être sauvage
Le sensible ne sera pas gouverné
Le sensible ne sera pas gouverné
Sauvage, ce n’est pas l’autre.
Ce n’est pas un signe extérieur, exotique, posé sur un monde qui ne nous concernerait pas.
Le sauvage est en nous.
Il est cette chose intérieure qui bouge, qui émeut, qui échappe.
Quelque chose que nous tentons d’approcher, de rencontrer, de faire vivre.
Peut-être est-ce une des dernières formes de liberté qui nous restent, dans des mondes qui se
disent civilisés, capitalisés, sécurisés, confortabilisés, et qui sont peut-être, eux, les véritables
mondes sauvages, au sens le plus violent du terme.
Cette façon d’être (poreuse, indisciplinée, imprévisible) fait de chaque instant un terrain de jeu,
transforme le réel en expérience, dérobe le quotidien à sa répétition pour en faire un événement.
Improviser devient dès lors une forme d’insurrection douce : une manière d’être au monde sans se
laisser organiser.
Une manière de dire, par la danse et par le son :
le sensible ne sera pas gouverné.
Chez Audrey et Roland, être sauvage, c’est maintenir la possibilité du trouble, de la dérive, du
geste qui court-circuite l’attendu.
C’est rappeler qu’un autre usage du corps, du souffle, de l’espace est toujours possible, pour peu
qu’on accepte de le laisser advenir.