😀 T19 est révisé ; les PDF ➡︎ dans le pied de page ! Merci
(1) Je pensais en moi-même : " Mon doux Jésus dit tant de choses grandes, admirables, sublimes et merveilleuses sur la Volonté de Dieu. Pourtant il me semble que les créatures ne conçoivent pas la Volonté de Dieu selon la juste idée qu’Elle mérite, ni n’ont la profonde impression des merveilles qu’Elle renferme. Au contraire, il semble qu’elles La mettent sur le même plan que les vertus, et peut-être tiennent-elles davantage aux vertus qu’à la Très Sainte Volonté de Dieu ! " Et mon toujours aimable Jésus, se mouvant en moi, me dit :
(2) « Ma fille, veux-tu savoir pourquoi ? C'est parce qu'elles n’ont pas le palais purifié, et sont habituées aux nourritures ordinaires de ce bas monde — les vertus —, et non à la nourriture céleste et divine qu’est Ma Volonté. Cette nourriture céleste n’est goûtée que par ceux qui considèrent la terre, les choses et même les personnes comme rien, ou qui voient tout cela ordonné en Dieu. Les vertus que l’on peut pratiquer sur la terre sont rarement exemptes de fins humaines : estime de soi, recherche de gloire personnelle, désir de plaire aux autres ou de se faire remarquer. Tous ces buts sont comme autant de saveurs pour le palais ordinaire de l’âme, et souvent on agit davantage pour ces goûts que pour le bien que contient la vertu. Voilà pourquoi les vertus plaisent davantage : la volonté humaine y gagne toujours quelque chose.
Mais Ma Volonté, la première chose qu’Elle abat, c’est la volonté humaine : Elle ne tolère aucun but d’origine humaine. Elle est du Ciel et veut mettre dans l’âme ce qui est divin et céleste. Ainsi, le moi 'propre' reste à jeun et se sent mourir. Et lorsqu’il se sent mourir et qu’il perd l’espoir de toute autre nourriture, alors il se décide à prendre celle de Ma Volonté. Dès qu’il La goûte, son palais se purifie ; il en sent la saveur, et elle est si douce qu’il ne La changerait pour rien au monde, même au prix de sa vie. Ma Volonté ne sait pas s'accorder avec les choses basses et petites qui peuvent être accomplies sur la terre, comme le font les vertus : Elle veut tenir 'tout et tous' sous Ses pieds comme un marchepied 1, et transformer l’intérieur de l’âme ainsi que les vertus elles-mêmes en Volonté Divine. En un mot, Elle veut établir son Ciel au fond de l'âme ; autrement, Elle serait entravée et ne pourrait déployer Sa Vie divine. Voilà la grande différence qu’il y a entre les vertus et Ma Volonté — entre la sainteté de l’une et celle de l’autre : les vertus peuvent appartenir aux créatures et ne forment tout au plus qu'une sainteté humaine ; Ma Volonté est de Dieu et forme une sainteté toute divine. Quelle différence ! Mais, comme les créatures ont l'habitude de regarder vers le bas, les petites lampes des vertus les impressionnent plus que le grand Soleil de Ma Volonté. »
(3) Après cela, je me suis retrouvée hors de moi-même, au moment où le soleil se levait : toutes choses changeaient d’aspect ; les plantes devenaient brillantes, les fleurs recevaient la vie de leur parfum et des différentes couleurs que la lumière du soleil leur apportait. Toutes les choses recevaient, gorgée après gorgée, la vie de cette lumière pour se développer et se former. Et pourtant, une seule était la lumière, une seule la chaleur — rien d'autre ne se voyait. Mais d'où jaillissaient donc tant d'effets divers, tant de nuances variées que la lumière donnait à la nature ? Et mon doux Jésus me dit :
(4) « Ma fille, c'est parce que le soleil contient le germe de la fécondité, le germe de la substance 2 de toutes les couleurs. Et parce que la lumière est plus grande que les biens qu’elle contient, elle les garde tous éclipsés en elle. On ne peut donner que ce que l’on possède ; ainsi, le soleil n'aurait pu donner ni la fécondité, ni la douceur aux fruits, ni la couleur aux fleurs, ni opérer tant de merveilles sur la terre — au point de la transformer d’un abîme de ténèbres en un abîme de lumière — s’il ne contenait pas en lui-même tous les effets qu’il produit. Or, le soleil est le symbole de Ma Volonté 3. Lorsque Ma Volonté se lève sur l’âme, telle un soleil, Elle la vivifie, la pare de perles de grâces, lui donne les plus belles nuances des couleurs divines et la transforme en Dieu, tout cela en un seul instant ! Il suffit qu’Elle se lève dans l'âme pour lui faire accomplir des choses merveilleuses. Et Elle ne perd rien en donnant — tout comme le soleil ne perd rien en faisant tant de bien à la terre ; au contraire, Elle demeure glorifiée dans l’œuvre de la créature. Ainsi, Notre Être est toujours dans un parfait équilibre : Il ne croît ni ne diminue.
Mais sais-tu comment cela se passe ? Imagine une mer pleine à ras bord ! Un vent souffle à la surface et forme des vagues qui débordent hors de la mer ; cette mer, en débordant, ne perd rien : car, à mesure que ses flots se répandent au dehors, d’autres les remplacent aussitôt, et la mer demeure au même niveau qu’avant. Il en est ainsi entre l’âme et Dieu : on peut dire que l’âme est le petit vent qui forme les vagues dans la Mer divine : elle peut prendre autant d’eau qu’elle veut, mais Notre Mer demeure toujours au même niveau, car Notre nature n’est pas sujette au changement. C’est pourquoi plus tu prendras, plus tu Me donneras de joie, et Je serai glorifié en toi. 4 »
(5) Après cela, je pensais à la différence qu’il y a entre celui qui se laisse dominer par la Volonté de Dieu et celui qui se laisse dominer par la volonté humaine. Alors, devant mon esprit, je vis une personne courbée, le front touchant les genoux, couverte d’un voile noir, enveloppée d’un brouillard épais qui l’empêchait de voir la lumière. Pauvre créature ! Elle semblait ivre et chancelante, tombant tantôt à droite, tantôt à gauche — vraiment, elle faisait pitié. Or, tandis que je voyais cela, mon doux Jésus se mouva en mon intérieur et me dit :
(6) « Ma fille, c'est l'image de celui qui se laisse dominer par sa propre volonté. La volonté humaine courbe tellement l’âme qu’elle est contrainte de regarder toujours la terre ; et, en la regardant, l’âme finit par la connaître et par l’aimer. Cette connaissance et cet amour produisent de nombreuses exhalaisons 5 qui forment un brouillard épais et noir l'enveloppant entièrement ; ce brouillard lui ôte la vue du Ciel et de la belle lumière des vérités éternelles. Ainsi, la raison humaine — ce don — devient ivre des choses de la terre ; et l’âme, marchant d’un pas incertain, chancelant tantôt à droite, tantôt à gauche, s’enfonçe toujours davantage dans les ténèbres qui l’entourent. Il n’y a pas de malheur plus grand que celui d’une âme dominée par sa volonté propre.
Mais c'est tout le contraire pour l'âme qui se laisse dominer par Ma Volonté ! Ma Volonté fait croître l’âme droite, si bien qu’elle ne peut plus se pencher vers la terre et qu’elle regarde toujours le Ciel. Ce regard constant vers le Ciel forme de nombreuses exhalaisons de lumière qui l’enveloppent toute entière d'un nuage de lumière si dense qu’il éclipse toutes les choses de la terre et les fait disparaître. En retour, ce nuage de lumière fait reparaître tout ce qui appartient au Ciel. On peut donc dire que l'âme connaît le Ciel, et aime tout ce qui lui appartient.
Ma Volonté rend son pas ferme, si bien qu’il n’y a aucun danger qu’elle chancelle, même légèrement. Et la belle faculté d’une raison saine est tellement illuminé par la lumière qui l’enveloppe qu’elle passe aisément d’une vérité à l’autre. Cette lumière lui dévoile les mystères divins, des choses ineffables, des joies célestes... Ainsi, le plus grand bonheur pour une âme, c’est de se laisser dominer par Ma Volonté : elle détient la suprématie sur tout, occupe la première place d’honneur dans toute la Création, et ne quitte jamais le point d’où Dieu l’a fait sortir. Dieu la trouve toujours sur Ses Genoux paternels, lui redisant Sa gloire, Son amour, et Sa Volonté Éternelle.
Sur les Genoux du Père céleste, le premier amour est pour elle ; les mers de grâces qui débordent sans cesse du Sein divin sont à elle ; les premiers baisers et les caresses les plus tendres sont pour elle. C’est à elle seule que Nous pouvons confier Nos secrets, car elle est la plus proche de Nous et demeure constamment avec Nous. Nous la faisons participer à toutes Nos choses : Nous formons sa vie, sa joie et son bonheur, tandis qu’elle forme Notre joie et Notre bonheur. Car, sa volonté étant une avec la Nôtre, et Notre Volonté possédant Notre propre bonheur, il n’est pas étonnant qu’une âme possédant Notre Volonté puisse Nous donner des joies et du bonheur ; ainsi Nous nous réjouissons mutuellement. »
(7) Alors, ma pauvre pensée continuait à méditer sur la différence entre ceux qui se laissent dominer par la Volonté Suprême et ceux qui se laissent dominer par la volonté humaine, lorsque mon Souverain et unique Bien ajouta :
(8) « Ma fille, MA VOLONTÉ contient la puissance créatrice. Elle crée dans l’âme : la force, la grâce, la lumière et la même beauté avec lesquelles Elle désire que Ses œuvres soient accomplies par l’âme. Alors, l'âme ressent en elle : une force divine comme si elle lui appartenait, une grâce suffisante pour le bien qu'elle doit faire ou pour la souffrance qu'elle doit endurer, et une lumière qui, comme naturellement, lui fait voir le bien qu'elle fait. Et, séduite par la beauté de l'œuvre divine qu'elle accomplit, l'âme se réjouit et célèbre 6, car les œuvres accomplies par Ma Volonté en elle portent l'empreinte de la joie et d’une fête perpétuelle.
Cette fête, commencée par Mon "FIAT" lors de la Création, fut interrompue par la rupture qui sépara la volonté humaine de celle de Dieu. Mais lorsque l’âme laisse agir et régner en elle la Volonté Suprême, la fête reprend son cours : les amusements, les jeux et les délices 7 recommencent entre la créature et Nous. Il n’existe en Nous 8 ni malheur ni douleur ; comment pourrions-Nous les donner à la créature ? Et si elle ressent le malheur, c’est parce qu’elle abandonne la Volonté Divine et se renferme dans le petit champ de sa volonté humaine. Par conséquent, lorsqu’elle revient dans la Volonté Suprême, elle y retrouve les joies, le bonheur, la puissance, la force, la lumière et la beauté de son Créateur. En se les appropriant — en les faisant siennes — l'âme ressent en elle une substance divine, comme connaturelle 9, qui lui procure joie et bonheur, même dans la souffrance. C’est pourquoi, entre l’âme et Nous, c’est toujours la fête : nous jouons et nous nous délectons ensemble.
Au contraire, dans LA VOLONTÉ HUMAINE, il n’y a pas de puissance créatrice ; en voulant exercer les vertus, la volonté humaine ne peut créer la patience, l’humilité, l’obéissance, etc. Voilà pourquoi on ressent tant d'effort et de fatigue à pratiquer les vertus : il manque la force divine qui les soutient, la puissance créatrice qui les nourrit et leur donne la vie. De là viennent l’inconstance : on passe facilement des vertus aux vices, de la prière à la dissipation, de l’église aux divertissements, de la patience à l’impatience. Et tout ce mélange de bien et de mal produit le malheur dans la créature.
