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(1) Je continue mon abandon habituel dans la Volonté Suprême, et mon toujours aimable Jésus, en venant, me dit :
(2) « Ma fille, la lumière du soleil n’est pas également goûtée par tous, non à cause du soleil — car Mes œuvres contiennent le Bien universel et font du bien à tous sans aucune restriction — mais à cause des créatures.
Suppose qu’une personne reste dans sa chambre : celle-ci ne jouit pas de toute la vivacité de la lumière, et si elle jouit d’une lumière douce, elle ne jouit pas de sa chaleur.
Au contraire, une autre se tient à l’extérieur de l’habitation : celle-ci jouit de plus de lumière et ressent la chaleur du soleil ; la chaleur purifie et désinfecte l’air putride ; en jouissant de cet air purifié, elle se fortifie et ressent davantage de santé. Ainsi, la seconde jouit davantage des biens que le soleil apporte à la terre.
Mais avance : une troisième personne se place à l’endroit où les rayons solaires frappent la surface de la terre ; investie (enveloppée) par leurs rayons, elle se sent brûler par la chaleur du soleil ; la vivacité de la lumière est telle que, remplissant ses yeux, elle peut à peine regarder la terre ; on la voit, pour ainsi dire, comme transfigurée dans la lumière elle-même ; mais parce qu’elle pose encore les pieds sur la terre, elle ressent peu la terre et peu sa propre personne, tout en vivant entièrement pour le soleil. Tu vois quelle grande différence il y a entre la première, la deuxième et la troisième...
Mais va encore plus loin : une quatrième personne s’envole dans les rayons solaires et s’élève jusqu’au centre de sa sphère ; elle est brûlée par l’intensité de la chaleur que le soleil contient en son centre, et l’intensité de la lumière l’éclipse totalement, au point qu’elle reste perdue, consumée dans le soleil lui-même. Cette quatrième personne ne peut plus regarder la terre, ni penser à elle-même ; et si elle regarde, elle ne voit que la lumière et sent le feu. Ainsi, pour elle, tout est terminé : la lumière et la chaleur se sont substituées à sa vie 1. Quelle grande différence il y a entre la troisième et la quatrième !
Toute cette diversité ne vient pas du soleil, mais des créatures, selon la manière dont elles s’exposent à la lumière du soleil. Or, le soleil est l’image de Ma Volonté 2, qui, plus que le soleil, lance Ses rayons pour transformer, en lumière et en amour, tous ceux qui veulent vivre dans Son Royaume. L'image des quatre personnes représente les quatre degrés de la Vie dans Ma Volonté.
On peut dire que la première personne ne vit pas dans le Royaume de Ma Volonté, ne recevant que Sa lumière, qui se répand partout depuis Mon Royaume. Elle se tient en dehors de Ses frontières, et si elle jouit d’une faible lumière, c’est simplement que la lumière a pour propriété de se diffuser partout. La nature, les faiblesses et les passions de cette personne forment autour d'elle comme une demeure, qui produit un air infect et putride. En le respirant, elle vit de manière maladive et sans force pour accomplir le bien. Pourtant, elle reste résignée et supporte du mieux qu’elle le peut les épreuves de la vie, car la lumière de Ma Volonté, même douce, apporte toujours Son bien.
La seconde personne est l’image de celle qui a fait ses premiers pas dans les frontières du Royaume de Ma Volonté. Elle jouit de plus de lumière que la première, mais bénéficie également de chaleur. Ainsi, l’air qu’elle respire est pur et, en le respirant, elle sent ses passions mourir en elle. Elle est constante dans le bien et supporte les croix non seulement avec résignation, mais avec amour. Cependant, n’ayant fait que quelques pas à l’intérieur des limites de Ma Volonté, elle regarde encore la terre et ressent le poids de la nature humaine.
La troisième personne est l’image de celle qui s’est avancée plus profondément dans les frontières de ce Royaume. La lumière qu’elle reçoit est si intense qu’elle lui fait tout oublier : elle ne ressent plus rien d’elle-même ; le bien, les vertus et les croix deviennent pour elle une seconde nature 3. La lumière l’éclipse, la transforme, et ne lui laisse qu’à peine voir de loin ce qui ne lui appartient plus.
La quatrième personne est la plus heureuse : elle est l’image de celle qui non seulement vit dans Mon Royaume, mais qui L’a acquis pleinement. Elle est totalement consumée par le Soleil de Ma Volonté Suprême ; la lumière est si intense qu'elle l’éclipse et qu’elle devient elle-même — lumière et chaleur. Elle ne peut plus regarder autre chose que la lumière et le feu, et toutes les choses se transforment pour elle en lumière et en amour.
Il y aura donc divers degrés dans le Royaume de Ma Volonté, selon la mesure dans laquelle les créatures voudront accueillir Ses biens, mais les premiers degrés serviront de poussées et de chemins pour parvenir au dernier. Quant à toi, qui dois Le faire connaître, il est absolument nécessaire que tu vives dans le dernier degré.
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1 se sont substituées : ont pris la place, ont remplacé
2 le soleil est l’image de Ma Volonté : symbole, représentation imaginaire de la Volonté divine ; de même que le soleil diffuse lumière et chaleur sans discrimination, la Volonté de Dieu répand ses biens sur toutes les créatures ; les différences dans les effets ne proviennent pas de la source, mais de la disposition et de l’ouverture de ceux qui la reçoivent.
3 le bien, les vertus et les croix deviennent pour elle une seconde nature : comme si elle changeait de nature ; il y a une transformation intérieure ; les actions, vertus et épreuves ne sont plus simplement subies ou pratiquées de l’extérieur, elles deviennent naturelles à la personne ; autrement dit, le bien et les vertus ne sont plus un effort conscient, mais font partie intégrante de sa vie et de son être ; la personne est métamorphosée par la lumière de la Volonté, et tout ce qui est extérieur devient intégré à son être spirituel ; il s’agit d’une union totale avec la Volonté, où le bien, la vertu et même les épreuves font partie de la nouvelle disposition naturelle de la personne, comme si elle vivait spontanément dans la lumière et l’amour.
(1) Je faisais mes tournées habituelles dans le Royaume de la Volonté Suprême. Arrivée au point où la Divine Volonté avait agi dans l'Humanité de Notre-Seigneur, je contemplais Ses larmes, Ses soupirs, Ses gémissements, et tout ce qu’Il faisait, investi de la lumière de Sa Volonté. Ainsi, les rayons de cette lumière étaient perlés 2 des larmes de Jésus, remplis de Ses soupirs et investis de Ses gémissements douloureux et aimants.
Et puisque la Création est remplie et investie de la Volonté Suprême, Ses rayons de lumière, investissant toutes choses, perlaient toutes les créatures de Ses larmes, les enveloppaient de Ses soupirs et de Son amour, et toutes gémissaient avec Lui. Puis, sortant de mon intérieur et posant Sa tête sur mon front, mon doux Jésus me dit :
(2) « Ma fille, en péchant, le premier homme perdit une Volonté Divine ; c’est pourquoi il fallut que Mon Humanité, unie au Verbe Éternel, sacrifiât, en tout et pour tout, la volonté humaine de Mon Humanité, afin de reconquérir cette Volonté Divine et de la redonner à la créature. Ainsi, Mon Humanité ne donna pas même un souffle de vie à sa volonté humaine, mais la conserva seulement pour la sacrifier et pour payer la liberté que l’homme s’était arrogée en rejetant, avec tant d’ingratitude, cette Volonté Suprême. Et, en la perdant, tous Ses biens lui firent défaut : Son bonheur, Sa domination, Sa sainteté — tout lui échappa.
Si l’homme avait perdu une chose humaine donnée par Dieu, un ange ou un saint aurait pu la lui rendre ; mais puisqu’il perdit une Volonté Divine, il fallut un autre Homme, et Dieu, pour pouvoir La lui restituer.
Or, si J’étais venu sur la terre seulement pour racheter l'homme, une goutte de Mon Sang, une petite peine de Ma part aurait suffi pour le sauver ; mais comme Je vins non seulement pour le sauver, mais pour lui restituer Ma Volonté perdue, cette Divine Volonté voulut descendre dans toutes Mes peines, dans Mes larmes, dans Mes soupirs et Mes gémissements, dans tout ce que Je faisais et souffrais, afin de reconquérir de nouveau la domination sur tous et sur chaque acte humain, et ainsi pouvoir former de nouveau Son Royaume au milieu des créatures.
Ainsi, lorsque, petit enfant, Je pleurais, vagissais et gémissais, Ma Divine Volonté — plus qu’un rayon solaire — investissait toute la Création de Mes larmes, de Mes gémissements et de Mes soupirs. Et alors, tout naturellement — les étoiles, le soleil, le ciel bleu, la mer, la petite fleur — tous pleuraient, gémissaient, vagissaient et soupiraient, car la Divine Volonté présente en Moi, était la même que Celle qui régnait en eux. La lumière de Ma Volonté portait Mon écho dans toutes les choses créées, qui répétaient Mes actes et tenaient compagnie à leur Créateur.
Oh ! si tu connaissais l’assaut que recevait la Divine Majesté en entendant Mes pleurs, Mes gémissements et Mes soupirs à travers toute la Création ! Toutes les choses créées — animées par Ma Volonté et prosternées aux pieds du Trône Divin 3 — L’assourdissaient de leurs gémissements, L’attiraient par leurs larmes et L’émouvaient à la pitié par leurs soupirs et leurs prières. Ainsi, Mes peines, se répercutant dans toutes les choses créées, forçaient la Divine Majesté à céder les clés du Ciel et à implorer de nouveau la venue du Royaume de la Divine Volonté sur la terre 4.
Alors, Mon Père Céleste, ému de compassion et de tendresse par Sa propre Volonté qui pleurait, gémissait, priait et souffrait dans toutes Ses Œuvres, remit les clés de Son Royaume en les plaçant en sûreté dans Mon Humanité, afin qu’au moment opportun Je puisse redonner Son Royaume à la famille humaine.
