regrette encore jusqu’à ce jour. Je m’en veux toujours de ne pas l’avoir prise avec nous. Des bris mécaniques , réparés sur place, beaucoup de poussière, et surtout de la boue sur les routes, comme des rivière. Je comprend pourquoi personne de l’équipe internationale n’est aller visiter cet endroit. Mais après mon retour, éventuellement ils y sont tous aller.

 

On passe encore une autre nuit dans un hôtel à Likasi sur la route en approchant de Lubumbashi. On doit visiter une maison voir si elle convient à un nouveau bureau pour notre projet. Une petite ville intéressante aussi. Finalement, comme on est assez près de Lubumbashi, j’utilise mon cellulaire pour communiquer avec mon patron, le Belge Américain qui avec tous les autres expat, n’a jamais oser se rendre vraiment sur le terrain. Il répond  “Où est-tu? On t’attendais plus tôt. J’ai informer le bureau de N.Y.. J’ai contacté l’armé ici, tout le monde te cherche, on se prépare à aller à ta recherche avec les forces armées en hélicoptère.” Il n’étais pas content, je m’en fou!

 

De retour chez moi à Lubumbashi je vérifie sur Google: “Gédéon” cannibale, Zaïre, RDC, Katanga. Eh oui Gédéon le chef cannibale existe vraiment. Il y a vraiment des cannibales dans ce village. Gédéon a fait de la prison, et a été remis en liberté. Après mon départ du Katanga, j’appris qu’il était maintenant chef de rebelles, et attaquait la ville de Lubumbashi, où j’habitais.

 

L’équipe de logistique à qui je m’efforçais de donner le maximum de direction, motivation, formation, ne gagnait pas beaucoup. De temps en temps on venait me solliciter pour de l’aide temporaire pour payer des médicaments ou des soins pour leurs enfants, ou toutes sortes de bonnes raisons. Je leur prêtais toujours l’argent nécessaire, habituellement $10 ou $20. Je savait qu’ils ou elles ne pouvait pas me remettre la somme. Donc éventuellement je les avisais que je leurs faisait don du prêt. Amis pour la vie. À chaque endroit j’apprend tellement de choses. Je me considère chanceux de vivre cette expérience.


C’est l’endroit d’où j’ai rapporté le plus de souvenir, que j’ai acheté ou reçu en cadeaux des membres de mon équipe Logistique, assez extraordinaire parce qu’ils ou elles ne gagnaient pas beaucoup. La veille de mon départ, j’ai organisé une fête chez moi, les membres de mon équipe sont venue faire boucherie, cuisine, et tout. Dans le jardin, et sont reparti en se partageant les restes incluant toutes les boissons. Je pourrais retourner dans le Katanga, et je retrouverais plein d’amis. Plusieurs ont quitté après mon départ, et trouver des emplois dans d’autres ONG et dans l’industrie des mines, beaucoup plus payant. Je suis content pour eux. Douglas, le Congolais qui dirigeait la logistique, mon assistant, m’a invité à ses noces, agréable et instructif. Quand j’ai démissionné et quitté définitivement, il a vite trouvé de travail ailleurs, et dans une entreprise minière, beaucoup plus payantes. D’autres ont fait la même chose, ils attendaient le jour où je ne serai plus là. Une trentaine de personnes travaillaient à la logistique, hommes, femmes, chauffeurs, magasiniers, acheteurs, gestionnaires, etc. Nous formions une famille, et j’était heureux de les inviter de temps en temps un Samedi soir à manger chez moi, genre BBQ pour toute la famille.

 

Chapitre 20                       Guinée Afrique de l'Ouest

 

sept 2002  ARC  Guinée à Conakry

Centre Internet à Kissidougou, ONG humanitaire.    Projet à multiple volets, comme toujours Coordinateur, j’étais responsable de la Logistique, en particulier, le Café Internet. Nous sommes dans le milieu de nulle-part, aucun accès internet à moins de centaine de kilomètres, nous sommes donc le seul lien internet avec le monde extérieur.  Le bon fonctionnent de l’équipement, l’antenne satellite de grande dimension, la coordination avec les usagers clients comme les nombreuse ONG travaillant dans la région, incluant la Croix-Rouge Internationale et Agence des Nations-Unis. Ce café internet (sans café) permettait à tous ces intervenants humanitaires de garder le contact avec leur maison-mère où qu’elle soit dans le monde. Une belle occasion aussi pour moi de cultiver ces contacts personnels avec des personnes comme moi, oeuvrant dans l’aide humanitaire d’urgence, venant de partout sur la planète et travaillant tous dans un même but. En plus, nous nous réunissions très régulièrement, dans les bases des plus grandes organisations, afin de se maintenir au courant des changements de situation dans la région, de la sécurité en particulier, ainsi que continuellement réévaluer notre coopération dans cet environnement dont les besoins changent rapidement.  J’ai été invité souvent à des mariages, cérémonie à l’église, fêtes, des services funéraires, des baptêmes, ce qui renforçait le lien d’amitié qui se formait avec mon équipe locale ou nationale. Je revois d’ailleurs nombreux d’entre eux sur les réseaux sociaux, avec leur familles, en suivant leur cheminement professionnel depuis mon départ. Nombreux m’on dépassé et sont partout à leur tour dans le monde. Il ne s’est rien passé d’exceptionnel, que la routine du travail. J’ai essayer de visiter les alentours au maximum. Pendant une période, il y avait un risque d’invasion du coté de la Cote d’Ivoire.  Je vivais dans un tout petit hôtel tenu par un couple Français âgé.  Quelques autres canadiens résidaient dans cet hôtel, plutôt comme un motel. Comme pour l’internet, nous étions sans télévision, cependant la radio ondes courtes fonctionne partout dans le monde.

À l’heure des repas, je discutais beaucoup avec un canadien expert reconnu en sécurité internationale. Il étais avec les Nations-Unis sur place, et naturellement son travail était top-secret. Il était souvent invité pour donner des conférences partout dans le monde. C’est le genre de rencontre inattendue mais si intéressante que l’on fait dans ce travail.


À gauche, avec le propriétaire de l’hôtel, qui gérait le commerce avec son épouse. À droite, dans une réception aux noces de mon assistant.                                                 

Sur la page suivante, après la cérémonie de mariage, avec des associés de différentes organisations et la maille des mariés. En fait j’aurais du porter aussi la chemise cérémoniale comme tout le monde, mais je venais d’arriver dans le pays. J’adorais conduire mon véhicule de service, un Toyota Land Rover ambulance, tellement facile à conduire et sécuritaire.

Comme vous voyez il n’y avais pas non plus de service téléphonique, pas de cellulaire. La procédure normal était par radio, walkie-talkie. Et oui j’ai les bras croisés, et c’est bien mes deux mains que vous voyez.

Chapitre 21                         La guerre en Irak

2003 Arrivée à Amman, capitale de la Jordanie.

Responsable des Opérations avec l’ONG AirServe durant la guerre en Irak.

Première fois au Moyen Orient, beaucoup d’expérience dans des pays musulman d’Afrique du Nord, mais ici c’est différent. Je n’ai jamais eu de problème ici. De plus j’étais au cœur de l’action. Amman est une belle ville, sécuritaire. Les gens sont accueillants. Je me promenais seul partout dans la ville en toute quiétude, jour et nuit. J’ai continué à pratiquer le peu de langue Arabe que j’avais appris en Algérie, mais on fonctionne très bien ici en Anglais. Nous étions une poignée d’expatriés Canadien, Américain, Australien, et une douzaine de Jordanien, Palestinien et autres de la région, travaillant tous en harmonie.


Mon travail, coordonner les activités des mécaniciens, donc je leur rendais visite régulièrement dans les hangars, gérer à tous les jours l’embarquement et les débarquement des 12 passagers à l’avion (éventuellement 2 avions) sur la piste, le contrôle des passagers dans l’aérogare, identification, contrôle du poids des bagage, très limité, “vous enlevé l’excédent ou vous rester ici avec votre bagage”, les relations avec la direction Jordanienne de l’Aviation Civile et l’administration à l’aéroport.

 

Ensuite toute la journée (souvent même la nuit) je recevais directement par téléphone des demande de réservation pour les vols vers Bagdad, Mosul, Arbil en Irak, et  j’établissais l’horaire, calculait la quantité de carburant pour faire le plein, comme chef la logistique et approvisionnement, coordonnait les achats de tout. Ces demande de réservations venait du Japon, d’Europe, des USA, des gens qui travaillaient pendant que je devais dormir.

 

C’était un job plutôt stressant, mais j’avais l’énergie et marchait sur l’adrénaline, totalement excitant!  J’était dans le film d’action, dans les nouvelles. Ma dernière démarche consistait à communiquer par téléphone chaque soir, avec le Central Command, des forces américaines au Qatar. Je demandait alors notre Heure d’entrée dans le territoire Iraquien sous le contrôle absolu des Américain. On nous allouait une marge de 10 minutes pour traverser la frontière. Tout avion qui pénètre l’Irak en dehors de cet plage de temps, serait abattue!   Aucun avion commerciale, sans exception, à part l’avion de la Croix-Rouge Internationale, et notre avion qui transportait que du personnel humanitaire. À ce moment j’informait notre pilote de son heure de décollage pour le lendemain matin. Et on se rencontrait tous à l’aéroport le lendemain matin pour une autre journée d’aventure, qui se terminait par son retour à Amman dans l’après-midi.

 

Le vol était affaire de routine, à l’exception des communications entre le capitaine et la tour de contrôle à Bagdad. Nous sommes en zone de guerre, l’approche normale de descente graduelle en altitude jusqu’à l’atterrissage sur la piste serait dangereuse, on peut facilement atteindre l’avion en basse altitude avec un AK47 ou Kalashnikov ou autre arme légère, d’ailleurs des passager utilise leur veste anti-balle (flack jacket) pour protéger leur derrière en s’assoyant plutôt sur la veste, naturellement ce ne sont pas des tank volant mais seulement des avions léger facilement traversées par les projectiles. Le voyage sur la route entre l’aéroport et la base peut être stressant aussi. Notre équipe souvent apportait des pizza fraiche d’Amman, aux militaires américains à l’aéroport de Bagdad, c’est bon pour les relations. Pour revenir à l’atterrissage, suffit de maintenir la haute altitude jusqu’au dessus de la piste. L’avion ralenti et se met en vrille comme un crash, et descend en rond ou en spirale très serré, et se redresse juste à temps pour atterrir sur la piste.  La première fois, vous croyez que vous aller mourir.

  

Il y a de magnifique musées à Amman, et des ruines archéologiques extraordinaire.  Mon excursion favorite était le week-end sur la Mer Morte, bel hôtel, tous les services usuels, mais surtout la baignade dans la Mer Morte. Il y a des robinets d’eau courante directement sur la plage, pour la douche et surtout au cas où vous avez de l’eau dans les yeux, ça chauffe éperdument. Il y a même une zone Solarium divisée en sections intime par des séparations en toile, pour le bain de soleil intégral.  J’ai visité aussi la rivière Jourdan et le site du baptême de Jésus.

