Parmi les corps saints extraits des catacombes romaines au XVIIe siècle, retenons celui de saint Donat qui a eu une destinée particulière et qui est devenu protecteur dans des circonstances spéciales.
C’est en 1646 que, sur ordre du Pape Innocent X, le corps de saint Donat fut extrait de la Catacombe de Sainte Agnès, avec la fiole contenant un peu de son sang. La pierre qui fermait son sépulcre portait gravés un glaive, une palme et l’inscription « Sancti Donati Martyris ». Ce corps saint fut transporté dans l’église des Jésuites de Rome et offert en cadeau par le cardinal Ginetti au Père Balthasar Ballonus, pour le récompenser des services qu’il avait rendus en recherchant les reliques des martyrs dans les catacombes. Retrouvé à la mort de ce religieux dans son appartement, il fut réclamé par le Père Florent de Montmorency, vicaire général de la Compagnie de Jésus et provincial pour les Pays-Bas. Ce dernier l’offrit en 1649 au Collège des Jésuites de Bad-Münstereifel, près de Cologne, en Allemagne. Sa translation eut lieu le 30 juin 1652 et fut marquée par un terrible orage. Le Père Jésuite Heerde, qui célébrait la Messe à Euskirchen, le matin de ce jour, avant le départ de la procession, fut foudroyé à l’autel et devint la proie des flammes ; il implora alors l’aide de saint Donat et le malheur cessa miraculeusement. Le saint fut alors choisi comme protecteur particulier contre la foudre, l’orage, la tempête, la grêle, l’incendie et les autres intempéries de l’air.
Les reliques de saint Donat sont toujours conservées et vénérées dans l’ancienne église des Jésuites, à Bad-Münstereifel, mais son culte s’est répandu en Allemagne, dans le Grand Duché de Luxembourg et en Belgique. Enormément de chapelles et de niches lui sont dédiées dans les campagnes, tandis que sa statue et ses reliques furent installées dans beaucoup d’églises où des confréries en son honneur furent parfois érigées. On imprima des images avec des prières demandant sa protection contre les orages et des billets à son effigie furent distribués après avoir touché ses reliques.
Perwez
Plancenoit
Wavre