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(1) Après avoir passé des journées très amères de privations (de Lui), pour me réconforter, mon Jésus Bien-aimé resta longtemps avec moi ; Il se montra à moi très jeune, d’une rare et ravissante beauté, et, s’asseyant sur mon lit, près de moi, Il me dit :
(2) « Ma fille, Je le sais, Je le sais bien que tu ne peux pas rester sans Moi, parce que Je suis pour toi plus que ta propre vie ; ainsi, si Je ne venais pas, il te manquerait la substance même de la Vie. Et puis, nous avons tant de choses à faire ensemble dans le Royaume de la Volonté Suprême. C’est pourquoi, lorsque tu vois que Je ne viens pas tout de suite, ne t’accable pas tant ; sois certaine que Je viendrai, car Ma venue est nécessaire autant pour toi que pour Moi : Je dois voir aux choses de Mon Royaume et, tout en le dirigeant, Je dois aussi en jouir. Comment, dans un Royaume que Je désire tant, pourrais-tu avoir le moindre doute que manque le Roi du triomphe ? Alors, viens dans Mes bras, afin que ton Jésus te fortifie. »
(3) Et pendant qu’Il disait cela, Il m’a prise dans Ses bras, me serrait fortement contre Sa poitrine et, en me berçant, Il me disait :
(4) « Dors, dors sur Ma poitrine, Ma petite nouveau-née de Ma Volonté. »
(5) Dans les bras de Jésus, j’étais toute petite, toute petite, et je ne sentais pas l’envie de dormir : je voulais profiter de Jésus, je voulais Lui dire tant de choses, maintenant que mon Bien restait longtemps avec moi. Mais Jésus continuait à me bercer, et moi, sans le vouloir, je sombrai dans un sommeil doux, très doux. Et dans ce sommeil, je sentais le battement du Cœur de Jésus qui parlait et disait : ' Ma Volonté ', et l’autre battement, comme s’il répondait : ' Amour que je veux infuser dans la petite fille de ma Volonté '. 1
(6) Dans le battement ' Ma Volonté ' se formait un grand cercle de lumière, et dans le battement ' Amour ' un autre cercle, plus petit, de sorte que le plus grand enveloppait le plus petit. Et tandis que je dormais, Jésus prenait ces cercles que formaient les battements de Son Cœur et les scellait en toute ma personne. Je me sentais toute fortifiée et affermie dans les bras de Jésus ; comme je me sentais heureuse ! Mais Jésus, en me serrant encore plus fort contre Sa poitrine, me réveilla et me dit :
(7) « Ma petite fille, parcourons ensemble la Création où la Volonté Suprême contient Sa Vie, et où, dans chaque chose créée, Elle accomplit Son acte distinct : triomphante d’Elle-même, Elle magnifie et glorifie parfaitement toutes Ses qualités suprêmes. 2
Si tu regardes le CIEL, ton œil ne peut en discerner les limites : partout où tu regardes, ce n’est que ciel, et tu ne sais dire où il commence ni où il finit. C’est l’image de Notre Être éternel, qui n’a ni commencement ni fin ; et Notre Volonté loue et glorifie, dans le ciel azur, Notre Être Éternel. Ce ciel, image de Notre Être, est constellé d’étoiles ; et tout comme le ciel est unique, l’Acte de Notre Divinité est unique. Mais de cet Acte unique procèdent Nos œuvres 'ad extra', figurées dans la multiplicité des étoiles, ainsi que les innombrables effets de ces œuvres 3. Ainsi, Notre Volonté, à travers la multiplicité des étoiles, magnifie et glorifie les effets et la multiplicité de Nos œuvres, lesquelles englobent les anges, l’homme et toutes les choses créées. Vois comme il est beau de vivre dans Ma Volonté, dans l’unité de Sa lumière suprême, de comprendre la véritable signification de toutes les choses créées, afin de louer, de magnifier et de glorifier le Créateur Suprême avec Sa propre Volonté, dans chaque image de Notre Être que contient chaque chose créée 4.
Maintenant, regarde le SOLEIL sous la voûte du ciel ! On y voit une circonférence limitée de lumière, contenant lumière et chaleur, qui descend et enveloppe toute la terre. C’est l’image de la Lumière et de l’Amour du Créateur Suprême, qui aime toutes les créatures et fait du bien à tous. Depuis la hauteur de Sa Majesté — de même que la lumière et la chaleur du soleil — Sa Lumière et Son Amour descendent jusque dans les cœurs et même jusque dans l’enfer, mais silencieusement, sans bruit, là où Ils (Lumière, Amour) se trouvent. Oh ! comme Notre Volonté glorifie et magnifie Notre Lumière éternelle, Notre Amour inextinguible et Notre Omniscience 5 !
Notre Volonté murmure dans la MER et dans l’immensité des eaux qui cachent d’innombrables poissons de toutes espèces et couleurs. Elle y glorifie Notre Immensité qui enveloppe toutes choses et les maintient sous Son emprise comme dans la paume de Sa main. Elle glorifie l’image de Notre Immuabilité 6 dans la fermeté des MONTAGNES, l’image de Notre Justice dans le grondement du TONNERRE et l’éclair qui jaillit, l’image de Notre Joie dans le PETIT OISEAU qui chante, trille et gazouille ; l’image de Notre Amour plaintif dans la TOURTERELLE qui gémit et l’image de l’appel continuel que Nous adressons à l’homme dans l’AGNEAU qui bêle, répétant : " Moi, Moi, viens à Moi… ". Notre Volonté Nous glorifie dans cet appel incessant que Nous adressons à la créature...
Toutes les choses créées portent un de Nos symboles, une image de Nous, et Notre Volonté a pris l’engagement de Nous magnifier et de Nous glorifier dans toutes Nos œuvres. En effet, l’œuvre de la Création étant l’œuvre du 'FIAT' Suprême 7, il convenait qu'Elle, Notre Volonté, Nous conserve une gloire intacte et permanente, dans toutes les choses créées. Maintenant, Elle veut donner cet engagement en héritage 8 à celle qui doit vivre dans 'l'unité de Sa lumière', car il ne serait pas convenable de vivre en elle — dans la Lumière de Ma Volonté — sans s’identifier aux actes du 'FIAT' Suprême. C’est pourquoi, Ma petite fille, dans toutes les choses créées, Ma Volonté t’attend pour répéter Ses propres actes, afin de glorifier et magnifier ton Créateur avec Sa propre Volonté Divine.
(8) Maintenant, qui pourrait décrire toutes les images de Notre Créateur que renferme la Création ? Si je voulais tout dire, je n’en finirais jamais. Aussi, pour ne pas être trop longue, je n’ai parlé que de quelques petites choses, et je l’ai fait par obéissance et par crainte de déplaire à Jésus…
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1 le battement du Cœur : le coeur présente un battement plus fort et plus long où il éjecte le sang, suivi d'un battement plus faible et plus court où il se remplit de sang
2 triomphante d’Elle-même, Elle magnifie et glorifie parfaitement toutes Ses qualités suprêmes : la Volonté Suprême Se glorifie dans la Création de par Son action omniprésente et continue à travers chaque choses créée. 🔗 Explications dans ce texte
3 œuvres 'ad extra' — effets des œuvres
œuvres 'ad extra' : actions de Dieu qui se manifestent à l’extérieur de Lui-même, dans la création et dans les créatures ; elles relèvent directement de l’intention divine et procèdent immédiatement de l’Acte unique de la Divinité
🏖️ exemples : la création du ciel et des étoiles, des anges, de l’homme et l’ordre même de la création
effets (effectus) des œuvres : conséquences, développements et manifestations des œuvres divines ; ils sont multiples, déployés dans le temps, et prolongent l’œuvre sans être l’acte créateur lui-même
🏖️exemples : la lumière des étoiles, leur ordre et leur beauté, la diversité des constellations, les effets spirituels de la création sur l’homme
🔥 En résumé : l'Acte unique de Dieu → plusieurs œuvres 'ad extra' → innombrables effets
Par opposition, les œuvres 'ad intra' désignent les opérations internes de Dieu au sein de la Trinité (relations entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit).
4 dans chaque image de Notre Être que contient chaque chose créée : chaque chose créée exprime une image de Dieu, car tout ce qui existe est une manifestation de Sa Puissance, de Son Amour et de Sa Sagesse ; ainsi, la création, dans sa diversité et sa beauté, rend gloire à Dieu, et celui qui vit dans la Volonté divine peut reconnaître et célébrer cette gloire dans chaque élément de l’univers.
5 Amour inextinguible — Omnivoyance
Amour inextinguible : que l'on ne peut éteindre
Omniscience : capacité parfaite de Dieu à tout connaître, à tout prédire, à la fois le passé, le présent et l’avenir.
6 immuabilité : caractère de ce qui, par nature, demeure identique et ne peut éprouver de changement ; constance, continuité, durabilité, fidélité, immutabilité, imprescriptibilité, invariabilité, pérennité, permanence, persistance, solidité, stabilité, uniformité
7 🔗 'FIAT' Suprême
8 cet engagement : l’engagement de la Divine Volonté de glorifier et de magnifier Dieu dans toutes les œuvres de la Création, en conservant Sa gloire intacte et permanente dans toutes les choses créées, puisque la Création est l’œuvre du FIAT Suprême
(1) Je faisais mes actes habituels dans la Volonté Suprême et je me disais : " Comment est-il possible que, parmi les nombreux saints de l’Ancien Testament, qui se sont tant distingués par la puissance des miracles — comme Moïse, Élie et tant de prophètes — et parmi tant de saints après la venue de Notre-Seigneur, qui se sont rendus si admirables par leurs vertus et leurs miracles, que aucun n’ait possédé le Royaume de la Divine Volonté ni vécu dans l’unité de Sa lumière ? Cela paraît incroyable. " Tandis que je réfléchissais ainsi, mon doux Jésus sortit de l’intérieur de mon âme et, me serrant contre Lui, Il me dit :
(2) « Ma fille, il est pourtant bien vrai que jusqu’à présent personne n’a possédé le Royaume de Ma Volonté, ni joui de toute la plénitude de l’unité de la lumière qu’Elle contient. Si cela avait été le cas, étant donné que le Royaume de Ma Volonté est — ce qui M’importe le plus, ce qui Me glorifie le plus, ce qui de plus sauvegardera tous les droits divins et complétera l’œuvre de la Création et de la Rédemption — et non seulement cela, mais apportera à la créature le plus grand bien qui puisse exister au Ciel et sur la terre, J'aurais fait en sorte de Le faire connaître tout comme J'ai fait connaître les nombreuses vertus et merveilles de Mes saints. J'aurais fait connaître la créature possédant ce Royaume de Ma Volonté qui Me tient tant à cœur, afin que celle-ci Le transmette aux autres, et que les autres puissent alors l'imiter.