La restauration à Amman est super, il y avait de tout, surtout la Boulangerie Pâtisserie ‘Mirabelle’. Je n’ai jamais mangé d’aussi bons croissants et tout ce que vous pourriez désirer. Ça se trouve sur le Web. 

 

Je marchais beaucoup après le travail, une de mes assistante, Jordanienne, me demande si je veux bien marcher avec elle après le travail, une jeune sportive. J’accepte, cela me fera de la compagnie pour jaser en marchant. On part après le bureau, et marchons d’un bon pas. J’aime bien marcher rapidement. Mais elle marche plus vite que moi, elle est grande avec de longues jambes. On parle et discute de tout et de rien. J’ai peine à la suivre, je manque un peu de souffle. On parles de différentes personnes au bureau, mais, sans savoir pourquoi, je me rappelle pas de ces personnes, j’oublie ces noms, ou j’arrive pas à associer le visage avec le nom. On dirait que j’ai une perte de mémoire. On rencontre une voiture du bureau par hasard, je sais pas le nom du chauffeur. C’est pas normal, le chauffeur me ramène à la maison. En route, je consulte mon cellulaire, la liste des contactes, tout ces noms, je sais pas qui c’est. À la maison, mon patron américain, qui est le responsable de notre mission, est en face de moi, dans mon téléphone, j’ai son nom, je lui dis, oui je connais ce nom là, mais c’est pas toi!


Mon collaborateur principal au bureau, un Palestinien, le lendemain matin m’amène consulter un excellent spécialiste dans sa propre clinique privée, de plusieurs étages, réputé en la matière. Il me prend en charge, série de test de toutes sortes, du cerveau. Tout est négatif. À l’exception d’une petite tache qui n’est pas récente, d’un ancien accident ou lésion. Mais j’ai pas fais un ACV ou un ICT.

 

Ils ne comprennent pas cette soudaine et temporaire perte de mémoire sélective. Il y a eu des suivis, j’ai conservé les copies de scan jusqu’à ce jour.  Ça ressemble un peu à ce qui m’est arrivé au Burundi. De toute façon j’ai donné ma démissions, et quitté un mois après.  J’ai été remplacé par trois (3) personnes. Peut-être un petit “burn-out” ?  À mon arrivée à Montréal, consultations, tests, aucun résultats. Cette jordanienne m’a écris par la suite, me disant qu’elle me considérait comme son deuxième père. Elle vivait avec son oncle et son père était probablement décédé aussi avec son fiancé dans un tremblement de terre.


Un jour, on nous informe que la reine-mère, la mère du roi actuel de Jordanie, qui était donc l’épouse du roi décédé, arrive à Amman. Elle est Américaine et est retournée à New-York lorsque le roi est mort. Elle a fondée une organisation humanitaire et à décider de faire un voyage à Bagdad, en Irak, durant la guerre. Ce sera à nous de la transporter avec notre petit avion d’aide humanitaire à Bagdad. Le soir de son arrivée, je suis donc à l’aéroport pour l’accueillir. Elle a déjà réservé sa chambre dans le plus bel hôtel du centre-ville. C’est déjà tard le soir. Le gouvernement de Jordanie a mis à sa disposition le transport pour la conduire en ville. Plusieurs officiels ou diplomates sont présents. 

Éventuellement, son avion arrive, elle marche avec son entourage vers le terminal, je suis dans la ligne d’accueil et lui donne une poignée de main, bien sure, elle ne me connait pas. Rapidement, nous enfilons tous dans une série de limousines stationnées à l’extérieure. Je suis assis sur le siège avant d’une des limousine, j’ai une vue imprenable de l’action. C’est ma première fois, et je n’est jamais coursé dans un Grand Prix. Il fait noir, le convoi n’utilise pas de gyrophares ni de sirènes, le chauffeur de la voiture en tête et le passager d’à coté, leurs vitres de fenêtres baissées, gesticulent aux automobilistes nombreux sur notre chemin, de se tasser. J’imagine que la population d’Amman connait bien la procédure, ou est peut-être informée de l’arrivée de la mère du président. Pas de ralenti dans les intersections ou round-points, j’ai envie de freiner mais je suis passager seulement. La course se termine enfin à l’hôtel; tout le monde excepté moi, est calme mais pressé. Enfin une dernière confirmation au sujet de notre vol vers Bagdad le lendemain matin.

 

Après une courte nuit de sommeil agitée, à l’arrivé au bureau, on nous informe que notre passager a décidée de ne pas partir pour l’Irak. Et ce fut la fin de cette brève expérience.

 

Sur Youtube https://youtu.be/0PanoiGbYY0 

 

J’avais planifié faire une excursion à Petra avant de partir, site très connu; on me l'avait fortement déconseillé. Trop d’efforts nécessaires dans cette ascension vers Petra après ce qui venait de m’arriver.   

 Chapitre 22        Oxfam, resté environ 6 mois suite des inondations dévastatrices du bord de mer.


  Chapter 23                              BANDA ACEH, INDONÉSIE

 

Depuis quelques années, j’essaie d’obtenir un poste à l’étranger avec la Croix-Rouge. Pour être accepté, un prérequis, avoir complété la formation de Délégué International. Ces formations ont lieu 3 ou 4 fois par année, dépendant des besoins. J’ai été sur la liste, en espérant qu’entre deux contrats à l’international, je pourrais participer à ces cours. Mais chaque fois que j’étais sans emploi, au Canada, j’espérais qu’il y ai une formation qui démarre pendant que j’étais ici. Je finissais toujours par recevoir une offre pour retourner dans une autre missions à l’étranger. 

 

J’étais justement sans travail cette fois, quand j’ai finalement reçu un appel de la Croix-Rouge. Suite au Tsunami en Asie le 24 Décembre 2004, La Croix-Rouge Canadienne sollicitée pour aider à Banda Aceh dans une des plus importante opération d’aide humanitaire à laquelle j’aurai participé. Première étape, participer à la formation de Délégué International et réussir. Je suis tout à fait enthousiasmé de me rendre à Ottawa pour cette formation d’une semaine. Nous sommes 40 hommes et femmes venue de partout au Canada. Des experts dans tous les domaines et des personnes d’expériences de terrain, nous recevons une avalanche d’informations absolument nécessaires pour faire face aux défis qui nous attendent en Indonésie. Un exercice des plus intéressants, sera la simulation réaliste d’une opération d’aide humanitaire dans un environnement difficile et dangereux. Cet exercice se fera avec la collaboration des forces armées canadiennes. En résumé, toute la formation aura été des plus révélatrice et utile pour les candidats, en particulier ceux et celles qui n’ont pas l’expérience outre-mer.

 

Le dernier jour de la formation, on nous annonce que 10 à 12 Délégué(e)s partirons très rapidement afin de débuter l’installation de l’équipe complète de 40 à venir par la suite, la coopération avec la Fédération de la Croix-Rouge Internationale, le recrutement du personnel local, 200 à 300 personnes, le bureau, les résidences, et surtout l’arrivé des autres 40 nouveaux Délégués qui seront choisi.

 

À la clôture de la formation, on m’annonce tout de suite, que je devrai partir avec le tout premier groupe, je serai le responsable de toute la logistique du projet. Dès les formalités terminées, passeport, examen médicale, visa, contrat de travail, nous partirons 4 ou 5, dans les prochains jours ou semaines.

 

On se rencontre à l’aéroport pour un vol vers Vancouver, puis Singapore, bref repos puis départ pour Jakarta la capitale de l’Indonésie, enfin dernier trajet vers Banda Aceh, notre destination final. Trois joueurs clés sont déjà sur place pour CRC (Croix-Rouge Canada), elles partagent un grand bureau avec la American Red Cross. Elles sont logées dans un maison où je serai logé moi-même. C’est l’avant-garde du projet Canadien. La Représentant du CRC, la responsable des Finance et Administration, la responsable du Personnel. Trois petites femmes dynamiques. Les trois mousquetaires. Nous allons travailler ensemble continuellement durant l’année et demie que je serai responsable de la Logistique pour l’ensemble du projet qui comportera au total plus de 40 Canadiens. Les premiers arrivés et Délégués principaux seront logés à la même adresse. 

  

Nous sommes déjà 4, la maison sera rapidement pleine. C’est ma première tâche de trouver d’autres maisons. Les autres délégués sont en route dans les semaines qui suivent. Je prépare le terrain pour eux. 

 

Lettre à la famille

 

Bonjour tout le monde,

 

Déjà dix jours à Banda Ache en Indonésie, ça passe très vite.

 

Mon voyage débute à Ottawa avec 4 heures de vol vers Vancouver, puis changement d’avion pour Cathay Pacific direction Hong Kong en 14 heures.  Nouvel aéroport, c’est la Chine, et je couche à l’hôtel 5 étoiles de l’aéroport, le grand luxe a $300+ la nuit après escompte.  Petit déjeuner à $30 comprenant saumon fumé frais et tout ce qu’on peut imaginer.  Un autre 4 heures de vol pour arriver à Jakarta, capitale de l’Indonésie.

Visite aux bureaux de la Croix-Rouge et coucher tôt pour départ tôt vers Banda Aceh un autre 4 heures de vol.  Arrive à bon port Vendredi, assez amoche par le trajet depuis Mardi matin.

 

Vous avez déjà vu les photos de la maison, mais ce n’est qu’un côté de la médaille ; le bureau aussi est très beau et moderne et utilise toutes les dernières technologies.

A la maison on prend chacun un déjeuner typiquement canadien que chacun prépare à son goût.  Le midi on mange au restaurant environ $1, il y a d’excellent jus de mangue, d’avocat et plein d’autre, c’est assez spécial et un bon jour, j’en prendrai en photo.  Le soir la cuisinière à préparer le souper qu’elle laisse sur la table, suffit de se servir et réchauffer.  C’est toujours de la cuisine d’Indonésie, du riz des fruits de mer, crevettes, crabes, poulet et plein de mets que je connaît pas, jamais de porc.

J’ai réussi à trouver de la bière, du vin, du gin et de la Vodka sur le marché noir.