Mais celui qui laisse régner en lui MA VOLONTÉ ressent la fermeté dans le bien ; il sent que toutes choses lui apportent bonheur et joie, d’autant plus que toutes les choses que Nous avons créées portent l’empreinte, le germe de la joie et du bonheur de Celui qui les a créées. Elles ont été créées par Nous pour que toutes apportent le bonheur à l’homme. Chacune des choses créées a reçu de Nous la mission de transmettre à la créature la joie et le bonheur qu’elle possède. En effet, quelle joie et quel bonheur la lumière du soleil n’apporte-t-elle pas ? Quel plaisir les cieux bleus, un champ fleuri, une mer murmurante n’apportent-ils pas à la vue ? Quel délice un fruit doux et savoureux, une eau très fraîche, et tant d’autres choses encore n’apportent-ils pas au palais ? Toutes les choses créées, dans leur langage muet, disent à l’homme : " Nous t’apportons la joie, le bonheur de notre Créateur. "
Mais veux-tu savoir en qui toutes les choses créées trouvent l’écho de leur joie et de leur bonheur ? En l'âme en qui elles trouvent Ma Volonté régnante et dominante. Car cette Volonté, qui règne dans les choses créées, qui est possédée par Dieu Lui-même et qui règne dans l’âme, ne fait plus qu’Une. Alors, de l’une à l’autre débordent 10, comme des flots inépuisables, des mers de joie, de bonheur et de délices. C’est une véritable fête.
C’est pourquoi, ma fille, chaque fois que tu te fonds dans Ma Volonté et que tu parcours toutes les choses créées pour y sceller ton amour, ta gloire, ton adoration sur chacune d’elles — que J’ai créées pour te rendre heureuse — Je ressens en Moi la joie, le bonheur et la gloire se renouveler, comme dans l’acte même où toute la Création sortit de Nos mains. Tu ne peux comprendre la fête que tu Nous fais, lorsque Nous voyons ta petitesse, qui, voulant tout embrasser dans Notre Volonté, Nous rend amour et gloire pour toutes les choses créées. Notre joie est si grande que Nous mettons tout de côté pour jouir de la fête que tu Nous donnes.
Ainsi, vivre dans la Volonté Suprême est ce qu'il y a de plus grand pour Nous et pour l’âme : c’est l’effusion du Créateur sur la créature. En se répandant sur elle, Il lui donne Sa propre forme et lui communique toutes les qualités divines 11, de sorte que Nous nous sentons répéter en elle Nos œuvres, Notre joie et Notre bonheur. »
______________________
¹ comme un marchepied : comme un tabouret
2 substance : ne désigne pas juste une matière physique : il s’agit de la réalité essentielle, la « matière première » ou l’essence invisible qui permet à chaque couleur de se manifester. Autrement dit, c’est le principe intérieur et fondamental qui fait qu’une couleur existe et rayonne.
Textes qui parlent de substance : La charité, quant à elle, est la substance, la substance de Dieu (4e para), La substance est ma Volonté, ... (beaucoup de textes de Luisa parlent de substance...)
3 Le soleil est le symbole de Ma Volonté : un symbole, par sa forme ou sa nature, évoque spontanément quelque chose d'abstrait ou d'absent ; exemple : la colombe est un symbole de la paix
4 cette mer, en débordant, ne perd rien : car, à mesure que ses flots se répandent au dehors, d’autres les remplacent aussitôt : Il ne s’agit pas de vagues qui reviennent ni d’un phénomène physique réel ; cela veut dire que ce qui est sorti de la mer (le don de Dieu) ne la diminue pas, car sa plénitude se renouvelle instantanément ; c’est une métaphore dynamique de la fécondité divine : Dieu déborde de grâces, mais sa "mer" demeure toujours pleine.
Jésus explique ensuite à Luisa comment Dieu donne sans jamais rien perdre : l’âme (le petit vent) soulève des "vagues" dans la Mer divine — elle reçoit de Dieu des grâces, de la lumière, de l’amour ; quand les eaux “débordent”, cela signifie que Dieu se répand sur la créature, que son amour sort de Lui pour se donner. Mais, même en se donnant, la Mer divine ne s’appauvrit pas. C’est une image de la surabondance infinie de Dieu, qui ne diminue jamais en donnant.
5 exhalaisons : gaz, des odeurs se dégageant d'un corps, d'un lieu
6 célèbre : fait la fête
7 les amusements, les jeux et les délices : Trastulli → jeux enfantins, amusements, divertissements joyeux ; Giuochi → jeux au sens plus général, parfois symboliques (échanges aimants) ; Delizie → délices, délectations, plaisirs célestes.
8 Nous : la Sainte Trinité
9 une substance divine 'connaturelle' : une substance divine en conformité avec la nature de la créature, comme une seconde nature ; coïncidence intime de la nature divine et de l’âme.
10 Alors, de l’une à l’autre débordent : la Volonté de Dieu qui règne dans les choses créées et la même Volonté qui règne dans l’âme, deux "réalités" devenues une seule et même Volonté s’unissent, se communiquent mutuellement et débordent l’un dans l’autre — comme deux mers qui se rejoignent et échangent leurs flots de joie, de bonheur et de félicité.
11 Il lui donne Sa propre forme : ne désigne pas une apparence corporelle, mais l’empreinte de la nature divine de Dieu dans l’âme ; c’est la manière dont Dieu façonne l’âme pour qu’elle participe pleinement à Ses qualités divines, reflétant ainsi Ses œuvres, Sa joie et Son bonheur ; on pourrait donc traduire par : En se répandant sur elle, Il lui donne l’empreinte de Sa nature et lui communique toutes les qualités divines… »
(1) Je me sentais si petite, incapable de faire quoi que ce soit... alors j'ai appelé à mon aide ma Reine Maman, afin qu'ensemble nous puissions aimer, adorer et glorifier mon Souverain et Unique Bien — pour tous et au nom de tous. Dès ce moment, je me retrouvai dans une immensité de lumière, totalement abandonnée dans les bras de mon Père céleste ; ou plutôt, tellement identifiée à Lui que je ne faisais plus qu’un avec Lui, au point que je ne sentais plus ma propre vie, mais celle de Dieu. Mais qui pourrait dire ce que j’éprouvais, ce que je faisais ? Après cela, mon doux Jésus sortit du plus profond de moi-même et me dit :
(2) « Ma fille, tout ce que tu as éprouvé — ton plein abandon dans les bras de notre Père céleste, le fait de ne plus sentir ta propre vie — est l’image de la vie dans Ma Volonté : pour vivre en Elle, il faut vivre davantage en Dieu qu’en soi-même. Le néant doit céder sa vie au Tout, afin de pouvoir tout faire et avoir son acte au sommet de tous les actes de chaque créature.1
Telle fut la Vie de Ma Divine Maman : Elle fut la véritable image de la vie dans Ma Volonté. Sa vie y fut si parfaite qu’Elle ne faisait rien d’autre que recevoir continuellement de Dieu ce qu’Il voulait qu’Elle accomplisse pour vivre dans la Suprême Volonté. Ainsi, Elle recevait l’acte d’adoration suprême 2, afin de pouvoir se placer au sommet de toute adoration que toutes les créatures devaient rendre à leur Créateur. En effet, la véritable adoration a sa vie au sein des Trois Personnes Divines. Notre concorde parfaite, Notre amour réciproque, Notre unique Volonté forment l’adoration la plus profonde et la plus parfaite au sein de la Très Sainte Trinité. Ainsi, si la créature M’adore mais que sa volonté n’est pas en accord avec la Mienne, c’est un mot vain — non une adoration.
Ma Maman prit donc tout de Nous, afin de pouvoir se répandre en tout et se placer au sommet de chaque acte de créature — au sommet de chaque amour, de chaque pas, de chaque parole, de chaque pensée ; au sommet de chaque chose créée. Elle plaça Son acte premier sur toutes choses ; et cela Lui donna le droit d’être Reine de tous et de tout, surpassant en sainteté, en amour et en grâce, tous les Saints qui ont existé et existeront, ainsi que tous les Anges réunis ensemble. Le Créateur se répandit en Elle, Lui donnant tant d’amour qu’Elle en posséda assez pour L’aimer pour tous. Il Lui communiqua la plus haute concorde et l’unique Volonté des Trois Personnes Divines, de telle sorte qu’Elle put adorer pour tous d’une manière divine et suppléer à tous les devoirs des créatures.
Si cela n’avait pas été, il ne serait pas vrai que la Maman céleste les surpassa tous en sainteté et en amour ; ce ne serait qu’une façon de parler. Or, lorsque Nous parlons, ce sont des faits et non des paroles. Ainsi, Nous trouvâmes tout en Elle, et ayant trouvé tout et tous, Nous lui donnâmes tout, la constituant Reine et Mère du Créateur Lui-même. »
(3) « Or, fille de Ma Suprême Volonté, celle qui veut le Tout 3 doit tout renfermer et se placer au sommet, comme l'acte premier des actes de tous. Ainsi, l’âme doit se trouver au sommet de tout amour, de toute adoration, de toute gloire rendue par chaque créature. Ma Volonté est Tout : c’est pourquoi ta mission et celle de la Souveraine Reine ne font qu’une seule et même mission. Tu dois suivre, pas à pas, la manière dont Elle se conduisait avec Dieu, afin de recevoir l’attitude divine 4 et de posséder en toi un amour qui aime pour tous, une adoration qui adore pour tous et une gloire — la gloire de Dieu — qui se manifeste et se diffuse à travers toutes les créatures et toutes les choses créées. Tu dois être Notre écho, l’écho même de Ma Mère céleste 5 — car parmi toutes les créatures, Elle seule a vécu parfaitement et pleinement dans la Suprême Volonté. C’est pourquoi Elle peut être pour toi guide et maîtresse.
Ah ! si tu savais avec combien d’amour Je t’entoure et avec quelle jalousie Je veille sur toi, afin que ta vie dans Ma Volonté éternelle ne soit jamais interrompue ! Sache que Je fais davantage avec toi qu’avec Ma propre Maman céleste, car Elle n’avait ni tes besoins, ni tes tendances, ni tes passions, qui auraient pu, ne fût-ce que légèrement, entraver le cours de Ma Volonté en Elle. Avec la plus grande facilité, le Créateur se répandait en Elle, et Elle en Lui ; ainsi Ma Volonté demeurait toujours triomphante en Elle, et Elle n’avait nul besoin ni d’aiguillons ni d’avertissements. Mais avec toi, Je dois user de plus d’attention. Quand Je vois quelque petite passion ou tendance vouloir s’élever en toi, ou lorsque ta volonté humaine voudrait avoir quelque acte de vie propre, Je dois t’en avertir.
La puissance de Ma Volonté est capable de terrasser tout ce qui surgit en toi et qui ne Lui appartient pas. Ainsi, Ma grâce et Mon amour doivent affluer dans cette corruption que la volonté humaine est en train de former en toi et, par des grâces anticipées, empêcher qu'elle ne s’installe dans ton âme 6, car Je l’aime tant, cette âme en laquelle règne Ma Volonté. Combien Je l’aime, cette âme où le 'FIAT' Suprême — but unique de toute la Création et de la Rédemption 7 — déploie son action divine ! Elle Me coûte tant !
Elle Me coûte plus que toute la Création et la Rédemption elles-mêmes 8. La Création fut le commencement de Notre œuvre envers les créatures, la Rédemption en fut le moyen, et le 'FIAT' 9 en sera l’accomplissement. Les œuvres accomplies sont aimées davantage et acquièrent leur pleine valeur, car tant qu'une œuvre n'est pas achevée, il reste toujours à faire, à travailler, à souffrir ; sa juste valeur ne peut être calculée. Mais lorsqu'elle est achevée, il ne reste qu’à la posséder et à en jouir ; sa valeur complète vient alors parfaire la gloire de celui qui l’a formée. C'est pourquoi la Création et la Rédemption doivent se renfermer — être contenues — dans le 'FIAT' Suprême. Vois donc combien tu Me coûtes, combien Je sens que Je t’aime !
Le 'FIAT' opérant et triomphant dans la créature est pour Nous la plus grande chose, car la gloire que Nous avions établie de recevoir par la Création Nous est enfin rendue ; Notre but et Nos droits acquièrent leur pleine puissance.