Quant aux saints de l’Ancien Testament, ils étaient dans la même condition qu’Adam, à qui il manquait le Divin Réparateur, Celui qui devait rétablir l’union entre la Volonté humaine et la Volonté divine et payer, de manière divine, la dette de l’homme coupable. Cependant, les saints, aussi bien des temps anciens que des plus récents, ont reçu de Ma Volonté dans la mesure où ils La connaissaient ; et les miracles qu’ils accomplissaient étaient des parcelles (des particules) de la Puissance de Ma Volonté qui leur étaient communiquées. Ainsi, tous Mes Saints ont vécu en relation avec Ma Volonté : certains dans Son ombre, d’autres dans les reflets de Sa lumière, d’autres soumis à Sa puissance et d’autres encore aux ordres de Ses commandements ; car, il n’y a pas de sainteté sans Ma Volonté. Mais ils n’ont possédé de Ma Volonté que le peu qu’ils en connaissaient – pas davantage – car c’est seulement lorsqu’un bien est connu qu’on le désire et parvient à le posséder.
Personne ne peut posséder un bien ou une propriété sans en avoir la connaissance. Supposons qu’une personne possède un bien sans le savoir : ce bien serait comme mort pour elle, faute de la connaissance nécessaire pour qu’il prenne vie en elle. »
(3) « Or, puisque Ma Volonté est ce qu’il y a de plus grand, Celle qui englobe tout et devant laquelle toutes choses, de la plus grande à la plus petite, semblent comme perdues, il aurait fallu posséder à Son sujet tant de connaissances qu’elles auraient dépassé tout ce que l’on connaît de la Création, de la Rédemption, des vertus et de toutes les sciences. Ma Volonté aurait dû être comme un livre pour chaque pas, chaque acte, chaque chose créée, de sorte que toute la terre aurait dû être remplie de volumes, dépassant en nombre les choses créées elles-mêmes, tous contenant des connaissances sur le Royaume de Ma Volonté.
Maintenant, où sont ces livres ? Aucun livre ! À peine quelques paroles sont-elles connues à Son sujet, alors que Ma Volonté devrait être à l’origine de toute connaissance et de toute chose, puisqu’Elle est la Vie de toute chose. Ma Volonté devrait être présente en toute chose, comme l’image du roi imprimée sur la monnaie qui circule dans le Royaume, comme la lumière du soleil qui éclaire chaque plante pour lui donner la vie, comme l’eau qui désaltère les lèvres brûlantes, comme la nourriture qui rassasie celui qui a longtemps jeûné.Tout devrait être rempli de connaissances sur Ma Volonté ; et si ce n’est pas le cas, c’est le signe que le Royaume de Ma Volonté n’est pas encore connu, et donc pas encore possédé.
Peux-tu Me nommer un seul saint ayant affirmé posséder ce Royaume et l’unité de la lumière de la Volonté Suprême ? Certainement pas. Moi-même, J’en ai peu parlé. Si j’avais voulu parler longuement du Royaume de Ma Volonté afin de Le former dans l’homme, tel que l’innocent Adam Le possédait — cet état étant le plus élevé, le plus proche de Dieu et le plus conforme à la ressemblance divine — tous se seraient découragés, car la chute d’Adam était encore récente. Se détournant de Moi, ils auraient dit :
" Si Adam — innocent comme il l’était — n’a pas su vivre avec constance dans la sainteté de ce Royaume, au point de provoquer sa propre chute et celle de toutes les générations dans les misères, les passions et les maux irréparables, comment pourrions-nous, nous qui sommes coupables, vivre dans un Royaume si saint ? Il est beau, certes, mais il n’est pas pour nous. "
De plus, puisque Ma Volonté est le point le plus élevé de tout, il fallait des chemins, des moyens de transport, des escaliers, des vêtements décents et une nourriture adaptée pour pouvoir demeurer dans ce Royaume. Ma venue sur la terre a servi à former tout cela : chacune de Mes paroles, Mes œuvres, Mes souffrances, Mes prières, Mes exemples et les sacrements institués étaient des chemins que Je traçais, des moyens de transport pour les faire parvenir plus rapidement et des escaliers pour les élever. On peut dire que J'ai donné, à tous, les vêtements de Mon Humanité, rougis de Mon Sang, afin qu’ils puissent demeurer dignement vêtus dans ce Royaume si saint de Ma Volonté, Royaume que la Sagesse incréée avait établi dès la Création pour le donner à l’homme en héritage.
Ainsi, même si J’ai peu parlé du Royaume de Ma Volonté — car lorsque Je parle, c’est toujours au moment opportun et selon les circonstances, pour y enfermer la nécessité et l’utilité du bien que contient Ma parole — J’ai agi, Me réservant de te parler à toi du Royaume de Ma Volonté. Comment, dès lors, les saints auraient-ils pu Le posséder, s’ils n’en avaient pas la pleine connaissance ?
D’autre part, tu dois savoir que toutes les manifestations que Je t’ai faites à propos de ce Royaume — Ses prodiges, Ses biens, ce que l’âme doit accomplir pour s’y établir, Ma Volonté clairement exprimée que l’homme retourne dans Mon Royaume, ainsi que tout ce que J’ai fait dans la Création et la Rédemption afin qu'il reprenne possession de ce Royaume perdu — constituent des liens de transmission, des portes d’entrée, des dons que Je fais, des lois et des instructions sur la manière d’y vivre, ainsi qu’une intelligence pour leur permettre de comprendre et apprécier le bien qu’ils possèdent. Si tout cela leur manquait, comment auraient-ils pu posséder ce Royaume de Ma Volonté ? Ce serait comme si quelqu’un cherchait à entrer et à vivre dans un autre royaume sans passeport et sans connaître ni ses lois, ni ses usages, ni sa langue. Le pauvre ! Son entrée lui serait interdite, et même s’il y pénétrait en fraude, il s’y sentirait si mal à l’aise qu’il préférerait, de lui-même, quitter un royaume dont il ignore tout.
(4) « Maintenant, Ma fille, ne te semble-t-il pas plus facile, plus encourageant et plus à la portée de la nature humaine de connaître d’abord le Royaume de Ma Rédemption — où les aveugles, les boiteux et les malades peuvent être guéris — et ensuite d'entrer dans le Royaume de Ma Volonté, où l’on n’entre pas aveugle, mais droit et en pleine santé ? Ainsi, dans le Royaume de Ma Rédemption, les hommes trouvent tous les moyens possibles, et même le passeport de Ma Passion et de Ma Mort, pour passer dans le Royaume de Ma Volonté ; et, animés par la vue d’un si grand Bien, ils se décideront à en prendre possession.
C’est pourquoi sois attentive et veille à ne pas restreindre ni diminuer les biens qui se trouvent dans le Royaume de Ma Volonté. La connaissance étant porteuse du don [de la divine Volonté], tu fais cela lorsque tu ne manifestes pas pleinement tout ce que Je te fais connaître.
Si maintenant J’abonde dans les connaissances sur ce Royaume, ce sont des dons que Je fais, dans lesquels J’établis le plus ou le moins qui doit être placé dans le Royaume de Ma Volonté, pour le bien de ceux qui devront le posséder. »
(1) Me trouvant dans mon état habituel, mon doux Jésus faisait voir la Justice divine en acte de se décharger sur la terre, commandant aux éléments de se déchaîner contre les créatures. Je tremblais en voyant que, ici, les eaux inondaient les pays 1 jusqu’à presque les ensevelir ; là, le vent, qui, avec une force impétueuse, transportait et déracinait plantes, arbres et maisons, en faisait des monceaux 2 et laissait diverses régions dans la misère la plus désolée ; ailleurs encore, serpentaient des tremblements de terre, causant des dommages considérables. Mais qui peut dire tous les maux qui sont sur le point de s’abattre sur la terre ?
En plus, mon toujours aimable Jésus se faisait voir en mon intérieur, souffrant d’une manière déchirante à cause des nombreuses offenses que les créatures Lui faisaient, surtout à cause des nombreuses hypocrisies. Il semblait que, sous l’apparence du bien, elles cachaient le poison, les épées, les lances et les clous, pour Le blesser de toutes les manières. Alors, comme si Jésus voulait que je souffre avec Lui, Il me dit :
(2) « Ma fille, la balance de Ma Justice est pleine et déborde sur les créatures. Veux-tu, toi qui es fille de Ma Volonté, te placer sous les reflets de Ma Justice, afin de prendre part à ses coups 3 ? Car Elle est sur le point de réduire la terre en amas, et tandis que, par tes souffrances, tu satisferas la Justice, tu épargneras tes frères. Celui qui vit dans le haut Royaume de la Volonté Suprême doit défendre et aider ceux qui sont en bas. »
(3) Or, tandis qu’Il disait cela, je me suis sentie comme si la Justice divine faisait pleuvoir Ses reflets sur moi ; et Jésus, en m’identifiant à Lui, me faisait souffrir avec Lui Ses coups, Ses blessures, Ses peines. Elles étaient si nombreuses que je ne savais moi-même si je devais rester vivante ou mourir. Mais, à ma très grande douleur, mon Jésus, en se retirant, a atténué mes peines, et je suis restée de nouveau à traverser mon dur et long exil, mais toujours : FIAT ! FIAT !… J’aurais voulu passer tout cela sous silence, mais l’obéissance s’est imposée et, à mon très grand regret, j’ai dû en faire une brève mention. Aussi, qui peut dire dans quel état je suis restée ? Et mon doux Jésus, pour me soulager, a repris Son discours sur Sa Très Sainte Volonté :
(4) « Ma fille, viens avec Moi au milieu de la Création : le Ciel et la terre t’attendent. Comme tu es animée par cette même Volonté qui les anime et leur donne la Vie, ils désirent que tu fasses résonner toute la Création du très doux écho de l’Amour éternel de leur Créateur ; ils veulent aussi que ta voix parcoure chaque chose créée pour animer leur langage muet d’une gloire et d’une adoration perpétuelles envers leur Créateur.