Voilà pourquoi il était nécessaire que J’accomplisse des actions humaines et que Je descende dans l’ordre des actions humaines 5 : Ma Divine Volonté devait reprendre Sa souveraineté et rétablir l’ordre de Sa Volonté Divine dans tous les actes des créatures. Tu vois donc combien ce Royaume Me coûte, et par combien de peines Je L’ai racheté ! C’est pourquoi Je L’aime tant et veux, à tout prix, L’établir au milieu des créatures. »
(3) Et moi : " Mais dis-moi, mon Amour, si tout ce que Tu as fait était imprégné de l’unité de la lumière de la Volonté Suprême, et que cette Volonté, étant 'une', ne peut être ni séparée ni dissociée de Ses actes 6, alors la Création n’est plus seule : elle tient compagnie à Tes actes, à Ton amour et à Tes gémissements. Il n’y a donc pas ce silence de tombe dont Tu m’as parlé l’autre fois. " Et Jésus, toute bonté, répondit :
(4) « Ma fille, tu dois savoir que tant que Mon Humanité demeurait sur la terre, ainsi que la Souveraine Reine, il n’y eut ni solitude ni silence sépulcral dans la Création. Car, en vertu de la lumière de la Divine Volonté, partout où Elle se trouvait, Elle se répandait telle une lumière ; et, en se diffusant en tout, Elle se multipliait dans toutes les choses créées. Partout Mon acte se répétait, car une seule était la Volonté.
Tout cela est si vrai que la Création donna des signes sensibles à Ma naissance, et encore plus à Ma mort : le soleil s’obscurcit, les pierres se fendirent, la terre trembla, comme si tous pleuraient leur Créateur et leur Roi. Tous, ressentant l’amertume d’une si dure privation, manifestèrent des signes de douleur et de larmes, et retournèrent de nouveau au deuil de la solitude et du silence. Car, à mesure que Je quittais la terre, Celui qui émettait la voix dans la lumière de Ma Volonté — formant l’écho et rendant la Création parlante et agissante — n’était plus là. Il en advient comme pour ces instruments de métal qui, par un art ingénieux, renferment la voix de celui qui parle ou qui chante 7 : l’instrument parle, chante, pleure, rit, en vertu de l’écho de la voix qui s’y est exprimée. Mais si l’intelligence qui a produit le chant est retirée, l’instrument demeure muet.
Bien plus, Je ne suis pas venu sur la terre pour la Création, mais pour l’homme. C’est pourquoi, mieux qu’une nouvelle Création, J’ai laissé tout ce que J’ai fait — souffrances, prières, gémissements et soupirs — pour le bien des âmes. En effet, tout ce que J’ai accompli en vertu de Ma puissance créatrice demeure en acte pour sauver l’homme 8.
De plus, la Création a été créée pour l’homme, afin qu’il en soit le roi et qu’il règne sur toutes les choses créées. Mais, en se soustrayant à Ma Divine Volonté, l’homme perdit son règne 9, son pouvoir et sa capacité d’établir des lois dans le Royaume de la Création, comme il convient à un roi qui possède un royaume. Ayant perdu l’unité de la lumière de Ma Volonté, il ne sut plus gouverner, perdit sa force de domination, et ses lois devinrent sans valeur. Ainsi, la Création devint pour l'homme comme un peuple qui se rebelle contre son roi et fait de lui son objet de moqueries.
En revanche, la Création reconnut aussitôt Mon Humanité comme son Roi, car elle ressentait en Moi la force de l’union d’une seule Volonté. Mais lorsque Je quittai la terre, elle se retrouva de nouveau sans Roi, enfermée dans son silence, attendant encore celle qui, dans le Royaume de Ma Volonté, devait émettre sa voix afin qu’elle résonne, comme un écho, en toutes les choses créées.
Mais sais-tu qui est celle qui remettra toute la Création en fête 10, qui formera son écho et la rendra de nouveau parlante ? C’est toi, Ma fille, qui reprendras la domination et le gouvernement dans le Royaume de Ma Volonté. C’est pourquoi sois attentive, et que ton envol dans Ma Volonté soit continu. »
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1 investi : imprégné, enveloppé
2 étaient perlés : parsemés, ponctués...
3 Trône Divin : lieu de résidence de la Divine Majesté, où Dieu réside, gouverne et exerce Son autorité sur l'univers, un lieu de puissance infinie et de jugement divin, mais aussi de miséricorde et de grâce.
4 et imploraient de nouveau la venue du Royaume de la Divine Volonté sur la terre : les peines de Jésus, en se répercutant dans toutes les choses créées, incitent toutes les créatures et tous les éléments de la Création à implorer la venue du Royaume de la Divine Volonté sur la terre ; ainsi, l’action des peines de Jésus est un moteur mystique qui fait participer l’ensemble de la Création à l’intercession
5 que Je descende dans l’ordre des actions humaines : signifie que Jésus, bien qu’étant Dieu, s’est pleinement immergé dans la vie humaine, accomplissant tous les gestes, peines et actes ordinaires des hommes ; par ce moyen, Sa Divine Volonté pouvait s’étendre dans chaque acte humain, restaurer l’ordre et le règne de la Volonté Divine dans toutes les créatures.
6 ni dissociée de Ses actes : ni dissociée des actes qui émanent de la Volonté Suprême
7 instruments de métal : allusion à des dispositifs mécaniques capables de restituer une voix ou un chant (boîtes musicales parlantes, phonographes primitifs) ; l’image exprime la différence entre la voix vivante qui agit et l’instrument qui ne fait que la reproduire.
8 demeure en acte pour sauver l’homme : tout ce que Jésus a accompli en vertu de Sa puissance créatrice ne relève pas seulement d’un événement passé, mais possède une efficacité permanente ; Ses souffrances, prières, gémissements et soupirs demeurent vivants et opérants dans l’ordre divin, toujours présents devant Dieu et continuellement actifs pour le salut de l’homme
9 règne : régime, organisation politique, économique et sociale d'un Royaume
10 qui remettra toute la Création en fête : la fête symbolise la restauration de l’ordre, de la joie et de la communion entre Dieu, l’homme et toute la Création
(1) Je soupirais après mon doux Bien, la Vie de ma vie, et comme Il ne venait pas, je pensais en moi-même : " Comme Sa privation 1 est dure ! Ah ! Jésus ne m’aime plus, et non seulement les caresses, les baisers, ses grandes manifestations d’amour qu’Il me donnait auparavant avec tant d’abondance ont cessé, mais même Sa présence aimable et ravissante se fait toujours plus attendre. Ô Dieu, quelle peine ! quel martyre continuel… ! quelle vie sans vie, sans air, sans souffle… ! Mon Jésus, aie pitié de moi, de ta petite exilée. "
Mais tandis que je pensais cela et bien d’autres choses encore, mon toujours aimable Jésus est sorti du fond de mon intérieur et, posant ses bras sur ma poitrine 2, Il m’a dit :
(2) « Ma fille, tu te trompes en disant que Je ne t’aime plus comme auparavant ; tu dois savoir que les baisers, les caresses et les manifestations d’amour que Je te faisais étaient le débordement de Mon amour qui, ne pouvant être contenu en Moi 3, se manifestait à toi par tant de signes d’amour. Et comme, entre toi et Moi, il n’y avait pas encore un grand travail à accomplir, Je Me divertissais avec toi par tant de signes et de stratagèmes d’amour. Tout cela servait à te préparer 4 au grand travail qui devait se dérouler entre toi et Moi. Et quand on travaille, il n’y a pas de temps pour se divertir ; cependant l’amour ne cesse pas — il est multiplié au centuple, raffermi et scellé.
Maintenant, Ma fille, après t’avoir manifesté le débordement de Mon amour contenu en Moi, J’ai voulu te transmettre ce que Je portais en Moi 5 ; J’ai voulu te communiquer le grand secret du Royaume de Ma Volonté 6, en te donnant les biens qu’Il renferme. Et quand on communique des secrets importants — et celui-ci est le secret le plus important de toute l’histoire de la Création — on met de côté les divertissements, les baisers et les caresses, d’autant plus que l'œuvre du Règne de la Suprême Volonté est surabondante 7 et la plus grande qui puisse exister dans toute l’histoire du monde.
Ainsi, te manifester Mon secret dépasse tous les amours réunis, car, dans le secret il y a la participation de sa propre vie et de ses propres biens 9 ; dans le secret il y a la confiance, dans le secret il y a l’abandon. Et te semble-t-il peu que ton Jésus ait confiance en toi et que tu sois l’objet de Mon espérance ? Mais non d’une confiance et d’une espérance quelconques : la confiance de te confier le Royaume de Ma Volonté, et l’espérance que tu sauvegardes Ses droits et que tu Le fasses connaître. 8
Or, t’ayant confié le secret de Ma Volonté, qui est la partie essentielle de la Vie divine, Je ne saurais te donner quelque chose de plus grand que cela. Comment peux-tu donc dire que Je t’aime moins qu’avant ? Tu dois plutôt dire que c’est le grand travail requis de toi et de Moi dans le Royaume de Ma Volonté.
Tu dois savoir que Je suis toujours occupé et entièrement appliqué à travailler en toi : tantôt J’élargis ta capacité, tantôt Je t’enseigne ; souvent Je viens travailler avec toi, d’autres fois Je te supplée 9. En somme, Je suis toujours occupé, et cela montre que Je t’aime toujours davantage, mais d’un amour plus fort et plus substantiel.