Voilà pourquoi toutes Mes attentions envers toi, toutes Mes révélations pour toi, et tout l’amour que J’ai pour la Création et la Rédemption se concentrent en toi : car, en toi, Je veux voir le triomphe de Ma Volonté. »
______________________
1 Le néant : la créature humaine dans son état de rien, de pauvreté spirituelle, de petitesse devant Dieu ; doit céder sa vie au Tout : l’âme doit abandonner totalement sa volonté propre et laisser Dieu agir pleinement en elle ; afin de pouvoir tout faire : elle devient un instrument de l’action divine, Dieu agit à travers elle ; et avoir son acte au sommet de tous les actes de chaque créature : une fois unie à Dieu, l’acte de l’âme (sa pensée, son amour, son action) se place au sommet des actes de toutes les créatures ; cela ne signifie pas supériorité, mais prééminence spirituelle : en parfaite harmonie avec le plan de Dieu, elle devient un modèle ou une extension de la gloire divine
2 Elle recevait l’acte d’adoration : recevoir l’acte signifie participer activement à un acte divin que Dieu Lui-même accomplit ; Dieu communique (ou "fait recevoir") à la Vierge Marie Son propre acte d’adoration divine, celui qui circule au sein de la Trinité ; ainsi, Marie reçoit en Elle la capacité d’adorer comme Dieu adore Dieu, selon le mode divin ; autrement dit, Dieu Lui infuse l’acte divin d’adoration pour qu’Elle puisse, en son propre nom et au nom de toutes les créatures, rendre à Dieu l’adoration parfaite qui Lui est due.
l’acte d’adoration suprême : ce n’est pas une adoration "plus grande" parmi d’autres, mais l’adoration même qui existe en Dieu, c’est-à-dire : l’amour réciproque des Trois Personnes divines, leur parfaite unité de volonté, leur louange intérieure, éternelle ; Marie, vivant totalement dans la Divine Volonté, entre dans ce courant trinitaire.
3 le Tout : la plénitude de la Volonté Divine, Dieu dans toute Son étendue, Ses œuvres, Son amour et Ses actes ; vouloir le Tout : vouloir vivre pleinement de la Divine Volonté, vouloir ce que Dieu veut, participer à Ses actes, à Son amour et à Ses desseins ; unie au 'FIAT' divin l’âme embrasse tout : elle aime, adore et glorifie Dieu pour tous, suppléant ainsi à ce que les autres ne font pas, elle devient comme le cœur spirituel de la création où circule le vouloir divin pour toutes les créatures et toutes les choses créées ; en résumé, celle qui veut tout, c’est celle qui veut vivre pleinement du 'FIAT' Divin et qui, par amour, s’unit à tous les actes, amours et adorations des créatures pour les offrir à Dieu au nom de tous.
4 attitude divine : disposition intérieure de l’âme, l’orientation de ses actes, pensées et sentiments de manière à correspondre parfaitement à la Volonté de Dieu, suivant l’exemple de la Souveraine Reine
5 Notre écho : écho de la Sainte Trinité : Père, Fils et Esprit-Saint
6 ... Ma grâce et Mon amour doivent affluer : couler, se répandre, circuler librement ; le flux de grâce et d’amour divins se déversent continuellement dans l’âme ; dans cette corruption que la volonté humaine : passions, désordres, imperfections ; est en train de former en toi : processus en cours, dynamique, pas encore totalement installé ; et, par des grâces anticipées, empêcher que cette corruption ne s’installe : action préventive
En résumé, la grâce divine est purificatrice et protectrice (préventive) ; même lorsque la volonté humaine engendre en nous des passions désordonnées ou des tendances au mal (la "corruption"), la grâce et l’amour de Dieu s’y déversent pour en limiter l’influence et empêcher qu’elle ne s’installe durablement dans l’âme ; ainsi, la créature reste protégée et maintenue dans la Volonté divine, car elle est immensément aimée par Dieu.
7 le 'FIAT' Suprême — but unique de toute la Création et de la Rédemption
Tome 20, 24 octobre 1926, point no 2, 2e paragraphe : ...dans la Création comme dans le Royaume de Rédemption, c’était le Royaume du 'FIAT' que Je voulais établir au sein des créatures.
8 Elle Me coûte plus que toute la Création et la Rédemption elles-mêmes
Tome 19, 4 avril 1926 : (2) «Ma fille, tout ce que Je fais dans l’âme surpasse de loin, tout ce que J’ai fait dans la Création !
9 le 'FIAT' : désigne le « Fiat Voluntas Tua », c’est-à-dire « que ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel » ; c'est la réalisation de la divine Volonté sur la terre lorsque l’âme laisse pleinement Dieu agir en elle et par elle.
(1) Je me sentais toute rapetissée en moi-même et je cherchais à me fondre dans la Sainte Volonté Divine, pour courir auprès d’Elle, afin de Lui tenir compagnie dans Son œuvre et de la Lui rendre en retour, au moins par mon petit 'je T'aime'. Or, tandis que je faisais cela, mon doux Jésus, sortant de mon intérieur, me dit :
(2) « Ma fille, courage ! Ne fais pas attention à ta petitesse. Ce qui doit te tenir à cœur, c’est de garder ta petitesse dans Ma Volonté ; car en y demeurant, tu te perdras en Elle, et Ma Volonté, tel un vent, apportera dans ton acte la fraîcheur 1 qu’Elle possède comme un soulagement pour toutes les créatures. Elle portera 2 le vent chaud pour les enflammer de Mon amour, le vent froid pour éteindre le feu des passions, et enfin le vent humide pour faire germer et croître le germe — la semence — de Ma Volonté.
N’as-tu jamais senti les effets du vent, comme il sait changer l’air presque instantanément — passant du chaud au froid, de l’air humide à un air très frais et vivifiant ? Ma Volonté est plus encore que le vent ! Et tes actes en Elle, en L’agitant, meuvent les vents qu’Elle contient et produisent des effets merveilleux. Puis, tous ces vents, unis ensemble, investissent le Trône divin et apportent à leur Créateur la gloire de Sa Volonté opérant dans la créature. Oh ! si tous connaissaient ce que signifie opérer dans le Suprême 'FIAT', et les prodiges qu’Il renferme ! Tous rivaliseraient pour agir en Lui !
Vois-tu, Notre Volonté est si grande que Nous-mêmes en faisons la dépositaire de Nos œuvres 3. La Création ! Nous l’avons déposée dans Notre Volonté, afin qu’elle demeure toujours belle, fraîche, intacte, nouvelle, telle qu’elle sortit de Nos mains créatrices. La Rédemption ! Nous l’avons également déposée dans Notre Volonté, afin qu’elle demeure toujours en acte de racheter — Ma Naissance, Ma Vie, Ma Passion et Ma Mort : toujours en acte 4 de naître, de vivre, de souffrir et de mourir pour la créature. Seule Notre Volonté possède la vertu et la puissance de maintenir toujours en acte l’œuvre accomplie et d’en reproduire le bien — autant de fois qu’Elle le veut.
Nos œuvres ne seraient pas en sûreté si elles n’étaient pas déposées dans Notre Volonté. Et si cela est vrai pour Nos Œuvres, combien plus il doit en être ainsi pour les oeuvres des créatures ! À combien de dangers leurs œuvres ne sont-elles pas exposées lorsqu’elles ne sont pas déposées dans Notre Volonté ! Que de changements ne subissent-elles pas ! C’est pourquoi toute Notre joie est de voir la créature déposer ses actes dans la Suprême Volonté. Ces actes, bien que petits — et même leurs moindres riens — rivalisent avec les Nôtres. Et Nous prenons plaisir à voir le soin diligent et attentif qu'elle prend afin de déposer ses petits riens, en sûreté, dans Notre Volonté.
(3) « Or, si Notre Volonté est la dépositaire de la Création et de la Rédemption, Elle doit aussi conserver le dépôt du 'FIAT' : " Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel ".
Voilà pourquoi Je t'exhorte tant à déposer tout ce que tu fais dans Notre Volonté. Si tu ne formes pas ce dépôt — de tout toi-même, de tes petits actes, et même de tes moindres riens — Mon 'FIAT', n’ayant pas son plein triomphe en toi, ne pourra pas s’accomplir " sur la terre comme au Ciel ". »
______________________
1 fraîcheur
freschezza = fraîcheur, vivacité, nouveauté, pureté
refrigerio = rafraîchissement, soulagement, réconfort, apaisement.
Jésus ne parle pas ici d’une température physique, mais de la fraîcheur spirituelle de la Volonté Divine : sa vigueur vivifiante, son souffle de vie toujours nouveau ; cette « fraîcheur » exprime : la pureté originelle de Dieu, la vitalité éternelle de Sa Volonté, la grâce qui rafraîchit l’âme fatiguée ou brûlée par les passions
2 portera (portare = porter, transporter, amener, apporter) ; ici, le contexte du vent exprime un mouvement actif, une force en action ; la Volonté Divine met en mouvement ces vents spirituels qui se diffusent dans les âmes ; « portera » rend fidèlement le sens de propager, faire circuler, diffuser, illustrant l’image d’un souffle en marche, symbole de la Volonté Divine comme mouvement, souffle et puissance agissante.
3 la dépositaire : désigne la Volonté Divine comme gardienne vivante de toutes les œuvres de Dieu — Création, Rédemption, Sanctification.
4 toujours en acte : un présent éternel, un acte divin qui ne se termine jamais ; Dieu agit sans cesse : Il crée, rachète, sanctifie à chaque instant, dans un présent continu ; le croyant uni à la Divine Volonté n’imite pas seulement les actes de Jésus — il y participe réellement, car ils sont toujours "en acte"
(1) Je passe des jours très amers à cause de la privation de mon doux Jésus. Je sens que je respire un air empoisonné, suffisant à me donner non pas une seule, mais mille morts. Et au moment où je suis sur le point de succomber sous ce coup mortel, je ressens l’air vital et balsamique de la Volonté Suprême, qui me sert d’antidote pour ne pas mourir ; il me maintient en vie afin que je subisse des morts continuelles sous le poids incalculable de la privation de mon Souverain et Unique Bien !
Ô privation de mon Jésus, combien tu es douloureuse ! Tu es le véritable martyre de ma pauvre âme ! Ô Volonté Suprême, combien Tu es forte et puissante ! En me donnant la vie, Tu m’empêches de m’envoler vers ma Patrie céleste pour y trouver Celui après lequel je soupire et que je désire tant. Ah ! aie pitié de mon dur exil, aie pitié de moi qui vis sans Celui qui seul peut me donner la vie !
Mais tandis que je me sentais écrasée sous le poids de Sa privation, mon aimable Jésus s’émut au-dedans de moi et me regarda fixement. Sous Son regard plein de compassion, je me sentis revenir de la mort à la vie. Et tandis que j’accomplissais mes actes habituels dans Sa Volonté Suprême, malgré mon extrême souffrance, Il me dit :
(2) « Ma fille, tandis que tu imprimais ton 'Je T’aime' dans Ma Volonté sur toutes les choses créées, toute la Création ressentait l’amour de son Créateur se redoubler 1. Et puisque les choses créées n’ont pas 'la raison' (faculté de raisonnement), cet amour a alors coulé avec impétuosité vers Celui qui les crée (le Créateur) 2.
Et le Père céleste, voyant l’amour qu’Il avait répandu dans la Création se trouver redoublé par la petite nouveau-née de Sa Volonté, afin de ne pas être surpassé en amour, redouble à son tour Son amour et le fait couler sur toutes les choses créées, suivant le même parcours 3 que celui de Sa petite fille. [Parcours qui finit donc au Créateur. Asa]
Puis, le Père céleste centralise 4 tout cet amour en celle qui Lui a envoyé Son amour redoublé ; et, avec une tendresse toute paternelle, Il attend une nouvelle surprise : que Sa nouveau-née Lui redouble encore Son Amour.
Oh ! si tu savais 5 les courants et les vagues d’amour qui vont et viennent de la terre au Ciel et du Ciel à la terre ! Et comme toute la Création, bien que muette et sans raison, ressent cet amour redoublé de Celui qui l’a créée et de celle 6 pour qui elle a été créée ! Les choses créées prennent toutes une attitude de sourire et de fête et, bienveillantes, laissent couler leurs affections vers les créatures. Vivre dans Ma Volonté meut tout, investit tout, et accomplit l’œuvre du Créateur dans la Création.
Sur la terre, le ‘FIAT’ possède une dimension plus prodigieuse, une note plus harmonieuse et une beauté plus particulière que dans le Ciel. En effet, au Ciel, Il manifeste le prodige 7 d’un 'FIAT' TRIOMPHANT ['FIAT' de triomphe absolu 8], auquel nul ne peut résister, et toute la jouissance des régions célestes découle de ce 'FIAT' Suprême. Mais ici, sur la terre, au fond de l’âme, Il révèle le prodige d’un 'FIAT' CONQUÉRANT 9, accomplissant de nouvelles conquêtes.