En effet, puisqu’une seule et même Volonté Suprême vivifie et conserve toutes les choses créées, les liant entre elles — la force de l’une étant la force de l’autre — celui qui possède Ma Volonté est également uni à elles, avec la même force et la même union 4 . Ainsi, si tu n’étais pas présente au milieu de la Création, les choses créées ressentiraient, par ton absence, le manque de la Force universelle 5 et un affaiblissement du lien d’inséparabilité.
Alors viens dans nos domaines [possessions], car tous t’attendent ! En même temps, Je te ferai comprendre d’autres choses sur la grande distance qui existe entre la sainteté de celui qui possède l’unité de la lumière du Royaume de Ma Volonté et la sainteté de la soumission, de la résignation et des vertus.»
(5) Pendant qu’Il disait cela, je me suis trouvée hors de moi-même et je cherchais à faire résonner mon 'je T’aime' et mon adoration sur toutes les choses créées. Et Jésus, tout bonté, ajouta :
(6) « Ma fille, regarde le ciel, les étoiles, le soleil, la lune, les plantes, les fleurs, la mer… regarde tout. Chaque chose créée possède sa nature distincte, sa couleur, sa petitesse et sa hauteur ; chacune a sa fonction propre, et l’une ne peut accomplir ce que fait l’autre ni produire les mêmes effets. Ainsi, chaque chose créée est un symbole de la sainteté des vertus, de la soumission et de la résignation à Ma Volonté. Selon les vertus qu’elles ont pratiquées, elles ont acquis une couleur particulière, de sorte que l’on peut dire que l’une est une fleur rouge, l’autre violette, l’autre blanche ; l’une est plante, l’autre arbre, l’autre étoile. Et selon leur degré de soumission aux reflets de la Volonté Suprême, elles ont développé leur fécondité, leur hauteur et leur beauté. Mais une seule est leur couleur, parce que Ma Volonté, tel un rayon de soleil, leur a donné la couleur de la semence qu’elles-mêmes ont déposée dans leur âme. 6
Au contraire, la sainteté de celui qui vit dans l’unité de la lumière de Ma Volonté est l’enfantement issu de l’acte unique de son Créateur. Et bien que cet acte soit unique dans les mains créatrices, les rayons de Sa Volonté, sortant de Dieu, envahissent tout et produisent des œuvres et des effets si innombrables que l’homme ne peut parvenir à les compter. Plus qu’un soleil éclatant, elle renferme et éclipse en elle toute la Création avec ses beautés variées ; tous les biens de la Rédemption s’y trouvent, toutes les saintetés s’y trouvent rassemblées. Cette sainteté sera l’objet du soin attentif et jaloux de la Volonté Suprême. Et Moi, débordant d’amour plus que jamais, Je mettrai le sceau de Ma propre sainteté sur celui qui aura possédé le Royaume de Ma Volonté. 7 »
(7) « Sais-tu ce qui se passe pour ton Créateur, concernant cette sainteté de la vie dans Ma Volonté ? 8
Cela se passe comme pour un roi qui n’a pas de descendance. Ce roi ne goûte jamais l’affection d’un fils et ne peut prodiguer ses caresses paternelles ni ses baisers affectueux, car il ne voit en personne sa propre progéniture, ses traits, ni quelqu'un à qui confier le destin de son Royaume. Pauvre roi : il vit toujours avec un clou dans le cœur, entouré de serviteurs et de personnes qui ne lui ressemblent pas. Et s'ils restent près de lui, ce n'est pas par pur amour mais par intérêt personnel, pour acquérir richesses et gloire, et peut-être même pour le trahir.
Mais imaginons qu’un fils lui naisse après de longues années. Quel bonheur pour ce roi ! Il le couvre de baisers et de caresses et ne peut détacher son regard de ce fils, en qui il reconnaît son image. À peine né, il lui lègue son Royaume et tous ses biens. Sa joie est complète, car son Royaume ne sera plus celui des étrangers ni des serviteurs, mais celui de son cher fils. Ainsi, on peut dire que ce qui appartient au père appartient au fils, et ce qui appartient au fils appartient au père. »
(8) « Or, celui qui possédera le Royaume de Ma Volonté sera pour Nous comme un fils né après environ six mille ans. Quelle joie, quelle fête ce sera pour Nous de voir en lui Notre image intacte et belle, telle que Nous l’avons fait sortir de Notre sein paternel ! Toutes les caresses, les baisers et les dons seront pour ce fils. Nous avons donné à l’homme, lors de la Création, le Royaume de Notre Volonté comme héritage spécial, mais ce Royaume est resté très longtemps entre les mains d’étrangers, de serviteurs et de traîtres. En voyant ce fils posséder ce Royaume de Notre Volonté et Nous rendre Sa gloire, et sachant que Notre héritage est mis en sûreté par lui, n’est-il pas juste que Nous lui donnions tout, même Nous-mêmes, et qu’il renferme tout et tous ? »
(9) Pendant que Jésus disait cela, je restai pensive et je Lui dis : " Mon amour, est-ce que tout cela est vraiment possible ? " Et Jésus ajouta :
(10) « Ma fille, ne sois pas surprise. En possédant le Royaume de la Volonté suprême, l’âme possède une Volonté divine, infinie et éternelle, qui renferme tous les biens. Et celle qui possède 'tout' peut tout Nous donner.
Quelle sera Notre satisfaction, Notre bonheur et le sien, en voyant la petitesse de la créature puiser continuellement dans Notre Royaume, comme propriétaire et comme Notre propre enfant ! Elle prendra de Nous le divin et Nous le rendra ; l’infini et Nous le rendra ; des choses immenses et Nous les rendra ; de la lumière et Nous la rendra. Elle ne fera rien d’autre que de prendre et de Nous redonner. Nous mettrons toutes Nos choses à sa disposition, afin que, dans le Royaume de Notre Volonté que Nous lui avons donné, rien d’étranger à Nous ne puisse entrer, mais uniquement ce qui est à Nous. Ainsi Nous pourrons recevoir les fruits, la gloire, l’amour et l’honneur du Royaume de Notre Volonté.
C’est pourquoi sois attentive et que ton envol dans Notre Volonté soit continu. »
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1 pays : de l’italien paesi ; désigne des localités habitées prises dans leur ensemble (bourgs, villages, régions, localités)
2 monceau : de l’italien pada farne un mucchio ; évoque l’amoncellement indistinct provoqué par la force destructrice des éléments
3 afin de prendre part à Ses coups : de l’italien prendere parte ai suoi colpi ; la Justice divine est celle qui exerce les coups ; y prendre part signifie y participer en les recevant sur soi, par solidarité réparatrice, comme l’indique le contexte immédiat (par tes souffrances, tu satisferas la Justice) ; le texte n’implique pas une action active de frapper, mais une participation par la souffrance.
4 🔗 Les choses créées sont liées entre elles
5 les choses créées ressentiraient, par ton absence, le manque de la Force universelle : une personne qui vit dans la Volonté de Dieu devient une source de force universelle ; elle soutient l'harmonie et l'énergie qui animent la Création; son absence est donc ressenti comme une perte
6 Le passage compare les âmes aux choses créées pour expliquer la sainteté de la soumission, de la résignation et des vertus, chacune ayant une couleur, une forme et une fonction distincte, selon les vertus pratiquées.
7 Le passage explique que vivre dans la Volonté de Dieu rend l’âme parfaitement sainte, comme un soleil qui contient toutes les beautés et tous les biens de la Création, tous les biens de la Rédemption et toutes les saintetés. Cette sainteté est protégée par Dieu et marquée de Son sceau. 🔗 Deux types de sainteté
8 Le roi sans descendance représente le Créateur n'ayant pas d'âmes vivant de Sa Volonté ; le roi qui a un fils représente le Créateur ayant une âme qui vit dans Sa Volonté.
(1) Je me sentais investie et en proie à la lumière suprême du Vouloir Éternel 1, et mon toujours aimable Jésus se montrait au fond de mon âme, debout, une plume de lumière à la main, en train d’écrire sur une lumière dense qui semblait une toile, mais qui était une lumière étendue dans mon âme. Et Jésus écrivait, écrivait au fond de cette lumière. Comme il était beau de Le voir écrire avec une maîtrise et une rapidité indescriptibles. Puis, après avoir écrit, comme s’Il ouvrait les portes de mon intérieur, de Sa main il appela le confesseur en lui disant :
(2) « Viens voir ce que Moi-même j’écris au fond de cette âme. Je n’écris jamais sur du papier ou sur une toile, parce qu’ils sont sujets à périr, mais Je prends plaisir à écrire au fond de la lumière formée dans cette âme par la vertu de Ma Volonté. Mes caractères de lumière sont indélébiles et d’une valeur infinie. Ainsi, lorsque Je dois lui 2 manifester les vérités sur Ma Volonté, Je fais d’abord le travail de les écrire au fond d’elle-même, puis Je lui parle, en lui indiquant ce que J’ai écrit en elle. Voilà pourquoi, lorsqu’elle rapporte ce que Je lui ai dit, elle le fait en peu de paroles, tandis que lorsqu’elle l’écrit, elle s’étend longuement : c’est Mon écrit qui, débordant de son âme, ne se limite pas à un simple petit signe, mais déploie Ma vérité telle que Je l’ai Moi-même écrite dans l’intimité de son être. »
(3) Je suis restée émerveillée et remplie d’une joie indicible en voyant mon doux Jésus écrire en moi, et je constatais de manière tangible que, tandis que dans la parole je ne sais dire que bien peu de ce qu’Il me dit — il me semble même qu’Il ne m’en donne que le thème —, ensuite, dans l’écriture, c’est à Lui de m’aider à le développer comme Il le souhaite. Et Jésus, tout bonté, me dit :
(4) « Ma fille, cesse maintenant ton étonnement. Pendant que tu écris et que tu sens les vérités surgir en toi, comme d’une source, c’est l’œuvre de ton Jésus accomplit en toi, qui, débordant de toutes les parties de ton âme, met de l’ordre sur le papier et les vérités écrites en toi, scellées par des caractères de lumière.