On est déjà une dizaine de Canadiens et ça continue a arriver.  C’est moi qui leur donne en arrivant un téléphone, un ordinateur portable et les clés d’une des 3 maisons.  On a des voitures neuves qui viennent nous chercher le matin, qu’on utilise toute la journée, mais malheureusement les chauffeurs ne parlent pas l’Anglais, encore moins le Français.  En fait c’est un gros problème, ce n’est pas une place a touriste ici donc pas de chance d’apprendre.  Je devrai apprendre la langue, mais pour le moment, je ne suis pas motivé pour ça.  Je connais le mot « Merci », c’est Taramakasi.  Autant la semaine je suis déjà tanné de la nourriture épicée d’ici, en fin de semaine, le dimanche en particulier, on n’a pas d’employés dans la maison et on se débrouille seul.  Voici donc ma journée de dimanche dernier :

 

On était six (6) à la maison, crêpes aux bananes avec sucre d’érable, dîner sandwichs au fromage et tomates avec pain maison frais sorti du four, baignade à la mer, marche sur la plage, eau fraîche/tiède, soleil éblouissant, sur une plage frappée par le tsunami dont je vais vous parler la prochaine fois si ça vous intéresse.  En passant,  les Indonésiens se baignent tout habillés, et dans la rue même les hommes ne portent pas de shorts ;  ici c’est des culottes d’enfant, et c’est comme si on mettait une couche.  En plus, partout on enlève nos chaussures en entrant, dans le bureau, à la maison et on les laisse à l’entrée dehors.

Après la plage, on s’est arrêté au marche de poissons : 2 kilos de crevettes géantes, 6 pouces environ, a US$10 le kilo, soit une trentaine de crevettes géantes pour 5 personnes, c'est-à-dire $5 Canadiens par personne.  On s’est fait des pâtes ail tomates, de la papaye et ananas comme dessert, un vin blanc, et voilà un autre dimanche de fini.

 

Je n’y suis pas allé encore, mais il y a des salons de massage tenus par des aveugles, des hommes pour les hommes et des femmes pour les femmes.  Rien de sexuel ici, une heure pour $1, plus $1 de pourboire pourquoi pas.  On travail 6 jours par semaine, peu de loisirs.

 

Depuis mon arrivée, il n’y a eu que deux (2) tremblements de terre, un dans la soirée quand on était dans le salon, on est sorti dehors, cela a duré 5 minutes, un autre la nuit moins important.  Il y a une mosquée tout près et à 5 heure du matin, c’est l’appel à la prière.

 

Comme je disais, c’est le beau côté, et la prochaine fois je vous parlerai de mon travail et du tsunami.

Andre XXX

 

Je dois en même temps, vraiment opérer en multitasking:

 

1. Recruter le personnel local qui m’appuiera dans cet effort de guerre, qui est d’assurer à toute l’équipe la sécurité, le confort, les multiples équipements et matériaux pour effectuer efficacement leurs mandats, les moyens de transports pour faire leur travail sur tout le territoire, la liaison avec les autorités locales à plusieurs niveaux, liaison avec les délégations des Croix-Rouge Internationales et la Croix-Rouge Nationale Indonésienne, etc.

 

2.  Interviewer les candidats indonésiens et recruter 40 personnes, seulement pour mon service de Logistiques. On aura besoin de 36 chauffeurs, des acheteurs, des magasiniers pour les entrepôts, secrétaires pour la traduction, les contacts avec les gouvernements locaux, les douanes, et plusieurs de ces postes doivent être comblés immédiatement.

 

3.  Une partie des véhicules est commandée à la Fédération qui achète ces véhicules directement du Japon, puis chaque Croix-Rouge présente dans le pays rembourse la Fédération. L’achat regroupé réduit le coût et les formalités d’importation, transport, et tout. On commandait à la fois par exemple, 10 ambulances équipées, 30 Toyota Land Cruiser, 30 ordinateurs portables, 30 walkie-talkie, 40 téléphones cellulaires.

 

4.  L’autre partie des véhicules, vient avec des chauffeurs-propriétaires qu’on rémunère pour leur service, véhicules inclus avec entretien, assurances, carburant, à un tarif journalier.

 

5.  Il y aura plus de 35 jeeps, camionnettes, camions, ambulances, à gérer,  des treuils, etc.

 

6.  Pour le bureau, on devra rapidement meubler et acheter les ordinateurs, des compteurs de billets de banques, photocopieuses, coffres-forts, 30 ordinateurs portables, 30 walkie-talkie, 40 téléphones cellulaires.  Pour les 7 ou 8 maisons de Banda-Aceh, on aura besoin premièrement de les trouver ces bâtiments qui devront être fonctionnels, meublés autant que possible, sécuritaire à tout points de vue y compris les secousses sismiques, ou tremblements de terre, ou un autre tsunami. De même pour tous les bureaux qui seront ouverts ailleurs dans la province d’Aceh. Places suffisantes de stationnements pour la nuit. L’approvisionnement en eau potable doit être assuré.

 

7.  On devra acheter tout ce qui manque dans toutes ces maisons, tels que climatiseurs, électro-ménagers, bureau, chaises, cuisine, salons. Et si nécessaire, literies, moustiquaires, lampes de poches.  Assurer la présence de gardes de sécurité.

 

8.  Pour les communications, aussi urgent, téléphones cellulaires, téléphones satellites Iridium, communications radio dans chaque véhicule, câble TV, ou antenne satellite TV,  l’Internet partout, dans chaque résidence et bureau, une génératrice est absolument nécessaire.

 

9.  En résumé de travail pour 24h/jour 7j/semaine. J’étais en alerte constante. J’aimais ça, mais j’étais exténué. Je devais personnellement prendre l’avion pour aller acheter le matériel dispendieux, et technique, en général tout ce qui était très sophistiqué et non disponible à Banda Aceh, ou trop d’attente si je commandais de la Fédération. Pour ces achats j’ai parcouru plusieurs fois, Jakarta, Bangkok, Singapore, ce qui me donnais l’impression d’un petit congé, mais n’en était pas un du tout.

 

10. Accueillir les  Délégués qui arrivent à l’aéroport, leur expliquer le fonctionnement, les procédures, les consignes de sécurité, les bases des lois du pays, les choses à savoir ou éviter dans un pays musulman, quoi faire en cas d’un autre tsunami ou secousses tremblement de terre, leur assigné une maison et la chambre qu’ils occuperons, leur remettre immédiatement un cellulaire, un walkie-talkie, un ordinateur portable, finalement au bureau, les présenter à leur chef qui complètera leur intégration. Ensuite je les introduit aux autorités locales pour obtenir un permis de travail et identification.

 

Ceci résume ce que je dois exécuter moi-même, avec seulement 24h/7j de disponibilité. Dès mon arrivé, je suis suis seul dans le service Logistique, dans les plus brefs délais, je devrai avoir un département complet, fonctionnel, efficace. À force d’acharnement, de persévérance, ce sera mission accomplie, mais non sans peine. J’aurai appris beaucoup, par exemple à ne pas être si perfectionniste et que la tolérance zéro, ce n’est pas toujours possible. Un des buts principal est de construire 12,500 maisons rapidement. Heureusement ç’est pas moi qui fait ça. Comme pour tous les autres volets de la mission, je vois à la sécurité du personnel canadien sur place, et à ce qu’ils aient tout ce dont ils aurons besoin en matériel, transport, logement, pour qu’ils réussissent.

  

Bureau et Résidence principale à Banda Aceh.

 

Le bureau était déjà trouvé, partagé avec la American Red Cross. Les premiers 3 Canadiens étaient déjà en place, et avait bien hâte que j’arrive. Ces mêmes personnes clés avaient aussi trouvé la première maison. Très vite je trouve Apon qui sera le Chef de Flotte et va m’aider à recruter le reste des chauffeurs avec véhicules robuste, établir les horaires de travail, etc. Il me fait ma première tournée de Banda Aceh. Des commerces et maisons complètement écroulées et des débris partout. Des bateaux sur les toits. La forces et l’amplitude des vagues a transporté une centrale électrique montée sur une barge permanente dans le port vers l’intérieur au centre-ville. Heureusement la centrale électrique continu de fonctionner, malheureusement, l’immense barge a écrasée au moins trois maisons habitées. Ces maisons ainsi que les occupants sont

toujours totalement écrasées dessous. Les secousses sismiques se produisaient à tous les jours pendant mes premiers six mois, en diminuant les six mois suivants, le pire est quand ça arrive la nuit.


Même les marchés épicerie-boucher n’ont pas de stocks d’une telle importance. Je fais donc le tour des fournisseurs et supermarchés, j’examine toutes les avenues de solution, et passe la commande. Il faut des quantités importantes de farine, de café, 12,000 bouteilles de sirop, 3,000 kilos de dates, 12,000 kilos de sucre, et plusieurs autres articles, pour terminer avec 12,000 kilos de viande. Tout se met en branle immédiatement et toute la direction de la Croix-Rouge compte sur moi pour livrer la marchandise dans les délais prévus. Tout est acheté à Medan, la capitale de la province loin de nous. Dans les jours qui suivent, les marchandises sont acheminées par camions, par avion, et même par bateaux de pêches. Juste à temps, les bateaux arrivent, sont déchargés, les camions aussi, et tout est acheminé juste-on-time dans un endroit près du point de distribution final, pour être emballé dans des boites prêtes à être distribuées à chaque famille. Tout ça exécuté dans une semaine. Mission accomplie, je dirais un miracle. Mais c’est ce qu’on s’attend de moi, c’est pour ça que j’ai été choisi! Je suis quand même fier de ce que j’ai accompli, même si pas grand monde réalise à quel point j’ai travaillé. 

 

Dans nos moments libres, nous profitions au maximum de ce que Banda Aceh avait à offrir. En fin de semaine, grand souper ensemble dans cette immense maison. Jean, une femme venue de Colombie Britannique, aimait bien cuisiner, je me rappelle avoir été au marché de bord de mer avec elle, on a acheté un grand panier de crevettes géantes minimum 6 pouces chacune, à $10./Kilo.



 Le soir, elle a cuisiné un immense spaghetti aux crevettes avec vin blanc, papaye, pain maison, c’était un délice des dieux. Le matin elle aimait faire des Crêpes aux bananes. Tout le monde participait. Moi je débarrassais la table après. La femme de ménage lavait la vaisselle le lendemain matin.


Tous les soirs, nous étions de 4 à 6 ou 7 pour souper à la maison. Mais nous étions souvent dans les restos chacun de notre côté ou en petits groupes. Plein de bouffe asiatique, de fruits de mer, et j’aimais bien le jus d’avocat avec chocolat ($1.). Le midi dans de petits restos italiens, ou de pâtisserie, ou simplement dans un comptoir bouffe sur le trottoir, un délicieux diner pour $1 ou $2 incroyable et un délice. Un de mes restos favori était sur le toit d’un édifice, tout était un véritable péché tellement c’était bon, et beaucoup de mets que je n’avais jamais gouté. Quand j’ai quitté définitivement le pays, à ma dernière visite, la propriétaire du resto, qui avait aussi son resto principale à Jakarta, la capitale, m’a donné un beau cadeau, céramique encadré avec une note à l’endos pour moi. Il est toujours sur un mur présentement dans le condo. Il y en avait plein de ces restos inconnus mais inoubliables. Il m’arrivait d’aller directement sur la plage le soir pour souper. Les pêcheurs faisaient cuire leurs prises du jour directement sur des grand BBQ, ça aussi incroyable délice, simple, pas cher. 