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1 Sa privation : de l'italien la sua privazione ; il ne s’agit pas d’une absence affective ordinaire, mais de la privation de la Présence sensible de Jésus, fréquente dans l’expérience mystique de Luisa ; cette privation n’implique ni abandon ni diminution de l’amour divin, mais une modalité pédagogique de la vie intérieure
2 posant ses bras sur ma poitrine : de l'italien poggiando le sue braccia sul mio petto ; indique un geste symbolique d’intimité intérieure et de soutien, et non un contact corporel au sens matériel ; exprime la communication directe de Jésus depuis l’intérieur de l’âme et son action formatrice au plus profond de l’être
3 contenu en Moi : de l'italien dentro di Me ; l’amour de Jésus, abondant et manifeste, provient de sa source intérieure, inséparable de sa nature divine ; un amour si vaste et profond qu'il dépasse les limites de ce qui peut être exprimé extérieurement ; il est retenu, intériorisé, « contenu » en Dieu comme une réserve infinie qui ne peut être dissipée ou diminuée
4 servait à te préparer : de l'italien serviva a prepararti ; les manifestations d’amour de Jésus ont une dimension formative et pédagogique ; elles préparent l’âme à un travail spirituel plus profond, ici le Royaume de sa Volonté ; ainsi, les gestes sensibles de l’amour ne sont pas une fin en soi, mais un moyen pour conduire l’âme à la grande œuvre spirituelle
5 ce que Je portais en Moi : de l'italien ciò che contenevo dentro di Me ; tout ce que Jésus renferme en Lui-même spirituellement — Son amour, Sa Volonté et Ses biens divins
6 le grand secret du Royaume de Ma Volonté : Dieu souhaite maintenant communiquer un niveau d'amour et de connaissance plus profond à Sa " fille " en partageant le " grand secret " du Royaume de Sa Volonté ; c'est une progression dans la révélation de Son Amour
7 surabondante : de l'italien esuberante ; indique la richesse et la puissance exceptionnelle de l’œuvre du Royaume de la Suprême Volonté ; caractère intense, débordant et actif de cette œuvre, qui excède tout ce qui existe dans l’histoire de la Création ; cette abondance justifie que les divertissements, les baisers et les caresses soient momentanément mis de côté, afin que l’âme puisse recevoir pleinement le secret le plus important
8 reformulation du paragraphe à la première personne (pour clarifier)
Ainsi, te révéler Mon secret, à toi, âme, dépasse tous les gestes d’amour réunis — baisers, caresses, mots doux... —. Il implique que tu participes de ta propre vie et de tes biens, et que tu participes également aux biens contenus dans Ma Volonté. Dans ce secret, il te faut avoir confiance et t’abandonner totalement à Moi. Et Moi, ton Jésus, en te confiant le Royaume de Ma Volonté, Je place en toi Ma confiance et Mon espérance, espérant que tu respectes Ses droits et que tu Le fasses connaître. (Interprétation adaptée selon le texte de Pablo Martin)
9 Je te supplée : Je compense ce qui te manque, Je te remplace,
(1) Mes jours, mes heures sont toujours sous le cauchemar de très dures privations 1 de mon doux Jésus. Oh, comme il est douloureux de passer de la lumière aux ténèbres ! Alors qu’on croit devoir jouir de la lumière, elle disparaît comme un éclair, et l’on demeure dans une obscurité encore plus grande qu’auparavant. Or, tandis que je me trouvais sous le pressoir 2 de la privation de la lumière de mon doux Jésus, et me sentant à bout de forces, ma chère Vie, mon souverain Bien, s’est ému en moi ; et moi, Le sentant, je Lui ai dit : " Jésus, comment peux-Tu me laisser ! Sans Toi, je ne sais où je me trouve. " Et Lui, de toute sa bonté, m’a dit :
(2) « Ma fille, comment, tu ne sais pas où tu te trouves ? N’es-tu pas dans Ma Volonté ? La maison de Ma Volonté est grande ; si tu n’es pas à un étage, tu seras à un autre, car elle contient quatre étages 3.
Le premier est — le bas de la terre — c’est-à-dire : la mer, la terre, les plantes, les fleurs, les montagnes et tout le reste qui existe dans le bas de l’univers ; Ma Volonté y domine et règne partout ; Sa place est toujours celle de Reine, et tout tient dans Son poing.
Le second étage est — le soleil, les étoiles et les sphères.
Le troisième est — le ciel azuré.
Le quatrième est — Ma patrie et celle des saints.
Dans tous ces étages, Ma Volonté est Reine et occupe la première place d’honneur ; ainsi, peu importe le niveau où tu te trouves, sois certaine que tu es toujours dans Ma Volonté.
Si tu parcours la partie basse de l’univers, tu La trouveras qui t’attend dans la mer, afin que tu t’unisses à Elle pour faire ce qu’Elle fait, en déployant Son amour, Sa gloire et Sa puissance. Ma Volonté t’attend sur les montagnes, dans le creux des vallées et dans les prairies fleuries. Elle t’attend en toutes choses, afin que tu Lui tiennes compagnie et n’omettes rien, puisque tu dois être la répétitrice de Ses actes 4.
Et quand tu auras parcouru le premier étage, passe au deuxième : là, tu La trouveras qui t’attend avec majesté dans le soleil, afin que sa lumière et sa chaleur te transforment, te fassent perdre ton être 5, et que tu puisses aimer et glorifier comme une Volonté Divine sait aimer et glorifier.
Alors, parcours notre maison 6 et fais le tour des œuvres de ton Créateur. Partout Il t'attend pour que tu apprennes Ses voies 7 et répètes ce que fait la Volonté Divine dans toutes les choses créées. Ainsi, tu seras certaine de toujours te trouver dans la Volonté Suprême. Et non seulement cela : tu te trouveras toujours avec Moi. Même si tu ne Me vois pas, sache que Je suis inséparable de Ma Volonté et de Mes œuvres ; par conséquent, puisque tu demeures dans Ma Volonté, Je suis avec toi, et toi tu demeures en Moi. »
(3) Cela dit, Il disparut comme un éclair, et je demeurai dans l’obscurité plus qu’auparavant 8, continuant mes actes dans la Volonté Suprême. Or, tandis que je faisais cela, je Le priais de revenir auprès de Sa petite fille, en Lui disant :
" Mon Jésus, je Te prie en vertu de Ta propre Volonté ; et comme Elle s’étend à travers toute la Création, la remplissant entièrement, c’est Ta Volonté même qui Te prie dans le soleil de revenir vers Ta petite nouveau-née. Elle Te prie dans chaque étoile, et dans l’azur du ciel de Te hâter de venir à celle qui ne peut vivre sans Toi. Et c’est encore Elle qui Te supplie dans la mer, dans le rugissement de ses vagues et dans son doux murmure, de revenir bientôt vers Ta petite exilée.
Mon Amour, n’entends‑Tu pas ma voix — dans Ta Volonté — qui résonne dans toutes les choses créées, et toute la Création qui prie, supplie, soupire et pleure pour que Tu reviennes vers la petite de Ta Volonté ?
Comment tant de voix ne Te touchent‑elles pas ? Tant de soupirs ne Te poussent‑ils pas, ne Te mettent‑ils pas en vol ? Ne sais‑Tu pas, ô Jésus, que c’est Ta Volonté qui Te prie, et que si Tu ne L’écoutes pas, Elle en est accablée ? Et je crois que Tu ne peux pas ne pas L’écouter. "
Mais tandis que je disais cela et bien d’autres choses encore, mon doux Jésus se mit en mouvement en moi, me transformant tout entière en Lui et me faisant participer à Ses amertumes, qui étaient déjà trop nombreuses. Ô Dieu, combien de choses tristes Il me montra, et Son Cœur en était transpercé ! Puis, comme s’Il voulait Se soulager 9, Il se montra avec Son habituelle plume de lumière à la main 10 et me dit : »
(4) « Ma fille, laisse tout cela de côté 11 et parlons du Royaume de la Volonté Suprême qui m’intéresse tant. Ne vois-tu pas comment Je suis toujours en train d’écrire, au plus profond de ton âme, Ses mérites, Ses lois célestes, Sa puissance, Ses prodiges divins, Sa beauté enchanteresse, Ses joies infinies, ainsi que l’ordre et l’harmonie parfaite qui règnent dans ce Royaume du Divin 'FIAT'. Pour cela, Je fais d’abord les préparatifs : Je forme en toi toutes les propriétés de Ma Volonté 12, puis Je te parle, afin que, les ressentant en toi, tu puisses en être la porte-parole, Son héraut, Son télégraphe et la trompette 13 qui, par un son retentissant, attire l’attention des passants pour qu’ils écoutent.
Les enseignements que Je te donne sur le Royaume de Ma Volonté sont comme de nombreux fils électriques. Lorsque les préparatifs nécessaires — les bonnes connexions — sont accomplis, un seul fil suffit pour éclairer des villes et des provinces entières. La force de l’électricité, plus rapide que le vent, apporte alors la lumière aux lieux publics et privés. Les enseignements sur Ma Volonté sont les fils, et la force de l'électricité est le 'FIAT' lui-même ! Avec une rapidité enchanteresse, Il — le 'FIAT' — forme la lumière qui chasse la nuit de la volonté humaine et les ténèbres des passions. Oh ! comme sera belle La lumière de Ma Volonté !
En La voyant, des dispositifs seront placés dans les âmes 14 pour y attacher les fils de Mes enseignements, afin qu’elles puissent en jouir et recevoir la force de la lumière contenue dans l’électricité de Ma Volonté Suprême. Veux-tu voir comment cela se produira ?
Regarde : Je prends un fil de Mes enseignements, lié à ton âme, et toi, parle à l’intérieur du fil.
Dis : 'je T’aime', 'je T’adore', 'je Te bénis', ou tout ce que tu voudras dire ; puis sois attentive et observe. »
(5) J'ai dit : 'je T’aime', et ce 'je T’aime' se transforma en caractères de lumière. La force électrique de la Volonté suprême le multipliait de telle manière que ce 'je T’aime' lumineux parcourait toute la voûte des cieux, se fixait dans le soleil et dans chaque étoile, pénétrait dans les Cieux, se posait sur chaque Bienheureux, formait sa couronne de lumière au pied du Trône divin et entrait même dans le sein de la Majesté suprême. En somme, partout où se trouvait la Volonté divine, ce 'je T’aime' formait sa lumière électrique. Et Jésus, reprenant la parole, ajouta :
(6) « Ma fille, as-tu vu la puissance de l’Électricité du 'FIAT' Suprême et comment Elle se répand partout ? L’électricité de la terre se diffuse tout au plus dans les régions basses : elle n’a pas la force d’atteindre les étoiles. Mais la force de Mon électricité se diffuse en bas, en haut, dans les cœurs, partout. Et lorsque les fils seront disposés dans les âmes 15, avec quelle rapidité enchanteresse l’Électricité de Mon 'FIAT' Suprême se frayera un chemin parmi les créatures ! »
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1 la privation : l'absence
2 le pressoir : de l'italien torchio ; désigne l’instrument qui broie le raisin afin d’en extraire le jus ; dans l’Écriture et la tradition mystique chrétienne (cf. Is 63,3 ; Ap 14,19), le pressoir symbolise la Passion du Christ et l’épreuve spirituelle où l’âme — pressée — laisse jaillir l’offrande, l’amour et la grâce ; chez Luisa, cette image exprime l’intensité de la privation de Jésus, vécue non comme une simple pression morale, mais comme un écrasement intérieur transformant
3 quatre étages : de l'italien quattro piani
traduction littérale : étages dans le sens de 'maison à étages' ; convient parfaitement à Luisa, car elle décrit la maison de la Volonté comme un lieu réel et structuré
traduction plus abstraite / spirituelle : quatre niveaux, quatre plans ; convient si on insiste sur les plans d’existence ou les degrés spirituels ; un peu plus théorique ou conceptuel
4 tu dois être la répétitrice de Ses actes : en présence de la Volonté Divine, l'âme doit reproduire, imiter et accompagner tous les actes de la Volonté ; il ne s’agit pas d’une simple imitation mécanique, mais d’une participation active et consciente, afin de les vivre intérieurement et d’en prolonger les effets dans la Création ; l’âme devient ainsi co‑opératrice de la Volonté Divine
5 afin que sa lumière et sa chaleur te transforment, te fassent perdre ton être : la lumière et la chaleur du Soleil représentent symboliquement la Volonté Divine qui attend la personne pour la transformer ; l'amour et la puissance divine dissipent l'ego et l'individualité humaine ; dans ce contexte, la 'perte de l'être' signifie une immersion totale dans la Volonté Divine, où le moi personnel s'efface pour fusionner avec un amour et une gloire divines
6 notre maison : de l’italien casa nostra ; il s’agit du lieu symbolique où la Volonté Divine et l’âme se rencontrent et agissent ensemble ; donc, on pourrait traduire aussi par 'notre maison commune' pour insister sur le caractère partagé et universel de la Création, mais la traduction littérale conserve la simplicité et le style mystique du texte original
7 Ses voies : de l’italien i Suoi modi ; désigne la manière d’agir de la Volonté Divine, les principes et méthodes par lesquels Dieu opère dans la Création ; apprendre Ses voies signifie que l’âme acquiert la connaissance et l’expérience des actes de la Volonté Divine, pour les répéter et s’unir activement à Elle
8 et je demeurai dans l’obscurité plus qu’auparavant : de l’italien più all’oscuro di prima ; l’obscurité symbolise l’absence sensible de la présence de Jésus et un état intérieur de privation spirituelle — plus qu’auparavant.
