Relation d'intersubjectivité
Dans le texte "La psychologie culturelle de Jerome Bruner et son impact sur la pédagogie", Barth (2015) mentionne le concept d'intersubjectivité développé par Bruner. Elle explique qu'un contrat d'intersubjectivité devrait idéalement exister entre les élèves et l'enseignant et souligne que si l'enseignant peut avoir des attentes envers les élèves, ces derniers devraient également en avoir à son égard. J'ai été frappée par cette idée qui apporte un éclairage nouveau au ressenti que j'ai depuis un moment. Ayant travaillé dans une école durant trois années et ayant moi-même des enfants fréquantant des écoles depuis plus de 10 ans, j'observe que le niveau d'exigences est parfois très élevé envers les jeunes : collaborer en tout temps, être respectueux, lever la main pour parler, etc. Sans parler des interdictions d'aller aux toilettes, de mettre ses jambes dans l'allée, de s'accoter sur un mur, etc. En contrepartie, j'ai malheureusement observé à maintes reprises des enseignants.es manquer de respect à des élèves avec des paroles très blessantes, se parler d'un bout à l'autre du corridor alors que les élèves doivent observer le silence, offrir des cours très peu stimulants, etc.
Ainsi, dans un esprit de créer une relation de confiance, d'égalité et de collaboration mutuelle, je crois qu'il pourrait être intéressant d'établir un contrat en début d'année avec les élèves de chaque groupe. Ces derniers pourraient exposer les attentes qu'ils ont envers leur enseignant.e et ces attentes pourraient être discutées et sélectionnées avec l'enseignant.e, dont la position d'autorité doit tout de même demeurer.
Enfin, cette idée est pour moi en relation directe avec un débat qui n'est jamais complètement clos : est-ce que les enseignants.es québécois devraient faire partie d'un ordre qui réglementerait leurs actes professionnels ? Peu importe le mécanisme choisi (ordre professionnel, code d'éthique, etc.), une chose est certaine pour moi : la position d'autorité dans laquelle se trouvent les enseignants.es implique une grande part de responsabilité envers les élèves, qui méritent respect et services de qualité.
Développer la créativité des élèves
La créativité est une capacité très précieuse dans la vie de tout individu. Elle permet au quotidien de trouver des solutions à des problèmes de tout genre, la vie en société ne pouvant être réglée par une série de prescriptions que l'on pourrait suivre à la lettre en toute situation. De cette manière, la créativité est intrinsèquement reliée à l'esprit critique et à la résolution de problèmes, deux compétences transversales du Programme de formation de l'école québécoise parfois négligées puisqu'éclipsées par les compétences centrales de chacune des matières scolaires.
Selon Besançon et Lubart (2014), la créativité dépend des facteurs suivants :
Cognitifs : Connaissances, capacités intellectuelles.
Conatifs : Traits de personnalité, motivation.
Émotionnels : État d'esprit, état positif, stabilité émotionnelle.
Environnementaux : Familial, scolaire, culturel.
Afin de favoriser le développement de la créativité, Besançon et Lubart préconisent notamment de faire faire des exercices de pensée divergente-exploratoire en proposant des problèmes ouverts, des problèmes qui ont plusieurs solutions. On remarquera malheureusement que l'organisation scolaire favorise le plus souvent d'utiliser une seule solution, celle qui est prescrite par l'enseignant dans une situation donnée. En mathématiques par exemple, il est fréquent que les élèves perdent des points parce qu'ils ont adopté une autre démarche que celle qui était attendue. En intervenant ainsi, on risque donc de contrecarrer la créativité des enfants.
Les auteurs invitent également les enseignants à "sortir des sentiers battus" et à proposer des activités créatives et différentes aux jeunes, même à prendre des risque devant eux. Je crois qu'on ne le dira jamais assez, les enseignants sont des modèles pour les élèves. Les comportements sont le reflet des idées, des croyances, des valeurs et sont bien plus marquants pour les jeunes que les mots. Ainsi, il ne serait d'aucune utilité d'inviter les jeunes à être créatifs par des paroles ; ce sont les gestes de modelage, les gestes d'ouverture, les activités proposées qui pourront entaîner les jeunes à la créativité.
Besançon et Lubart (2014) "Favoriser la créativité des élèves par une approche multivariée"