📌 Traduction non officielle des écrits de Luisa Piccarreta. Pour un usage personnel seulement.
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📌 Traduction non officielle des écrits de Luisa Piccarreta. Pour un usage personnel seulement.
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Le Règne de la Divine Volonté
au milieu des créatures
Le Livre du Ciel
23 février 1926 au 15 septembre 1926
L’appel des créatures à l’ordre,
à leur place et au but pour lequel elles ont été créées par Dieu
Luisa Piccarreta
La Petite Fille de la Divine Volonté
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Traduction française du — Manuscrit Italien
(1) Jésus, mon Amour et ma Vie, aide-moi à vaincre ma faiblesse et ma réticence à écrire. Fais en sorte que Ta propre Volonté écrive à ma place, afin qu’il n’y ait rien de moi, mais uniquement tout ce que Tu veux. Et Toi, ma Mère, Mère Céleste de la Divine Volonté, viens tenir ma main pendant que j'écris ; prête-moi les mots et rends-moi capable de comprendre aisément les concepts que Jésus me communique, afin que je puisse décrire dignement la Très Sainte Volonté et que mon Jésus en soit content.
(2) Je me disais : " Pourquoi Jésus béni m'appelle-t-Il si souvent la petite nouvelle-née de Sa Volonté ? Peut-être parce que je suis encore mauvaise et, n'ayant pas fait un seul pas dans Sa Volonté, Il a raison de m’appeler ainsi. " Pendant que je pensais à cela, mon adorable Jésus passa Ses bras autour de mon cou, me pressa fortement contre Son Cœur et me dit :
(3) « À Ma petite nouvelle-née de Ma Volonté, Je ne veux rien refuser. Veux-tu donc savoir pourquoi Je t’appelle ainsi ? Nouveau-né signifie être en acte de naître. Or, tu dois renaître dans chacun de tes actes au sein de Ma Volonté. De plus, Ma Volonté, pour Se réparer des oppositions des volontés humaines, veut te faire renaître en Elle autant de fois que ces volontés se sont opposées à la Sienne. Il est donc nécessaire que tu restes toujours nouvelle-née, car pour qui est en acte de naître, il est facile de renaître autant de fois qu’on le souhaite et de se conserver sans la croissance de la volonté humaine ; mais lorsque l’âme grandit, cela devient plus difficile, car la vie de sa propre volonté commence à se manifester.
Et ce n'est pas tout. Il est nécessaire, convenable et honorable (digne) pour Ma nouvelle-née, comme pour Notre propre Volonté, qu’elle s’unisse à cet Acte unique de l'Éternel, qui n’a pas de succession d’actes. Et comme cet Acte unique confère à l'Être Divin toute la grandeur, la splendeur, l’immensité, l’éternité et la puissance (en somme, tout ce qui est nécessaire pour Lui permettre de faire sortir de cet unique Acte tout ce qu’Il veut), ainsi Notre nouvelle-née, dans Notre Volonté, en s'unissant à l'Acte unique de l'Éternel, est amenée à ne faire qu'un acte unique : rester toujours en acte de naître, accomplissant toujours Notre seule Volonté.
Dans cet acte unique, tu renaîs donc continuellement 1 — mais à quoi ? Tu renaîs à une beauté nouvelle, à une sainteté nouvelle, à une lumière nouvelle, à une ressemblance nouvelle avec ton Créateur. Par cette renaissance dans Notre Volonté, Notre Divinité se sent récompensée d’avoir atteint le but pour lequel Elle fit sortir la Création ; Elle sent revenir les joies et le bonheur que la créature devait Lui donner. En serrant Sa petite nouvelle-née sur Son Sein Divin, Elle la comble de joie et de grâces infinies et lui révèle d’autres connaissances sur Notre Volonté. Puis, sans laisser passer de temps, Elle la fait renaître de nouveau dans Notre Volonté. Outre cela, ces naissances continuelles te font mourir sans cesse à ta volonté, à tes faiblesses, à tes misères et à tout ce qui n'appartient pas à Notre Volonté. Comme est belle la destinée de Ma petite nouvelle-née ! Ne trouves-tu pas cela merveilleux ?