🟢 l’absence sensible de la présence de Jésus : Luisa parle souvent de sentir ou percevoir concrètement la présence de Jésus : chaleur, lumière intérieure, consolation, vision intérieure ; même si elle est toujours unie à Dieu, il peut y avoir un manque de perception sensible ; c’est donc une expérience vécue : elle ressent l’absence
🟢 un état intérieur de privation spirituelle : sens plus large ; il englobe la dimension intérieure de l’âme, le sentiment d’abandon ou de séparation dans la volonté de Dieu ; même si l’âme sait intellectuellement que Jésus est toujours présent, il peut y avoir une souffrance ou un effort pour rester fidèle ; c’est donc une épreuve spirituelle que traverse l’âme.
🟢 plus qu’auparavant : montre une évolution ; souligne l’intensification de l’épreuve, montrant que la privation spirituelle s’accentue malgré ses efforts pour rester fidèle
9 ... Se soulager : de l’italien sollevarsi ; dans ce contexte mystique, sens de se délester de l’amer, alléger un poids intérieur ; par un mouvement intérieur, Jésus partage ses amertumes avec l’âme pour l'inclure dans son expérience et la faire participer à Sa Volonté ; il ne s’agit pas d’un réconfort qu'Il cherche pour Lui-même
10 ... plume de lumière : de l’italien penna di luce ; plume de lumière ; la 'plume' rappelle les anciens instruments d’écriture (plume d’oie), ce qui convient au style mystique et symbolique ; renforce l’idée que Jésus 'écrit' spirituellement dans l’âme de Luisa.
11 ... laisse tout cela de côté : expression qui renvoie à ce qui vient d’être évoqué — les souffrances de l’âme dues à la privation sensible de Jésus, ses amertumes et ses plaintes, ainsi que les choses tristes qui transpercent le Cœur de Jésus ; Jésus invite l’âme à s’en détacher momentanément pour porter l’attention sur le Royaume de la Volonté Divine.
12 ... toutes les propriétés de Ma Volonté : désigne les qualités, vertus et façons d’agir propres à la Volonté Divine : Sa puissance, Son ordre, Sa perfection, Sa lumière, Sa justice et Son amour infini ; formées en l’âme, ces propriétés lui permettent de sentir, reproduire et vivre intérieurement les actes de la Volonté Suprême, devenant ainsi co‑opératrice et messagère de Ses actions dans la Création ; ayant intégré les propriétés de la Volonté divine grâce à Jésus, Luisa devient capable de capter l'attention des autres et de les inspirer
13 ... porte-parole, héraut, télégraphe et trompette : ces quatre images représentent la manière dont l’âme, formée par la Volonté Divine, transmet Ses actes et Sa gloire aux créatures
🔵 Porte-parole : l’âme exprime fidèlement et consciemment la Volonté Divine ; elle reproduit et proclame Ses actes, Sa gloire et Ses intentions comme un canal vivant et actif, fidèle à ce qu’elle reçoit au plus profond d’elle-même
🔵 Héraut : l’âme agit comme un messager officiel, un crieur, proclamant solennellement et publiquement ce qu’elle reçoit de Dieu ; souligne la solennité et l’autorité du message
🔵 Télégraphe : l’âme transmet rapidement et avec précision, permettant à la lumière et à l’influence de la Volonté Divine de se répandre partout dans le cœur et la vie des créatures, même à distance.
🔵 Trompette : l’âme devient le cri retentissant qui attire l’attention ; elle réveille, éveille et appelle à l’écoute, à la réponse et à la participation dans la Volonté Divine
Ensemble, ces images montrent que l’âme ne se contente pas de contempler la Volonté Divine : elle devient co‑opératrice, active, consciente et fidèle, transmettant Sa présence, Ses actions et Son influence dans toute la Création.
14 ... des dispositifs seront placés dans les âmes : points d’ancrage ou 'connexions spirituelles' permettant à l’âme de recevoir pleinement la lumière, la force et les fruits de la Volonté Suprême via les fils des enseignements divins.
15 ... lorsque les fils seront disposés dans les âmes : il s’agit des fils des enseignements de la Volonté Divine, placés dans les âmes comme points d’ancrage ou connexions spirituelles, permettant à chaque âme de recevoir pleinement la lumière, la force et les fruits de la Volonté Suprême.
(1) Me trouvant dans mon état habituel, je me sentais toute abandonnée dans les bras de Jésus, et Lui, se mouvant en moi, m’a dit :
(2) « Ma fille, plus l’âme est identifiée à Moi, plus Je peux lui donner et plus elle peut recevoir de Moi. Il en est comme de la mer et d’un petit ruisseau, séparés l'un de l'autre par une seule paroi, au point que, si l’on enlevait cette paroi, la mer et le ruisseau ne formeraient plus qu’une seule mer. Or, si la mer déborde, le petit ruisseau, étant proche, il reçoit l’eau de la mer ; si les vagues tumultueuses s’élèvent, en retombant elles se déversent dans le ruisseau voisin ; et l’eau de la mer s’infiltre à travers les fissures de la paroi, de sorte que le petit ruisseau reçoit toujours de la mer. Et comme le ruisseau est petit, il se gonfle sans cesse et rend à la mer l’eau reçue pour la recevoir de nouveau. Mais cela arrive parce que le ruisseau est proche de la mer ; s’il en était éloigné, ni la mer ne pourrait donner, ni lui recevoir, et l’éloignement le mettrait même dans l’impossibilité de connaître la mer. »
(3) Et tandis qu’Il disait cela, Il faisait voir concrètement à mon esprit la mer et le ruisseau, puis Il reprit :
(4) « Ma fille, la mer est Dieu, le petit ruisseau est l’âme, la paroi qui les sépare est la nature humaine, qui distingue Dieu de la créature ; les débordements et les vagues qui s’élèvent continuellement pour se déverser dans le ruisseau sont Ma Divine Volonté, qui veut tant donner à la créature, afin que le petit ruisseau, en se remplissant et en se gonflant, déborde, forme ses vagues gonflées par le vent de la Volonté suprême, et se déverse dans la mer divine pour se remplir de nouveau, de sorte qu’il puisse dire :
"Je fais la vie de la mer, et bien que je sois petit, moi aussi je fais ce qu’elle fait : je déborde, je forme mes vagues, je m’élève et je cherche à donner à la mer ce qu’elle me donne."
Ainsi, l’âme qui est identifiée à Moi et se laisse dominer par Ma Volonté est la répétitrice des actes divins ; son amour, ses adorations, ses prières et tout ce qu’elle fait sont l’effusion de Dieu qu’elle reçoit. Elle peut dire :
"C’est Ton amour qui T’aime, Tes adorations qui T’adorent, Tes prières qui Te prient ; c’est Ta Volonté qui, m’investissant, me fait faire ce que Tu fais, pour Te les rendre comme des choses qui sont à Toi." »
(5) Jésus se tut, puis, comme saisi par un irrésistible élan d’amour, Il ajouta :
(6) « Ô puissance de Ma Volonté, que tu es grande ! Toi seule unis l’Être le plus grand, le plus élevé, avec l’être le plus petit, le plus humble, pour n’en former qu’un seul. Toi seule as la vertu de vider la créature de tout ce qui ne T’appartient pas, afin de former en elle, par Tes reflets, ce Soleil éternel dont les rayons remplissent le Ciel et la terre et vont se confondre avec le Soleil de la suprême Majesté. Toi seule as cette vertu de communiquer la force suprême, afin que, par Ta force, la créature puisse s’élever à cet acte unique du Dieu Créateur.
Ah ! Ma fille, lorsque la créature ne vit pas dans l’unité de Ma Volonté, elle perd la force unique et reste comme séparée de cette force qui remplit le Ciel et la terre et soutient tout l’univers comme s’il n’était qu’une petite plume. Or, l’âme qui ne se laisse pas dominer par Ma Volonté perd cette force unique dans toutes ses actions : tous ses actes, ne procédant pas d’une seule force, restent divisés entre eux : l’amour est divisé, l’action est séparée, la prière est disjointe. Étant divisés, ils deviennent pauvres, mesquins et sans lumière ; la patience est pauvre, la charité faible, l’obéissance boiteuse, l’humilité aveugle, la prière muette, le sacrifice sans vie ni vigueur, car là où Ma Volonté fait défaut, il manque cette force unique qui unit tout et donne la même force à chaque acte de la créature. Et non seulement ces actes restent divisés entre eux, mais, viciés par la volonté humaine, chacun conserve son propre défaut.
Il en fut ainsi pour Adam : en se retirant de la Volonté Suprême, il perdit la force unique de son Créateur et, restant avec sa force humaine limitée, il ressentait la fatigue dans son agir ; de plus, la force qu’il déployait pour accomplir une action l’affaiblissait, et lorsqu’il devait en accomplir une autre, il ne ressentait plus la même énergie. Ainsi, il expérimenta la pauvreté de ses actions qui, n’ayant pas la même force, non seulement étaient divisées, mais chacune portait son propre défaut.
Il en advint comme pour un riche seigneur possédant un immense domaine : tant que tout appartenait à un seul maître, le domaine déployait sa splendeur [sous la direction du maître], faisait de grandes acquisitions, entretenait de nombreux serviteurs et poursuivait sans cesse de nouvelles richesses grâce aux importantes rentes qu’il percevait. Mais suppose que ce domaine soit partagé entre plusieurs héritiers : sa grande force est dès lors perdue ; il ne peut plus déployer la même splendeur ni réaliser de nouveaux achats ; il doit restreindre ses dépenses, ses serviteurs sont peu nombreux ; ainsi, sa grandeur et sa seigneurie se sont évanouies, et il n’en reste plus que des traces.