Au Ciel, le 'FIAT' ne fait pas de nouvelles conquêtes car tout Lui appartient déjà. Dans l’âme pèlerine 10, Mon 'FIAT' n’est pas absolu : Il veut que l'âme collabore à Sa propre Œuvre. C’est pourquoi Il se plaît à Se manifester, à commander, et même à la prier d’opérer avec Lui. Et lorsque l’âme cède et se laisse investir par le 'FIAT' Suprême, il se forme des notes si harmonieuses, d'un côté comme de l'autre, que le Créateur Lui-même se sent comme recréé par Ses propres notes divines émanant de la créature. Ces notes n’existent pas au Ciel, car le Ciel n’est pas le séjour des œuvres, mais celui des jouissances. C’est pourquoi l'on peut dire que Mon 'FIAT' sur la terre a la belle caractéristique d’imprimer dans l’âme Son propre agir divin, et d’en faire la répétitrice de Ses œuvres.
Mon 'FIAT' triomphe au Ciel, mais nul ne peut dire dans les régions célestes : " Ici, j’ai accompli une œuvre pour témoigner de mon amour et de mon sacrifice au 'FIAT' Suprême ". Mais ici, sur la terre, Il est conquérant. Et s'Il aime le trône, Il chérit bien davantage les nouvelles conquêtes. Que ne ferait pas Mon 'FIAT' pour attirer une âme dans Sa Volonté, pour la faire agir en union avec Lui ? Que n'a-t-Il pas déjà fait pour toi, et que ne fait-Il pas encore ? »
(3) Ensuite, mon doux Jésus se fit voir crucifié, souffrant beaucoup. Je ne savais que faire pour Le soulager ; je me sentais anéantie par les privations endurées. Alors Jésus, se détachant de la Croix, se jeta dans mes bras en me disant :
(4) « Aide-moi à apaiser la justice divine qui veut frapper les créatures.. »
(5) Un fort tremblement de terre fut alors ressenti, capable de provoquer la destruction de villes. Je restai effrayée. Jésus disparut et je me retrouvai en moi-même...
______________________
1 la Création ressentait l’amour de son Créateur se redoubler : dans la Volonté Divine, l'âme s’unit à l’action même de Dieu ; son amour humain (elle dépose son 'je T'aime' sur les choses créées) devient comme une extension, une résonance de l'Amour Divin ; et les choses créées ressentent alors une nouvelle vague d'Amour de la part de leur Créateur ; l'âme est comme un canal divin et l'amour divin est renouvelé à travers elle
2 Pourquoi l'amour a 'coulé' vers le créateur ? Quel est le rapport avec le fait que les choses créées n'ont pas la raison ? Le lien est subtil et mystique :
Les créatures sont sans raison → elles ne peuvent pas comprendre ni retenir l’amour qui leur est donné. Elles ne réfléchissent pas, n’analysent pas, ne choisissent pas de l’accueillir.
Par conséquent, l’amour qui sort vers elles ne s’arrête pas chez elles. Comme elles ne peuvent pas “répondre” rationnellement, l’amour rebondit, retourne ou se dirige naturellement vers le Créateur, celui qui en est la source.
Donc l’amour “a coulé vers le Créateur” non parce que les créatures sont mauvaises, mais parce qu’elles sont incapables de raisonner, et l’amour “trouve” sa source et son écho en Dieu.
En d’autres termes : l’absence de raison chez les créatures fait que l’amour divin circule et revient à Dieu, comme un flot qui ne s’arrête pas là où il n’y a pas de compréhension ni de libre réponse consciente.
3 le même parcours : la même voie d’amour, initiée par l’âme vivant dans la Divine Volonté ; le 'Je T’aime' de l'âme, uni à l’Amour divin, traverse toute la Création — le soleil, les étoiles, les fleurs, la mer, ... — puis retourne à Dieu.
4 centraliser : traduit le verbe italien accentrare ; signifie ramener ou orienter plusieurs choses vers un centre commun mais sans les détruire ni les confondre
Dans le contexte de la Divine Volonté, ce « centre » est Dieu Lui-même, source et fin de tout amour.
Lorsque le Père « accentra tutto quest’amore in colei… », il rassemble et ordonne tout l’amour circulant dans la Création pour le ramener dans l’âme qui l’a suscité, sans en diminuer la diversité ni la richesse.
Ainsi l’âme devient un centre vivant de circulation pour l’Amour divin
5 ...si tu savais : traduction de … se tu sapessi…, (de sapere, “savoir”) ; dans le langage mystique de Luisa, ce verbe ne désigne pas un savoir de l’intelligence, mais exprime une connaissance intérieure et vécue, par laquelle l’âme goûte les réalités divines.
6 et de celle pour qui elle a été créée : fait référence à l’âme qui vit dans la Divine Volonté, ici représentée par l’âme de Luisa, la petite enfant de la Divine Volonté ; dans le texte, toutes les créatures ont été créées par Dieu, mais aussi pour cette âme, afin que l’amour circule à travers elle et se redouble dans la Création
Et que peut-on dire de celles, qui à la suite de Luisa, vivront dans la divine volonté ? Luisa elle-même est la première âme à vivre pleinement dans la Divine Volonté (après la Vierge Marie), mais toute âme qui entrera et vivra dans la Divine Volonté deviendra, comme Luisa, un centre vivant de circulation de l’amour divin ; ces âmes participent au même flux d’amour : elles reçoivent l’amour de Dieu, le répandent à la Création, et contribuent à redoubler l’amour qui revient vers Dieu, exactement comme Luisa ; on peut donc dire que "celles" sont les continuatrices du mouvement d’amour initié par la première née, chaque âme vivant dans la Divine Volonté devient un canal, un miroir et un amplificateur de l’amour divin !
7 prodige : merveille, miracle, extraordinaire, phénomène, exploit
8 'FIAT' TRIOMPHANT ( 'FIAT' de triomphe absolu) : absolu : qui existe indépendamment de toute condition ou de tout rapport avec autre chose ; désigne le règne absolu de la Divine Volonté au Ciel, où tout Lui est soumis et où rien ne s’oppose à Son empire ; exprime le triomphe parfait et éternel du Vouloir divin, sans résistance ni conquête à accomplir
9 'FIAT' CONQUÉRANT : agit sur la terre, dans l’âme unie à la Divine Volonté ; Il poursuit de nouvelles conquêtes, transformant les actes humains en actes divins, jusqu’à ce que tout devienne Vie du 'FIAT'
10 âme pèlerine : le pèlerin est un croyant qui fait un voyage vers un lieu de dévotion, tenu pour sacré selon sa religion, il espère un renouveau de vie ; l'âme pèlerine (traduction de anima viatrice) exprime à la fois l’exil, la marche et la croissance ; l’âme chemine dans la Divine Volonté, apprenant à collaborer avec Dieu dans Son Œuvre créatrice et rédemptrice, jusqu’à ce que le 'FIAT' devienne en elle triomphant et absolu, comme au Ciel.
(1) Je pensais en moi-même : " Quand mon doux Jésus parle de Sa Volonté, Il unit presque toujours la Souveraine Reine du Ciel ou bien la Création. Il semble qu’Il prenne tant de plaisir à parler de l’une et de l’autre, qu’Il cherche continuellement des occasions, des prétextes et des moyens pour manifester ce que fait Sa Très Sainte Volonté, tant dans la Maman Céleste que dans la Création. " Or, tandis que je pensais cela, mon aimable Jésus, se mouvant en mon intérieur et tout plein de tendresse, me serra contre Lui et me dit :
(2) « Ma fille, si J’agis ainsi, c’est que J’ai de justes raisons. Tu dois savoir que ce n’est que dans la Création et dans Ma Mère Céleste que Ma Volonté est demeurée toujours intacte, et qu’Elle y a gardé Son champ d’action libre. Et puisque Je t’appelle à vivre dans Ma Volonté comme elles, Je devais te les proposer comme exemples, comme images à imiter.
Pour accomplir de grandes choses, de manière que tous puissent en percevoir le bien — à moins qu’ils ne le refusent —, la première condition est que Ma Volonté agisse pleinement dans l’âme. Regarde la Création : Ma Volonté y demeure entière, et parce qu’Elle y est entière, chaque chose créée reste à sa place et contient la plénitude du bien avec lequel elle fut créée. C’est pourquoi la Création demeure toujours nouvelle, noble, pure, fraîche, et peut partager avec tous le bien qu’elle possède. Mais ce qui est admirable, c’est que, tout en se donnant à tous, elle ne perd rien et demeure toujours telle qu’elle fut créée par Dieu. Qu’a perdu le soleil en donnant tant de lumière et de chaleur à la terre ? Rien. Qu’a perdu le ciel azur en demeurant étendu dans l’atmosphère, ou la terre en produisant tant de plantes diverses ? Rien. Il en est ainsi de toutes les choses créées par Moi. Oh ! Comme la Création illustre admirablement cette parole qu’on dit de Moi : " Il est toujours ancien et toujours nouveau." Ainsi, Ma Volonté, dans la Création, est le centre de la Vie, la plénitude du bien, l’ordre et l’harmonie. Elle maintient toutes choses à la place voulue par Elle. Où pourrais-tu trouver un exemple plus beau, une image plus parfaite de la vie dans Ma Volonté, sinon dans la Création ?
Voilà pourquoi Je t’appelle à vivre au milieu des choses créées, comme leur sœur, afin que tu apprennes à vivre dans la Suprême Volonté et à demeurer, toi aussi, à la place que J’ai voulue pour toi. Ainsi, Ma Volonté pourra enfermer en toi la plénitude du bien qu'Elle veut y déposer, afin que quiconque le désire puisse y puiser. Et puisque tu es douée de raison, tu dois les surpasser toutes et rendre à ton Créateur amour et gloire pour chaque chose créée, comme si toutes étaient douées de raison. Ainsi, tu seras la suppléante 1 de toute la Création, et la Création sera pour toi un miroir dans lequel te contempler, afin de copier la Vie dans Ma Volonté et de ne pas te déplacer de la place que J’ai voulue pour toi. Elle sera ton guide et ton enseignante, te donnant les leçons les plus hautes et les plus parfaites sur la Vie dans Ma Volonté. »
(3) « Mais Celle qui les surpasse tous — créatures et choses créées —, c’est Ma Maman Céleste ! Elle est le nouveau Ciel, le Soleil le plus éclatant, la Lune la plus brillante, la Terre la plus fleurie ; Elle renferme tout, tout en Elle. Et si chaque chose créée renferme la plénitude du bien reçu de Dieu 2 , Ma Maman contient tous les biens ensemble, car, douée de raison et vivant pleinement dans Ma Volonté, la plénitude de la grâce, de la lumière et de la sainteté croissait en Elle à chaque instant. Ma Volonté formait en Elle des soleils et des étoiles pour chacun de Ses actes, de sorte qu’Elle surpassa toute la Création ; et, étant entière et permanente en Elle, Ma Volonté accomplit la plus grande des œuvres : obtenir le Rédempteur tant désiré 3.
Voilà pourquoi Ma Maman est Reine au milieu de la Création : Elle surpassa toutes les créatures et toutes les choses créées, parce que Ma Volonté trouva en Elle l’aliment de Sa raison 4, qui Lui permit de vivre intégralement et constamment en Elle. Il y avait un accord parfait entre Nos volontés : Elles se donnaient mutuellement la main 5 ; il n’y avait pas une fibre de Son Cœur, pas un mot, pas une pensée sur laquelle Ma Volonté ne possédât Sa Vie. Et que ne peut faire une Volonté Divine ? Elle peut tout. Aucun pouvoir ne Lui manque ; il n'y a rien qu’Elle ne puisse accomplir. C’est pourquoi on peut dire que Ma Maman a tout accompli. Et tout ce que les autres, réunis, n'ont pu faire, ni ne pourront jamais faire, Elle l’a accompli seule. »
(4) « Ne sois pas surprise si Je te montre souvent la Création et la Souveraine Reine, car Je dois t’indiquer les modèles les plus parfaits : là où Ma Volonté possède une vie perpétuelle et n’a jamais trouvé d’obstacle à Son champ d’action divine, afin de pouvoir accomplir des œuvres dignes d’Elle-même. C’est pourquoi, Ma fille, si tu veux que Mon 'FIAT' Suprême règne "comme au Ciel" — ce qui est la plus grande œuvre qu’il Nous reste à accomplir pour les générations humaines —, laisse Ma Volonté avoir en toi la place de Souveraine et qu’Elle y vive pleinement, intégralement et de manière permanente. Ne t’inquiète de rien d’autre : ni de ton incapacité, ni des circonstances, ni des choses nouvelles qui pourraient surgir autour de toi ; car, tant que Ma Volonté régnera en toi, tout servira de matière et d’aliment pour que Mon 'FIAT' trouve son plein accomplissement. »
(5) Je pensais ensuite en moi :
" Il est vrai que ma Reine Maman fit le plus grand des sacrifices, que nul autre n’a jamais accompli : celui de ne pas vouloir connaître Sa propre volonté, mais uniquement celle de Dieu. En cela, Elle embrassa toutes les douleurs, toutes les peines 6 , jusqu’à l’héroïsme du sacrifice de Son propre Fils pour accomplir la Volonté Suprême.