Explorer les rues de Banda Aceh le jour en fin de semaine ou tous les soirs de la semaine était une aventure pour découvrir toutes sortes de petits objets pour souvenirs ou cadeaux, ou des vêtements, toujours de fabrication locale. Et, tout ça en totale sécurité. Souvent je n’utilisais pas nos jeeps, ni chauffeurs, je prenais simplement in Rickshaw motorisé, ou plus lent, le tricycle, mais si typique et permet de tout voir et sentir. Autre activité très abordable en Indonésie, les massages. Y en avait partout. Attention, pas comme en Thaïlande, pas de la prostitution, de véritables massages réconfortant pour terminer une dure journée de travail. Il y en avait un à quelques minutes de marches du bureau.

 

Plusieurs femmes musulmanes tête voilée, visage découvert y travaillent. 5 ou 6 tables de massage, entourées d’un rideau pour les séparées. Au début ça surprend de se faire masser pas des femmes musulmanes. Mais les maris sont sur la terrasse à l’entré, on se salut en passant. Pendant le massage leurs enfants se promènent autour des tables, ils font probablement leur apprentissage. En arrivant on va dans la chambre de bain se déshabiller et mettre un sarong, genre de jupette pour cacher les bijoux de famille. La durée du massage est de 90 minutes. Pour ceux qui le désire un traitement aux pots de vacuum chauffé avec des chandelles, ou ‘massage cupping’ dans le dos, sensé désintoxiquer le système. Le petit pot aspire la peau qui fait une bulle dans le pot. J’ai essayé quelques fois seulement, je préférais être massé pendant les 90 minutes. Premièrement, sur le dos, les pieds, communément appelé la Reflexologie , ensuite en remontant des jambes, aux cuisses, aux mains, les bras, pour finir avec la tête. Ensuite on se retourne sur ventre pour la même séquence. Après le vacuum, c’est un épandage, massage avec un produit abrasif. Ça vous nettoie la peau en profondeur, et les esprits avec. Ensuite, on nettoie tout ça avec des linges humides. L’opération suivante avec de l’huile est le massage lui-même. On se fait pétrir, serrer, taper, étirer, tapoter, des orteils au cuir chevelu. Tout au long du massage,  de temps en temps, une autre femme entre dans l’espace voilée, et se met à me masser aussi. Une sur un bras, l’autre sur une jambe, et ainsi de suite, elle se partage le gâteau. La famille au complet, mais jamais le mari. Souvent aussi une troisième femme entre et prend sa part du gâteau. Il y en a pour tout le monde, pieds, mollets, cuisses, ventre, poitrine, épaules, tête, bras, mains. C’est un concert de caresses fermes jouées par 1, 2, ou 3 femmes voilées. Elles baissent mon sarong pour bien masser le bas du ventre, elles remontent le sarong pour masser le haut des cuisses. Si mon membre s’excite et prend trop de place, en ricanant, elles le déplacent à gauche ou à droite du bout des doigts, pour avoir accès partout. En terminant elles enlèvent le surplus d’huile. Je me rhabille, avant de quitter, je paie un gros $10. Je suis tout plein d’énergie.

 

En Asie dans la plupart des aéroports, il y a des salons de massage Réflexologie, ça c’est seulement pour les pieds. Ça fait automatiquement partie du Full Body massage, mais partout pour $5 on peut se faire masser les pieds. Ce n’est pas un simple massage, on étire, tord, les orteils, et travaille chaque partie du pied, incluant la plante du pied, le dessous des pieds est sensible, surtout quand on se fait écraser, pétrir, avec les jointures de la masseuse ou physiothérapie, ça fait mal, pendant 30, 45 min ou plus, la torture. Mais dès que c’est terminé, on remet nos chaussure, on repart comme sur un nuage, on ne touche plus par terre, extraordinaire. Partout, il y a des chaises conçues pour donner des massages de réflexologie. Faut essayer ça, pas cher, et ça passe le temps d’attente à l’aéroport.  

 

Au Canada, ça fait longtemps que j’ai pas besoin de barbier, ou coiffeur pour homme. À Banda Aceh j‘allais régulièrement chez le barbier. Un coiffeur à Montréal ça coûte cher pour le peu de cheveux qui me reste. En Indonésie, Plus d’une heure pour laver le peu de cheveux sur ma tête, les couper au ciseau peigne, faire la barbe vieille méthode rasoir droit et mousse, masser la tête, les épaules et le haut du dos, ça vaut bien $2.


Lettre à la famille

 

Vous devriez avoir reçu la semaine dernière un mail « Bonjour tout le monde » sinon laissez-moi le savoir.

 

Cette semaine, j’ai vraiment décollé. J’ai fait autant dans les deux derniers jours que depuis mon arrivée, il y a deux semaines.  Je pense que c’est parti côté travail.

 

Côte sécurité, la raison pourquoi les conjoints ne sont pas permis par la Fédération International de la Croix-Rouge, c’est qu’il y a plus de 300 délègues comme moi ici.  Si tous les conjoints venaient ici, et qu’il y avait un désastre comme un autre tsunami, un gros tremblement de terre, ou la guerre civile, ça ferait trop de monde à faire évacuer. 

 

Hier je me suis fait masser par un aveugle comme je vous ai dit la dernière fois, et c’est la dernière fois, dans la cabine de massage, je me suis fait piquer abondamment par des moustiques, les mêmes draps sont utilisés pour chaque client, et c’est un massage qui fait plus mal que de bien, il m’enfonce ses pouces sous les pieds avec une force majeure, j’ai rien dis car je voulais voir jusqu'à quel point je pouvais tolérer.  Et ce matin j’ai mal à un bras et à une épaule certainement dû à ses manipulations du tonnerre.   Je pensais qu’il m’arracherait les bras et les doigts.  Histoire courte : finis les massages à $2.

 

Hier soir on était 5 pour souper et on n’a presque pas mangé.  Ce que la cuisinière a fait est dégueullasse ; on a presque tout jeté.  Moi, je veux la mettre à la porte.  Les autres veulent lui montrer et lui faire changer les menus.  Tout est frit, tout est épicé, un des plats personne sait ce que c’est, c’est la première fois qu’elle fait ça, je vous jure que si vous voyez ça par terre, vous aller  vous dire « quel chien a chié ici ».  Oui ça avait l’air d’un tas de marde de chien comme des bouts de saucisses enroulés en un tas.  Je me suis fait un sandwich au thon à la place. On va régler ce problème.  Mais il faut faire attention, ici tout le monde a perdu un membre de sa famille dans le tsunami, et ils nous en parlent de temps en temps, ils ont perdu leur conjoint, des enfants, des bébés, leurs parents et des fois la grande famille au complet, chaque salaire fait vivre beaucoup de monde.  Y en a qui avait de belles maisons et qui vivent maintenant dans des tentes, et qui n’ont pu rien sauver.  Même chose pour beaucoup de commerces qui ont été emportés complètement.

 

En fait Banda Aceh n’est pas un petit village comme je pensais, c’est une ville comme Sherbrooke ou Laval.  La vague du Tsunami au moment de son arrivée sur la plage était environ 25 mètres de haut, donc 80 pieds ou l’équivalent de 8 étages avec une force de millions de tonnes d’eau.  Et il y a eu 7 vagues successives, jusqu'à environ 1 kilomètre de la plage à l’intérieur, on dirait une bombe atomique.  Il ne reste que des fondations de maison, rien n’a pu résister, ce n’était pas des cabanes, mais des maisons en dur comme celle que j’habite (vous avez reçu les photos) et l’eau s’est rendu dans le centre-ville et a balayé les commerces, c’est ce qu’on a vu à la télévision.  Un de mon chauffeur a été emporté par la vague sur une distance de 1 ou 2 km et a survécu par miracle, sa maison partie comme une boite d’allumettes, ses frères et sœurs, tous morts.   Donc, il faut comprendre le contexte dans lequel on vit et s’ajuster en conséquence.  Sur la rue, il y a des mendiants, des enfants, des aveugles, des femmes avec des bébés dans les bras,  je garde toujours de la monnaie   Donc en allant à la plage on traverse cette zone complètement anéanti par le Tsunami, et on ne peut pas imaginer ce qui s’est vraiment passé, on peut seulement constater les dégâts et comprendre que encore aujourd’hui il y a des équipes de la Croix-rouge qui sortent des cadavres enterrés, en décomposition, pour les remettre aux familles pour qu’elles puissent faire leur deuil.  Environ 200,000 personnes ont été tuées dans cette ville Banda Aceh.  Il n’y a pas une personne ici qui n’a pas perdu quelqu’un, c’est très triste, et j’avoue que c’est même difficile d’écrire à propos de ça, quand on est ici.  Il y a des villages où on travaille, qui avait 13,000 de population par exemple, il en reste 2,500.

Banda Aceh est l’endroit le plus dévasté de tous, si il n’y a pas de photos ni de vidéos de cette vague de 8 étages, c’est parce que celui qui aurait pris ces photos est certainement mort.

Et cette vague avançait comme un train à haute vitesse en balayant absolument tout sur son chemin.  J’enverrai des photos des bateaux qui ont été déposé au centre-ville.

 

En plus du Tsunami le 25 décembre il y a eu un immense tremblement de terre en mars qui a détruit des édifices qui avaient été épargnés par le Tsunami.  En plus de tout ça, il y a un conflit armé et +- 150 ont été tués le mois dernier par balle.  A part ça, ça va.

 

Et il reste des expats parmi nous qui ne sont pas satisfaits de nos conditions… vous avez vu notre maison? 

André



 

Fête de fin du Ramadan, 5 Oct. 2006.

 

C’est très important pour la communauté musulmane de célébrer cette fête. Étant donné la situation extrême de pauvreté après le désastre du tsunami, sans parler du fait que presque toutes les familles ont perdu un ou plusieurs membres, des parents ou des enfants, il y a pas longtemps, tout le monde est dans la misère.  Une des travailleuses sociales canadiennes du projet organise pour la communauté musulmane, l’achat de nourriture pour organiser cette fête. Le seul problème est que je l’apprends dans une réunion seulement une semaine avant la date prévue. C’est trop tard pour annuler. Normalement ce n’est pas possible de se procurer des quantités importantes dans un si bref délai. Il y a des procédures à suivre, des formalités, c’est un achat important, environ US$90,000. Je ne suis pas content de ne pas avoir été consulté avant que cette décision soit prise.

 

Missions à Lamno et Chalang, Aceh Jaya

 

Missions à Lamno, Chalang, Nias, Aceh Bazar.  Besoin urgent d' acheter et livrer plusieurs Jeep Toyota, des camionnettes (pick-up), des cliniques mobiles, dans chaque base à l’extérieur de Banda Aceh. 

Aussi urgent des espaces bureau, souvent dans des roulottes ou des containers, et des résidences, habituellement louées à des propriétaires de chaque communauté. Je devrai visiter, évaluer avant tout, la condition du bâtiment principalement côté sécurité en cas de tremblement de terre.