Ainsi en fut-il pour Adam. En se retirant de Ma Volonté, il perdit la force unique de son Créateur, et, avec elle, il perdit sa seigneurie, sa noblesse et sa capacité à agir avec puissance ; il ne ressentait plus la force de faire le bien. Il en est de même pour ceux qui ne vivent pas totalement abandonnés dans les bras de Ma Volonté. Mais pour ceux qui s’y abandonnent pleinement, la force du bien devient une seconde nature, et la pauvreté disparaît. »
(1) Les privations de mon doux Jésus se font de plus en plus longues. Oh ! combien je languis après son retour ! Comme les heures et les jours deviennent des siècles sans Lui — mais des siècles de nuit, non de jour. Et tandis que j’attendais avec anxiété son retour, comme un éclair, Il surgit du plus intime de mon être ; me serrant contre Lui, Il me dit :
(2) « Ma fille, l’homme a été créé par Dieu avec trois puissances : la mémoire, l’intelligence et la volonté, afin qu’il puisse maintenir des liens de communication avec les Personnes divines de la Très Sainte Trinité. Ces trois puissances étaient comme des voies pour monter vers Dieu, comme des portes pour entrer, comme des demeures 1 où établir le séjour continu 2 : la créature en Dieu, Dieu en la créature. Ce sont les voies royales de l’Un et de l’autre 3, les portes d’or que Dieu a placées au fond de l’âme pour que la Souveraineté suprême de la Majesté divine puisse y entrer, l'âme devenant ainsi la demeure sûre et inébranlable où Dieu devait établir son céleste séjour.
Maintenant, Ma Volonté, pour former Son Royaume dans l’intime de l’âme, veut trouver ces trois puissances — données à la créature pour l’élever à la ressemblance de son Créateur — en ordre par rapport au Père, au Fils et au Saint-Esprit 4. Ma Volonté ne sortirait pas de Ses domaines 5 si ces trois puissances de l’âme étaient en ordre avec Dieu 6, et Son règne dans l'âme serait heureux et comme connaturel 7 ; étant en ordre avec Dieu, elles maintiendraient l’ordre en elles-mêmes et hors d’elles-mêmes 8. Ainsi, le Royaume de la Volonté de Dieu et celui de la créature ne seraient pas des royaumes divisés, mais un seul ; et par conséquent, sa domination et son gouvernement seraient uniques 9.
D’autant plus que Ma Volonté ne sait pas régner là où il n’y a ni ordre ni harmonie, qualités inséparables et propriétés indispensables des Personnes divines 10. L’âme ne peut jamais être ordonnée ni harmonisée avec son Créateur si elle ne garde pas ses trois puissances ouvertes pour recevoir de Dieu Ses qualités ordonnées et Ses propriétés harmonisées, de sorte que Ma Volonté, en trouvant dans l'âme les harmonies divines et l’ordre suprême du Royaume divin et du royaume humain, n’en forme qu’un seul et y règne avec son plein pouvoir.
Ah ! Ma fille, quel désordre règne dans les trois puissances de l’âme humaine ! On peut dire qu’elles Nous ont fermé les portes au visage, qu’elles ont barricadé les voies pour Nous empêcher de passer et qu’elles ont rompu les communications avec Nous, alors qu'elles furent le plus grand don que nous fîmes à l'âme en la créant. Ces trois puissances devaient lui servir : à comprendre Celui qui l’avait créée, à croître à Sa ressemblance et, sa volonté fusionnée avec celle de son Créateur, à Lui donner le droit de régner en elle.
Voilà pourquoi la Volonté Suprême ne peut régner dans l’âme si ces trois puissances — l’intelligence, la mémoire et la volonté — ne se donnent pas la main pour revenir au but pour lequel Dieu les a créées. 11. C’est pourquoi, prie afin que ces trois puissances retournent à l’ordre et à l’harmonie de leur Créateur, afin que Ma Volonté Suprême puisse régner avec Son plein triomphe. »
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1 comme des demeures : les trois puissances (les trois facultés de l'âme) ne sont pas littéralement des maisons ; elles servent à rendre l’âme habitable pour Dieu, en formant l’espace intérieur où Il peut demeurer ; l’âme devient une maison pour Dieu, tel un palais sacré où Dieu peut régner pleinement, seulement si ses puissances sont ordonnées et ouvertes à Lui (un texte à lire : comme des demeures)
2 où former le séjour continu : un séjour est le fait de demeurer en un lieu durant un certain temps ; ici, le séjour continu se rapporte à la relation permanente et intime de l'âme avec Dieu
3 les voies royales de l'Un et de l'autre : ce sont les trois puissances de l’âme qui servent de 'routes' pour accéder à Dieu ; ces voies servent à la fois à Dieu (l'Un) et la créature (l'autre) : la créature peut monter vers Dieu et Dieu peut descendre dans la créature. C’est une relation réciproque ; en résumé, ce sont des chemins privilégiés, royaux, qui permettent la communication et la relation entre Dieu et l’âme humaine
4 en ordre par rapport au Père, au Fils et au Saint-Esprit : de l’italien in ordine al Padre, al Figlio e allo Spirito Santo ; les trois puissances de l’âme sont orientées et harmonisées selon la vie et l’ordre de la Très Sainte Trinité, ouvertes à Dieu pour permettre à la Volonté divine d’y établir son Royaume
5 ... Ses domaines : un texte explicatif (essai)
6 ... étaient en ordre avec Dieu : orientées et réglées selon l’ordre divin
7 ... comme connaturel : de l’italien felice e come connaturale ; le règne de la Volonté de Dieu dans l’âme serait harmonieux avec la nature même de l’âme, sans lui imposer de contrainte extérieure
8 ... elles maintiennent l’ordre en elles-mêmes et autour d’elles
maintiennent l’ordre en elles-mêmes : les trois puissances de l'âme sont en harmonie mutuelle : chacune agit en accord avec les deux autres, donnant à l’âme un équilibre intérieur
et autour d’elles : cette harmonie intérieure se répercute sur toute l’âme et sur ses actes : pensées, désirs et actions s’ordonnent selon la Volonté divine, permettant à son Royaume de s’établir de manière stable.
9 ... sa domination et son gouvernement seraient uniques
domination : pouvoir, autorité, capacité de régner ; la force active de la Volonté Divine dans l'âme lorsqu’aucune puissance n’y est désordonnée
gouvernement : manière d’exercer ce pouvoir, organisation, administration ; le gouvernement concret de la Volonté de Dieu dans l'âme en coordonnant mémoire, intelligence et volonté pour maintenir l’ordre et l’harmonie
10 ... là où il n’y a ni ordre ni harmonie, qualités inséparables et propriétés indispensables des Personnes divines : il faut comprendre que l'ordre et l'harmonie sont à la fois deux qualités inséparables de Dieu et deux propriétés indispensables ; selon la distinction thomiste (saint Thomas d'Aquin), les 'qualités de Dieu' désignent ce qu’Il est — Sa nature, Son essence — tandis que les 'propriétés' de Dieu expriment ce qui procède nécessairement de cette essence ; ainsi, l’ordre et l’harmonie, enracinés dans l’essence divine, sont inséparables de toute action de Dieu et expliquent pourquoi la Volonté divine ne peut régner là où règnent le désordre et la disharmonie
11 ... pour revenir au but pour lequel Dieu les a créées : désigne la finalité originelle des trois puissances de l’âme (mémoire, intelligence et volonté) : permettre à l'âme de connaître et comprendre Dieu, croître à Son image et unir sa volonté à la Sienne, afin que la Volonté divine règne pleinement en elle et que se réalise le Royaume de la Divine Volonté sur terre.
(1) Mon pauvre cœur nage dans la mer des amertumes à cause des privations de mon doux Jésus ; et lorsqu’Il vient, c’est comme un éclair qui s’enfuit. Dans la clarté de cet éclair, je vois le pauvre monde, ses graves maux, les liens des nations qui s’enchaînent entre elles pour déclencher des guerres et des révolutions, attirant ainsi les châtiments du Ciel, si graves qu’ils détruisent des villes entières et des peuples. Ô Dieu, comme la cécité humaine est grande ! Mais dès que s’éteint l’éclair de Sa présence aimable, je demeure dans une obscurité plus profonde qu’auparavant, avec la pensée de mes pauvres frères, dispersés dans le dur exil de la vie.
Mais cela ne suffisait pas à remplir mon pauvre cœur d’intenses amertumes ; une autre s’ajouta pour étouffer ma pauvre existence sous ces vagues rugissantes qui submergent mon âme : il arriva la nouvelle que les écrits sur la Très Sainte Volonté de Dieu allaient être publiés, après l’approbation de notre Monseigneur l’Archevêque, qui y avait apposé lui-même son imprimatur 1. Et cela n’était encore rien. Le coup le plus fatal pour ma pauvre âme fut d’apprendre que l’on devait publier non seulement ce qui concernait la Divine Volonté — car après tant d’insistances de Notre Seigneur et des supérieurs, je m’étais convaincue que la gloire de Dieu l’exigeait, et misérable et petite comme je suis, il ne convient pas de m’opposer à ce que veut le bienheureux Jésus — mais aussi l’ordre que Jésus a tenu avec moi, tout ce qu’Il m’a dit, ainsi que ce qui concerne les autres vertus et circonstances 2.
Cela m’a été extrêmement douloureux ; j’ai dit et redit mes raisons pour que cela ne se fasse pas. Alors que je me trouvais ainsi accablée, mon doux Jésus, se mouvant en moi comme s’Il ressentait le poids de mon oppression 3 , m’a serrée dans Ses bras et, me secouant, m’a dit :
(2) « Ma fille, qu’y a-t-il ? Qu’y a-t-il ? Relève-toi , Je ne veux pas que tu sois ainsi oppressée. Au lieu de Me remercier, tu t’opprimes toi-même ! Tu dois savoir que, pour que Ma Volonté Suprême soit connue, J’ai dû accomplir l’un de Mes grands prodiges : préparer les choses, disposer les moyens et submerger l’Archevêque par ces actes de domination absolue de Ma Volonté auxquels l’homme ne peut résister. Penses-tu qu’il soit facile d’obtenir l’approbation d’un évêque ? Comme c’est difficile ! Combien de subtilités, combien de difficultés ! Et lorsqu’ils approuvent, c’est souvent avec de nombreuses restrictions, au point d’en retirer presque les nuances les plus belles et les couleurs les plus éclatantes de tout ce que Ma Bonté a révélé avec tant d’amour.
