photographie : Phillipe Grangeaud
Les collaborations présentées ici sont des chemins partagés avec certains artistes. Elles se construisent dans le temps, s’interrompent parfois, reprennent, se transforment au gré de la vie.
J’ai choisi de mettre en lumière celles qui comptent le plus dans mon parcours, notamment avec les musiciens avec lesquels j’ai le plus joué. D’autres sont encore en train de naître.
Toutes restent ouvertes à de nouvelles présences, rencontres et directions.
Ma collaboration avec Urbuli Baba est plus récente. Depuis deux ans, nous travaillons ensemble de manière très intense, d’abord dans un rapport fortement marqué par le free jazz, puis en ouvrant progressivement notre jeu vers l’improvisation libre.
Notre duo s’est également nourri de nombreuses rencontres avec d’autres musiciens. En accueillant régulièrement d’autres présences, nous avons développé une pratique riche, mobile et ouverte, qui continue de transformer notre manière de jouer ensemble.
Mon travail avec Audrey Rocher s’inscrit dans un compagnonnage artistique de plus de vingt ans. Artistes pluridisciplinaires, nous avons traversé ensemble de nombreuses étapes, des épreuves et des transformations, en faisant dialoguer la musique, la voix, le texte, le corps et le mouvement. Ce compagnonnage constitue l’un des piliers de mon parcours, sans jamais se figer.
Être sauvage en est aujourd’hui une forme et un nouveau point de départ. Nous y explorons un champ volontairement vaste, à la recherche d’un état de jeu, d’émotion et de sensibilité capable d’ouvrir l’écoute et de placer le public dans une disponibilité particulière.
Il ne s’agit pas de reproduire une forme, mais de créer chaque fois un moment différent, un espace de réceptivité et de possibles.
Avec Jean Rougier, contrebassiste, nous partageons depuis quatre ans un chemin musical régulier, même s’il n’est pas toujours fréquent. En dehors de mon travail avec Audrey Rocher, il est l’un des musiciens avec lesquels je poursuis la collaboration la plus durable.
Nos rencontres ponctuelles nourrissent un travail au long cours, ouvert aux autres musiciens, aux formes changeantes et aux situations nouvelles. Entre contrebasse et saxophones, la musique circule librement, dans un dialogue attentif aux timbres, aux silences, aux tensions et aux surgissements.
Cette continuité permet de se retrouver autrement à chaque fois, avec une mémoire commune, mais sans routine. Chaque rencontre devient ainsi un espace d’écoute, de prise de risque et de renouvellement.
Une part essentielle de ma pratique d’improvisateur consiste à jouer avec des artistes que je ne connais pas encore, venus de la musique, de la danse, du corps, de la voix, de la vidéo, des arts graphiques ou d’autres disciplines.
Cette page rassemble des vidéos et des traces de rencontres, de sessions ou de tournées ponctuelles. Certaines de ces collaborations resteront peut-être éphémères, d’autres pourront se prolonger et se renforcer avec le temps.
Toutes sont importantes et fertiles, y compris lorsque la rencontre artistique est difficile ou semble ne pas fonctionner. Il faut alors chercher d’autres réponses, déplacer son jeu, reconsidérer son écoute. Ces situations peuvent parfois être plus fécondes encore que celles où l’entente paraît immédiate.
Cette idée, évoquée un jour par Didier Lasserre, me semble particulièrement juste.
Mon travail en solo est encore peu développé, mais j’aimerais lui donner davantage de place dans les années à venir. Je cherche à ne pas en faire une succession d’improvisations séparées ou « chapitrées », mais à préserver un même espace, traversé par différentes matières.
J’y travaille principalement avec le saxophone soprano, auquel peuvent s’ajouter des membranes tendues, des frottements et divers instruments qui viennent prolonger ou déplacer le son.
Si le solo figure parmi les collaborations, c’est qu’il représente pour moi une forme de relation avec mon propre miroir, mais surtout avec l’espace et le silence. Loin d’être un simple décor, l’espace devient alors un véritable partenaire de jeu.