 Personne ne s’attend à un confort comme au Canada. Pas de TV, souvent pas d’internet, câble, web, ni téléphone cellulaire à l’extérieur de Banda Aceh. On a des téléphones satellite (Satphone) et les radios dans les véhicules. 


Le voyage vers Lamno se passe très bien. On suit la route longeant la mer, il n’y a rien à voir sinon des champs inondés, des ponts effondrés, du sable à perte de vue et la mer maintenant calme. Quelques milliers de personnes sont mortes dans le tsunami le long de cette route. Un peu partout on peut voir les fondations, les planchers, parfois des murs encore debout, mais aucune vie. Le paysage reste quand même paisible et magnifique. De nombreux palmiers très haut, face à la vague qui faisait environ 3 étages de haut, ont vu leurs écorces proprement épluchées du bas jusqu’en haut. Sur place quelques jours à Lamno, j’ai cherché une maison à louer. Plusieurs autres ONG étaient arrivées avant nous et avaient commencé leur travail. On a trouvé, loué, et commencé à meubler une maison. Après quelques jours, retour vers Banda Aceh. Sur la route du retour, des grands bateaux échoués sur la plage, et près de Banda Aceh, une usine de ciment Lafarge très abimée aussi par les vagues du tsunami.

La mission à Chalang fait par hélicoptère nolisée par la Fédération. Un hélicoptère russe qui a fait la guerre en Afghanistan, un pilote russe qui a fait la guerre aussi. Une vingtaine de passagers tous humanitaires, content de vivre cette expérience. Il fait beau, on ouvre les hublots, de l’air frais de la mer, en bas, la plage. On met des cache-oreilles pour atténuer le bruit. Arrivé à Chalang, même routine qu’à Lamno. Cette fois je couche dans une tente sur le bord de la mer. Tous les habitants qui ont vu leur maison emportée par la vague, sont déménagés sur la colline derrière. C’est très calme, espérons qu’il n’y aura pas de tsunami durant la nuit. Après quelques jours, j’ai terminé mon travail, et visité le nouveau village sur la colline. Le village entier a été sauvé par un vieil homme  d’expérience, il savait que quand la mer se résorbe ou se retire très loin soudainement, cela signifie qu’elle va revenir avec une force et une hauteur qui anéantira tout sur son passage, c’est à dire, un tsunami. Il a alerté la population du village, toutes les familles, de monter tout de suite dans le haut de la colline. Ils ont vu la destruction de leurs maisons par le tsunami dans un bruit d’enfer. Après c’était le silence. Ils ont reconstruit en haut, et nous serons présents pour les aider à reconstruire. Mission accomplie, nous repartons par le même hélico russe, nous allons passer entre les parois de grands rochers, pas rassurant, nous sommes bien plus bas que le haut des rochers de chaque côté. Nous allons passer au-dessus de Lamno, qui est plus important que Chalang. Mais voilà qu’un nuage très dense s’est formé, et nous entrons dedans!  Est-ce que le commandant n’a pas bu trop d’alcool? Est-ce que cette vieille hélice,  vétéran de la guerre va tenir le coup? Nous sommes dans la tempête. Nous fermons les hublots, on y voie rien, c’est comme du lait dehors. Est-ce qu’il y a un radar dans cet appareil? On descend en altitude lentement. Le pilote dit qu’on est au milieu de Lamno. Soudainement on voie le sol, tout vert, on est presqu’atterri, c’est un terrain de football ou soccer. On touche le sol  en douceur. Des enfants qui jouaient dans ce parc viennent à notre rencontre. Une heure passe, la tempête est fini, décollage, et dans 30 minutes nous sommes à Banda Aceh exalté de notre expérience, en tout cas, moi!

 

Missions sur l’île  Palau Nias, en Sumatra du Nord

 

Première étape, un petit vol de Banda Aceh à Medan. C’est la capitale de la province d’Aceh. C’est aussi un point d’approvisionnement entre Banda et Jakarta. Le lendemain petit vol ver l’île de Nias. La nature est belle et la mer à coté aussi. On arrive à une base de la Croix-Rouge Internationale, qui nous procure un véhicule et un chauffeur pour nous rendre à Lahewa, village au nord de l’ile. Immédiatement je me mets à la recherche d’une maison à louée, raisonnablement meublée, équipée, pas trop endommagée par les tremblements de terre ni le tsunami. En fait, nous cherchons les meilleures maisons restées debout après le tsunami. J’inspecte (je fais semblant de connaître ça) je négocie et me promène de maison en maison qui nous sont proposées. Beaucoup de confusion, c’est la norme, peu de temps pour accomplir beaucoup.

Je visite 7 maisons, il se fait tard, je me rends dans la maison où nous coucherons tous cette nuit, le chauffeur, quelques assistants, et moi. C’est la maison et bureau d’Oxfam.

 

Il y a déjà une délégation dans le salons, ce sont en partie des notables de la place et propriétaires, qui espère que nous choisirons leur maison. On me donne en arrivant la seule chambre avec un vrai lit et un matelas, c’est grand comme une garde-robe, mettons deux. Pas le choix je dois rencontrer ces visiteurs qui nous accueillent, et discuter un peu, alors que j’ai bien hâte que cette journée se termine. On sort manger dans une espèce de resto qui ressemble à une cuisine de camping. J’ai bien mangé. Au retour les visiteurs sont toujours dans le salon. Soudainement il y a panne de courant, éclairage à la chandelle. Mon chauffeur me rappelle que je devrais aller prendre ma douche. En fait il me l’a rappelé au moins deux fois. Aussitôt que les visiteurs quittent, je me lance vers la chambre de bain douche. Plutôt rudimentaire, tout ce qu’il faut c’est de l’eau. Vite déshabillé, je saute dans le bain, en fait une immense cuve en céramique. Ce que j’aurais dû prévoir et comprendre, c’est qu’il n’y a plus d’eau! Les réservoirs sont remplis dans la journée par camion-citerne qui approvisionne les maisons en eau. Et maintenant il est vide. Je retourne dans ma chambre, en faisant attention de ne pas mettre les pieds sur le chauffeur et un assistant qui sont couchés par terre et sur un divan dans le passage, un des assistant est chanceux, il a un matelas gonflable, qui se dégonfle. 

 

Enfin dans ma chambre, assis sur le bord du petit lit simple, j’écris à Thérèse, des notes pour envoyer un courriel plus tard, et je planifie la journée du lendemain. Il y a une lampe sur pied à côté du lit. Il commence à pleuvoir fort. La terre tremble. Minuit et demi, je décide de me coucher, grosse journée demain.  Un peu plus tard, le lit se promène, tout bouge, la lampe à côté du lit tombe sur moi. Thump (bruit) sur l’oreiller juste à côté de ma face, c’est quoi ça? J’utilise ma lampe de poche. Mickey Mouse est tombé du plafond, debout sur deux pattes, sur l’oreiller, il me regarde en pleine face. Aucune idée de comment il tenait au plafond, dangereux de se promener au plafond quand y a un tremblement de terre. Elle est tombée juste près sur ma tête, et maintenant elle cour sur le lit, et saute par terre. J’essaie de l’assommer avec une serviette, mais elle court vite, sauve qui peut. J’ouvre la porte de la chambre, la pauvre souris échappera du méchant qui la poursuit. Elle sort de la chambre, peut-être voir mon chauffeur couché par terre. Maintenant, encore panne de courant.

Je me réveille encore, il tombe une grosse pluie à l’extérieur, toujours pas d’électricité. Puisque je suis réveillé, je vais en profiter pour finalement prendre une douche dehors sous la pluie, dans la cour, nue comme un vers, j’ai mon savon, une serviette, une pluie abondante, parfait. Je suis même accompagné par une autre souris, ou peut-être la même, et un crabe. Super nous serons tous propres. J’ai presque fini de me laver.

       

Clic.  L’électricité revient. Toutes les lumières allumées. Je suis toujours dehors sous la pluie, “Singing in the rain” Il est 2h30 du matin. Je décide de m’habillé, la pluie se termine. Je retourne à l’extérieur, il y a un bon fauteuil, sec, je m’installe confortablement pour continuer à écrire. En attendant de me rendormir, papier et crayon, j’écris ces mots à Thérèse jusqu’à 4h20 du matin. Je me recouche tout habillé avec mes souliers, prêt pour le prochain événement. J’ai de la difficulté à me rendormir, des porcs (cochons) se battent à l’extérieur. Ouf, j’en oublie la séquence des événements.

 

Sur la route de retour vers la base de la Fédération Int’l Croix-Rouge, on longe toujours la mer, magnifique, et voilà, la petite route est coupée par un torrent coulant dans la mer, trop de pluie dans un bref moment. On y va lentement, et on réussit à traverser de l’autre côté. À tous les jours, presque, pendant mes 30 années à travers le monde, je voie ou je vie quelque chose de nouveau, que j’avais jamais vu avant ou ailleurs.

 

C’est définitivement une des choses qui me passionnent, cette continuelle découverte et apprentissage. J’arrêterais bien pisser dans le buisson sur le bord de la route. Mais voilà, on arrive à côté d’un garçon qui sort du buisson. Il tire un serpent de plus d’un mètre du buisson, et essais de le tuer à coup de bâton. Il a peut-être voulu uriner sur le bord de la route aussi. Le serpent a exactement la même couleur que les broussailles où il se cachait. Je vais me retenir encore un peu, on arrive bientôt à la base.

 

 

Retour à Medan, puis un nouveau vol vers Jakarta pour prendre un autre vol vers Bali, pour enfin jouir de ce qu’on appelle un R/R ou Rest and Récupération dans le domaine.

Vol avec compagnie nationale Indonésienne, enfin un repos bien mérité, je pense.

On est toujours un peu nerveux quand on voyage avec une compagnie aérienne de pays du tiers-monde.

 

Je suis dans un avion de ligne aérienne Indonésienne. De bon vieux avions bien rodées. À mi-chemin du trajet vers Jakarta, la capitale, d’où je prendrai un autre vol vers l’Île de Bali. Une annonce du capitaine très calme, ça doit être la routine:

“Ladies and Gentleman, we are experiencing electrical problems in the cockpit”. We must land at the nearest airport”.

Restons calme. Je vérifie s’il y a de la fumée, du feu qui sort d’en quelque part, ou, des manœuvres qui ressembleraient à une perte de contrôle de l’avion. Ou l’équipage qui coure en panique ou apparaissent nerveux, non, rien de tout ça. On finit par atterrir dans une ville secondaire entre Medan et Jakarta. Des camions de pompiers sont alignés le long de la piste d’atterrissage. On touche à terre sans problème. On descend de l’avion, personne ne traine. Une heure et demie dans le terminal, assez relax, on voit l’avion avec les moteurs ouverts, Pourquoi? Il a bien dit un trouble technique dans la cabine. On voie des ouvriers jouer dans les moteurs, frapper à grand coup de marteau sur le moteur. Pas rassurant. Soudain, une annonce, tous les passagers sont priés de se présenter à la porte d’embarquement.