Ne vois-tu pas le triomphe de Ma Volonté dans l’approbation de l’Archevêque ? Et par là, Ma grande gloire, ainsi que l’absolue nécessité que les connaissances sur la Volonté Suprême soient connues ! Comme une rosée bienfaisante, elles apaiseront les ardeurs des passions ; comme le soleil levant, elles dissiperont les ténèbres de la volonté humaine et ôteront la torpeur dans laquelle presque toutes les créatures demeurent, même lorsqu’elles font le bien, faute de la Vie de Ma Volonté.
Mes manifestations sur Ma Volonté seront comme un baume qui guérira les blessures causées par la volonté humaine. Ceux qui auront le bonheur de les connaître sentiront couler en eux une Vie nouvelle de lumière, de grâce et de force, afin d’accomplir Ma Volonté en tout. Et non seulement cela : en comprenant le grand mal de leur propre volonté, ils l’auront en horreur et se libéreront du joug si dur de la volonté humaine pour se placer sous le doux empire de la Mienne.
Ah ! Tu ne sais ni ne vois ce que Je sais et ce que Je vois. C’est pourquoi laisse-Moi faire 4 et ne t’opprime pas. Mieux encore, hâte le processus : encourage toi-même celui que J’ai disposé, avec tant d’amour, à prendre cet engagement, et dis-lui de se hâter, de ne pas perdre de temps !
Ma fille, le Royaume de Ma Volonté est inébranlable 5 . Dans les connaissances que Je t’ai données à Son sujet, J’ai mis tant de lumière, de grâce et d’attraction qu’elles rendront ce Royaume victorieux. Dès qu’elles seront connues, elles mèneront une douce bataille contre la volonté humaine et la vaincront ; elles formeront un mur très haut et très solide, plus encore que l’Éden terrestre, qui empêchera l’ennemi infernal d’entrer pour tourmenter ceux qui, vaincus par elles, vivront dans le Royaume de Ma Volonté. C’est pourquoi ne te trouble pas et laisse-Moi faire : Moi-même, Je disposerai toutes choses afin que le 'FIAT' Suprême soit connu. »
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1 ... notre Monseigneur l’Archevêque, qui y avait apposé lui-même son imprimatur :
archevêque : un prêtre responsable de plusieurs diocèses (archidiocèse) ; l'archevêque est, bien sûr, un évêque
évêque : un prêtre ; responsable d'un seul diocèse (plusieurs paroisses) ; a une autorité sur les prêtres des paroisses de son diocèse et ses activités pastorales
imprimatur : autorisation d'imprimer accordée par l'autorité ecclésiastique ou par l'Université
2 ... l’ordre que Jésus a tenu avec moi, tout ce qu’Il m’a dit, ainsi que ce qui concerne les autres vertus et circonstances : ces trois aspects désignent respectivement :
l’ordre que Jésus a tenu avec Luisa : il ne s’agit de l’organisation et de la manière dont Jésus a disposé Ses révélations et communications avec elle ; Jésus agit selon un plan précis, organisé dans le temps et dans la manière de se révéler à elle, constituant un ensemble cohérent de révélations, d’instructions et de comportements spirituels ; (textes du Livre du Ciel parlant d'ordre : 6 août 1922 ; 14 juin 1924 ; 26 mai 1928 ; 21 décembre 1931)
tout ce qu’Il m’a dit : paroles et révélations personnelles concernant sa mission, la Très Sainte Volonté de Dieu et la vie spirituelle ; cela inclut des conseils sur la foi, les vertus, la prière et l’obéissance, des instructions personnelles dans diverses situations, et des paroles intimes et consolantes ; ce sont des communications directes et personnelles, parfois visionnaires ou intérieures
les autres vertus et circonstances : tout ce qui concerne la vie spirituelle concrète au-delà de la Divine Volonté, incluant les autres vertus chrétiennes (charité, patience, humilité…) et les situations de la vie ou de sa mission dans lesquelles ces vertus doivent s’appliquer ; il s’agit de la partie pratique de la guidance spirituelle
😧 Ce qui bouleverse Luisa, c’est que tout cela va être publié, rendu public, alors qu’il s’agit d’expériences et de révélations très intimes.
3 ... se mouvant en moi comme s’Il ressentait le poids de mon oppression : relève du langage mystique ; n’indique pas un mouvement physique, mais une action intérieure du Christ dans l’âme, une intervention vivante et compatissante par laquelle Il s’unit à l’état intérieur de l’âme et en allège le poids, c'est une consolation spirituelle
4 ... laisse-Moi faire : Jésus agit intérieurement pour guider la publication et l’acceptation de Ses révélations et pour soutenir Luisa ; Il n'intervient pas matériellement
5 ... inébranlable : immuable, impérissable, imperturbable, inaltérable, indestructible, indiscutable, permanent, stable
(1) Pendant que je priais, je me suis trouvée hors de moi-même et, en même temps, je voyais le révérend père chargé de l'impression des écrits sur la Très Sainte Volonté de Dieu, avec Notre Seigneur à ses côtés. Jésus prenait toutes les connaissances, ainsi que les effets et les valeurs qu’Il avait manifestés sur la Volonté Suprême et, les transformant en fils de lumière, Il les scellait dans l'intelligence du père, formant ainsi une couronne de lumière autour de sa tête. Et tandis qu’Il faisait cela, Il lui dit :
(2) « Mon fils, la tâche que Je t’ai confiée est grande ; c’est pourquoi il est nécessaire que Je te donne une lumière abondante afin de te faire comprendre clairement ce que J’ai révélé. Ces connaissances produiront leurs effets selon la clarté avec laquelle elles seront exposées, bien qu’en elles-mêmes, elles soient déjà très claires. Car ce qui concerne Ma Volonté est une lumière qui descend du Ciel : elle ne confond ni n’éblouit la vue de l’intelligence, mais elle possède la vertu de fortifier et d’éclairer l’intellect humain afin de se faire comprendre et aimer. Elle dépose aussi, au plus profond de l’âme, le principe de son origine ainsi que le but véritable pour lequel elle a été créée, rétablissant l’ordre entre le Créateur et la créature 1. Ainsi, chacune de Mes paroles, manifestations et connaissances sur Ma Volonté Suprême est comme un coup de pinceau destiné à ramener l’âme à la ressemblance de son Créateur. Tout ce que J’ai dit sur Ma Volonté n’est rien d’autre que préparer la voie, former l’armée, rassembler le peuple élu, préparer le palais et disposer le terrain où doit se former le Royaume de Ma Volonté, afin qu’Il puisse régner et dominer. C’est pourquoi la tâche que Je te confie est grande. Je te guiderai et Je resterai près de toi, afin que tout se fasse selon Ma Volonté. »
(3) « Après cela, Il bénit le père et vint vers ma petite âme, reprenant Sa parole :
(4) « Ma fille, combien Ma Volonté M’importe, comme Je l’aime et comme J’aspire à ce qu’Elle soit connue ! Mon intérêt est si grand que Je suis disposé à accorder toute grâce à quiconque voudra s’employer à La faire connaître. Oh ! comme Je voudrais que cela se fasse rapidement, car Je vois que tous Mes droits Me seront rendus et que l’ordre entre Dieu et la créature sera rétabli. Je ne donnerai plus Mes biens aux générations humaines qu'à moitié, mais tout entiers, et Je ne recevrai plus d’elles des choses incomplètes, mais toutes entières.
Ah ! Ma fille, pouvoir donner et vouloir donner sans trouver à qui donner est toujours une peine et un poids sans espoir d’être soulagé. Si tu savais avec quelle jalousie d’amour Je veille autour de l’âme lorsque Je la vois disposée à accomplir ses actes dans Ma Volonté !
Avant même qu’elle ne commence l’acte, Je fais couler en elle la lumière et la vertu de Ma Volonté, afin que l’acte prenne son origine dans la vertu que contient Ma Volonté. Tandis qu’il se forme, la lumière et la vertu divines l’investissent et le déploient ; et lorsqu’il s’achève, la lumière s’y scelle et lui donne la forme d’un acte divin.
Oh ! combien Ma Suprême Bonté se réjouit de voir que la créature possède cet acte divin ! À ces actes, Mon Amour éternel ne dit jamais 'assez' ; Il donne et donne toujours, car ces actes divins formés par la créature dans Ma Volonté ne connaissent pas de limite, et doivent être récompensés par un amour infini et sans bornes. Ne vois-tu pas, ne sens-tu pas toi-même avec quel amour Je te guide, Je t’accompagne, et J’en viens bien souvent à faire avec toi ce que tu fais, afin de donner à tes actes la valeur d’un acte divin ? Comme Je suis heureux de voir que, par la vertu de Ma Volonté, tes actes sont divins, semblables aux Miens ! Il n’y a plus de distance entre ton petit amour et le Mien, entre ton adoration et la Mienne, entre tes prières et les Miennes. Investis par la lumière de la Volonté Éternelle, tes actes perdent le fini et les apparences humaines, et acquièrent l’infini et la substance divine. Alors, l'acte de l’âme, transformé dans la Volonté divine, s’unit à l’acte de Dieu, et tous deux ne forment plus qu’un seul acte 2. C’est pourquoi, sois attentive et que ton vol dans Ma Volonté soit continu. »
(5) Après cela, mon toujours aimable Jésus revint et se montrait tout affligé, souffrant et comme inquiet à cause des grandes offenses des créatures. Je voulais l’apaiser, lui donner du repos, mais je n’y parvenais pas. Il me vint alors la pensée de faire mes actes habituels dans le 'FIAT' Suprême ; et tandis que je les accomplissais, Jésus s’apaisait et prenait du repos. Puis Il me dit :
(6) « Ma fille, les actes accomplis dans Ma Volonté sont plus que des rayons solaires. Quand on veut les regarder, la vue est éclipsée par leur lumière, au point qu’on ne peut plus rien voir ni distinguer. Si la lumière du soleil possède une telle puissance, combien plus grande est celle 3 des actes accomplis dans Ma Volonté ! La lumière de Ma Volonté a le pouvoir d’éclipser et d’éloigner le mal des créatures, afin qu’elles ne fassent pas de choses pires, et, par sa puissance, elle empêche que les offenses parviennent jusqu’à Moi.