C’est pourquoi que cessent tes craintes : ne t’attache ni au petit indice de Mes paroles 3, ni ne Me résiste lorsque Je veux M’étendre et te faire écrire sur le papier ce que J’ai écrit avec tant d’amour dans ton âme. Combien de fois tu Me forces à user de force et à te submerger afin que tu ne Me résistes pas pour écrire ce que Je veux ! Laisse-Moi donc faire : ce sera le soin de ton Jésus de faire resplendir la vérité en tout. »
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1 Vouloir Éternel : de l’italien Voler Eterno ; chez Luisa Piccarreta, le Voler n’est pas seulement une volonté, une décision, une faculté, c’est un Acte éternel vivant, une Lumière opérante, une Vie qui agit et écrit dans l’âme. 📌 « Volonté » peut suggérer quelque chose de plus statique ou abstrait ; « Vouloir » garde l’idée d’acte en cours.
2 lui : Luisa
3 ne te limite pas au simple énoncé de Mes paroles : de l’italien né volerti attenere al piccolo cenno delle mie parole ; signifie que Jésus ne donne, lorsqu’Il parle, qu’un petit signe ou indice de la vérité complète qui est déjà écrite dans l’âme de Luisa ; il ne faut donc pas se limiter aux quelques paroles, mais reconnaître que la vérité entière se trouve dans ce qui est déjà inscrit dans l’âme et qui sera transcrit par l’écriture ; le « petit indice » n’est qu’un aperçu, un point de départ, et non la totalité de la révélation.
(1) Je me fondais tout entière dans la sainte Volonté Divine, et mon doux Jésus se faisait voir en moi, les bras levés, dans l’acte d’empêcher que la Justice divine ne se déverse sur les créatures. Il me plaçait moi aussi dans la même position, afin de me faire faire ce que Lui-même faisait. Mais les créatures semblaient inciter la Justice divine à les frapper. Alors Jésus, comme épuisé, abaissant les bras et me dit :
(2) « Ma fille, quelle perfidie humaine ! Mais après avoir tant toléré, il est juste et nécessaire que Je Me libère de tant de choses anciennes qui occupent la Création, car, étant infectées, elles transmettent l’infection aux choses nouvelles, aux jeunes pousses. Je suis fatigué que la Création, demeure donnée à l’homme — mais toujours mienne, puisqu’elle est conservée et vivifiée continuellement par Moi — soit occupée par des serviteurs, des ingrats, des ennemis, et même par ceux qui ne Me reconnaissent pas. C’est pourquoi Je veux agir en détruisant des régions entières et ce qui leur sert de nourriture ; les éléments seront les ministres de la Justice et, en les frappant, leur feront sentir la puissance divine au-dessus d’eux.
Je veux purifier la terre pour préparer la demeure de Mes enfants. Tu resteras toujours avec Moi et Ma Volonté sera toujours ton point de départ, même dans tes plus petits actes, parce que, même dans les choses les plus petites, Ma Volonté veut conserver Sa Vie divine, Son principe 1 et Sa fin 2 ; et Elle ne tolère pas que la volonté humaine fasse même de petites incursions dans Son Royaume. Autrement, tu sortirais souvent dans le royaume vicieux de ta volonté, laquelle t’avilirait, ce qui ne convient absolument pas à celle qui doit vivre dans le Royaume de Ma Volonté. »
(3) « Maintenant, Ma fille, de même que les souffrances de la Reine Céleste et les Miennes, ainsi que Ma mort, comme un soleil, ont fait mûrir, féconder et adoucir les fruits du Royaume de la Rédemption, de sorte que tous puissent en profiter — des fruits qui apportent la santé aux malades et la sainteté aux bien portants — de même tes souffrances, greffées aux Nôtres et mûries à la chaleur du Soleil de Ma Volonté, feront mûrir les fruits du Royaume de Ma Volonté. Ils seront si nombreux, si doux et si savoureux, que quiconque voudra les prendre et les goûter ne s’adaptera plus aux fruits verts, fades et nocifs du royaume misérable et sordide de la volonté humaine.
Tu dois savoir que celui qui est appelé à être le premier à former un Royaume, à apporter un bien et à accomplir une œuvre, doit souffrir plus que tous et faire plus que tous. Il doit ouvrir le chemin, faciliter les choses et les moyens, et préparer ce qu’il convient, afin que les autres, trouvant les matières premières de cette œuvre et la voyant accomplie, puissent l’imiter.
C’est pourquoi Je t’ai beaucoup donné et Je te donne encore, afin que tu puisses former les matières premières pour ceux qui doivent vivre dans le Royaume de Ma Volonté. Sois donc attentive et disposée à ce que Je te donne et à faire ce que Je veux de toi. »
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1 Son principe : Son début
2 Sa fin : Son but, Sa finalité
(1) Depuis plusieurs jours, mon doux Jésus ne m’avait rien dit sur sa Très Sainte Volonté. Il se montrait plutôt triste, comme sur le point de frapper les créatures. Aujourd’hui, comme s’Il voulait sortir de cette tristesse — car Il semble toujours entrer en fête lorsqu’Il parle de Sa Volonté —, sortant de l’intérieur de mon être, Il me dit :
(2) « Ma fille, Je veux Me réjouir ; laisse-Moi parler du Royaume de Ma Volonté Suprême. »
(3) Et moi : " Mon Amour et Ma Vie, Jésus, si Tu ne Me dis pas tous les secrets qui sont en Lui, moi, ne les connaissant pas tous, je ne jouirai pas de la plénitude des biens que ce Royaume possède, et je ne pourrai pas Te donner le retour d’amour pour les biens que Tu y caches. Je me sentirais malheureuse au milieu de tant de bonheur si, dans tout ce que Tu possèdes en Lui, ne coulait pas mon 'je T’aime'. Il sera petit, mais c’est le 'je T’aime' de ta petite fille que Tu aimes tant. " Et Jésus, reprenant mes propres paroles, me dit :
(4) « Ma petite fille, tu dis toi-même combien la connaissance est nécessaire ; si elle est nécessaire pour toi, elle l’est bien davantage pour les autres.
Or, tu dois savoir que, pour former le Royaume de la Rédemption, celle qui se distingua le plus par la souffrance fut Ma Mère. Et bien qu’en apparence Elle n’ait pas souffert les mêmes peines que les autres créatures 1 — excepté Ma mort, connue de tous, qui fut pour Son Cœur maternel le coup fatal et déchirant, plus douloureux que toute autre mort —, cependant, comme Elle possédait l’unité de la lumière de Ma Volonté, cette lumière portait à Son Cœur transpercé non seulement les sept épées dont parle l’Église, mais toutes les épées, toutes les lances, toutes les piqûres provenant des fautes et des peines des créatures, qui martyrisaient de manière déchirante Son Cœur maternel. Mais ce n’est encore rien : cette lumière Lui apportait aussi toutes Mes peines, Mes humiliations, Mes déchirements, Mes épines, Mes clous, et les peines les plus intimes de Mon Cœur.
Le Cœur de Ma Mère fut le véritable Soleil ! Bien qu’on n’y voie que de la lumière, cette lumière contient tous les biens et tous les effets que la terre reçoit et possède, au point que l’on peut dire que la terre est renfermée dans le Soleil. Ainsi, de la Souveraine Reine, on ne voyait que Sa personne, mais la lumière de Ma Volonté Suprême renfermait en Elle toutes les peines possibles et imaginables. Et plus ces peines étaient intimes 2 et inconnues, plus elles étaient précieuses et puissantes sur le Cœur Divin pour obtenir le Rédempteur tant désiré : mieux que les rayons du soleil, elles descendaient dans le cœur des créatures pour les conquérir et les lier au Royaume de la Rédemption.
L’Église connaissait si peu les souffrances de la Céleste Souveraine qu’on peut dire qu’elle n’en connaissait que les peines apparentes ; c’est pourquoi elle fixa le nombre limité de sept épées. Mais si elle avait su que le Cœur maternel de Ma Maman était le refuge, le dépôt de toutes les douleurs, et que la lumière de Ma Volonté les Lui apportait toutes sans rien Lui épargner, elle n’aurait pas parlé de sept, mais de millions d’épées. Mais ces peines étant intimes, seul Dieu en connaît l’intensité ! C’est pourquoi Elle fut constituée, à juste titre : Reine des martyrs et de toutes les douleurs. Les créatures savent donner du poids et de la valeur aux peines extérieures, mais elles ne comprennent pas les peines intérieures et ne savent pas leur donner le juste prix.
Or, pour former d’abord en Ma Mère le Royaume de Ma Volonté, puis celui de la Rédemption, tant de peines n’étaient pas nécessaires, car, n’ayant commis aucune faute, l’héritage des douleurs ne Lui revenait pas : Son héritage était le Royaume de Ma Volonté. Mais pour donner le Royaume de la Rédemption aux créatures, Elle dut se soumettre à tant de souffrances, afin que les fruits de la Rédemption mûrissent dans le Royaume de Ma Volonté, que Nous possédions, Ma Mère et Moi. Il n’existe rien de beau, de bon et d’utile qui ne sorte de Ma Volonté.
