C’est vers l’âge de huit ans que mes parents m’ont donnés le choix entre un sport et un instrument de musique.
Issu d’une famille modeste et dans le contexte de l’époque il n’y avait pas trop de choix de multi activités. Ma prime enfance ayant été bercée par les disques de musette mon univers musical s’arrêtait à donc à l’accordéon. De plus comme j’étais taillé comme une allumette entre sport et musique mon choix s’est porté naturellement sur la musique. Mais au final était ce vraiment un choix de ma part !?
J’ai donc eu droit à des cours avec une prof vraiment très gentille et compréhensive, car vu de ma petite personne de l’époque je ne me semblais pas très doué. Mais travailleur acharné je réussi malgré tout à décrocher quelques premiers prix avec coupe, distinction qui ne manquait pas de tirer quelques larmes à mes grands parents qui étaient vraiment fans d’accordéon et de leur petit fils par répercussion.
L’accordéon et donc le musette m’ont accompagné jusqu’à l’adolescence. Mais je dois bien avouer qu’à la récré quand on discutait avec les potes de musique, c’est à dire des Pink Floyd, de Led Zeppelin ou encore de groupes Français tel que Ange je me gardais bien de dire que les weekend je faisais danser la famille sur du musette…
Dès que j’ai pu mettre quatre sous de coté, je me suis acheté un clavier, un truc de base avec cinq ou six sons mais déjà ça me changeait de l’accordéon. Comme mon oncle jouait de l’harmonica, je me suis aussi acheté cet instrument magique qui loge dans la poche et qui permet de faire des choses musicalement très sympa. Une fois dans le monde du travail et donc à gagner quelques argents tous les mois je n’ai eu de cesse d’augmenter ma batterie d’instruments. Je ne pouvais pas me payer de « grosses » machines mais un Yamaha par ci, un Technics par là, petit à petit je composais mon home studio. Et puis un jour j’ai craqué pour un Atari, l’Apple du pauvre ! J’ai commencé à orchestrer mes compositions avec des séquenceurs tel Studio 24 et Cubase que j’avais réussi à me procurer craqué (oh, c’est pas bien !). Une boite d’effet, une table de mixage et quelques expandeurs plus loin je commençais à me faire plaisir. Et pour mixer et immortaliser le tout un multi pistes à K7. Je faisais quelques reprises mais mon véritable kiffe c’était la composition. A l’époque j’ai monté quelques spectacles pour la fête de la musique, pour des soirées à thème etc.
Marqué par la lecture du Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien je décidais d’en écrire la musique. De la musique pour un livre ; quelle drôle d’idée ! Les soirs en rentrant du boulot je composais morceau par morceau et au bout de deux années d’un travail « méthodique » j’avais de la matière pour faire un spectacle d’une petite heure. Je ne m’arrêtais pas à la musique, vidéo, pyrotechnie tout était bon pour rendre mon spectacle vivant. Au final je ne ferai qu’une et une seule représentation de ce « fabuleux spectacle ». La seconde représentation (qui aurait certainement fait décoller ma carrière ;-) qui devait avoir lieu dans une grande salle fut purement et simplement annulée suite à des problèmes d’organisations.
La trentaine avançait, le travail, les enfants (deux filles adorables) ont eut raison de cette passion car il faut bien dire que ce n’était pas la seule passion dévorante, mais ça c’est une autre histoire.
Pendant les trente années suivantes je n’ai cessé d’écouter toutes sortes de musiques allant du classique à la pop au rock et en fleurtant même avec le jazz.
Et nous voici en 2020, avec la retraite qui pointe le bout de son nez, je me disais que je me remettrai bien aux instruments. Le monde de la musique a tellement évolué en trente ans que je ne m’y reconnais plus. Mais la petite flamme de la passion ne demandait qu’à être attisée. En achetant mon iPad je découvrais Garage Band, ce truc aurait couté une blinde dans les année 80 et là c’est gratuit. C’est donc avec cet outil que je me suis remis à la composition. Et voilà j’avais remis le doigt dedans. Un clavier MIDI et Logic Pro plus tard… me voilà en plein dedans. Je compose je produis et je mets mes compositions gratuitement à disposition sur mon site Internet, sur SoundCloud ou encore BandCamp.
Je ne suis ni un grand musicien, ni un compositeur de génie mais si mes musiques peuvent ne serais ce faire plaisir qu’à une seul personne dans ce monde alors elles valaient le coup d’être composées.
Nous n’écoutons plus la musique comme avant, enfin je veux dire comme quand j’étais ado ! Aller chez le disquaire (le quoi ?!) poser quelques trente trois tours sur le comptoir et les écouter au casque avant de faire son choix d’achat tout ceci est bien loin. Maintenant on consomme la musique comme le reste, vite fait bien (ou mal) fait et on passe de morceaux en morceaux d’artiste à artiste sans jamais trop s’arrêter. Ce n’est ni mieux ni moins bien* qu’avant c’est juste différent. Le coté positif de cette avancée technologique en musique c’est que beaucoup plus de personnes (comme moi) peuvent publier leurs oeuvres et ça c’est cool. Pour moi la musique est une passion non un gagne pain (j’ai un métier qui me passionne aussi) voilà pourquoi je la distribue à titre gratuit sur différentes plateformes, alors profitez en, écoutez encore et toujours plus de musiques car nous sommes beaucoup à faire ça.
* La musique est une expression, un échange… mais au fil du temps c’est devenu un produit ! Dès que la musique est devenu un produit elle s’est de fait appauvrit. Le produit doit répondre à une demande, le morceau doit faire x minutes, commencer directement par le refrain, doit accrocher tout de suite… un produit qui doit correspondre à une norme, norme de temps, de style, de tonalité. Pour moi la musique reste donc une expression que je livre sans contrepartie.