Enfin, on remonte à bord, décollage sans problème, arrivée à Jakarta intact avec un peu de retard. Pendant que j’attends mon vol pour Bali, j’en profité pour me faire donner un massage Réflexologie, c’est extraordinaire pour les pieds, et ça coûte presque rien. On est au paradis. Enfin j’arrive à Bali, à mon hôtel je décompresse. Dès le lendemain promenade en ville, c’est mon sixième séjour à Bali. Super pour magasiner des vêtements à bon marché. La bouffe partout délicieuse, originale, et tellement bien présentée. L’eau de la mer, le sable, chaud, la tranquillité. Pour me rendre au centre-ville je prends un taxi ou parfois un mototaxi.

Directement à mon salon de massage préféré. Ça coûte $10 pour 90 min. à Banda Aceh, Bali est une destination touristique, ce sera le double $20, tout est correct, propre, professionnel. Dans des salons plus luxueux, $30 pour 90 min. c’est le maximum que j’ai payé, pour une série de traitements de 5 heures, encore plus professionnel, une fois je trouvais qu’elle y allait vraiment fort dans mon dos, comme ça se fait au Japon, je crois, est-ce possible elle est debout sur mon dos? J’ai forcé pour tourner ma tête et vérifier. Elle masse avec son coude, et met du poids additionnel avec son autre main. Et j’ai vu avec le temps que c’est pratique courante ici, elles sont trop petites. Je n’ai pas dit ‘jeune’ mais simplement très petite. En sortant de là, comme d’habitude, je me sens très léger.

 À quelque pas de là, sur le trottoir, et débordant un peu dans la rue, il y a un hôtel comme dans les églises. C’est assez majestueux. Des douzaines de bouquets de fleurs de toutes variétés, des gros lampions, des rubans avec des inscriptions que je ne comprends pas. C’est que quelques jours auparavant, une bombe posée par des terroristes a explosé exactement à cet endroit, faisant plusieurs morts. Ça m’est arrivé de nombreuses fois, d’être présent le lendemain ou quelques jours après une catastrophe, dans plusieurs pays. 

À Ubud, le village reconnu comme la Mecque des artistes, un des plus beaux endroits de Bali, entouré par les montagnes.  Tout ce qu’on mange, dans une assiette, est garni de fleurs comestibles, d’essences et arômes incroyables, et ça coûte presque rien.  Il y a pleins de chants et danses traditionnelles, de temples à visiter, des parcs aussi. La journée qu’on est arrivé dans un des hôtels d’Ubud, Thérèse à dit “c’est le paradis” Une atmosphère de temple Bouddhiste, une quiétude, une simplicité, une beauté inspirante, habituellement entourée de culture de riz et de fleurs et d’eau, étangs, fontaine, une tranquillité qu’on oubliera jamais.


Sur la rue principale à Ubud, Package Massage 5 traitements $30. Ça dure 5 heures. Le repas du midi est inclus, totalement santé bio avec thé local. Toujours le lavage des pieds suivi de la réflexologie, ensuite tout le corps frotté avec un abrasif naturel, puis le massage traditionnel à l’huile, après viens le massage dans la douche au yogourt, après, l’enrobement de boue minéral santé, ou au chocolat, ça se termine toujours par un bain de roses, oui, un bain chaud remplie plein de pétales de roses fraichement cueillies qui flottent sur l’eau, l’équivalent de plusieurs douzaines de roses les plus belles. On se laisse aller, on pense à rien, divins moments. Combien ça couterais au Canada? 

 

Derniers six mois, la grande finale

 

Apon, le chef de la flotte, m’invite chez lui, il a rebâti la petite maison de la famille. Directement sur la plage, une petite mosquée tout près, que j’ai visité tout naturellement, en laissant mes sandales à la porte. Tous les voisins d’Apon ont subi le même sort. Il y a eu plusieurs vagues quand la mer est revenue avec vengeance après s’être retirée loin. Ces vagues qui fonçaient vers le rivage avaient jusqu’à 25 mètres (80 pieds) de hauteur équivalent un édifice de 8 étages. Rien ne résistait. Apon  dormait, Il était paisiblement couché dans la maison, puis, il s’est réveillé, à moitié endormi, en se demandant ce qui se passait, il était entre deux eaux, sous la surface de l’eau, conscient, mais ne comprenait pas ce qui lui arrive. Il atterri en haut de la colline un bon kilomètre plus loin. Le tsunami a détruit la moitié de la ville, les grosses maisons solides tombaient comme des boites d’allumettes. Des bateaux se déposaient sur les maisons dans la ville, la moitié de la ville disparait, beaucoup de morts, voilà ce que mon équipe me raconte. C’est très triste. Le père et la mère d’Apon ont aussi été emportés par la vague, ont été blessés et hospitalisés mais sont vivants ; son petit frère est mort. Il est enterré dans une petite parcelle, à quelques pas de chez lui, entre les voisins, avec d’autres victimes du voisinage.

 

Petites histoires Indonésie

 

Moto 3,4,5 personnes

Femme assise sur le côté, pas à cheval

Femme bébé dans les bras donnant biberon au bébé en roulant comme passager en moto.

Personne conduisant avec une main tenant un enfant dans l’autre bras, et la liste est longue de ce que je vois tous les jours.

 

Medan, 4 jours, voyez hôtel www.angkasa.com 5 étoiles, dans les centre d’achats je rencontre maximum 2 or 3 blancs occidentaux, des fois aucun, cette ville n’est pas touristique du tout, donc partout où je passe ça fait bizarre, beaucoup de pollution des voitures, à pied, je suis plus grand que tout le monde, ici pas de voix haute, tout en douceur, tout le monde super poli et accueillant, très chaud, j’ai essayé les taxi motos avec side-car, plusieurs fois, assez excitant, mais la pollution qu’on mange … pouah!

 

Vraiment dans les centres d’achat, très grands, il y a tellement à voir qu’il faudrait des yeux tout le tour de la tête. C’est plein de petites vendeuses, mignonnes qui m’interpellent « Mister, Allo, .. » la plupart parle pas Anglais, donc c’est juste drôle.  Quand je m’intéresse à ce qu’elles vendent, elles ricanent entre elles et quand je continue, elles continuent à ricaner d’avoir parlé à Michael Jackson ou à un martien je sais pas trop.  Les taxis moto side-cars coûtent $0.50 et les vrais taxis $1.50 le jour $2 le soir pour aller n’importe où en ville.

 

Y a des restaurant fast-food international, mais la majorité sont des restaurants asiatiques indonésien, japonais, chinois et pleins d’autres asiatiques. C’est certain que tous les plats sont beaux, colorés, bons mais des fois trop épicés pour moi et toujours à base de riz.  Donc j’essaie souvent, mais je profite de la bouffe internationale pendant que je suis ici, parce qu’à Banda Aceh,  je n’ai pas le choix. Et la bouffe est très bon marché, beaucoup de fruits de mer, partout des délicieux jus de melon au miel, ananas, banane, papaya, mangue, fruit de la passion, dans tous les restaurants.  Je prends rarement du coke ou du café.  À l’hôtel 5 étoiles avec piscine, spa et gym gratuit, massage a 135,000 Rupiah ça veut dire $13.50 environ.  Au centre d’achats et dans pleins de boutiques, les DVD des films les plus récents $1 chacun, n’importe quel logiciel sur CD $1. Tout est piraté.

 

Rats dans ma chambre à Banda Aceh, une nuit, j’avais laissé un paquet de biscuits ouvert mais bien enveloppé dans un sac en plastique sur mon bureau de chambre. Toute la nuit j’entendais ce sac bougé et c’était clair que c’était probablement une souris ou un rat, il a tiré le sac jusqu’au mur et a grugé un coin, quand je bougeais pour regarder du lit avec ma flash light, il disparaissait et arrêtait tout.  Le lendemain, j’ai placé des pièges et pris un rat dans ma chambre et deux dans le salon.

 

Photo cuisinière, voici la photo de la cuisinière que j’ai engagée dernièrement …

 

Travail : Ce sera le Ramadan dans 3 semaines, je dois acheter pour 7,000 familles, 2 kg de sucre, 3 kg de dattes, 2 bouteilles de sirop, de la farine et du café et principalement du bœuf soit dépecé, ou vache vivante à  partager entre plusieurs familles.  C’est important pour la fête du début du Ramadan, c’est comme Noël pour nous.  Je dois acheter aussi de la tôle et des clous pour donner à plusieurs pour refaire les toits endommagés avant la saison des pluies qui commence bientôt et des tentes pour remplacer les tentes qui ont été installées juste après le tsunami, elles sont à remplacer.

 

Quoi d’autre je fais ces jours-ci ?  Je prépare les bases de vie (bureau et résidences) dans les sites ou on va construire des milliers de maisons bientôt. Donc je trouve et loue des maisons et les meublent en organisant tout pour que ce soit fonctionnel, électricité eau chaude, toilette assise, sécurité gardiens, chauffeurs, téléphone, Internet par satellite, etc.

 

Je fais des interviews, j’ai pas encore trouvé toute mon équipe.  Je me prépare a acheter 11 Land Cruiser Toyota 4 roues motrices et 8 Ford Ranger pick-up 4 roues motrices avec pneus a boue.

 

Je devrai aussi équiper 3 clinique mobile, avec une civière, médicament, glacière à vaccins, une table des chaises pour un médecin, une infirmière, un auxiliaire pour remplir les documents, dans le but de faire des visite médicales dans les villages éloignes.

 

A part ça, c’est bien tranquille, rien à faire à part travailler.

 

Salutations à tous,

André

 

Un jour dans notre bureau du centre-ville à Banda Aceh, une centaine d’américains, canadiens, et indonésiens travaillaient fort, quand, vers la fin de la journée, une grosse explosion que j’ai crue tout près, et la terre a tremblé, donc toute la maison à bouger. J’ai pensé un moment, à un écrasement d’avion tout près. Tout le monde s’est levé, tous les indonésiens se sont précipités vers l’extérieur, ils et elles revivaient brusquement le souvenir du tsunami. Et là, on a tous compris que c’était une secousse sismique, et en moins d’une minute, nous étions tous à l’extérieur. Ça continuait de bouger, les véhicules stationnés à la porte, se balançaient gaiement. Aussitôt finie, nous sommes rentrés à l’intérieur. En fait, nous sommes tous habitués à ces événements, surtout la nuit, à la maison. Ma chambre est au 2e étage, loin de la porte. Quand il y a des aftershocks c’est surtout la nuit. Dès que le lit se met à bouger, tu t’habilles, prends ton cellphone, ton walkie-talkie, une lampe de poche, et tu coures vers la sortie. Si la maison s’écroule vaut mieux ne pas être dedans, sinon ça peut devenir ton cercueil. Les premiers 6 mois, c’était presqu’à tous les jours, après la fréquence a diminué.