Maintenant, unie à la Souveraine Reine vint Mon Humanité. Ma Mère demeura cachée en Moi, dans Mes douleurs et dans Mes peines 3 ; c’est pourquoi on la connut peu. Mais de Mon Humanité, il était nécessaire que l’on connaisse ce que J’ai fait, combien J’ai souffert et combien J’ai aimé ; car si rien de tout cela n’avait été connu, Je n’aurais pas pu former le Royaume de la Rédemption. La connaissance de Mes peines et de Mon amour est aimant et éperon, incitation et lumière, pour attirer les âmes à prendre les remèdes et les biens qui s’y trouvent. Et savoir combien leurs fautes et leur salut m’ont coûté est une chaîne qui les lie à Moi et empêche de nouvelles fautes. Si, au contraire, les créatures n’avaient rien su de Mes peines et de Ma mort, ne connaissant pas combien leur salut M’a coûté, personne ne se serait soucié de M’aimer ni de sauver son âme. Tu vois donc combien il est nécessaire de faire connaître ce qu’a fait et souffert celui ou celle qui a formé en soi un bien universel pour le donner aux autres.
(5) « Maintenant, Ma fille, de même qu’il fut nécessaire de faire connaître Celui et Celle qui formèrent le Royaume de la Rédemption, et combien cela leur coûta, de même il est nécessaire de faire connaître d’abord celle que Ma bonté paternelle a choisie la première pour former en elle le Royaume du 'FIAT' Suprême, puis de donner le commencement de Sa transmission aux autres.
De même que la Rédemption fut d’abord formée entre Ma Mère céleste et Moi, puis fut connue des créatures, ainsi en sera-t-il du 'FIAT' Suprême. Il est donc nécessaire de faire connaître combien ce Royaume de Ma Volonté Me coûte.
Et pour que l’homme puisse entrer de nouveau dans son Royaume perdu, J’ai dû sacrifier la plus petite des créatures 4, la tenir clouée dans un lit pendant plus de quarante ans, sans air, sans la plénitude de la lumière du soleil dont tous jouissent ; il est donc nécessaire de faire connaître comment son petit cœur a été le refuge de Mes peines et de celles des créatures ; comment elle a aimé tous, prié pour tous, défendu tous ; combien de fois elle s’est exposée aux coups de la Justice divine pour défendre tous ses frères ; et puis ses peines intimes — Mes propres privations — qui martyrisaient son petit cœur, lui donnant une mort continuelle.
Puisque ne connaissant d’autre Vie que la Mienne, d’autre Volonté que la Mienne, toutes ces peines ont posé les fondements du Royaume de Ma Volonté, et, comme des rayons solaires, ont fait mûrir les fruits du 'FIAT' Suprême. Il est donc nécessaire de faire connaître combien ce Royaume nous a coûté, à toi et à Moi, afin que, par son coût, les créatures comprennent combien Je désire qu’elles en fassent l’acquisition, qu’elles l’apprécient, l’aiment et aspirent à y entrer pour vivre dans le Royaume de Ma Suprême Volonté.
(6) J’ai écrit cela par obéissance, mais l’effort a été si grand que j’ai à peine pu évoquer ma pauvre existence. Déjà, à cause de ma grande réticence, je sens le sang se glacer dans mes veines ; mais il me faut toujours répéter : FIAT ! FIAT ! FIAT ! … »
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1 en apparence Elle n’ait pas souffert les mêmes peines que les autres créatures : la Vierge Marie ne semblait pas souffrir comme nous étant car elle était sans péché (elle semblait paisible, tranquille), mais son cœur était martyrisé par toutes les souffrances de l’humanité et de Jésus.
2 ces peines étaient intimes : douleurs profondes et cachées
3 Ma Mère demeura cachée en Moi, dans Mes douleurs et dans Mes peines : bien que Marie soit présente et unie à Jésus, ses propres douleurs et sacrifices demeurent largement inconnus ; cela souligne sa discrétion par rapport à la mission visible de Jésus.
4 la plus petite des créatures : Luisa Piccarreta
(1) Je continue mes fusions habituelles dans la Sainte Volonté. Mon doux Jésus m’accompagne souvent dans la répétition de ces actes ; d’autres fois, Il m'observe pour voir si quelque chose m’échappe de tout ce qu’Il a accompli, tant dans la Création que dans la Rédemption. Alors, avec toute bonté, Il me le fait remarquer, afin que j’y ajoute, ne serait-ce qu'un petit 'je T’aime', un merci ou une adoration.
Il me dit qu’il est nécessaire de reconnaître jusqu’où Sa Volonté a étendu les limites de Son Royaume par amour pour la créature 1, afin que celle-ci y circule librement pour en jouir et, par son amour, rende plus stable sa possession du Royaume. Et en la voyant toujours en Lui, tous, le Ciel et la terre, pourront reconnaître que le Royaume de Sa Volonté a déjà son héritière, qu’elle L’aime et qu’elle est heureuse de Le posséder.
(2) Or, tandis que je me sentais submergée dans cette Volonté Éternelle, mon aimable Jésus se montra avec Son Cœur ouvert. À chacun de Ses battements jaillissait un rayon de lumière, à la pointe duquel était gravé un 'FIAT'. Et comme le battement du cœur est continu, dès qu’un rayon s’éteignait, un autre apparaissait, puis un autre encore : ils ne cessaient jamais de se succéder. Ces rayons envahissaient le Ciel et la terre, tous portaient l’empreinte du 'FIAT'.
Et non seulement de Son Cœur, mais lorsqu’Il regardait, des rayons jaillissaient de Ses yeux ; lorsqu’Il parlait ou mouvait Ses mains et Ses pieds, des rayons surgissaient également, tous portant, en gloire et triomphe, le ‘FIAT’ suprême. Voir Jésus était un enchantement : beau, tout transfiguré dans ces rayons de lumière qui jaillissaient de Sa Personne adorable ; mais ce qui donnait la somptuosité, la majesté, l’éclat, la gloire et la beauté, c’était le 'FIAT'. Sa lumière m’éclipsait, et je serais restée des siècles devant Jésus sans Lui dire un mot, si Lui-même n’avait rompu le silence en me disant :
(3) « Ma fille, ce fut Mon Humanité qui donna la gloire parfaite et l'honneur complet à Ma Volonté. C’est précisément à l’intérieur de Moi-même, au centre de ce Cœur, que J’ai formé le Royaume de la Volonté Suprême. Et puisque l’homme avait perdu ce Royaume, sans aucun espoir de pouvoir le reconquérir, Mon Humanité L’a reconquis par des peines intimes et inouïes. Elle rendit à la Volonté Suprême tous les honneurs qui Lui étaient dus ainsi que la gloire que la créature Lui avait enlevée — afin de redonner le Royaume à la créature.
Ainsi, le Royaume de Ma Volonté a été formé à l’intérieur de Mon Humanité ; c’est pourquoi tout ce qui se formait en Elle et en émergeait portait l’empreinte du 'FIAT'. Chacune de Mes pensées, chacun de Mes regards, chacun de Mes souffles et de Mes battements, chaque goutte de Mon Sang, tout, absolument tout portait le sceau du 'FIAT' de Mon Royaume Suprême. Cela Me donnait tant de gloire et M’embellissait tellement que le Ciel et la terre restaient en dessous, comme éclipsés devant Moi, car Ma Volonté divine est supérieure à tout et met tout au-dessous d’Elle comme Son marchepied.
Tout au long des siècles passés, Je regardais à qui confier ce Royaume, et J’étais comme une mère sur le point d’accoucher, qui gémit et souffre, parce qu’elle voudrait enfanter son enfant et ne le peut pas. Pauvre mère, combien elle souffre, ne pouvant jouir du fruit de ses entrailles ! D’autant plus que, la grossesse étant arrivée à terme sans que la naissance se produise, l’existence même de l’enfant est en danger. Plus qu’une mère enceinte, Je l’ai été durant tant de siècles ! Combien J’ai souffert en voyant menacés les intérêts de Ma gloire, tant dans la Création que dans la Rédemption, d’autant plus que Je gardais ce Royaume de Ma Volonté comme un secret, caché dans Mon Cœur, sans pouvoir Me soulager en Le manifestant.
Et ce secret Me tourmentait encore davantage, parce que Je ne voyais pas chez les créatures les véritables dispositions pour accueillir cette Naissance. Elles n'avaient pas encore pris tous les biens contenus dans le Royaume de la Rédemption. Je ne pouvais pas risquer de leur donner le Royaume de Ma Volonté, qui contient des biens encore plus grands que ceux de la Rédemption, d’autant plus que les biens de la Rédemption devaient d’abord servir de dot et d’antidote, afin qu'en entrant dans le Royaume de Ma Volonté, les créatures ne répètent pas une seconde chute, comme celle d’Adam.
Ainsi donc, si tous les biens de la Rédemption n’avaient pas encore été pris, mais au contraire avaient été altérés et piétinés, comment la naissance de Mon Royaume aurait-elle pu sortir de l’intérieur de Mon Humanité ? C’est pourquoi Je me suis contenté de gémir, de souffrir et d’attendre — plus qu’une mère — afin de ne pas exposer au danger la naissance de Mon cher Royaume. Et Je gémissais, désireux de Le faire sortir pour en faire don à la créature et pour mettre en sûreté les intérêts de la Création et de la Rédemption, tous en péril. Car, tant que l’homme ne reviendra pas dans le Royaume de la Volonté Suprême, Nos intérêts et les siens resteront toujours menacés. L’homme, hors de Notre Volonté, est toujours un désordre dans Notre œuvre créatrice, une note discordante qui enlève l’harmonie parfaite à la sainteté de Nos œuvres.
C’est pourquoi Je regardais passer les siècles, attendant la venue Ma petite nouveau-née dans le Royaume de Ma Volonté, et L’entourant de tous les biens de la Rédemption pour assurer la sécurité du Royaume de Ma Volonté. Et Moi, maintenant, plus qu’une mère douloureuse qui a tant souffert, Je te confie cette naissance — qui est Mienne 2 — ainsi que le sort de ce Royaume.