Et tout comme la lumière du soleil — parce qu’elle contient la ressemblance du Soleil Éternel du 'FIAT' Suprême — renferme toutes les couleurs dont dérivent d’innombrables effets qui produisent de grands biens pour les générations humaines, alors qu’en apparence on ne voit qu’une lumière éclatante et blanche, ainsi le Soleil Éternel de Ma Volonté, bien que Sa lumière soit unique, renferme en Lui, comme autant de couleurs, toutes les similitudes divines 4. Celles-ci contiennent des effets infinis et font jaillir des fontaines d’amour, de bonté, de miséricorde, de puissance, de science — en somme, toutes les qualités divines.
Ainsi, l’agir dans Ma Volonté possède une telle puissance et une telle harmonie — qu’il procure le repos à ton Jésus Bien-aimé. »
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1 Les connaissances sur la Volonté Divine sont une lumière qui inscrit dans l'âme humaine la compréhension de son origine divine (son principe, son commencement, sa source) et de son véritable but : entrer en harmonie avec Dieu, rétablissant ainsi l’ordre voulu par Dieu entre le Créateur et la créature.
2 ... l'acte de l’âme, transformé dans la Volonté divine, s’unit à l’acte de Dieu, et tous deux ne forment plus qu’un seul acte.
L’acte de Dieu, éternel, parfait et immuable, ne subit aucune transformation. Elle concerne uniquement l’acte de l’âme, qui, investie par la Volonté divine, est élevée à une forme divine. Cette transformation correspond à ce que sainte Thérèse d’Avila appelle l’union transformante : l’âme demeure créature, mais son agir est uni à celui de Dieu au point d’en partager l’opération. L’expression 'un seul acte' désigne ainsi une unité d’opération entre Dieu et la créature, sans confusion des personnes ni altération de l’acte propre de Dieu.
3 celle : la puissance
4 similitudes divines : les perfections de Dieu communiquées à la créature par la lumière de la Volonté divine, lesquelles produisent des effets infinis sans confondre la créature avec le Créateur ; exemples :
Amour divin
→ aimer sans retour, sans intérêt personnel, pour la gloire de Dieu.
Bonté divine
→ faire le bien de manière stable, gratuite, sans se lasser.
Miséricorde divine
→ pardonner, compatir, réparer, même face à l’ingratitude.
Puissance divine (participée)
→ efficacité spirituelle des actes (ils réparent, apaisent, attirent la grâce).
Sagesse / science divine
→ lumière intérieure pour comprendre et agir selon Dieu.
Paix divine
→ stabilité intérieure malgré les épreuves.
Pureté et droiture divines
→ agir sans mélange d’intérêts humains.
Fécondité divine
→ produire du bien au-delà de ce qui est visible ou mesurable
(1) Je me sentais immergée dans la Volonté Éternelle de mon adorable Jésus, et autant que je le pouvais, je faisais mon tour à travers toute la Création pour tenir compagnie à tous les actes que la Divine Volonté accomplit en Elle. Mais, tandis que je faisais cela, mon Souverain et unique Bien se fit voir à l’intérieur de moi ; Il regardait tous mes actes, les comptait un par un et les disposait autour de Lui pour en jouir. Puis Il me dit :
(2) « Ma fille, Je compte tous tes actes pour voir s'ils atteignent le nombre que J'ai établi. Et puisque Ma Volonté renferme toutes les qualités suprêmes, chacun de tes actes accomplis en Elle prend l'image d'une de ces qualités. Regarde comme tes actes sont beaux : l'un porte l'image de la Sagesse, un autre celle de la Bonté, et d'autres encore celles de l'Amour, de la Force, de la Beauté, de la Miséricorde, de l'Immuabilité ou de l'Ordre — en somme, toutes Mes qualités suprêmes. Chaque acte prend une image distincte, mais ils se ressemblent, s'harmonisent, se donnent la main et ne forment qu'un seul acte.
Comme l’agir de la créature dans Ma Volonté est beau ! Elle ne fait que produire des images divines, et Je prends plaisir à M’entourer de ces images de Moi-même, pour jouir des fruits de Mes qualités à l'intérieur de la créature. Je lui donne aussi la vertu d’en reproduire encore davantage, afin de voir l’Être Suprême copié et imprimé en elles. Voilà pourquoi J'ai tant d'intérêt à ce que la créature fasse Ma Volonté et vive en Elle — pour répéter Mes Œuvres. »
(3) Après cela, je pensais en moi-même :
"Combien est dure la privation de mon doux Jésus ! On ressent la véritable mort de l'âme ; c'est comme ce qui se passe pour le corps lorsque l'âme le quitte : il conserve les mêmes membres, mais ils sont privés de vie, inertes, sans mouvement et sans valeur. Ainsi me paraît ma petite âme sans Jésus : elle conserve les mêmes facultés, mais elles sont vidées de vie. Une fois Jésus parti, la vie, le mouvement et la chaleur cessent. Voilà pourquoi cette douleur est déchirante, indescriptible et incomparable à toute autre. Ah ! la Mère Céleste n’a pas souffert cette douleur, car Sa sainteté la rendait inséparable de Jésus ; Elle n’est donc jamais restée sans Lui."
Mais tandis que je pensais cela, mon Bien-aimé Jésus se manifesta en moi et me dit :
(4) « Ma fille, tu te trompes — la privation de Moi n’est pas une séparation, mais une souffrance. Tu as raison de dire qu’elle est plus que mortelle ; mais cette douleur a pour vertu, non pas de séparer, mais de resserrer, par des liens plus forts et plus stables, l’union inséparable avec Moi. Non seulement cela, mais chaque fois que l’âme reste comme privée de Moi, sans faute de sa part, Je ressuscite pour elle : à une Vie nouvelle de connaissances, Me faisant mieux comprendre ; à un amour nouveau, l’aimant davantage ; et à une grâce nouvelle, pour l’enrichir et l’embellir davantage. Ainsi, elle ressuscite à une Vie Divine nouvelle, à un amour nouveau et à une beauté nouvelle ; car il est juste que, souffrant des peines mortelles, l’âme reçoive en échange une Vie Divine nouvelle. Si cela n’était pas, Je Me laisserais vaincre par l’amour de la créature, ce qui ne peut être. 1
Et puis, il n’est pas vrai que la Souveraine Reine ne soit jamais restée privée de Moi : jamais séparée, certes, mais privée de Moi, oui, Elle le fut. Et cela n’a nullement compromis la hauteur de Sa sainteté, mais au contraire, cela l’a accrue. Combien de fois Je l’ai laissée dans l’état de pure foi ! Devant être la Reine des douleurs et la Mère de tous les vivants, il ne pouvait lui manquer le plus beau joyau, la gemme 2 la plus éclatante : cette peine d’être laissée dans la pure foi 3, qui lui conférait le caractère de Reine des martyrs et de Mère souveraine de toutes les douleurs. Cette douleur d’être laissée dans la pure foi La préparait à recevoir le dépôt de Mes doctrines, le trésor des Sacrements et tous les biens de Ma Rédemption.
La privation de Moi étant la plus grande des douleurs, elle met l’âme en condition de mériter d’être dépositaire des plus grands dons de son Créateur, de Ses plus hautes connaissances et de Ses secrets. Combien de fois n’ai-Je pas fait cela avec toi ? Après une privation de Moi, Je te manifestais les plus hautes connaissances sur Ma Volonté ; et ainsi Je te rendais dépositaire, non seulement de Ses connaissances, mais de Ma Volonté Elle-même.
Aussi, la Reine Souveraine, en tant que Mère, devait posséder tous les états intérieurs, y compris celui de la pure foi, afin de pouvoir donner à Ses enfants cette foi inébranlable qui fait verser le sang et donner la vie pour défendre et témoigner de la foi. Si Elle n’avait pas possédé ce don de la foi, comment aurait-Elle pu le transmettre à Ses enfants ? »
(5) Après cela, Il disparut. Mais mon esprit voulait penser à beaucoup de choses étranges, peut-être même dénuées de sens ; je m'efforçais de faire mes actes dans l'adorable Volonté de Dieu. Et tandis que je faisais cela, je pensais : "Si vivre dans le Royaume suprême de la Volonté Divine exige tant d'attention et de sacrifices, bien peu voudront vivre dans un Royaume si saint." Et mon doux Jésus, revenant, me dit :
(6) « Ma fille, celui qui est appelé à être le chef d'une mission doit embrasser 4 tous les membres, les soutenir, les gouverner et se constituer la vie de chacun d'eux ; mais les membres ne donnent pas la vie au chef et ne font pas tout ce qu’il fait, chacun accomplissant sa propre fonction. Ainsi, celui qui est appelé à être la tête d’une mission, en embrassant tout ce qui est nécessaire pour accomplir la tâche qui lui est confiée, en souffrant plus que tous et en aimant tous, prépare la nourriture, la vie, les enseignements et les offices selon la capacité de ceux qui veulent suivre sa mission 5. Et ce qui est nécessaire pour toi, qui dois former l’arbre avec toute la plénitude de ses branches et la multiplicité de ses fruits 6, ne sera pas nécessaire à ceux qui ne doivent être que branches ou fruits. Leur tâche sera de rester incorporés à l’arbre pour recevoir ses sucs vitaux, c’est-à-dire : se laisser dominer par Ma Volonté, sans jamais donner vie à leur propre vouloir en quoi que ce soit, tant dans le domaine interne qu’externe ; connaître Ma Volonté et La recevoir comme leur propre vie, permettant ainsi à Ma Vie divine de vivre en eux ; en somme, la laisser régner et dominer comme Reine ; en somme, laisser Ma Volonté régner et dominer en eux en tant que Reine.
Ainsi, Ma fille, celui qui doit être le chef doit souffrir, travailler et faire, à lui seul, tout ce que les autres feront tous ensemble. C’est ce que J’ai fait Moi-même, en tant que Chef de la Rédemption : J’ai tout fait par amour pour tous, afin de leur donner la vie et de les sauver. Il en fut de même pour la Vierge Immaculée, en tant que Mère et Reine de tous : combien n’a-t-elle pas souffert, aimé et œuvré pour toutes les créatures ! Personne ne peut dire Nous avoir égalés, ni dans la souffrance ni dans l’amour ; tout au plus peut-on Nous ressembler en partie, mais Nous égaler, jamais. Or, étant à la tête de tous, la Reine Souveraine et Moi renfermions toutes les grâces et tous les biens : la force était en Notre pouvoir, la domination 7 Nous appartenait ; le Ciel et la terre obéissaient à Nos signes et tremblaient devant Notre puissance et Notre sainteté. Les rachetés ont pris Nos miettes et mangé Nos fruits ; ils ont été guéris par Nos remèdes, fortifiés par Nos exemples, instruits par Nos leçons, et relevés au prix de Notre vie. Et s’ils ont été glorifiés, ce n’est qu’en vertu de Notre gloire. Pourtant, le pouvoir demeure toujours le Nôtre, et la source vivante de tous les biens jaillit continuellement de Nous. Ainsi, si les rachetés s’éloignent de Nous, ils perdent tous les biens et redeviennent plus malades et plus pauvres qu’auparavant.