 

La Fédération Internationale de la Croix-Rouge a fait construire dans la banlieue, une série de bâtiment pour regrouper les Croix-Rouges Nationales, Canadienne et de 50 autres pays. J’ai participé, mais ce n’est pas ma spécialité. Le tout à l’aide de containers maritimes assemblés comme un jeu de Lego, sur 3 étages, d’un design original et pratique.

 

Je travaille de façon très rapprochée avec la Fédération Int’l Croix-Rouge, ils me connaissent bien. Ils constatent bien que je suis en avance sur eux dans plusieurs volets, pourtant ils ont plus de moyens que nous, la Croix-Rouge Canadienne. Un jour le Rep. de IFRC, à demander à la Rep. du CRC, si on pouvait transférer André Robert  chez eux.  Elle a répondu “La seule personne que je ne céderais jamais, c’est bien lui.  Jean, la représentante de la Croix-Rouge, venue de l’Ouest Canadien a répondu “La seule personne, et le seul, que je ne vous céderai jamais c’est bien lui” et franchement je préférais aussi rester avec l’organisation Canadienne.

 Après mon premier six mois, un voyage au Canada pour un mois de vacance, ou un retour définitif, à mon choix. Ça fait longtemps que je parcours le monde, loin de ma famille. Pour rester, on m’accorde une importance augmentation, le genre d’offre qu’on ne peut pas refusée. Donc je reste un autre six mois. 


J’ai demandé de l’aide et le bureau de la Croix-Rouge Québec cherche toujours. Impossible de continuer ce travail seul, plus on avance dans notre mission à Banda Aceh, plus il a de Canadiens sur place (40) qui ont toutes sortes de besoins à tous les jours. 


Plus les budgets d’achats augmentent, plus mon équipe Logistiques augmente, 35 chauffeurs, des acheteurs, et autres. Je vais directement à un “burnout” si j’ai pas d’aide à mon retour de vacances.

Enfin à Montréal, une candidate postule pour le poste. On lui demande de me contacter à la maison. Le téléphone sonne. Incroyable qu’une seule personne soit intéressée d’aller vivre, aider la population, jouir d’un climat extraordinaire, un environnement sécuritaire, et être bien payée pour ça. Elle travaille présentement à Montréal dans une grande entreprise dans le département logistique. Elle a déjà vécu à l’étranger, en Afrique. Je pose des questions: où, quand, quoi, en Afrique. Son père était un commandant dans les forces armées françaises, elle était encore jeune enfant. Voilà qui sonne une cloche et me fait peur, un père commandant pendant que le pays était encore une colonie, mon imagination travaille à haute vitesse, qu’est-ce qu’elle a vécu et appris là-bas? De toute façon, c’est le seul candidat disponible. Je me dis même sans une expérience spécifique dans la logistique d’aide humanitaire d’urgence dans un pays qui vient de subir un désastre sans pareil, elle apprendra, tout s’apprend. J’accepte.

Je suis de retour en Indonésie, elle arrivera plus tard. Mon personnel est de plus en plus autonome, il gagne en expérience à tous les jours, on s’entend très bien, on est une équipe et une famille. Presque tous les employés locaux qui travaillent avec nous, ont perdu un ou plusieurs membres de leur famille dans le tsunami. Les ruines et mémoires sont partout autour de nous, impossible d’oublier. Malgré tout, plusieurs réussissent à refaire leur vie leurs vie, certain se sont mariés entre eux dans mon équipe. De temps en temps j’amène mon équipe au complet en fin de semaine souper dans un restaurant, avec leur conjoint(e) et enfants. Après une période difficile et surchargée, je suis à bout. Je visite le docteur à la Fédération, et il convient que j’ai besoin d’un congé de maladie. On m’offre une semaine à Bali, et j’en profite pour oublier mes soucis du travail, et visiter les coins de Bali que je n’avais pas encore visités. Regardez n’importe quel livre sur les beautés de cette île, et j’y étais. Des gens super accueillants.

 

 

Un jour je fais la connaissance d’un homme, qui m’offre un tour guidé de son coin de pays, assis derrière lui sur sa moto. Il m’amène où les touristes ne vont pas, des temples, des bains publiques, massages, resto de campagne, à travers les rizières, dans les coins les plus inattendus et intéressants. En terminant, il m’amène chez lui. Son épouse a une petite école privée, elle enseigne aux enfants l’Anglais. Tout ça à l’extérieur, sur des bancs, entourés de végétation paradisiaque. Les enfants en cœurs sont tellement fiers de me chanter quelques chansons en Anglais. Quel belle après-midi. Il me ramène à l’hôtel.

 

Bali Ubud les vraies vacances

 

Dimanche, après déjeuner et fait le tour des jardins du Suly Resort & Spa en prenant des photos, pour retourner la situation et commencer du bon pied, je me suis fait donner un massage d’une heure et demie (Traditional BALInese massage with sandalwood of olive oil, acupressure and stretching) très professionnel par masseuse de 19 ans, assez pour réveiller les morts, mais je me suis contrôle.  Ensuite je suis allé dîner dans le meilleur restaurant d’Ubud, le menu dégustation : un verre de vin blanc de Bali, une soupe spéciale légère, des chips Indonésienne au arachides, une entrée de pétoncles avec une sauce extraordinaire et des fèves vertes croustillantes, un sorbet a la mangue fraîche, un morceau de saumon sur pâtes aux épinards et une autre sauce dynamite accompagne de purée de pomme de terre, et termine le tout avec un morceau de tarte/gâteau au chocolat très spécial et un café Javanais.  Après j’ai marché pour visiter le centre d’Ubud et suis arrête dans un salon de coiffure me faire couper les cheveux, incluant lavage et massage habituel de la tête, les épaules et le haut du dos.  Je suis retourné à l’hôtel qui est un peu à l’extérieur et entoure de rizière.  J’ai fait un saut dans la piscine à la température de l’eau parfaite, après une sieste et souper léger dans la salle a mangé.

 

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.

 

Lundi déjeuner à l’hôtel, mais très bon ce matin.  Ensuite retour au centre d’Ubud pour magasiner au marché et dans les boutiques d’artisans et designers de Bali jusqu'à la fermeture des magasins a 6h00 et dépense maximum $100.  J’ai acheté a des endroits différents, deux magnifique kimonos, deux chemises tissées Ikat et fabriquées a la main ici chez Gego , une montre imitation Bulgari a $4., une bague pour moi très originale argent/caoutchouc/pierre garanti 10 ans fabriquée par un Hollandais installe à Bali voir www.yanvan.com , un hamac en matériel de parachute et un sac à dos léger.

Je me suis arrête dans l’après-midi pour un massage traditionnel de Bali d’une heure et demie, suivi d’un brossage au Lulur qui est une pâte d’herbe tumérique et de riz, ensuite un massage rafraîchissant au yogourt, pour finir dans un bain odoriférant rempli de pétales de fleurs, prix total $9.

 

Mardi 10h00 dans un autre spa package massage 5 heures incluant le lunch pour $30.

Débutant par un massage d’une heure et demie incluant réflexologie, acupressure et Lomi-lomi, je ne sais pas cette petite masseuse fait pour mettre autant de pression, mais elle utilise ses avant-bras et ses coudes, ensuite un body scrub ou brossage avec des épices, on dirait un sablage, c’est le dernier parce que j’aurai plus de peau, ensuite pour enlever l’exfoliant un massage a l’huile de Jasmine, et une douche.  On continue avec un enrobage de boue ou masque corporel de boue, enrobe comme une momie 20 ou 30 minutes, après quoi debout dans la douche elle m’enlève la boue.  Pour continuer elle arrive avec un plat de yaourt très froid qu’elle étend sur mon corps avant de l’enlever sous la douche, c’est une douche ouverte et elle est a l’extérieur de la douche.  Ensuite le bain de fleur est prêt, le dessus de l’eau du bain est complètement couvert de pétales de fleurs, c’est le trempage final durant lequel elle m’apporte une assiette de morceaux de fruits frais et un thé.  Pour terminer un traitement facial d’une heure, nettoyage et vapeur, suivie d’un masque au miel et un masque aux concombres frais, ça je l’ai trouvé un peu long et je devais avoir l’air assez concombre.  Fini par un lunch, après 5 heures de traitements ininterrompu.  J’ai annulé le pédicure et manicure.  Le seul hic, dès le début elle m’a donné une petite culotte à porter durant tous les traitements.

 

Dans la soirée un spectacle de danses de Bali, au moins 150 participants, beau costumes, danseurs dans le feu etc. et j’ai reçu plein de suie de ces garrochages de noix de coco en cendre, puis souper dans un resto, steak le premier depuis longtemps, pas disponible à Aceh.

 

Mercredi déménagement ver Nusa Dua sur le bord de mer à 2 heures d’ici.  Après visite dans les campagnes de Bali, arrivée au Melia Bali, un top 5 étoiles, quand on arrive la première fois, quelqu’un frappe un gros gong et on fait le saut.  C’est tellement grand que le premier jour j’ai appelé la réception à partir d’un téléphone maison pour savoir me diriger vers la réception, c’est un labyrinthe.  Beaucoup de sécurité, pas la plus belle plage que j’ai connue mais ok quand même, souper au bord de la plage après un massage comme d’habitude.

 

Jeudi, quelques heures sur la plage dans l’eau et vers 11 heures avant de brûler je prends un taxi pour me rendre au centre de Kuta.  Diner beaucoup moins cher qu’à l’hôtel, marche dans la ville pour digérer, un peu de magasinage, arrêt dans un café pour prendre un jus frais de fruits mixtes, jus a l’endroit où la bombe a sauté il y a un mois, directement en face du bureau touristique, la rue la plus populaire de Kuta, ils appelle ça Ground Zéro.  Devant la façade démolie du bureau du tourisme il y a toujours un grand hôtel de monter pour les offrandes et autres cérémonies pour les victimes.  La rue est fermée à la circulation véhicule.  Et la porte a cote, vraiment juste a cote, mon massage journalier, une heure et demie (de pétri, tordu, frappe, étire, écrasé, les os craquer toutes les jointures des orteils et des doigts jusqu’au crâne) huile et lave à répétition dans une atmosphère de fleurs et encens pour $10, vraiment ce qui vaux 10 fois plus au Canada.  Retour à l’hôtel.  Souper au restaurant Italien (il y a 6 ou 7 resto) Huile d’olive et vinaigre balsamique avec variété de pains, d’olives, de pesto etc. gracieuseté du restaurant, petite salade de crevette aussi gracieuseté, carpaccio de bœuf, puis spaghetti aux crevettes, arrose d’un bon vin rouge et point final avec un expresso, pas de place pour un dessert.

 

Vendredi, Samedi probablement la même routine.  Départ Dimanche.

André

 

De retour après 10 jours au moins, à Banda Aceh, ma nouvelle associée arrive. Je l’installe, l’informe de tout, et des procédures, des habitudes locales, de notre mission et le rôle de la logistique dans ce projet. Je lui confie graduellement une partie de mes responsabilités. Enfin je pourrai respirer.