Et ce n’est pas seulement Mon Humanité qui désire cette naissance, qui Me coûte tant : la Création tout entière est enceinte de Ma Volonté et souffre, parce qu’elle veut La donner aux créatures afin de rétablir le Royaume de leur Dieu au milieu d’elles. Ainsi, la Création est comme un voile qui cache Ma Volonté, semblable à un enfant porté en Son sein ; et pourtant, les créatures s’attachent au voile et repoussent l’enfant qui s’y trouve.
Le soleil est rempli de Ma Volonté. Les créatures reçoivent les effets de la lumière du soleil ainsi que les biens qu'elle produit, mais elles repoussent Ma Volonté, cachée derrière cette lumière comme sous un voile ; elles ne La reconnaissent pas et refusent de se laisser dominer par Elle. Elles prennent les biens naturels du soleil, mais rejettent les biens de l’âme : le Royaume de Ma Volonté, qui règne dans le soleil et désire Se donner à elles. Oh ! comme Ma Volonté souffre dans le soleil, voulant naître depuis la hauteur de sa sphère pour régner au milieu des créatures !
Le ciel est rempli de Ma Volonté. Avec Ses yeux de lumière — que sont les étoiles — Elle observe les créatures pour voir si elles veulent La recevoir et Lui permettre de régner parmi elles.
La mer est remplie de Ma Volonté. À travers le fracas de ses vagues, Ma Volonté se fait entendre, tout en restant cachée derrière ce voile. L’homme se sert de la mer pour ses besoins, prend ses poissons et ne se soucie pas de Ma Volonté, La laissant gémir comme un enfant retenu dans les profondeurs de ses eaux.
Ainsi, toute la Création est remplie de Ma Volonté : le vent, le feu, la fleur, la terre entière — tous sont des voiles qui La cachent. Elle souffre et gémit, désirant que Son Royaume naisse et s’établisse au milieu des créatures. Mais qui donnera ce soulagement à Mon Humanité ? Qui déchirera ces voiles de tant de choses créées et qui La cachent ? Qui saura reconnaître, en toutes choses, la présence de Ma Volonté et, en Lui rendant les honneurs qui Lui sont dus, La laissera régner dans son âme, Lui donnant la domination et sa propre soumission ?
C’est pourquoi, Ma fille, sois attentive : donne cette consolation à ton Jésus qui a tant gémi et souffert jusqu’à présent pour faire naître ce fruit de Mon Royaume Suprême. Alors, avec Moi, toute la Création, en un seul acte, déchirera les voiles et déposera en toi la naissance de Ma Volonté que toutes choses cachent.
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1 la créature : désigne ici l’âme appelée à vivre dans le Royaume de la Volonté divine, en premier lieu Luisa, à qui ce texte est adressé
2 qui est Mienne : l'enfantement, la réalisation du Royaume de la Volonté divine, à partir de l'intérieur de l'Humanité de Jésus
(1) Mon pauvre esprit réfléchissait à ce qui est écrit ci-dessus, et mon doux Jésus poursuivit sur le même sujet en me disant :
(2) « Ma fille, en venant sur la terre, Je n’ai pas donné le Royaume de Ma Volonté ni ne L’ai fait connaître. Vois donc la nécessité : J’ai voulu éprouver la créature d’une manière nouvelle 1 : lui donner des choses moindres que celles que Je lui avais données dans la Création — des remèdes et des biens pour la guérir. Lorsque Je créai l’homme, il n’était pas malade mais sain et saint 2, capable de vivre pleinement dans le Royaume de Ma Volonté. Mais en se soustrayant de la Volonté Suprême, il tomba malade. Je vins sur la terre comme Médecin céleste 3 pour voir s’il acceptait les remèdes pour sa maladie. Et après cette épreuve, Je lui aurais fait la surprise de manifester le Royaume de Ma Volonté, que Je gardais dans Mon Humanité, préparé pour lui. 4
(3) « Ceux qui pensent que Notre souveraine Bonté et Notre Sagesse infinie auraient laissé l’homme seulement avec les biens de la Rédemption, sans le relever à l’état premier dans lequel Nous l’avions créé, se trompent. Dans ce cas, Notre Création n’aurait pas atteint le but pour lequel elle fut créée et serait privée de son plein effet — ce qui ne peut exister dans les œuvres d’un Dieu. Tout au plus 5, Nous pourrions laisser passer et tourner les siècles, donnant tantôt une surprise, tantôt une autre, confiant tantôt un petit bien à la créature, tantôt un plus grand.
Nous agirons comme un père qui veut donner sa propriété à ses enfants, bien que ceux-ci aient déjà beaucoup gaspillé de ses biens. Il reste cependant déterminé à leur donner son héritage. Il adopte donc une autre stratégie : il ne leur donne plus de grandes sommes, mais peu à peu, 'lire par lire' 5. Lorsqu’il voit que ses enfants conservent ce peu, il augmente progressivement les petites sommes ; ainsi, ils en viennent à reconnaître l’amour de leur père et à apprécier les biens qu’il leur confie, ce qu’ils ne faisaient pas auparavant, lorsqu’ils recevaient de grandes richesses. Cette méthode les affermit et leur apprend à conserver les biens reçus. Une fois qu’il les a ainsi formés, le père confirme sa décision et leur transmet son héritage.
Or, c’est ainsi qu’agit Ma Bonté paternelle. Lors de la Création, J’ai placé l’homme dans l’opulence de Mes biens, sans aucune restriction, ne voulant l’éprouver que dans un acte de sa volonté, qui ne lui aurait rien coûté s’il avait choisi correctement ; mais, par un acte de sa volonté contraire à la Mienne, il a gaspillé tous Mes biens. Mon amour, cependant, ne s’est pas arrêté : Plus qu’un père, J’ai commencé à lui donner peu à peu, pour guérir sa volonté égarée. Avec le peu, on agit souvent avec plus d’attention que lorsqu'on possède beaucoup ; car si l'on possède de grandes propriétés et qu’on les gaspille, il y a toujours de quoi prendre, mais si l'on gaspille le peu que l'on a, on reste à jeun. Cependant, Ma décision de donner à l’homme le Royaume de Ma Volonté n’a pas changé : l’homme change, Dieu ne change pas.
À présent, la chose est plus facile, car les biens de la Rédemption ont ouvert la voie, faisant connaître de nombreuses surprises de Mon Amour pour l’homme, et la manière dont Je l’ai aimé — non seulement par le 'FIAT', mais en lui donnant Ma propre Vie 7. Et bien que Mon 'FIAT' M’ait coûté plus que Ma propre Humanité — car le 'FIAT' est Divin, Immense et Éternel, tandis que Mon Humanité est humaine, limitée et a son commencement dans le temps — les esprits humains, ne comprenant pas pleinement ce que signifie le 'FIAT', Sa valeur, Sa puissance et ce qu’Il peut accomplir, se laissent davantage toucher par tout ce que J’ai fait et souffert en venant les racheter, sans savoir que, sous Mes souffrances et Ma mort, se cachait Mon 'FIAT', qui donnait vie à Mes souffrances.
Maintenant, si J’avais voulu manifester le Royaume de Ma Volonté, lorsque Je suis venu sur la terre, avant que les biens de la Rédemption ne soient reconnus et en grande partie, possédés par les créatures, Mes plus grands saints se seraient effrayés. Tous auraient pensé et dit : " Adam, innocent et saint, n’a pas su vivre ni persévérer dans ce Royaume de lumière sans fin et de sainteté divine ; comment pourrions-nous le faire ? "
Et toi la première, combien de fois ne t’es-tu pas effrayée ? Tremblante devant les biens immenses et la sainteté toute divine du Royaume du 'FIAT' suprême, tu voulais te retirer en Me disant : "Jésus, pense à une autre créature ; moi, j’en suis incapable." Ce n’est pas tant la souffrance qui t’effrayait ; au contraire, bien souvent tu Me priais et M’incitais à te faire souffrir.
C’est pourquoi Ma bonté plus que paternelle a agi avec toi comme avec une seconde Mère. Ainsi, avec Ma Mère, J'ai caché Ma conception dans Son sein ; Je L’ai d’abord préparée et formée pour ne pas L’effrayer ; et lorsque le temps opportun est venu, au moment même où Je devais être conçu, Je le Lui ai fait connaître par l’Ange. Et bien qu’au premier instant Elle ait tremblé et ait été troublée, Elle se rasséréna aussitôt, parce qu’Elle était habituée à vivre avec son Dieu, au milieu de Sa lumière et devant Sa sainteté.
J’ai fait de même avec toi. Pendant de longues années, Je t’ai caché que Je voulais former en toi ce Royaume Suprême. Je t’ai préparée et formée ; Je Me suis enfermé en toi au plus profond de ton âme, pour y établir ce Royaume. Et lorsque tout fut prêt, Je t’ai révélé ce secret, Je t’ai parlé de ta mission spéciale et t’ai demandé formellement si tu voulais accepter de vivre dans Ma Volonté. Et bien que tu tremblasses et aies peur, Je t’ai rassurée en te disant : " Pourquoi te troubler ? N’as-tu pas vécu jusqu’à présent avec Moi dans le Royaume de Ma Volonté ? " Et toi, en te rassérénant, tu t’es sentie de plus en plus à l’aise de vivre dans ce Royaume, et Moi, Je Me réjouissais d’en élargir toujours davantage les frontières, car il est établi jusqu’où la créature doit en prendre possession. En effet, Ses frontières étant interminables et infinies, la créature, limitée, ne pourra jamais les embrasser toutes. »
(4) Et moi : " Mon Amour, pourtant mes craintes ne se sont pas encore totalement apaisées, et parfois j’ai si peur que je crains de devenir un second Adam. "
(5) Et Jésus : « Ma fille, ne crains pas ; tu as plus d’aide qu’Adam n’en a jamais eu. Tu as l’aide d’un Dieu fait homme, avec toutes Ses œuvres et Ses souffrances pour ta défense, ton soutien et ton escorte — ce qu’Adam n’avait pas. Pourquoi donc craindre ? Sois plutôt attentive à la sainteté qui convient pour vivre dans ce Royaume céleste, à ton bonheur et à ta bonne fortune.