Tu vois, Moi aussi suis né une fois, et cette naissance Me permet de renaître continuellement. Je renaîs dans chaque Hostie consacrée ; Je renais chaque fois que la créature revient à Ma Grâce. Ma première naissance M’a donné la possibilité de renaître toujours. Telles sont les œuvres divines : un acte accompli une seule fois dans Ma Volonté demeure continu, sans jamais se terminer. Il en sera de même pour Ma petite nouvelle-née dans Ma Volonté : née une seule fois, l’acte continu de sa naissance demeurera en elle. 2 C’est pourquoi Je veille tant à ce que ta propre volonté ne s’impose pas en toi, et t’enveloppe de tant de grâces. C'est afin que tu naisses toujours dans Ma Volonté et que Ma Volonté puisse renaître en toi. »
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1 tu : Luisa Piccarreta, la petite nouvelle-née dans Notre Volonté
2 Il ne s’agit pas de la naissance physique de Luisa (1865) car la naissance physique est unique ; il s’agit de sa naissance spirituelle dans la Volonté Divine, sa première adhésion à la Volonté de Dieu ; ensuite, dans chaque acte de sa vie, elle renaît continuellement dans la Volonté de Dieu ; c’est l’acte de cette naissance mystique qui est continu, qui ne s’interrompt jamais : l’acte de renaître continuellement dans la Volonté de Dieu — demeure en elle et se poursuit sans interruption.
(1) Je continuais dans mes craintes habituelles, et mon toujours aimable Jésus, se montrant toute bonté, me dit :
(2) « Ma fille, ne perds pas ton temps ! Chaque fois que tu t'occupes de toi, c'est un acte dans Ma Volonté que tu perds. Et si tu savais ce que signifie perdre un seul acte dans ma Volonté ! Tu perds un acte divin, cet Acte qui embrasse tout et tous, et qui contient tous les biens du Ciel et de la terre. Ma Volonté est un Acte continu qui ne s’interrompt jamais dans sa course. Elle ne peut pas t’attendre quand, par tes craintes, tu t’arrêtes. Il te revient de La suivre dans son cours continu, plutôt que de L’obliger à t’attendre.
Et non seulement tu perds ton temps, mais, en devant t'apaiser et te relever de tes craintes pour te remettre sur le chemin de Ma Volonté, tu Me contrains à M’occuper de choses qui ne concernent pas la Volonté Suprême. Et ton Ange qui t’accompagne en reste privé, car chaque acte que tu accomplis dans Ma Volonté, en suivant Son cours, est pour lui une béatitude accidentelle 1 supplémentaire dont il jouit ; c'est un Paradis de joies doublé 2 que tu lui offres, de sorte qu’il se sent heureux de sa destinée de te garder sous sa protection. Et comme les joies du Ciel sont communes à tous, ton ange offre "la béatitude accidentelle" qu'il a reçue de toi, et "son paradis de joies doublé", à toute la cour céleste, comme fruit de la vie dans la Divine Volonté de sa protégée. Tous célèbrent, magnifient et louent la puissance, la sainteté et l’immensité de Ma Volonté.
C'est pourquoi, sois attentive à rester dans Ma Volonté : le temps ne peut pas être perdu car il y a beaucoup à faire. Il est nécessaire que tu suives l’acte d’un Dieu jamais interrompu. »
(3) Après cela, Il disparut, et je restai préoccupée en voyant le mal que je faisais. Je me disais : " Comment se peut-il que, en me plaçant dans la Volonté Divine et en oubliant tout le reste, comme si rien d'autre n'existait pour moi que l’Éternelle Volonté, je prenne part à tout ce que contient cette Volonté si aimable ? " Puis Jésus, revenant, ajouta :
(4) Ma fille, il est juste que celui qui est né dans Ma Volonté en connaisse les secrets. Et puis, la chose en elle-même est très facile, presque naturelle. Suppose que tu viennes habiter, pour peu de temps ou pour toujours, dans une maison où l’on entend une belle musique et où circule un air parfumé qui insuffle une vie nouvelle. Tu n'as certes pas apporté cette musique ni cet air balsamique, mais puisque tu te trouves dans cette maison — qui n'est pas la tienne — tu jouis à la fois de la musique et de l'air parfumé, qui ravive en toi les forces d’une vie nouvelle. Ajoute que cette habitation contient des tableaux enchanteurs, de belles choses qui captivent, des jardins que tu n’as jamais vus, avec tant de plantes et de fleurs variées qu’il est impossible de toutes les énumérer, ainsi que des mets exquis que tu n’as jamais goûtés. Oh! Comme tu te récrées, te délectes et jouis à la vue de tant de beautés et en savourant des mets si délicieux. Et pourtant, rien de tout cela n’a été fait ni apporté par toi. Et cependant, tu prends part à tout, simplement parce que tu te trouves dans cette habitation.