Mais, une fois ce sacrifice accompli, tout ce qu’Elle souffrit ensuite n’en fut que la conséquence. Elle n’eut pas à lutter comme nous, dans les diverses circonstances, les rencontres imprévues, les pertes inattendues. Pour nous, c’est une lutte continuelle, jusqu’à faire saigner le cœur par crainte de céder à notre volonté humaine guerrière.
Quelle vigilance il faut garder pour que la Volonté Suprême conserve toujours Sa place d’honneur et de souveraineté sur tout ! Et souvent, la lutte devient plus cruelle encore que la souffrance elle-même 7 . "
Mais tandis que je pensais cela, mon aimable Jésus s’émut en mon intérieur et me dit :
(6) « Ma fille, tu te trompes. Le sacrifice suprême de Ma Maman ne fut pas un seul acte, mais ils furent aussi nombreux et aussi grands que les douleurs, les peines, les circonstances et les rencontres auxquelles Sa vie, et la Mienne, furent exposées. Ses souffrances furent toujours doublées en Elle, car Mes douleurs étaient les Siennes — plus encore que Ses propres douleurs.
Et puis, Ma Sagesse ne changea pas de méthode avec Ma Mère : pour chaque peine qui devait L’atteindre, Je Lui demandais toujours si Elle voulait l’accepter, afin de L'entendre Me répéter 'FIAT' 8 — dans chaque douleur, dans chaque circonstance et jusque dans chacun des battements de Son Cœur. Ce 'FIAT' résonnait en Moi avec une telle douceur, une telle suavité et une telle harmonie, que Je voulais L'entendre répéter à chaque instant de Sa vie. C’est pourquoi Je Lui demandais toujours : " Maman, veux-tu faire ceci ? Veux-tu souffrir cette peine ? " Et Mon 'FIAT' Lui apportait les mers de biens qu’Il contient, Lui faisant comprendre ainsi l’intensité de la peine qu’Elle acceptait. Cette compréhension, par la lumière divine, de ce qu’Elle allait souffrir pas à pas, Lui causait un martyre d'une intensité infiniment supérieure à la lutte 9 que connaissent les créatures. En effet, puisque le germe du péché était absent en Elle, le germe de la lutte l’était aussi. Ma Volonté devait donc trouver un autre moyen pour qu’Elle ne fût pas inférieure aux autres créatures dans la souffrance, puisque, devant acquérir par Justice le droit d’être 'Reine des Douleurs', Ses peines devaient surpasser celles de toutes les créatures réunies.
Et combien de fois, toi-même, ne l’as-tu pas expérimenté ? Tandis que tu ne ressentais aucune lutte en toi, Ma Volonté te faisait comprendre les douleurs auxquelles Elle te soumettait, et tu restais alors pétrifiée sous l’intensité de la souffrance. Et tandis que tu étais anéantie dans cette douleur, tu demeurais comme un petit agneau dans Mes bras, prête à accepter encore d’autres souffrances auxquelles Ma Volonté voulait te soumettre. Ah ! ne souffrais-tu pas plus encore que dans la lutte elle-même ? La lutte est le signe des passions véhémentes 10 , tandis que Ma Volonté, si Elle apporte la douleur, donne aussi de l’intrépidité 11, ainsi que la connaissance de l’intensité de la peine, conférant un mérite (au sacrifice) que seule une Volonté Divine peut donner 12.
Ainsi, J’agis avec toi comme J’agissais avec Ma Maman — en te demandant toujours, avant chaque chose que Je veux de toi, si tu la veux, si tu l’acceptes — afin que le sacrifice soit toujours nouveau, qu’il Me donne l’occasion de converser avec la créature, d’être avec elle, et que Ma Volonté ait Son champ d’action divine dans la volonté humaine. »
(7) Or, tandis que j’écrivais ce qui est rapporté ci-dessus, je ne pus continuer, car mon esprit fut ravi hors de ses sens par un chant d’une beauté et d’une harmonie incomparables, accompagné d’un son jamais entendu auparavant. Ce chant captivait tous ceux qui l’entendaient et s’accordait avec toute la Création et la Patrie céleste. J’écris tout cela par obéissance. Alors que j’écoutais ce chant, mon Jésus me dit :
(8) « Ma fille, écoute comme il est beau ! Ce son et ce chant sont un cantique nouveau, formé par les Anges en hommage, gloire et honneur à l’union de la Volonté Divine avec ta volonté humaine. La joie de tout le Ciel et de toute la Création est si grande que, ne pouvant la contenir, ils chantent et font résonner leur musique. »
(9) Après qu’Il eut dit cela, je me retrouvai en moi-même.
______________________
¹ suppléante : vient du verbe suppléer — accomplir à la place de quelqu’un ce qu’il n’a pas fait ; celle qui vit dans la Divine Volonté rend à Dieu amour et gloire au nom de toutes les créatures, suppléant ainsi à ce qu’elles ne lui donnent pas ; c'est une mission d’intercession réparatrice et de médiation
2 la plénitude du bien reçu de Dieu : tout le bien possible que Dieu lui a octroyé personnellement ; tout ce qui a été créé par Dieu possède pleinement le bien pour lequel il a été créé : sa beauté, son harmonie, sa finalité et sa bonté intrinsèque ; chaque élément de la Création manifeste la perfection du plan divin selon la mesure qui lui a été donnée par Dieu
3 étant entière et permanente en Elle, Ma Volonté accomplit la plus grande des œuvres : obtenir le Rédempteur tant désiré : par son adhésion totale et permanente à la Volonté divine, la Vierge Marie a coopéré activement à l’œuvre du salut ; Sa pleine disponibilité et sa perfection dans le 'FIAT' ont permis à Dieu de réaliser le plan de rédemption en envoyant le Christ.
« C'est ainsi que nous avons choisi une créature et, en vertu des mérites à venir du futur Rédempteur, Elle fut exemptée du péché originel. Sa volonté et la nôtre ne faisaient qu'une. » 24 novembre 1923
🔗 MARIE FUT DEVANT DIEU AVANT ADAM
4 l’aliment de Sa raison : la Volonté Divine trouvait en Marie la pleine correspondance de sa vie intérieure, un accord parfait entre la raison humaine de la Vierge et la Divine Volonté ; en Marie, tout acte, pensée et désir nourrissaient la Vie de la Divine Volonté, Lui donnant la “nourriture” — c’est-à-dire le lieu vivant et conscient — où cette Volonté Divine pouvait agir librement et pleinement.
aliment = ce qui soutient et permet à la Divine Volonté de vivre et d’agir
raison = la faculté humaine consciente et libre de Marie, parfaitement unie à celle de Dieu
« Celui qui demeure toujours dans Ma Volonté me lie de façon à faire sortir de Moi une puissance continuelle qui garde l'âme dans une disponibilité continuelle envers Moi, de sorte que l'âme forme Ma nourriture et Moi la sienne. » 18 mars 1903
5 Elles se donnaient mutuellement la main : exprime la collaboration libre, amoureuse et ininterrompue entre Dieu et la créature parfaitement fidèle
6 toutes les douleurs, toutes les peines :
les “douleurs” (dolori) : souffrances physiques, sensibles ou visibles ; ce sont les douleurs ressenties par le corps ou perçues extérieurement : la fatigue, les blessures, les maladies, la faim, la crucifixion, etc. ; même dans un sens spirituel, cela reste ce qui touche les sens ou ce qui apparaît au regard humain ; dans le cas de la Vierge Marie, ce sont les douleurs corporelles et maternelles : la fuite en Égypte, la perte de Jésus au Temple, la Passion vue de Ses yeux, la mort du Fils qu’Elle porte en Elle comme une blessure vivante.
les “peines” (pene) : souffrances morales, intérieures ou spirituelles ; ce sont les peines du cœur, de l’âme, de la volonté : solitude, compassion, obéissance, détachement, privation de Dieu, ou participation mystique à la souffrance du Christ ; pour Marie, ce sont les peines d’union à la Volonté divine : la douleur de ne jamais résister, même intérieurement, à ce que Dieu demande ; la souffrance silencieuse de tout offrir dans la lumière du Fiat, sans plainte ni révolte.
7 la lutte devient plus cruelle encore que la souffrance elle-même : l'intensité du combat intérieur lorsqu’on s’efforce de ne pas céder à sa propre volonté humaine, peut être plus accablante et épuisante que la souffrance physique ou émotionnelle résultant de la perte de ce combat
8 FIAT : en répétant ce mot, Marie exprime son consentement continuel à la Volonté divine ; à chaque peine ou épreuve, Dieu lui demande librement son adhésion, et Marie répond par ce même oui créateur — le 'FIAT' — qui avait déjà ouvert la voie à l’Incarnation. Cette répétition constante manifeste la parfaite harmonie entre la volonté humaine de Marie et la Volonté divine, jusque dans les moindres battements de son Cœur.
9 la lutte : le combat intérieur entre la volonté humaine désordonnée (désirs, passions, hésitations) et la Volonté de Dieu ; souffrance profonde et pénible, car l’âme ressent tension, crainte, résistance ou hésitation à se soumettre à Dieu ; dans les écrits de Luisa Piccarreta, cette lutte est inévitable pour toute créature humaine, à cause du péché originel
10 passions véhémentes : passions violentes, enflammées, fougueuses, intenses, désordonnées, fortes, conflictuelles
11 intrépidité : courage et détermination
12 Lutte et douleur dans la Volonté Divine :
Lutte : désigne le combat intérieur propre à la volonté humaine, agitée par ses passions, ses résistances et ses désirs contraires à la Volonté de Dieu ; elle est le signe de la nature blessée par le péché, où la souffrance s’accompagne d’un conflit intérieur, signe d’une nature encore divisée, marquée par le péché et de la résistance à Dieu.
Douleur vécue dans la Divine Volonté : n’est pas issue de la résistance mais de l’union ; la volonté humaine adhère pleinement à la Volonté divine ; l’âme ne résiste plus, elle consent à la souffrance que Dieu lui présente et l’accueille avec intrépidité et paix ; cette adhésion apporte lumière et connaissance de la valeur du sacrifice, conférant à la souffrance un mérite divin, c’est-à-dire une fécondité surnaturelle que seule la Volonté de Dieu peut produire.
(1) Je me sentais toute immergée dans la Volonté Suprême, et mon doux Jésus sortit de mon intérieur. Il me serra étroitement contre Lui, approcha Sa bouche de mes lèvres et m’envoya Son souffle tout-puissant. Mais qui pourrait dire ce que je ressentis en moi ? Ce souffle me pénétrait jusqu’aux fibres les plus intimes ; il me remplissait tout entière, si bien que je ne sentais plus ni ma petitesse, ni même mon existence, mais seulement Jésus, présent en tout mon être. Puis, après avoir répété plusieurs fois cet acte de m’envoyer Son souffle — car Il semblait ne pas être satisfait tant qu’Il ne me voyait pas entièrement remplie de ce souffle divin — Il me dit :
(2) « Ma fille, puisque tu es née dans Ma Volonté, il est nécessaire, juste et convenable que tu vives en Elle, que tu y croisses, t’y nourrisses, et que tu acquières les prérogatives d’une véritable fille de Ma Volonté. Aucun trait étranger, rien qui n’appartienne pas à Ma Volonté, ne doit se voir en toi. Ainsi, à travers ta physionomie, tes manières, ta façon de parler, et même dans ta manière d’aimer et de prier, on doit reconnaître que tu es la fille de Ma Volonté. Vois-tu combien Je t’aime et avec quelle jalousie Je te garde et te nourris ? Je te nourris de Mon propre Souffle, car pour celle qui doit vivre dans Ma Volonté, seul Mon Souffle peut conserver, entière et permanente, la Vie de Ma Volonté en elle. Ce Souffle que Je fis sortir de Mon Sein avec tant d’amour lors de la création de l’homme, pour lui infuser Ma ressemblance, Je continue de l’insuffler dans l’âme qui vit dans Ma Volonté, afin d'y former Mes véritables images 1 et d’y accomplir les grands prodiges 2 que Je voulus dès la Création — finalités pour lesquelles toutes choses furent créées.