En vivant dans Mon Royaume, il te suffit d’un seul de Mes regards, d’entendre une seule de Mes paroles, pour en comprendre le bien ; tandis que ceux qui demeurent en dehors de Mon Royaume comprennent tout au plus que ce Royaume de Ma Volonté existe, mais quant à ce qu’Il contient et à ce qu’il faut pour Le comprendre, ils n’en saisissent que l’alphabet, l’alphabet de Ma Volonté 8. »
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1 d’une manière nouvelle : Jésus voulait faire une expérience, un test inédit avec la créature, pour voir comment elle réagirait à quelque chose de plus limité que ce qu’elle avait reçu dans la Création.
2 sain — saint
💥 Sain (sano) : la perfection physique et morale initiale de l’homme.
🙏 Saint (santo) : la pureté spirituelle et son état de grâce originel.
3 Je vins sur la terre comme Médecin céleste : Jésus vient en tant que Rédempteur et guérisseur de l’homme après sa chute ; Sa mission est de restaurer l’âme et le corps spirituel de la créature par la Rédemption ; c'est alors qu'Il propose à l'homme cette nouvelle épreuve, consistant à se guérir lui-même à l’aide de remèdes plus limités que ceux qu’il avait reçus à la Création.
4 Texte explicatif et récapitulatif
5 Tout au plus : n’indique pas une contradiction avec l’affirmation précédente (ce qui ne peut exister dans les œuvres d’un Dieu) ; il s’agit de montrer la méthode progressive de Dieu : Il ne peut laisser l’homme incomplet ou limité pour toujours, mais pour l’éduquer et le guider vers son état originel, Il agit graduellement, donnant des biens et des surprises peu à peu, afin que la créature apprenne à les reconnaître et à les conserver ; c’est un exemple de pédagogie divine, fidèle au texte original italien.
6 'lire par lire' : sous par sou
7 et la manière dont Je l’ai aimé — ...par le 'FIAT'....en lui donnant Ma propre Vie
Jésus a aimé l’homme par Son 'FIAT', c’est-à-dire par l’accomplissement parfait de la Volonté divine (Sa soumission totale au Plan de Dieu, son 'FIAT' intérieur), mais aussi en donnant Sa Vie humaine, en s’incarnant, souffrant et mourant pour l’homme ; en d’autres termes : le 'FIAT' = l’obéissance divine qui fonde tout acte ; le don de Sa Vie = acte concret et visible de l’amour ; donc l’amour de Jésus pour l’homme se manifeste dans les deux dimensions : intérieure → le 'FIAT' et Extérieure → la Vie donnée, la Rédemption
8 l’alphabet de Ma Volonté : les notions ou principes fondamentaux permettant de commencer à comprendre le Royaume de la Volonté divine ; tout comme l’alphabet est la base à partir de laquelle on peut former des mots et des phrases, l’alphabet de la Volonté de Dieu représente les premières connaissances essentielles, mais limitées, que la créature peut saisir avant de pénétrer pleinement dans la profondeur et l’infinité de ce Royaume.
(1) Comme je continuais à me sentir entièrement abandonnée dans la Volonté suprême, mon Jésus toujours aimable se fit voir tout silencieux, contemplant toute la Création — toutes Ses œuvres. Et tandis qu’Il les regardait, Il demeurait comme profondément ravi devant la magnificence, la sainteté, la multiplicité et la grandeur de Ses œuvres ; et moi, avec Jésus, je ressentais un profond silence en les contemplant, comprenant beaucoup de choses... mais tout restait dans la profondeur de mon intelligence, sans aucun mot pour l’exprimer. Comme il était beau d’être avec Jésus dans ce profond silence ! Puis, après cela, mon cher Bien, ma douce Vie, me dit :
(2) « Ma très chère fille, tu dois savoir que Ma Parole est travail et que Mon silence est repos. Et Ma Parole n’est pas seulement travail pour Moi, mais aussi pour toi. Et après avoir travaillé, il est de Mon habitude de Me reposer au milieu de Mes propres œuvres : elles sont le lit le plus doux de Mon repos. Puisque tu as écouté Ma Parole et travaillé avec Moi, prends toi aussi le repos avec Moi.
Regarde, Ma fille, comme toute la Création est belle ; c’est la parole de ton Jésus qui, par un 'FIAT', l’a façonnée. Mais sais-tu quel est Mon enchantement, ce qui Me ravit ? C'est ton petit 'je T’aime' sur chaque chose créée. Ces choses créées, imprimées de ton petit 'je T’aime', Me parlent de ton amour ; elles Me parlent de Ma petite nouvelle-née de Ma Volonté ; Je sens l’écho harmonieux de toute la Création qui Me parle de toi. Oh ! comme cela Me ravit, comme Je suis heureux de voir que Mon 'FIAT' dans la Création et celui que Je t’ai enseigné se donnent la main, s’entrelacent et, en accomplissant Ma Volonté, Me donnent le repos. Mais Je ne suis pas content de Me reposer seul ; Je veux avec Moi celle qui Me donne le repos, afin qu’elle se repose elle aussi et que nous jouissions ensemble des fruits de notre travail.
Regarde, Ma fille : toute la Création et toutes les œuvres de Ma Rédemption ne te semblent-elles pas plus belles avec ton 'je T’aime', avec ton adoration et avec ta volonté fondue dans la Mienne, apportant sa Vie au sein des sphères célestes 1 ? Ainsi, il n’y a plus ni solitude ni silence sépulcral, comme auparavant, dans les sphères célestes et dans toutes Mes œuvres. Désormais, la petite fille de Ma Volonté M’accompagne, fait entendre sa voix, aime, adore et prie. En conservant les droits que Ma Volonté lui a donnés, elle possède tout ; et là où il y a quelqu’un qui possède, il n’y a plus ni solitude ni silence de tombe. Voilà pourquoi, après t’avoir beaucoup parlé, Je garde le silence : c’est le repos nécessaire pour Moi comme pour toi, afin que nous puissions reprendre à nouveau Ma parole et continuer ainsi notre travail.
Mais pendant que Je Me repose, Je contemple toutes Mes œuvres. Mon amour s’élève en Moi ; et, en se reflétant en Moi-même et en s’y complaisant, Je conçois en Moi d’autres images semblables à Moi 2. Ces images, Ma Volonté les fait ensuite sortir au-dehors, comme le triomphe de Mon amour et comme la génération bien-aimée de Mon 'FIAT' Suprême. Ainsi, dans Mon repos, Je génère les enfants de Ma Volonté, tous semblables à Moi. Et par Ma parole, Je les mets au monde : Je leur donne le développement, la beauté et la grandeur, afin que Ma parole les forme comme de dignes enfants du 'FIAT' Suprême.
C’est pourquoi, Ma fille, chacune de Mes paroles est un don que Je te fais 3. Et si Je t’appelle au repos, c’est afin que tu contemples Mes dons et que, en t’en réjouissant et en les aimant, tu fasses naître en toi d’autres dons semblables. En les laissant se manifester, ils formeront ensemble la génération des enfants du 'FIAT' Suprême. Comme nous serons heureux !
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1 avec ta volonté fondue dans la Mienne, apportant sa Vie au sein des sphères célestes : l'âme fusionne sa volonté à la Volonté divine et entre ainsi en harmonie totale avec Dieu ; elle participe pleinement à la Vie divine ; en d’autres mots, sa volonté, en s’unissant à celle de Dieu, devient vivante, active, efficace : elle rayonne et s’exprime dans tout l’univers spirituel, animant la Création et les sphères célestes.
2 Je conçois en Moi d’autres images semblables à Moi : lors du repos intérieur de Dieu, Dieu conçoit des êtres spirituels semblables à Lui ; fécondité interne, invisible, qui précède toute manifestation ; plan divin ou semence spirituelle ; Dieu engendre, non physiquement mais par participation à Sa vie divine, des âmes appelées à vivre dans la Volonté divine
3 chacune de Mes paroles est un don que Je te fais : par la Parole que Dieu communique Sa vie et Sa volonté ; chaque communication éclaire, instruit l’âme (contenu de la Parole) et engendre de nouvelles fécondités (dons) : en accueillant et aimant ces paroles, l’âme devient capable de produire d’autres dons, participant ainsi à la génération des enfants du 'FIAT' Suprême (l'âme coopère activement)
🟢 Dans les deux derniers paragraphes, pourquoi passe-t-on des images, à la Parole puis aux dons ?
La fécondité divine intérieure engendre des images (génération des enfants du 'FIAT' Suprême). Pour se réaliser dans le monde, ces images doivent passer par un canal concret. La Parole donnée à l’âme est ce canal concret ; sans Parole, les images divines restent intérieures et invisibles ; avec la Parole, les images deviennent actives, fécondes, capables de produire des effets spirituels dans les âmes. Les paroles désignent les révélations concrètes que Jésus transmet à l’âme ; elles sont le moyen par lequel la fécondité divine intérieure (les images conçues dans le repos de Dieu) se manifeste. Les dons sont les fruits spirituels que l’âme reçoit et met en œuvre à partir de ces paroles : en les contemplant, les aimant et les manifestant, l’âme coopère à la génération des enfants du 'FIAT' suprême.
🔵 Résumé des concepts
Images = concepts spirituels ou idées intérieures de Dieu ; fécondité divine conçue dans son repos, préparant toute manifestation.
Paroles = instruments donnés par Dieu à l’âme, moyens concrets par lesquels ces images se manifestent.
Dons = fruits spirituels produits par l’âme ; manifestation active des paroles, permettant à l’âme de coopérer à la Volonté divine et à la génération des enfants du FIAT suprême.