Maintenant, si cela se produit dans l’ordre naturel 3 , il est encore plus facile que cela se réalise dans l’ordre surnaturel de Ma Volonté. L’âme, en entrant en Elle, forme un seul acte avec la Volonté Divine et, de manière connaturelle 4, prend part à tout ce qu’Elle fait et contient. De plus, pour que l’âme vive dans Ma Volonté, elle doit d’abord être dépouillée des habits du vieil Adam coupable, afin de se revêtir du vêtement du nouvel Adam saint. C’est à travers cet habit — la robe de lumière de Ma Volonté — que l’âme reçoit les pouvoirs divins et nobles, qui se communiquent à tou. 5 Cette lumière fait disparaître en elle les traits humains et lui restitue la physionomie de son Créateur.
Quelle merveille donc que l’âme participe à tout ce que possède la Divine Volonté, puisqu’elle ne fait plus qu’un avec Sa vie et Sa Volonté ! C’est pourquoi sois attentive : Je te le recommande, sois-Moi fidèle, et ton Jésus tiendra Sa promesse de te faire toujours vivre dans Ma Volonté. Je resterai en garde afin que jamais tu ne puisses en sortir. »
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1 béatitude accidentelle : une joie que l’ange reçoit grâce aux actes de l’âme qui vit dans la Volonté Divine ; accidentelle, car elle ne lui est pas donnée directement pour lui-même ; c’est un bonheur reçu par effet secondaire, comme un reflet de la grâce divine agissant à travers l’âme.
2 Paradis de joies doublé : expression imagée indiquant que l’acte de l’âme dans la Volonté de Dieu ajoute ou intensifie les joies déjà présentes pour l’ange ; ce n’est pas un doublement strictement numérique, mais une manière de montrer que la joie de l’ange est renforcée et enrichie par la participation de l’âme.
3 si cela se passe ainsi dans l’ordre naturel : si l’âme peut profiter de tous ces biens dans l’ordre naturel sans les avoir créés elle-même
4 connaturelle = comme naturelle, en accord avec la nature de quelque chose ou de quelqu'un
5 …nella quale le vengono comunicati tutti i suoi modi divini, nobili e comunicativi a tutti ; comunicativi a tutti signifie que ces qualités divines, reçues dans la robe de lumière de la Divine Volonté, ont une force de rayonnement, de diffusion vers tous ; elles se diffusent d’elles-mêmes à tous, comme la lumière ou le parfum.
(1) Je me sentais oppressée, avec une telle répugnance à ouvrir mon âme pour manifester ce que le bienheureux Jésus me dit, que j’aurais voulu me taire pour toujours, afin que plus rien ne se sache, et je me plaignais à mon doux Jésus en lui disant : " Oh ! si Tu me disais de ne plus rien dire à personne de ce qui se passe entre Toi et moi, de quel poids énorme me libérerais-Tu ! Comme je serais heureuse ! Ne vois-Tu pas ma grande aversion, l’effort que je dois faire ? " Mais tandis que je disais cela, mon toujours aimable Jésus, s'émouvant en moi, me dit :
(2) « Ma fille, voudrais-tu ensevelir la lumière, la grâce, la vérité, et ainsi préparer le tombeau à ton Jésus ? Le silence sur tout ce qui est vérité forme la sépulture de la vérité, tandis que la parole forme la résurrection de la vérité : elle fait ressusciter la lumière, la grâce, le bien — d'autant plus que la parole relative à la vérité prend son origine dans le 'FIAT' Suprême. La parole eut son champ divin 1 au moment où, prononçant le mot 'FIAT', Je fis sortir toute la Création. J’aurais pu aussi la créer en Me taisant (par le silence), mais J'ai voulu me servir du mot 'FIAT' — afin que la parole elle-même ait une origine divine et que, contenant la puissance créatrice, celui qui s’en sert pour manifester ce qui M’appartient ait la puissance de communiquer ces vérités à qui aurait la fortune de les écouter. 2
Outre cela, il y a une raison encore plus forte pour toi : la plupart des choses que Je te dis concernent Ma Volonté Suprême. Or, ces vérités ne sont pas seulement la parole d'origine mais c'est précisément le 'FIAT' Lui-même qui revient en action comme lors de la Création et veut faire connaître les immenses biens que contient Ma Volonté. Et ce 'FIAT' communique une telle puissance à tout ce que Je te manifeste sur Ma Volonté, que cela suffit pour former la nouvelle Création de Ma Volonté dans les âmes. Est-ce là le bien que tu Me veux, en voulant par ton silence former le tombeau de Ma Volonté ? 3 »
(3) Je suis restée effrayée et plus affligée qu’auparavant, et je priais Jésus de me donner la grâce d'accomplir Sa Très Sainte Volonté. Et mon Bien-aimé Jésus, comme pour me réconforter, sortit de mon intérieur et, me serrant fortement contre Son très saint Cœur, m’infusa une nouvelle force. À ce moment-là, le Ciel s’ouvrit et j’entendis tous, en chœur, proclamer : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et je ne sais comment il me revint de répondre : Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in saecula saeculorum. Amen. 4 Mais qui pourrait décrire ce qui se passait ?