Voilà pourquoi Je désire tant que l’âme vive dans Ma Volonté : elle seule ne Me décevra pas dans le dessein de la Création. Elle seule jouira, à juste titre, des choses que J’ai créées, puisque Ma Volonté étant une avec la sienne, ce qui est à Moi est à elle ; et, à bon droit, elle pourra dire : " Les cieux, le soleil, la terre et toutes les autres choses sont à moi ; je veux en jouir pour honorer cette Volonté suprême qui les a créées et qui règne en moi. " Au contraire, l’âme en qui Ma Volonté ne règne pas n’a aucun droit. Et si elle jouit de Ses biens, elle est une usurpatrice, car ils ne lui appartiennent pas : elle est une intruse parmi Mes biens. Mais Ma Bonté est si grande que Je lui permets d’en jouir à titre d'aumône, et non de droit. Voilà pourquoi, bien souvent, les éléments se déchaînent au détriment de l’homme : il n’a aucun droit, et tout ce qu’il reçoit des choses de la terre n’est que les aumônes du Créateur. Mais celle qui vit dans Ma Volonté est comme une reine au milieu de la Création, et Je Me réjouis souverainement de la voir régner au milieu de Mes biens.
(3) Après cela, je continuai à prier, et mon doux Jésus revint. De Ses très saintes mains jaillissaient deux fontaines de lumière, dont l’une descendait sur ma pauvre âme. Et, par un ingénieux dispositif qui se formait entre les Mains de Jésus, cette lumière, tout en descendant, remontait vers le haut ; elle semblait former un courant continu, descendant et remontant à la fois. Jésus se délectait tout entier au milieu de ces fontaines de lumière, et Il veillait avec une grande sollicitude à ce qu’elles restent entièrement centrées en moi. Puis Il me dit :
(4) « Ma fille, cette fontaine de lumière qui descend de Mes mains, c’est Ma Volonté, qui descend du Ciel et se fraye un chemin dans l’âme pour y accomplir ce qu’Elle veut y faire. Cette même action de Ma Volonté dans l'âme forme l’autre fontaine de lumière, qui, à travers Mes mains, remonte de nouveau vers le Ciel pour porter à l’Éternel Créateur : l’accomplissement de Ma Volonté dans la créature. Mais tandis qu’elle 3 s’élève, elle redescend aussitôt, doublée, pour poursuivre son action divine dans la créature.
Ma Volonté est un mouvement continuel : Elle ne s’arrête jamais. Si Son mouvement pouvait être arrêté — ce qui est impossible — la vie de toute la Création cesserait : le soleil, le ciel étoilé, les plantes, l’eau, le feu, les créatures... tout retomberait dans le néant. Ainsi, par Son mouvement incessant, Ma Volonté est la vie de chaque chose créée. Elle relie tout, unit tout ! Elle est plus encore que l’air, qui, par son souffle, fait respirer, croître et se développer toutes les choses sorties de Nos mains.
Vois donc quelle offense les créatures Me font ! Tandis que Ma Volonté est la Vie de tout, le centre de toutes choses, et que, sans Elle, rien — ni être, ni bien — ne pourrait exister, les créatures refusent de reconnaître Son empire sur elles et même Sa Vie qui coule en elles. C’est pourquoi celle — l’âme — qui reconnaît la Vie de Ma Volonté en elle et en toutes choses devient le triomphe de Notre Volonté, la conquête de Nos victoires 4, et le retour d’amour que Notre Cœur attend en échange de Son mouvement éternel. Ma Volonté lie cette créature à toute la Création, la faisant participer à tout le bien que Ma Volonté accomplit Elle-même. Ainsi, tout lui appartient ; et Je l’aime à tel point que Je ne puis rien faire sans elle, car, par la vertu de Ma Volonté, nous partageons la même Vie, le même Amour, un seul battement de cœur et un seul souffle. »
(5) Et en disant cela, Il se jeta dans mes bras, comme évanoui d’amour, puis disparut.
_____________________
1 Mes véritables images : les aspects de la perfection divine — image de la sagesse, de l’amour, de la puissance, de la patience, etc. ; chaque image représente une vertu ou une action de la Volonté divine, pleinement reproduite dans l’âme.
2 ... les grands prodiges : les merveilles spirituelles que Dieu voulait accomplir dès la Création
la vie de la Volonté divine dans l’âme, c’est-à-dire que l’âme agisse, aime et prie selon la Volonté de Dieu ;
la transformation de l’âme en véritable reflet de Dieu, capable de reproduire Sa Vie, Son Amour et Son action ;
la perfection de l’union avec Dieu, où l’âme vit entièrement en Lui, dans tous ses actes.
3 elle : renvoie à la fontaine de lumière, symbole de la Divine Volonté qui descend du Ciel dans l’âme pour y agir, puis remonte vers Dieu, Lui offrant l’accomplissement de Son œuvre — avant de redescendre de nouveau, intensifiée, pour continuer son action sanctifiante dans la créature.
4 la conquête de Nos victoires
conquête : action de conquérir, de s'accaparer, de s'approprier
victoire : succès obtenu dans un combat, une bataille, une guerre, heureuse issue d'une lutte, d'une opposition, d'une compétition, triomphe
(1) Selon mon habitude, j’étais en train de me fondre dans la Sainte Volonté Divine et je disais :
🙏 « Majesté Suprême, je viens au nom de tous, depuis le premier jusqu’au dernier homme qui existera sur la terre, pour Vous donner tous les hommages, les adorations, les louanges et l’amour que chaque créature Vous doit, et pour Vous offrir toutes les réparations pour tous et pour chaque péché. » 🔥
Or, pendant que je disais cela, mon aimable Jésus s’émut en moi et me dit :
(2) « Ma fille, cette manière de prier appartient uniquement à Ma Volonté, car Elle seule peut dire : "Je viens au nom de tous, devant la Majesté Suprême." Par Sa vision universelle 1 et Son immensité, Elle voit tout et embrasse tout. Elle peut donc dire — non pas comme une simple façon de parler, mais de façon réelle 2 : "Je viens au nom de tous faire, pour Vous, tout ce que les créatures Vous doivent." Aucune volonté humaine ne peut dire réellement : "Je viens au nom de tous." Voilà le signe que Ma Volonté règne en toi 3. »
(3) Et tandis qu’Il disait cela, Jésus continuait de prier à voix haute et moi je Le suivais. Ensemble, nous nous sommes retrouvés devant la Majesté suprême. Oh ! qu’il était beau de prier avec Jésus ! Toutes choses étaient investies par Ses paroles et Ses actes, et puisque Sa Volonté se trouvait partout et en toute chose créée, on entendait de toutes parts se répéter Ses paroles créatrices, Ses adorations, et tout ce qu’Il faisait. Je me sentais devenir encore plus petite en étant avec Jésus ; j’étais toute émerveillée ! Il ajouta :
(4) « Ma fille, ne t’étonne pas : c’est Ma Volonté qui, en se bilocalisant 4, règne en Dieu tout en régnant, en même temps, dans l’âme. Et avec Ses manières divines, Elle prie, aime et opère en elle ! C’est pourquoi il Nous est impossible de ne pas accueillir, de ne pas aimer, de ne pas écouter Notre Volonté bilocalisée dans la créature. Au contraire, Elle seule 5 Nous apporte, comme en Son Sein 6, Notre joie, Notre bonheur et l'amour qui ont débordé de Nos entrailles lors de Notre œuvre ad extra 7 , la Création. Elle renouvelle pour Nous la fête, Elle ravive en Nous la joie que Nous avons ressentie en créant tant de belles choses dignes de Nous. Comment ne pas aimer celle qui Nous donne l’occasion de bilocaliser Notre Volonté, en La laissant régner en elle, pour Nous offrir amour, adoration et gloire divines ? Voilà pourquoi vivre dans Ma Volonté est le prodige des prodiges : tout réside dans la Volonté, tant en Dieu que dans la créature.
Combien de choses pourrions-Nous 8 faire ! Mais parce que Nous ne le voulons pas, Nous ne les faisons pas. Quand Nous le voulons, Nous sommes tout amour, toute puissance, tout regard, mains et pieds — en un mot, tout Notre Être se concentre dans l’acte que veut accomplir Notre Volonté. Mais si Notre Volonté ne le veut pas, aucun de Nos attributs ne se meut : il semble qu’il n’y ait pas de Vie pour tout ce que Notre Volonté ne veut pas faire. Ainsi, Elle détient la suprématie, la domination sur Notre Être, et dirige tous Nos attributs.
C’est pourquoi le plus grand don que Nous pouvions faire à la créature, c’est Notre Volonté : en Elle, Nous avons concentré tout Notre Être. Pouvions-Nous offrir un amour plus intense, un miracle plus prodigieux que celui-là ? Non, évidemment. En vérité, tout ce que Nous pouvons donner à la créature Nous paraît peu en comparaison du don de Notre Volonté régnante et dominante en elle. Car dans les autres dons que Nous faisons, il s’agit des fruits de Nos œuvres, de Nos domaines ; tandis qu’en donnant Notre Volonté, ce ne sont pas les fruits que Nous offrons, mais Notre Vie même et Nos propres domaines.
Et qu'est-ce qui a le plus de valeur, les fruits ou la Vie ? Certainement la Vie, car en donnant la Vie de Notre Volonté, Nous donnons en même temps la source de tous Nos biens ; et celui qui possède la source des biens n’a pas besoin des fruits. Si la créature Nous donnait tout, faisant les plus grands sacrifices, mais ne Nous donnait pas sa petite volonté pour faire régner la Nôtre, elle ne Nous donnerait rien. Car, lorsque les choses ne sont pas reproduites par Notre Volonté, si grandes qu’elles soient, Nous les regardons comme étrangères à Nous, comme ne Nous appartenant pas. »
(5) Je réfléchissais à ce que Jésus m'avait dit, et je me disais en moi-même : " Est-il possible que la Divine Volonté en vienne à se bilocaliser pour régner dans la créature comme dans sa propre demeure, comme dans son Sein divin ? " Et Jésus ajouta :
(6) « Ma fille, sais-tu comment cela arrive ? Imagine une petite et pauvre cabane où un roi, épris d'amour pour elle, veut l'habiter.
Depuis cette cabane, on entend la voix du roi : ses ordres sont donnés, ses œuvres s’accomplissent ; à l'intérieur se trouvent des aliments appropriés pour le nourrir, ainsi qu’un siège digne de lui. Bref, le roi n’a rien changé de ce qui convient à sa personne royale, il n’a changé que sa demeure. De son plein gré et avec un souverain plaisir, il a choisi la cabane.
La petite cabane, c’est l’âme ; le roi, c’est Ma Volonté. Combien de fois entends-Je la voix de Ma Volonté qui prie, qui parle, qui enseigne dans la petite cabane de ton âme ? Combien de fois vois-Je sortir de ton humble abri Mes œuvres ! Et de là, Je gouverne, Je vivifie et Je conserve toutes les choses créées. Ma Volonté ne tient aucun compte de la petitesse ; au contraire, Elle l’aime immensément. Ce qu’Elle recherche, c’est la souveraine domination, car, avec ce pouvoir absolu, Elle peut faire tout ce qu’Elle veut et y placer tout ce qui Lui plaît. »
_________________
1 Vision universelle : de l'italien onniveggenza, qui signifie la faculté de tout voir ; exprime non seulement la connaissance infinie de Dieu, mais aussi Sa vision directe, immédiate et totale de toutes choses, dans un seul acte de regard divin, omniscient : qui sait tout
2 Jésus a dit : " Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et Vie." (Jean 6 : 63)
3 ... le signe que Ma Volonté règne en toi : le fait de prier au nom de tous est le signe que Ma Volonté règne en toi
4 en se bilocalisant : de l'italien bilocandosi ; se localiser à deux endroits différents, en même temps ; la Volonté divine peut agir simultanément dans son siège en Dieu et dans l’âme de la créature, pour prier, aimer et opérer en elle.