Voilà ce que signifie être la tête : il est vrai que l’on souffre beaucoup, que l’on travaille énormément et que l’on doit préparer le bien pour tous, mais tout ce que l’on possède dépasse tout et tous. Il y a une telle distance entre celui qui est tête d’une mission et celui qui doit être membre, que la tête peut être comparée au soleil et le membre à une petite lumière. Voilà pourquoi Je t’ai dit tant de fois que ta mission est grande — car il ne s’agit pas d’une simple sainteté personnelle, mais d’embrasser tout et tous, et de préparer le Royaume de Ma Volonté pour les générations humaines.
(7) Après cela, je suivais les actes accomplis dans la Volonté Suprême ; ils se transformaient tous en lumière et formaient un horizon de lumière éclatante, semblable à des nuées de ‘vif-argent’. 8 Partout où cette lumière pénétrait, tout se changeait en lumière : elle avait le pouvoir et la force de tout vider pour tout remplir de sa lumière resplendissante. Jésus ajouta alors :
(8) « Ma fille, rien n’est plus pénétrant que la lumière. Elle se répand partout avec une rapidité enchanteresse, portant ses effets bénéfiques à tous ceux qui se laissent investir par elle. La lumière ne refuse son bien à personne : ni aux hommes, ni à la terre, ni à l’eau, ni aux plantes, ni à quoi que ce soit d’autre. Sa nature est d’illuminer et de faire le bien, elle ne laisse personne de côté ; à tous elle donne son baiser de lumière et le bien qu’elle contient. »
(9) « Ma Volonté est plus que lumière : Elle se répand partout, apportant le bien qu’Elle renferme. Les actes accomplis en Elle forment une atmosphère d’or et d’argent, capable de dissiper toutes les ténèbres de la nuit de la volonté humaine. Par sa lumière bienfaisante, Elle apporte le baiser de la Volonté éternelle, disposant les créatures à désirer entrer dans le Royaume du 'FIAT' Suprême. Et chacun de tes actes accomplis en Elle fait surgir un nouvel horizon devant l’intellect humain, l’invitant à aspirer à la lumière du bien que possède Ma Volonté.
Ma fille, pour préparer ce Royaume, il faut du travail et des lois célestes, toutes fondées sur l’amour. Les lois de crainte, de peine ou de condamnation n’y auront pas leur place, car les lois d’amour de Ma Volonté y règnent ; elles sont amicales, filiales et fondées sur un amour réciproque entre le Créateur et la créature. Ainsi, la crainte et la condamnation n’y auront ni force ni vie. Et s’il devait y avoir quelque souffrance, ce serait une peine pleine de triomphe et de gloire.
Sois donc attentive : il s’agit de faire connaître un Royaume céleste, de manifester Ses secrets, Ses prérogatives 9 et Ses biens, afin d’attirer les âmes à L’aimer, à Le désirer ardemment et à en prendre possession. »
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1 Texte explicatif ➔ Privation de Jésus et renaissance
Proposition d'explication : L'âme aime tellement Jésus que lorsqu'elle est privée de Sa présence, elle meurt d'amour, en quelque sorte. 💥 Jésus ne veut pas se laisser surpasser en amour. Alors, Il revit en elle avec de nouvelles connaissances, un nouvel amour, de nouvelles grâces. À cause de cela, l'âme Le comprend davantage, l'aime encore plus et est encore plus belle. C'est comme une rétroaction positive. J'aime Jésus et alors JÉSUS m'aime plus et comme JÉSUS m'aime plus, j'aime encore plus Jésus. ❤️ ❤️❤️ Plus Tu m'aimes, plus je T'aime et plus je T'aime, plus Tu m'aimes. 💥 Jésus ne se laisse pas surpasser en l'amour. (Asa 🤔)
2 gemme : pierre fine, précieuse ou ornementale (minérale, organique ou synthétique) appréciée pour sa beauté, sa rareté et sa durabilité, utilisée en joaillerie
3 la pure foi : 🔗 L'état de pure foi peut-il être comparé à la nuit de la foi des mystiques ?
4 embrasser : doit être compris ici dans le sens d’inclure, d’englober, de prendre en charge tous les éléments du groupe ; il ne s’agit pas d’un contact physique
5 selon la capacité de ceux qui veulent suivre sa mission : ne veut pas dire que le chef adapte chaque leçon individuellement ; signifie plutôt que le chef prépare le contenu spirituel de la mission en pensant à la diversité du groupe ; certains peuvent recevoir davantage, d’autres moins ; certains peuvent comprendre certaines instructions, d’autres non ; la mission est organisée pour tous, mais chaque âme reçoit ce qu’elle peut accueillir selon sa propre disposition ou aptitude spirituelle.
6 l’arbre avec toute la plénitude de ses branches et la multiplicité de ses fruits : l’arbre exprime ici la mission totale confiée à Luisa : porter en elle l’ensemble de l’œuvre avec toute sa fécondité ; les autres âmes y participent comme branches ou fruits
7 domination : de l’italien dominio ; doit être compris dans un sens spirituel et souverain, non humain ou coercitif ; exprime la capacité divine de régner et d’ordonner toutes choses, de disposer de la force et des grâces, de gouverner l’univers et les créatures en tant que Chef de la Rédemption et Reine Souveraine ; on pourrait également traduire aussi par règne ou souveraineté
8 Les actes accomplis dans la Volonté Suprême se manifestent comme une lumière vivante et éclatante ; les "nuées de vif-argent " (ou mercure) symbolisent cette lumière fluide, pure et pénétrante, capable de remplir tout de la présence divine et de dissiper les ténèbres de la volonté humaine ; un texte explicatif : 🔗 Des nuages de 'vif-argent'
9 prérogatives : privilèges
(1) Je me rappelais tous les actes de Notre Seigneur afin de m’unir à Lui ; et non seulement cela, mais pour trouver sa Très Sainte Volonté à l’œuvre dans chacun de Ses actes, afin de m’identifier à Elle et ne faire qu’un seul acte avec le mien 1. Ainsi, j’aurais voulu être conçue avec Jésus, naître avec Jésus, gémir, pleurer, souffrir, prier, verser mon sang avec le Sien et mourir avec Jésus. Or, tandis que je pensais à cela, Il se fit sentir au-dedans de moi, me faisant percevoir Sa présence dans mon cœur et, levant les bras comme pour m’étreindre, Il me dit :
(2) « Ma fille, toute Ma Vie fut un seul acte provenant de cet Acte unique de l’Éternel, qui ne connaît aucune succession d’actes ; et si, dans Mon Humanité, extérieurement, on pouvait voir la succession graduelle de Mes actes : être conçu, naître, grandir, agir, marcher, souffrir, mourir, à l’intérieur de Mon Humanité, Ma Divinité — le Verbe Éternel uni à Mon âme — formait un seul acte de toute Ma Vie. Ainsi, la succession des actes extérieurs que l’on voyait n’était que l’effusion de cet Acte unique, qui, débordant au-dehors, formait la progression visible de Ma Vie extérieure. Mais à l’intérieur de Moi, dès l’instant où Je fus conçu, en ce même instant Je naissais, Je pleurais, Je gémissais, Je marchais, J’agissais, Je parlais, Je prêchais l’Évangile, J’instituais les Sacrements, Je souffrais et Je demeurais crucifié. Ainsi, tout ce qui apparaissait extérieurement dans Mon Humanité, le déroulement progressif de Ma Vie, n’était en réalité qu’un seul acte, long et continu, qui perdure encore.
Ainsi, dès l’instant où Je fus conçu, venant de l’Acte unique de l’Éternel, Je demeurai toujours en acte de conception, en acte de naissance, en acte de gémissements et de pleurs. En somme, tout ce que J’ai fait est demeuré en acte, comme un acte continu, car tout ce qui vient de Dieu demeure en Dieu et ne subit ni mutation, ni accroissement, ni diminution. Une fois accompli, l’acte demeure avec la plénitude d’une Vie qui ne finit jamais et qui peut donner vie à tous, autant qu’ils le désirent. Ainsi, Ma Volonté a maintenu et continue de maintenir tout en acte. Elle maintient toute Ma Vie et, de même, Elle maintient la vie du soleil sans lui permettre de diminuer ni d’augmenter sa lumière, sa chaleur et ses effets. Elle conserve l’étendue des cieux avec toutes les étoiles, sans que celui-ci se rétrécisse ni qu’une seule étoile se perde ; et il en va de même pour bien d’autres choses créées par Moi. De la même manière, Ma Suprême Volonté maintient la vie de tous les actes de Mon Humanité, sans en perdre le moindre souffle.
Or, là où Ma Volonté règne, Elle ne peut faire d’actes séparés, car Sa nature est un acte unique, multiple dans Ses effets, mais toujours un dans Son acte. C’est pourquoi Elle appelle l’âme qui se laisse dominer par Elle à s’unir à Son Acte unique, afin qu’elle y trouve tous les biens et tous les effets que seul l’Acte unique d’un Dieu peut posséder. Que ton attention soit donc de demeurer unie à cet Acte unique de l’Éternel, si tu veux trouver toute la Création et toute la Rédemption en acte ; et dans cet Acte unique, tu trouveras la longueur de Mes peines, de Mes pas et de Ma crucifixion continuelle — tu y trouveras tout. Ma Volonté ne perd rien, et toi, en Elle, tu demeureras identifiée à Mes actes et tu recueilleras le fruit de toute Ma Vie.
S’il n’en était pas ainsi 2, il n’y aurait pas une grande différence entre Mon agir et celui des Saints ; au contraire, puisque Mon agir est un Acte unique, entre le Mien et celui des Saints, il y a la différence qu’il y a entre le soleil et une toute petite flamme, entre la grande mer et une goutte d’eau, entre l’immensité des cieux et un minuscule point. Seule la puissance de Mon Acte unique a le pouvoir de se donner à tous et d’embrasser tout ; et en se donnant, elle ne perd jamais rien.
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1 un seul acte avec le mien : signifie que l’âme humaine s’unit pleinement à l’acte unique de Dieu ; elle ne le remplace pas, mais le participe, le rend vivant en elle et reçoit tous les fruits spirituels de cet acte divin
2 S’il n’en était pas ainsi : Si Mon agir divin n'était pas un acte unique et continu qui contient tous les biens et tous les effets