C’est le général Patch, commandant en chef de la 7th US Army qui informe Bouvet de la mission prochaine dévolue à son Groupe de Commandos
Le 14 août 1944 au soir, les réseaux des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) reçoivent par la BBC plusieurs messages personnels annonçant l’imminence du débarquement en Provence.
Parmi eux figurent notamment :
« Nancy a le torticolis »
« Le chef est affamé »
Ces messages codés, convenus à l’avance avec la Résistance, déclenchent les actions de sabotage : destructions de voies ferrées, coupures de lignes téléphoniques, embuscades et harcèlement des forces allemandes.
L’opération Anvil-Dragoon mobilise :
environ 880 navires de guerre et plus de 1 300 bâtiments de transport et de débarquement,
près de 5 000 avions alliés,
plus de 450 000 hommes engagés à terme dans la campagne,
dont environ 250 000 soldats français au sein de l’Armée B (future 1re Armée française).
Les forces françaises comprennent des unités d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie), des troupes coloniales, des volontaires de la France Libre et des unités issues des FFI progressivement intégrées.
Le « D-Day » provençal :
Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, environ 9 000 parachutistes alliés sont largués dans le secteur du Muy afin de bloquer les renforts allemands.
À l’aube du 15 août, l’aviation et l’artillerie navale ouvrent le feu sur les défenses côtières avant les débarquements américains sur les plages Alpha, Delta et Camel.
Les Commandos d’Afrique :
Opération Dragoon – 14 au 20 août 1944
14 août – Embarquement
Le Groupe des Commandos d’Afrique, commandé par le lieutenant-colonel Georges Régis Bouvet, embarque à Propriano à bord des LSI :
Prince David,
Prince Albert,
Princess Beatrix.
Il constitue la Romeo Force, chargée d’ouvrir le débarquement sur le flanc gauche du dispositif allié.
Mission :
S’emparer du cap Nègre avant l’aube,
Neutraliser les batteries côtières,
Bloquer la RN 559,
Protéger le flanc gauche des forces américaines.
Nuit du 14 au 15 août – Assaut du cap Nègre
Vers 22h00, les commandos transbordent sur LCA et rubber boats.
Une dérive vers l’ouest provoque plusieurs mises à terre décalées :
Entre Aiguebelle et la Fossette,
Sur la face est du cap Nègre,
Sur la plage du Canadel (1h53).
Entre 0h45 et 2h00 :
Escalade des falaises du cap Nègre,
Destruction de pièces de 7,62 cm d’origine russe réemployées par la Wehrmacht,
Prise des casemates bétonnées de type Regelbau 612,
Neutralisation des galeries servant de poste de commandement allemand.
Au lever du jour, le cap Nègre est sous contrôle français.
15 août - Contre-attaque allemande
Dans la matinée, une contre-attaque allemande venant de Cavalière est repoussée avec l’appui du croiseur lourd américain USS Augusta.
Les hauteurs du mont Biscarre et le col du cap Nègre sont consolidés.
16 août – Progression vers l’ouest
Les commandos progressent vers :
La Fossette,
Le Lavandou,
Le cap Bénat.
Le capitaine Albert Thorel (2e Commando) est mortellement blessé lors de l’attaque d’une batterie à La Fossette.
Son ordonnance, Mohamed Ben Bark, est tué à ses côtés.
17 août – Libération du Lavandou
Les Commandos d’Afrique entrent au Lavandou.
Les derniers points d’appui allemands sont réduits ou se rendent.
Le PC du lieutenant-colonel Bouvet est établi au Pin de Bormes.
Progression vers :
Bormes-les-Mimosas,
18 août
Progression vers :
La Londe-les-Maures,
Le secteur côtier est entièrement sécurisé.
19–20 août
Le Groupe consolide ses positions et se prépare à la poursuite des opérations vers Toulon dans le cadre de l’offensive générale de la 1re Armée française.
Bilan (14–20 août 1944)
12 tués lors des opérations initiales,
37 blessés,
4 malades évacués,
Plusieurs centaines de prisonniers allemands (chiffres variables selon les sources),
Neutralisation complète du secteur cap Nègre – Lavandou – Bormes.
Extrait du film "Mémoire d'un Commando d'Afrique été 44" produit par Philippe Natalini
sur une musique originale de Jean-Patrick André
Dans la nuit,
les hommes progressent en silence.
Chaque pas est mesuré.
Chaque mouvement compte.
L’ennemi tient les hauteurs.
L’obscurité protège autant qu’elle expose.
L’assaut est bref, déterminé.
Au matin, la position est conquise.
Le jour se lève
sur une mission accomplie.