5 Elle : la Volonté divine de Dieu, qui, en se bilocalisant, agit dans l’âme de la créature.
6 ... son Sein : l'intérieur de quelque chose, où l'on se trouve en sécurité ... ; fait référence au lieu symbolique du centre divin où jaillit toute la joie, le bonheur et l’amour de Dieu.
7 Ad extra : littéralement vers l’extérieur ; désigne l’action de Dieu qui se manifeste dans la Création, au-delà de Son Sein divin.
8 Nous : désigne Dieu dans sa Trinité ou, plus précisément, Jésus parlant de Lui-même avec Sa divinité et Ses attributs.
(1) Selon mon habitude, je me fondais dans la Sainte Volonté Divine, et je priais la Maman Céleste de venir avec moi et de me donner la main, afin que guidée par Elle, je puisse rendre à mon Dieu tout l'amour, l'adoration et la gloire que tous Lui doivent. Or, tandis que je disais cela, mon bien-aimé Jésus se mouva en moi et me dit :
(2) « Ma fille, tu dois savoir que les premiers devant la Suprême Majesté sont ceux qui ont vécu dans Ma Volonté sans jamais en sortir. Ma Maman vint au monde après quatre mille ans ; pourtant, aux yeux de Dieu, Elle fut avant Adam. Ses actes et Son amour appartiennent au premier ordre des créatures 1 ; c’est pourquoi Ses actes précèdent tous ceux des autres, car Elle fut la plus proche de Dieu, unie à Lui par les liens les plus étroits de sainteté, d’union et de ressemblance. En vivant dans Notre Volonté, Ses actes devinrent inséparables des Nôtres, et, étant inséparables, ils furent les plus proches, comme quelque chose de connaturel 2 à son Créateur.
Dans Notre Volonté, le 'avant' et le 'après' n’existent pas : tout y est acte premier. C’est pourquoi celui qui vit dans la Volonté divine, même s’il paraît venir le dernier 'dans le temps', demeure toujours le premier de tous. Ce n’est donc pas l’époque de la naissance des âmes qui sera considérée, mais si la Vie de Notre Volonté a été en elles comme centre vital, régnant et dominant dans tous leurs actes, tout comme Elle règne et domine dans le sein même de la Divinité. Ces âmes seront les premières : leurs actes, accomplis dans Notre Volonté, s’élèveront au-dessus de tous les actes des autres créatures, tandis que toutes les autres resteront derrière. Voilà pourquoi ces âmes formeront Notre couronne.
Vois-tu ? Lorsque tu appelais Ma Maman dans Ma Volonté pour Me rendre amour, adoration et gloire, Ma Volonté vous a unies toutes deux. L’amour, la gloire et l’adoration que rendait la Reine Souveraine sont devenus tes actes, et tes actes sont devenus les Siens. Ma Volonté a tout mis en commun : les actes sont devenus inséparables les uns des autres. J’ai entendu en toi la voix de Ma Maman – Son amour, Son adoration, Sa gloire – et en Elle, J’ai entendu ta voix qui M’aimait, M’adorait, Me glorifiait. Comme Je fus heureux de trouver et d’entendre la Maman dans la fille, et la fille dans la Maman ! Ma Volonté unit tout et tous ensemble.
Ma Volonté unit tous et tout. Il ne serait pas vrai de dire que l'on vit dans Ma Volonté, ni qu’un acte est vraiment opéré par Elle, si tout ce qui Lui appartient et tout Son agir éternel n’étaient pas centralisés dans l’âme qui vit en Elle, là où Elle règne et domine. S’il n’en était pas ainsi, le Royaume de Ma Volonté serait un royaume divisé — ce qui est impossible, car Ma Volonté unit tout Son agir en un seul et même acte. Et même s’il est dit qu’Elle crée, rachète, sanctifie et accomplit d’autres œuvres encore, ce ne sont que les effets de cet acte unique, qui ne change jamais d’action.
C’est pourquoi celui qui vit dans Ma Volonté possède une origine éternelle, inséparable de son Créateur et de tous ceux en qui Ma Volonté a établi Son Royaume et Son Empire 3 . »
________________
1 Ses actes et Son amour appartiennent au premier ordre des créatures : Ses actes se situent au rang le plus élevé, le plus originel, dans la hiérarchie des œuvres créées ; autrement dit : ils viennent avant les actes de toutes les autres créatures (dans l’ordre de Dieu, non dans le temps) ; ils touchent le plan divin premier, celui que Dieu avait en vue, avant même la création d’Adam.
2 Connaturel : qui est en accord avec la nature de quelque chose ou de quelqu'un
3 Son Royaume et Son Empire : termes expriment la plénitude de la présence et du contrôle de Dieu dans la vie de ceux qui vivent en Sa Volonté
Royaume : état régi, gouverné par un roi ou une reine ; ici, un royaume intérieur et spirituel où Dieu règne pleinement ; évoque la souveraineté et la majesté de Dieu sur la vie de l’âme
Empire : influence exercée sur une personne, ascendant ; pouvoir souverain, autorité suprême d’un chef d’État ; ici, l'idée d’une domination totale et universelle, englobant tous les actes, pensées et volontés de l’âme
(1) Mon pauvre esprit nageait dans l'immense mer de la Volonté Éternelle, et mon doux Jésus me transporta hors de moi-même au moment où le soleil se levait.
Quel enchantement de voir la terre, les plantes, les fleurs, la mer se transformer ! Tous semblaient sortir d’un cauchemar qui les oppressait. Tous renaissaient à une vie nouvelle — vie que leur donnait la lumière — et retrouvaient leur beauté et leur épanouissement, grâce à la lumière et à la chaleur qui les faisaient croître. La lumière semblait leur tendre la main en les enveloppant, pour donner la fécondité aux plantes, la couleur aux fleurs, pour dissiper les ombres des ténèbres sur la mer et lui communiquer, avec sa clarté, ses reflets argentés. Mais qui pourrait dire tous les effets que produisait la lumière solaire investissant toute la terre et la couvrant de son manteau de lumière ? Je serais trop longue si je voulais tout décrire.
Or, tandis que je voyais cela, mon Bien-aimé Jésus me dit :
(2) « Ma fille, que le lever du soleil est beau ! Comme il transforme toute la nature ! Et en la transformant dans sa propre lumière, il donne à chaque chose les effets nécessaires pour qu’elle produise le bien qu’elle renferme. Mais pour cela, la lumière doit les investir, les toucher, les modeler, et pénétrer en elles jusqu’au plus profond, afin de leur donner, par petites gorgées, la lumière capable d’insuffler la vie du bien 1 qu’elles doivent produire.
Si les plantes, les fleurs et la mer ne se laissaient pas investir par la lumière, cette lumière serait comme morte pour elles et elles resteraient dans le cauchemar des ténèbres, qui leur serviraient de tombeau. La vertu des ténèbres est de donner la mort ; la vertu de la lumière est de donner la vie. Donc, sans la lumière du soleil — dont dépendent toutes les choses créées et qui leur donne vie — il n’y aurait aucun bien sur la terre. Au contraire, elle serait affreuse et horrible à voir. C’est pourquoi la vie de la terre est attachée (dépend) de la lumière. »
(3) « Or, Ma fille, le soleil est le symbole de Ma Volonté. Tu as vu combien est beau et enchanteur son lever sur la terre ! Tu as vu combien d’effets il produit, combien de nuances, de beautés et de transformations sa lumière peut accomplir, et comment ce soleil a été placé par son Créateur pour donner vie, croissance et beauté à toute la nature. Ainsi, si le soleil accomplit cela pour remplir l’office que Dieu lui a confié, combien plus le Soleil de Ma Volonté... Lui qui a été donné à l’homme pour lui infuser la Vie de son Créateur ! Oh ! comme le lever du Soleil de Ma Volonté sur la créature est beau et enchanteur ! En frappant la créature de Ses rayons, Sa lumière la transforme et lui donne les diverses teintes de beauté de son Créateur. En l’investissant et en la façonnant, Il pénètre en elle et lui fait boire des gorgées de Vie divine, afin qu’elle croisse et produise les effets des biens contenus dans la Vie de son Créateur.
Que serait la Terre sans soleil ? ... Plus laide et effrayante encore serait l’âme sans Ma Volonté ! Car, en s’éloignant de son origine, elle se trouverait plongée dans le cauchemar des passions et des vices qui, plus que les ténèbres, la feraient mourir et prépareraient la tombe pour l’ensevelir.
Mais tu as vu que la lumière du soleil ne peut faire du bien que dans la mesure où les plantes, les fleurs et les autres choses se laissent toucher et investir par elle, se tenant comme la bouche ouverte pour recevoir les gorgées de vie que le soleil leur donne. Il en est de même de Ma Volonté : elle peut faire du bien dans l'âme, y infuser beauté et Vie divine, dans la mesure où celle-ci se laisse toucher, investir et modeler par les mains de lumière de Ma Volonté. Si l’âme se livre entièrement à cette lumière, s’y abandonnant totalement, Ma Volonté Suprême accomplira le plus grand des prodiges de la Création : la Vie divine dans la créature.
Oh ! si le soleil pouvait, par le reflet de sa lumière, former autant d’autres soleils sur chaque plante, dans les mers, sur les montagnes, dans les vallées ! Quel enchantement plus beau, quelle beauté plus éclatante, combien de prodiges nouveaux ne verrait-on pas dans l’ordre de la nature ! Pourtant, ce que le soleil ne peut faire, Ma Volonté l’accomplit dans l’âme qui vit en Elle et qui demeure, comme une petite fleur, la bouche ouverte pour recevoir les gorgées de lumière que Ma Volonté lui donne, afin de former en elle la Vie du Soleil Divin.
Sois donc attentive : reçois à chaque instant ces gorgées de lumière de Ma Volonté, afin qu’Elle accomplisse en toi le plus grand des prodiges : que Ma Volonté ait Sa Vie Divine dans la créature. »
(4) Après cela, je disais à mon Souverain et Unique Bien :
🙏 " Mon Amour, j’unis mon intelligence à la Tienne, afin que mes pensées aient vie dans les Tiennes, et qu'en se diffusant dans Ta Volonté, elles coulent sur chaque pensée de créature. Et, nous élevant ensemble devant notre Père céleste, nous lui offrirons les hommages, la soumission et l’amour de chacune de ces pensées, et nous implorerons afin que toutes les intelligences créées soient réordonnées et harmonisées avec leur Créateur. " 🔥 Et je faisais de même avec les regards de Jésus, avec Ses paroles, Ses œuvres, Ses pas, et même avec les battements de Son Cœur.
Je me sentais toute transformée en Jésus, au point de me retrouver en acte dans tout ce que mon Jésus avait accompli et accomplissait encore pour rétablir la gloire du Père et obtenir le bien des créatures. Son action et la mienne n’en faisaient qu’une : un seul amour, une seule Volonté. Alors, mon doux Jésus ajouta :
(5) « Ma fille, que sont beaux la prière, l’amour et l’acte de la créature accomplis dans Ma Volonté ! Ce sont des actes remplis de toute la plénitude divine — une plénitude si grande qu’elle embrasse tout et tous, jusqu’à Dieu Lui-même. Vois-tu, éternellement on verra tes pensées dans les Miennes, tes regards dans les Miens, tes paroles dans les Miennes, tes œuvres et tes pas dans les Miens, ton battement palpiter dans le Mien, car une seule Volonté nous donne la Vie, un seul Amour nous meut, nous pousse et nous unit d’un lien inséparable.
Voici pourquoi le Soleil de Ma Volonté surpasse infiniment, et d’une manière plus admirable le soleil qui se trouve dans l’atmosphère. Vois la grande différence :
☀️ Le soleil créé par Dieu, tout en investissant la terre et en produisant d’admirables et innombrables effets, ne quitte jamais sa source : il descend vers le bas, monte vers le haut, touche les étoiles, mais la plénitude de sa lumière demeure toujours dans sa sphère. Autrement, sa lumière ne pourrait envelopper toute chose de manière égale. Pourtant, cette lumière solaire ne pénètre pas dans les Cieux pour envelopper le trône de Dieu, ni pour pénétrer en Dieu Lui-même et unir sa lumière à la Lumière inaccessible de l’Être Suprême. Elle n’enveloppe ni les anges, ni les saints, ni la Maman Céleste.