Je constate rapidement qu’elle pense qu’elle est toujours en Afrique dans le temps des colonies et voudrait agir comme son commandant de père. Elle veut congédier tout le monde. En parlant de mon chef de flotte, elle me dit: “Lui je vais l’avoir, ce sont tous des voleurs…” Ça commence bien mal. Un matin, on charge un camion plein de choses pour apporter à un des nouveaux bureaux à l’extérieur de la ville. Je lui laisse le soin d’observer et diriger si nécessaire l’opération. Elle arrive dans mon bureau, y a un problème à compléter le chargement. Je vais voir ce qui ce passe. Elle me dit que le chauffeur refuse de charger, avec son équipe le camion, qu’il est conducteur et c’est pas son travail de charger la boite du camion. Sans rien dire, et en riant, je prends un des item parterre à côté du camion, et je le mets dans la boîte du camion. Immédiatement, le chauffeur et toute son équipe d’ouvriers, m’ont arrêté pour prendre la relève. Très rapidement le camion était chargé en entier, et prenait la route. Vous pouvez vous imaginer ce qu’elle a pu leur dire, comment elle leur a parlé, sur quel ton?

 

 

Dans la logistique, il y a plusieurs volets. Je voulais l’introduire graduellement à chaque fonction, et à connaître un à un tous les membres du personnel local qui font marcher depuis presqu’une année cette machine bien huilée, qu’est la logistique, avec un minimum de suivi de ma part. Nous servons les besoins de 40 Canadiens et 200 Indonésiens, tous importants à mes yeux, indépendamment de leur race, couleur, éducation, grade, etc. Chacun fait le maximum pour venir en aide aux plus démunis des sinistrés dans la région, où on continue de déterrer les 200,000 victimes du tsunami. Je n’ai pas besoin d’une nouvelle arrivée, qui va mettre un caillou dans l’engrenage.

 

 

En espérant le mieux, pour la suite des choses, je quitte pour le Canada quelques semaines.

 

À mon retour à Banda Aceh, en arrivant au bureau, mon équipe m’attendait pour me faire part de leur désarroi face à ce qu’ils ont vécu en mon absence. C’est la guerre. La représentante me proposa d’organiser une réunion d’arbitrage entre la nouvelle et moi. La nouvelle prétendait que je ne l’aidais pas et tout était de ma faute. À partir de ce moment, j’ai décidé que j’avais vécu une année extraordinairement enrichissante, avec beaucoup de satisfaction, et la représentante de la Croix-Rouge m’a exprimé toute sa reconnaissance. Je terminai dans les mois qui suivirent ma mission de d’aide humanitaire de 18 mois, pour retourner dans ma famille. Dans l’année suivante je suis retourné avec Thérèse pour lui montrer Bali, cet endroit divin, un beau mois, en passant par Singapore, Tokyo.

 

C’est en Indonésie, en parlant avec les autres Délégués Internationaux de la Croix-Rouge, que j’ai appris que la Croix-Rouge opérait aussi au Canada, au Québec, avec des bureaux un peu partout, incluant près de chez moi. Je suis alors devenu Bénévole et je participe depuis 15 années déjà. D’abords les événements comme les feux de maisons, de forêts, les inondations, et des sinistres comme le déraillement de train au Lac Mégantic, l’accueil des Haïtiens par avion après le tremblement de terre, ou des Syriens suites aux guerres au Moyen-Orient. C’est durant cette période qu’on m’a offert de participer à la reconstruction du pays en Haïti.

Chapitre 24             Haïti Tremblement de Terre

Une des opérations à laquelle j’ai participé avec la Croix-Rouge unité du Québec, fut l’arrivé à Dorval des ressortissants Haïtiens après le tremblement de terre en Haïti. Quelques milliers d’ Haïtiens Canadien évacuaient Haïti qui venait d’être dévasté. Pendant plusieurs jours des avions arrivaient de Port-au-Prince directement à l’aéroport de Montréal, 200 à 300 personnes par avion.

 

Comme je faisais déjà parti d’une équipe de bénévole dans les Basses-Laurentides, j’ai répondu à l’appel urgent pour participer à Dorval, à l’accueil des sinistrés arrivant d’Haïti. Une fois cette mission complétée, on m’a demandé si j’aimerais me joindre à l’équipe déjà en place à Port-au-Prince. Je suis parti avec un groupe de bénévoles qui avaient  peu ou aucune expérience d’une urgence en pays étranger. Il n’y a pas de guerre ici, mais il y a une dévastation épouvantable avec d’énorme dommage matériel et d’innombrables victimes, mortes ou blessées. Je leur ai données quelques conseils de sécurité à observer. À l’arrivée je ne connaissais pas quel sera mon rôle en Haïti.

 

La Croix-Rouge était déjà en place depuis quelques semaines. La base a été installée dans le site de construction d’un grand hôtel tout près de l’aéroport. La Croix-Rouge International était en charge, et le directeur pour cette opération était Canadien. Naturellement à cause de la langue parlée, la majorité des bénévoles étaient Québécois. Les chambres de l’hôtel en construction utilisée pour les bureaux de l’opération. Venue de l’aéroport en autobus, on m’accueille à la base, me désigne un endroit où je vais dormir, et où on sert les repas.

 

Ma chambre était dans une tente dortoir, divisée en sections ou chambres avec une porte qui ferme avec une fermeture éclair. Il y avait un petit lit de camp et juste un peu d’espace pour déposer mes valises. La cafétéria était aussi sous la tente,, absolument normal après un tel désastre, et la population dort dans la rue, leur maison détruite ou insécure, risquant de s’écrouler en cas d’une nouvelle secousse. Il y avait plusieurs rangées de ces dortoirs. Les douches aussi ouvertes et en commun pour les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Une très puissante génératrice alimentait les besoins en électricité de la base, qui devenait un village.

 

Dès le lendemain au réveil on m’assigne une mission et je quitterai le jour même ou le lendemain matin tôt. Je quitte avec tout mon matériel en jeep avec un chauffeur qui s’appelle Paul et restera avec moi partout. J’ai emmené de Montréal une petite tente, sac de couchage, couverture, moustiquaire, et tout le matériel pour vivre comme en camping. Je dois trouver une maison sécuritaire, assez grande pour coucher 3 à 5 personnes et servir de bureau. Elle doit avoir de l’eau, électricité, et autres services essentiels. Le loyer sera négocier selon l’ameublement fourni, frigo, climatisation, égout fonctionnel, sécurité, et ce que nous devrons investir nous-même pour rencontrer un minimum de confort, sécurité, espace, incluant espace de stationnement. Le principal critère est l’état de la structure, des craques dans les murs, plafonds etc.  Y a t’il un risque d’effondrement?

 

Après deux nuits dans l’hôtel “Croix-Rouge” de Port-au-Prince aux mini espace dans de grande tentes, toilettes portables, douches communes (je dis ça en riant, parce que vu l’urgence, ce sont des conditions normales et même géniales). Je suis prêt pour le lieu de mon assignation, à 4 heures de la capitale. Paul, mon chauffeur pour toute la durée de mon séjour en Haïti, m’attend dans le stationnement. Il me donne un tour de la ville que nous devons traverser de toute façon. Je passe à côté des sites que je voyais dans les nouvelles à la télévision à Montréal, avant mon départ. Il se raconte et j’apprends à le connaître tout au long du trajet. On passant devant le plus grand centre d’achat de la ville, 5 ou 6 étages, qui s’est écroulé lors de tremblement de terre, il me raconte comment il a cherché ses parents qui étaient à ce moment dans le centre d’achat. Avec plusieurs autres personnes qui faisaient comme lui, il déplaçait les briques, et tous les débris entassés sur les nombreuses victimes qui magasinaient ce jour-là. Il les a trouvés, après des heures de fouilles, son père décédé, sa mère vivante. Elle avait les jambes coupées et les deux bras cassés, mais vivante. Il les a conduits lui-même à l’hôpital. Il me raconte tout ça en conduisant. Moi, j’aurais pas pu conduire j’avais les larmes aux yeux, ou presque. La route plutôt étroite qui menait vers Léogâne, 40 km à l’ouest, était abimée par le tremblement de terre.

 

À plusieurs endroits, il y avait des craques importantes à travers la route goudronnée. Pas question de faire de la vitesse. Nous arrivons près de Léogâne, il y a un bon restaurant familial. Un petit terrain de camping, on aurait dit. Des tables à pique-nique, une cuisine à l’extérieur, tout à la bonne franquette. Pauvre, mais propre, excellente cuisine maison, j’y suis retourné régulièrement en passant par là. J’ai jamais su le nom de la dame propriétaire de l’endroit, toujours entourée de ses enfants. Mais le nom du resto était “La Belle Négresse”. Son établissement n’a pas été très endommagé par les secousses, parce qu’il était de construction simplement, en bois.

 

Continuons notre chemin vers plein centre de Léogane, là où je passerai un mois. Grande intersection principale, sur un coin, un terrain laissé vacant après la démolition totale de qu’il y avait avant le séisme. On a réservé des emplacements pour les tentes des diverses Croix-Rouge internationales qui ont choisi Léogane pour y concentrer leurs efforts de reconstruction. Pas que la reconstruction, mais le coté médical, approvisionnement en eau, électricité, latrines, et j’en passe. 90% des maisons ont été endommagées, 50% sont complètement effondrées, aussi pire qu’une zone de guerre. Je serai le seul représentant de la Croix-Rouge Canadienne dans cet emplacement. Autour de moi 7 ou 8 tentes de Croix-Rouge d’autres pays. Nous avons tous des objectifs ou volets d’intervention différents mais complémentaires.


Heureusement pour moi, un Canadien a déjà installé son petit campement, et je passe 3 ou 4 jours avec lui, après quoi il doit retourner au Canada. Je dois apprendre à me débrouiller rapidement, seul dans cet emplacement sans eau courante, sans électricité, sans resto, pas clôturé, sans sécurité, sans toilette communes et encore moins de douches, et il fait chaud. Deux des autres Croix-Rouges me permettre d’utiliser leur toilettes, avant la noirceur total je dois avoir manger avec Paul dans un resto de Léogâne, sinon, il m’apporte un poulet frites ou un sandwich d’une cuisine extérieur, avant de partir avec le véhicule dormir ailleurs, il n’y a pas encore de génératrice sur place, pas moyen de recharger mon cellulaire, ni mon ordinateur portable, pas plus le jour que la nuit.

C’est pas ce à quoi j’ai été habitué dans les autres missions avant. Imaginez dormir à l’extérieur coin Sainte-Catherine et Peel. J’avais au moins, coté nature, un majestueux papayer à coté de ma tente, je dirais 3 étages de haut, les branches se balancent au-dessus de ma tente. Les papayes mûres, grosses, lourdes, se détachent et tombent une à une. Une papaye a traversé le toit de ma tente. Voilà comment une bonne ch