Extrait du film "Mémoire d'un Commando d'Afrique été 44" produit par Philippe Natalini
sur une musique originale de Jean-Patrick André
🔹 LE COUDON – TERRE DE MÉMOIRE
Ici, la mémoire demeure.
Ce film n’est pas une illustration.
C’est une transmission.
21 août 1944
Après la conquête de la batterie de Mauvanne le 18 août 1944, le Groupe de Commandos d’Afrique reçoit une nouvelle mission décisive : enlever le fort du Coudon. Situé à 707 mètres d’altitude à l’est de Toulon, cet observatoire domine toute la vallée du Gapeau et constitue un verrou essentiel du dispositif allemand protégeant la ville.
Le 19 août 1944, le Groupe est mis à la disposition de la 9e DIC. Bouvet résume la mission en quatre points : percer le dispositif adverse, pénétrer avec tout le Groupe, enlever le fort, et agir très vite. Après une marche harassante par La Guiranne, le couvent Saint-Hubert et la plaine des Selves, les commandos atteignent le massif dans la nuit du 20 au 21 août.
L’assaut est lancé dans la matinée du 21 août. Le capitaine Ducournau attaque par l’ouest tandis que le 3e Commando déborde par le nord et l’est. Le premier assaut contre la porte principale échoue. Ducournau décide alors d’escalader la muraille nord, jugée imprenable car dominant une falaise. Pieds nus pour ne pas glisser, il se hisse au sommet suivi de quelques hommes. Les cordes sont mises en place et les commandos franchissent l’enceinte.
À l’intérieur, les défenseurs de la Kriegsmarine sont surpris. Le combat devient violent, pièce après pièce, jusque dans les galeries souterraines. En début d’après-midi, le fort est pratiquement conquis lorsque l’officier allemand tire une fusée rouge, déclenchant un tir d’obus fusants des batteries de Saint-Mandrier sur le fort lui-même. Sous la menace, les prisonniers allemands ayant été rassemblés dans la cour, il devra tirer une fusée blanche pour faire cesser le bombardement.
Vers 17 heures, le drapeau tricolore flotte sur le Coudon.
Les pertes françaises s’élèvent à douze tués :
– Lieutenant Bernard Girardon
– Sergent-chef Lucien Thévenot
– Sergent Paul Atlan
– Sergent Kaddour Ben Rahal
– Caporal-chef François Bellegarde
– Caporal-chef Jean Pangourelias
– Caporal Pierre Haurou
– Volontaire Lucien Benbaron
– Volontaire Ali Drif
– Volontaire Ben Kaddour Larbi
– Volontaire Édouard Rousset
– Volontaire Raoul Teton
De nombreux défenseurs allemands sont tués ou faits prisonniers.
La chute du Coudon porte un coup majeur au dispositif allemand de Toulon. Elle prive l’ennemi d’un observatoire capital et ouvre la voie aux combats urbains qui conduiront à la reddition de la place le 28 août 1944.
Par l’audace de son exécution et le sacrifice consenti, l’assaut du fort du Coudon demeure l’un des faits d’armes les plus marquants des Commandos d’Afrique lors de la libération de Toulon.
Le lieutenant-colonel Bouvet (de dos et assis), expose le plan d’attaque à ses officiers chargés de mener l’attaque contre le fort du Coudon. Face à lui, sur la droite, le commandant Marcel Rigaud officier adjoint d’état major. (Commandos d’Afrique. DR)
21 août 1944, dans la cour intérieure du fort du Coudon les cadavres des défenseurs de la Kriegsmarine tués lors de l’attaque gisent au sol.
Après la prise du fort du Coudon, un commando d’Afrique boit dans un quart allemand récupéré pour se désaltérer