(1) Après avoir longtemps attendu et soupiré après la venue de mon doux Jésus, je pensais en moi-même : " Comment ferai-je, si Celui qui forme ma vie me laisse seule et abandonnée ? Pourrais-je vivre ? Et si je vis, c’est que je comprends maintenant que ce ne sont pas les peines qui font mourir ; si c’était le cas, après tant de Ses privations, je serais déjà morte. Elles font tout au plus ressentir la mort, mais ne savent pas la donner ; elles font vivre comme sous un pressoir, pressée, écrasée, mais le pouvoir de donner la mort n’appartient qu’à la Volonté suprême. "
Tandis que je pensais cela, mon adorable Jésus s’est manifesté en moi en mon intérieur et se fit voir, tenant une petite chaîne d’or dans Ses mains ; Il se plaisait à la faire passer entre Lui et moi, de sorte que nous restions liés ensemble. Et avec un amour et une bonté tout paternels, Il me dit :
(2) « Ma fille, pourquoi crains-tu que Je te laisse ? Écoute, Je ne peux pas tolérer cette crainte en toi. Tu dois savoir que les conditions dans lesquelles Je t’ai placée et la mer de Ma Volonté qui coule en toi et hors de toi — dans laquelle tu t’es offerte volontairement, sans y être contrainte — ont tellement élargi les limites 1 que ni toi ni Moi ne trouverons la voie pour en sortir. Ainsi, si tu voulais Me quitter, tu n’en trouverais pas le chemin ; et, quelque détour que tu fasses, tu tournerais toujours à l’intérieur des confins interminables de Ma Volonté, d’autant plus que tes actes accomplis en Elle t’ont fermé toute issue. Et si Moi Je voulais te quitter, Je ne le pourrais pas non plus, car Je ne saurais où aller pour Me placer hors des confins de Ma Volonté : Elle est partout, et où que J’aille, Je Me trouverais toujours avec toi.
Au plus 2 , J’agis comme quelqu’un qui possède une grande maison et qui aime une personne qui lui est inférieure. Comme la maison est vaste, le maître de la maison s’éloigne et circule dans sa demeure ; l’autre personne le perd de vue et se lamente — mais à tort. Le maître de la maison peut-il jamais quitter sa propre demeure ? On n’abandonne pas ce qui nous appartient ; ainsi, ou bien il revient aussitôt chez lui, ou bien il se trouve déjà dans quelque appartement de cette même demeure.
Donc, si Je t’ai donné Ma Volonté pour demeure, comment pourrais-Je t’abandonner et Me séparer de Ma propre Volonté ? Aussi puissant que Je sois, en cela Je suis impuissant, car Je suis inséparable de Ma Volonté. Au plus, Je M’étends à l’intérieur de Mes frontières, et tu Me perds de vue ; mais ce n’est pas pour autant que Je te quitte. Et si tu parcourais Nos frontières, tu Me trouverais aussitôt. Alors, au lieu de craindre, attends-Moi ; et quand tu t’y attendras le moins, tu Me trouveras tout proche de toi. »
(3) Après cela, tandis que je faisais mes actes habituels dans la Volonté Suprême, se présentait à mon esprit tout l’ordre 4 qu’il convient de garder dans la Divine Volonté : ce qu’il faut faire et jusqu’où l’on peut parvenir ; en somme, tout ce que Jésus Lui-même m’a enseigné. Alors je pensais en moi-même : " Comment les créatures pourront-elles faire tout cela ? Moi, qui puise à la source, il me semble que je ne fais pas tout, que je laisse beaucoup de choses derrière moi et que je n’atteins pas cette hauteur dont parle Jésus ; qu’en sera-t-il de ceux qui puiseront à ma petite fontaine ? " Et Jésus, se mouvant en mon intérieur, me dit :
(4) « Ma fille, parmi les nombreuses choses que J’ai créées dans la Création, toutes ne te servent pas : tu n'en profites donc pas ; il y en a également beaucoup d'autres que tu ne connais pas. Mais si ces choses ne servent pas à toi, elles servent à d'autres ; si tu ne les connais pas et n’en jouis pas, d’autres les connaissent et en jouissent. Et même si les créatures ne prennent pas tout 5, tout concourt néanmoins à Ma grande gloire et à faire connaître Ma puissance, Ma majesté et Mon grand amour. La multiplicité des choses créées manifeste la sagesse et la valeur de l’Artisan divin, si habile qu’il n’est rien qu’Il ne sache faire.
Or, si tant de choses ont été créées dans le monde pour servir la nature et pour être — tels des miroirs où l’homme se reflète et reconnaît son Créateur — des voies lui permettant de retourner au sein paternel d’où il est issu 6 , à plus forte raison il est nécessaire de lui faire connaître le Royaume de Ma Volonté 7, puisque Celui-ci doit être la Vie de l’âme et le centre où Dieu établit Son trône.
La multiplicité des choses 7 que Je t’ai fait connaître sert à montrer ce qu’est la Divine Volonté : il n’existe rien de plus important, de plus saint, de plus immense, de plus puissant, de plus bienfaisant, ni rien qui possède la vertu de donner plus de Vie que Ma Divine Volonté. Toutes les autres choses, si bonnes et saintes soient-elles, restent toujours dans l’ordre secondaire. Ma Volonté tient toujours la première place, et là où Elle n’est pas, la Vie ne peut exister.
Ainsi, les nombreuses connaissances sur Ma Volonté serviront — à Ma Volonté Elle-même, de gloire et de triomphe — et aux créatures, de chemin pour trouver la Vie et la recevoir. La hauteur et l’immensité de Ma Volonté feront que les créatures ne s’arrêteront jamais, mais marcheront continuellement pour L’atteindre, autant qu’elles le pourront. La multiplicité de Ses connaissances donnera à chacun la liberté de prendre ce qu’il veut, car chaque connaissance contient la Vie ; et lorsque le voile qui couvre la connaissance est déchiré, la créature trouve en elle, comme reine, la Vie de Ma Volonté. Ainsi, plus les créatures prennent et mettent en pratique ces connaissances, plus la Vie de Ma Volonté grandit en elles.
C’est pourquoi sois attentive à manifester les qualités et les richesses infinies de Ma Volonté, afin que Son Ciel soit plus beau, plus attrayant et plus majestueux que le ciel de la Création — ce qu’Il est en vérité — et que, ravis par Sa beauté et par les biens qu’Il contient, tous aspirent à venir vivre dans le Royaume de Ma Volonté. »
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1 Les limites (ou confins / frontières) : désignent l’étendue de la Divine Volonté elle-même. Il ne s’agit pas de limites imposées à Dieu, mais de l’espace spirituel sans bornes qu’est la Volonté divine, dans laquelle l’âme est introduite comme dans un milieu de vie ; dire que ces limites sont 'élargies' signifie que l’âme se trouve désormais entièrement contenue dans la Divine Volonté, sans possibilité d’en sortir, parce que celle-ci est partout et embrasse tout ; autrement dit : les 'limites' sont celles de la Divine Volonté, qui, paradoxalement, n’en a pas.
2 Jésus dit en substance : " Même si tu crois que Je t’ai laissée, la condition extrême ou le cas le plus sévère est ceci… "
3 Dans ce passage, la « grande maison » représente la Volonté divine, vaste et infinie. Le « propriétaire » est Jésus, et la « personne inférieure » est l’âme humaine. L’âme peut croire que Jésus s’éloigne et se lamenter de Son absence, mais en réalité, Il reste toujours présent et actif dans Sa demeure, c’est-à-dire dans Sa Volonté. La métaphore sert à rassurer l’âme : même lorsqu’elle croit être séparée, Elle reste en lien avec Lui, qui circule librement dans toute Sa demeure, tandis que l’âme croit le perdre de vue.
4 tout l’ordre : ici, ordre n’est ni moral, ni disciplinaire ; il a un sens spirituel et structurel ; il signifie la manière juste, cohérente et harmonieuse de vivre et d’agir dans la Divine Volonté, telle que Jésus l’a enseignée à l’âme ; ce n’est pas une liste de règles, mais un chemin, une structure intérieure, une logique divine de vie
Plus concrètement, « l’ordre » comprend trois choses : la juste manière d’agir (agir non selon sa volonté, mais selon celle de Dieu), la progression spirituelle (jusqu’où l’on peut parvenir, le but de la vie dans la Divine Volonté), l’harmonie entre Dieu et l’âme (tout est à sa place, l’âme agit en accord avec Dieu, sa vie devient ordonnée à la Volonté divine : c’est l’opposé du désordre du vouloir humain).
5 ne prennent pas tout : les créatures humaines ne peuvent ni accueillir ni comprendre pleinement l’ensemble de ce que Dieu a créé ; cette expression ne désigne pas un refus volontaire, mais la limite naturelle de la capacité humaine face à la richesse et à la grandeur de l’œuvre divine.
6 des voies lui permettant de retourner au sein paternel d’où il est issu : il ne s’agit pas de voies physiques, mais de voies spirituelles : les créatures peuvent contempler la Création comme un « miroir » et, en voyant la sagesse et la bonté de Dieu, elles sont invitées à revenir vers Lui
7 à plus forte raison il est nécessaire de faire connaître le Royaume de Ma Volonté : revenir pleinement au sein paternel, c’est-à-dire à l’union totale avec Dieu, ne peut se faire que dans la Volonté de Dieu, parce que seule Sa Volonté est parfaitement conforme à Lui et à son plan ; les choses créées servent de chemin ou d’indication, mais elles ne permettent pas d'établir pleinement la Vie de l’âme ni le centre où Dieu veut régner ; sans connaître et suivre la Volonté de Dieu, le retour de l'homme vers Dieu est imparfait ou partiel ; donc, la Création prépare le chemin pour retourner à Dieu et le Royaume de la Volonté complète et rend effectif ce chemin.
En résumé :
🟢 La Création = miroir, guide, préparation
🟢 Connaissance de la Volonté = passage nécessaire pour atteindre le centre (Dieu)
8 la multiplicité des choses : connaissances, réalités spirituelles, vérités sur la Volonté Divine