🔥 Au contraire, lorsque le Soleil de Ma Volonté règne dans l'âme avec toute Sa plénitude, Sa lumière pénètre tous les cœurs et tous les esprits des créatures qui vivent sur la terre. Et ce qui est merveilleux, c'est qu'Il s'élève ensuite en haut, investit toute la Création, et porte — au soleil, aux étoiles et aux cieux — le baiser de lumière de la Volonté Suprême. Alors, la Volonté Divine qui règne dans la Création et le Soleil de la Volonté Suprême qui règne dans l’âme se rencontrent, s’embrassent, s’aiment et se réjouissent l’un l’autre.
Et tandis qu’Il demeure dans la Création — car le Soleil de Ma Volonté ne laisse rien derrière Lui 2 — il emporte tout avec Lui, pénètre les Cieux et enveloppe tous les êtres : anges, saints, Reine Souveraine. Il donne à tous Son baiser, apporte de nouvelles joies, de nouveaux bonheurs et un amour nouveau. Mais ce n’est pas tout : avec impétuosité, Il se répand dans le sein de l’Éternel.
La Volonté divine, bilocalisée dans la créature, embrasse, aime et adore la Volonté divine qui règne en Dieu Lui-même, Lui apportant tout et tous 3. Et, se plongeant en Dieu — Elle renaît de nouveau pour reprendre Sa course 4. Car, puisque la plénitude du Soleil de la Volonté éternelle réside dans l’âme, ce Soleil demeure à sa disposition 5. Ainsi, à mesure que l'âme accomplit ses actes — elle aime, prie, répare, etc. — ce Soleil reprend Sa course pour répandre sur tous la surprise de Sa lumière, de Son amour et de Sa Vie. Et, tandis que ce Soleil de la Volonté éternelle se lève, parcourt son chemin et accomplit Son coucher dans le sein de la Divinité, un autre Soleil se lève pour suivre Sa route, enveloppant tout, même la Patrie céleste, et y faire Son coucher d’or dans le sein de la Majesté suprême.
Ainsi, les bilocations de Ma Volonté sont innombrables : ce Soleil se lève à chaque acte de la créature accompli dans le Soleil de la Volonté Suprême — ce qui n’arrive pas avec le soleil matériel, qui demeure unique et ne se multiplie pas. Oh ! si le soleil terrestre avait le pouvoir de faire surgir autant de soleils qu’il accomplit de courses sur la terre, combien de soleils ne verrait-on pas dans les hauteurs ! Quel enchantement ! Combien de biens supplémentaires la terre ne recevrait-elle pas ! De même, combien de biens ne produit pas l’âme qui vit entièrement dans Ma Volonté, donnant à son Dieu l’occasion de bilocaliser Sa Volonté pour Lui permettre de répéter les prodiges que seul un Dieu peut accomplir ! »
(6) Ayant dit cela, Il disparut, et je me retrouvai en moi-même.
__________________
1 ... la vie du bien qu’elles doivent produire : l’énergie vitale divine que la lumière infuse dans les choses créées pour qu’elles accomplissent leur perfection et leur fonction ordonnée par Dieu.
2 ...tout en demeurant dans la Création, le Soleil de Ma Volonté emporte tout avec Lui : le Soleil de la Volonté Divine reste présent dans toutes les créatures et toute la Création, sans s'épuiser ni s'éteindre ; mais tout ce qui est dans la lumière de ce Soleil — chaque âme, chaque pensée, chaque acte — monte avec Lui jusque dans les Cieux, auprès de Dieu.
3 le monde entier, les pensées des créatures, leurs actes...
4 Et, se plongeant en Dieu — Elle renaît de nouveau pour reprendre Sa course
Décrit le mouvement cyclique de la Volonté divine lorsqu’elle agit dans la créature ; la Volonté divine, présente dans l’âme, s’élance vers Dieu, se plonge dans le sein divin (union, fusion totale), puis renaît pour recommencer son « cours » : c’est-à-dire, pour redescendre dans la création et continuer à agir à travers les pensées, les actes, les prières de la créature ; c’est un flux et reflux divin, un mouvement d’aller-retour entre Dieu et la créature ; ce mouvement perpétuel est une image de la circulation de l’Amour et de la Volonté divine.
5 Car, puisque la plénitude du Soleil de la Volonté éternelle réside dans l’âme, ce Soleil demeure à sa disposition
Explique que ce mouvement est possible parce que le Soleil de la Volonté éternelle (la plénitude de cette Volonté) réside déjà dans l’âme ; autrement dit : la Volonté divine dans la créature n’est pas séparée de la Volonté en Dieu ; Elle (la Volonté divine dans la créature) possède déjà en elle toute la puissance lumineuse, créatrice et vivifiante de Dieu Lui-même ; donc, ce Soleil intérieur (la Volonté de Dieu dans l’âme) est ce qui permet à la créature d’agir comme Dieu agit, de participer à ce mouvement éternel d’amour, de lumière et de vie.
___________
🤔 La Course infinie de la Lumière divine (essai, Asa)
(1) Je faisais mon adoration habituelle à mon Jésus crucifié, et pendant que je priais, je sentis la présence de mon doux Jésus tout près de moi. Il passa Son bras autour de mon cou et me serra fort contre Lui. En même temps, Il me fit voir mon dernier confesseur défunt 1, qui me semblait pensif, recueilli en lui-même. Il ne me parlait pas. Mon Jésus le regarda et me dit :
(2) « Ma fille, ton confesseur s'est présenté devant Moi avec une oeuvre accomplie de grande valeur, car lorsqu’il entreprenait une fonction ou un engagement, il ne négligeait rien pour l’accomplir parfaitement. Il était très attentif, faisait de grands sacrifices, et, si nécessaire, se serait même disposé à donner sa propre vie afin que sa mission soit menée à bien avec exactitude. Il craignait que, dans les œuvres qui lui étaient confiées, s’il ne les accomplissait pas conformément aux exigences de sa charge 2, il ne devienne lui-même un obstacle à l’œuvre que Je lui avais confiée. Cela signifie qu’il appréciait Mes œuvres à leur juste valeur ; en conséquence, son attention attirait la grâce nécessaire pour accomplir exactement sa mission. Cela ne semble peut-être pas grand-chose en apparence, mais en réalité, c’est tout [l'essentiel] : lorsqu’une personne est appelée à une fonction et accomplit fidèlement les devoirs qui y sont attachés, cela signifie qu’elle agit pour Dieu — et dans l’accomplissement de son devoir réside la sainteté. Ainsi, ton confesseur s'est présenté devant Moi en ayant accompli les devoirs qui lui avaient été confiés. Comment pourrais-Je ne pas le récompenser comme il le mérite ?
(3) Pendant que Jésus disait cela, le confesseur semblait se plonger davantage dans son recueillement ; son visage reflétait la lumière de Jésus, mais il ne me dit pas un mot. Alors Jésus reprit :
(4) « Ma fille, lorsqu’un individu occupe une charge et commet une erreur, ou n’est pas attentif aux devoirs que cette charge impose, il peut provoquer de grands désordres. Imagine quelqu’un qui exerce la fonction de juge, de roi, de ministre ou de maire : s’il commet une erreur ou néglige ses devoirs, il peut causer la ruine de familles, de villes et même de royaumes entiers. Si cette erreur ou ces négligences étaient commises par une personne privée, qui n’occupe pas de charge particulière, elles ne causeraient pas autant de mal. C’est pourquoi les fautes commises dans l’exercice d’une fonction ont plus de poids et entraînent des conséquences plus graves.
Ainsi, lorsque J’appelle un confesseur pour lui confier une charge, et que dans cette charge Je lui remets une de Mes œuvres, si Je ne vois ni attention ni accomplissement fidèle de ses devoirs, Je ne lui accorde ni la grâce nécessaire, ni la lumière suffisante pour comprendre toute l’importance de l'œuvre ; Je ne puis lui faire confiance, car Je vois qu’il n’apprécie pas l’œuvre que Je lui ai confiée.
Ma fille, si quelqu’un remplit sa charge exactement, cela signifie qu’il le fait pour accomplir Ma Volonté ; mais s’il agit autrement, cela signifie qu’il le fait pour des motifs humains. Si tu connaissais la différence entre les deux ! »
(5) Pendant qu’Il parlait, je vis deux personnes devant moi. L’une ramassait des pierres, de vieux chiffons, du fer rouillé, des morceaux d’argile — toutes choses lourdes et de peu de valeur. Le pauvre homme luttait et transpirait sous le poids de ces déchets, qui ne lui rapportait même pas de quoi apaiser sa faim. L’autre, au contraire, ramassait des grains de diamant, de petites gemmes et des pierres précieuses 3 — toutes choses très légères mais d’une valeur inestimable. Mon doux Jésus ajouta :
(6) « Celui qui ramasse les ordures est l’image de celui qui agit pour des fins humaines, et ce qui est humain porte toujours le poids de la matière. L’autre est l’image de celui qui agit pour accomplir la Divine Volonté. Quelle différence entre les deux ! Les grains de diamant sont Mes vérités — les connaissances concernant Ma Volonté, qui, recueillies par l’âme, forment pour elle autant de diamants.
Or, si l’on perd ou omet de ramasser quelques-unes de ces choses sans valeur, le dommage est nul. Mais si l’on perd ou néglige de recueillir un seul de ces grains de diamant, le tort est immense, car ils ont une valeur inestimable et pèsent autant qu’un Dieu. Et si c’est à cause de celui qui a la charge de les recueillir que l’un de ces grains se perd, quel compte devra-t-il rendre, lui qui aura fait perdre une parcelle de valeur infinie, capable de produire tant de bien aux autres créatures ? »
(7) Après cela, mon doux Jésus mit Son Cœur en moi et me fit sentir Son Battement, en me disant :
(8) « Ma fille, Je suis le Battement de toute la Création ; s’il manquait Mon Battement, la vie manquerait à toutes les choses créées 4 . Or, J’aime tant celle qui vit dans Ma Volonté que Je ne peux Me passer d’elle : Je la veux avec Moi pour accomplir tout ce que Je fais. Ainsi, ton cœur battra à l’unisson avec le Mien, et parmi les nombreux privilèges que Je te donnerai, Je te donnerai celui du Battement de toute la Création. Dans ce Battement résident la vie, le mouvement et la chaleur ; ainsi, tu seras avec Moi pour donner la vie, le mouvement et la chaleur à tout. 5 »
(9) Et pendant qu’Il disait cela, je me sentais me mouvoir et palpiter dans toutes les choses créées. Jésus ajouta :
(10) « Celui qui vit dans Ma Volonté est inséparable de Moi, et Je ne peux Me passer de sa compagnie. Je ne veux pas être isolé, car la compagnie rend les œuvres que l’on accomplit plus agréables, plus délicieuses, plus belles. C’est pourquoi ta compagnie M’est nécessaire, pour rompre l’isolement dans lequel les autres créatures Me laissent. »
___________________________
1 Don Francesco De Benedictis, chanoine, mort le 30 janvier, 1926.
2 de sa charge : mot a double sens ; d’une part, le prêtre, le confesseur, office reçu de l’Église et d’autre part, l’œuvre divine spécifique que Jésus lui confie, donc, tout ce que cette charge implique en termes de rigueur, de diligence et de fidélité.
3 gemmes et pierres précieuses : toutes des gemmes ; les plus belles et plus rares sont dites — précieuses
gemmes (semi-précieuses, pierres fines) : grenat, lapis-lazuli, cornaline, jaspe
pierres précieuses (quatre gemmes) : diamant, saphir, rubis et émeraude
4 le Battement fait référence au mouvement, à la vie et à l’énergie divine
Jésus se présente comme le principe vital de tout ce qui existe ; c’est une façon de dire que toute la création dépend de Lui, de Son action continue, tout comme le corps humain dépend du battement du cœur pour vivre ; conséquemment, si Son Battement venait à manquer, cela reviendrait à une absence de vie, de mouvement ou de dynamisme dans l’univers
5 Jésus parle directement à Luisa, en tant que représentante de l’âme pleinement unie à la Volonté divine. C’est pourquoi le texte alterne entre le « Ma fille » et le « tu ».