💥 Dans le mot « Patri » [Père], on voyait la Puissance créatrice qui coulait partout, conservait tout, donnait vie à tout ; son seul souffle suffisait à maintenir intact, beau et toujours nouveau tout ce qu'Elle avait créé.
💥 Dans le mot « Filio » [Fils], on voyait toutes les œuvres du Verbe 5 renouvelées et ordonnées, chacune en action pour remplir le Ciel et la terre, afin de se donner pour le bien des créatures.
💥 Dans le mot « Spiritui Sancto » [Esprit Saint], on voyait toutes les choses investies d’un amour parlant, opérant et vivifiant.
Mais qui pourrait tout dire ? Mon pauvre esprit se sentait immergé dans les béatitudes éternelles, et mon adorable Jésus, voulant me ramener à moi-même, me dit :
(4) « Ma fille, sais-tu pourquoi c'est toi qui a dû réciter la deuxième partie du Gloria ? C'est parce que Ma Volonté, étant en toi, il convenait que tu portes la terre au Ciel, pour donner, au nom de tous et avec la cour céleste, cette gloire [à Dieu] qui n’aura jamais de fin pour les siècles des siècles. Les choses éternelles, qui n’ont jamais de fin, se trouvent uniquement dans Ma Volonté, et celui qui La possède se trouve en communion avec le Ciel, participant à tout ce qui s’accomplit dans les régions célestes, comme s’il agissait avec tous les domaines du Ciel. »
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1 son champ divin : son champ d'action divin, son domaine
2 Raison que Jésus donne à Luisa pour qu'elle continue à écrire
✿ La parole prend son origine dans le 'FIAT' créateur et contient une puissance créatrice qui aide à la communication de Ses vérités. Se taire serait donc comme ensevelir la vérité, tandis que la parole la fait ressusciter.
3 Raison la plus importante pour laquelle Luisa doit continuer d'écrire
✿ Les révélations de Jésus sur la Divine Volonté sont le 'FIAT' Lui-même, qui communique une grande puissance aux vérités révélées, et suffisante pour former la nouvelle Création de la Divine Volonté dans les âmes. Se taire équivaudrait à former le tombeau de la Volonté Divine.
4 ✿ Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto : Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit. Un texte sur la Trinité
✿ Sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen : Comme il était au commencement, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
5 Le Verbe fait référence à Jésus-Christ, la Parole de Dieu (Logos), par qui tout a été créé et qui continue d’agir dans l’univers.
(1) Me trouvant dans mon état habituel, mon toujours aimable Jésus est venu, et prenant ma main dans la Sienne, Il me tirait vers le haut, entre le Ciel et la terre. Et moi, presque craintive, je me serrais contre Jésus, en m’agrippant fortement à Sa très sainte main. Désirant Lui confier la peine qui m’opprime tant, je Lui dis :
(2) " Mon amour et ma vie, Jésus, il y a quelque temps Tu me disais que Tu voulais faire de moi une copie de ma Maman Céleste ; et pourtant, on ne sut presque rien d’Elle, malgré les innombrables mers de grâces dont Tu l’inondais à chaque instant. Elle n’en parla à personne, elle garda tout pour Elle, et l’Évangile n’en dit rien non plus. On ne sait que ceci : qu'elle fut Ta Mère et qu'Elle Te donna au monde, Toi, le Verbe Éternel 1 ! Mais tout ce qui se passa entre Toi et Elle, les faveurs, les grâces, Elle le conserva pour Elle. Pour moi, au contraire, Tu veux que je manifeste ce que Tu me dis : Tu ne veux pas que demeure secret ce qui se passe entre Toi et moi. J’en suis attristée. En quoi puis-je être une copie de ma Mère Céleste ? 2 " Et mon doux Jésus, me pressant contre Son Cœur, tout tendresse, me dit :
(3) « Ma fille, courage, ne crains pas. De ma Mère, on ne sut que ce qu’il était nécessaire de savoir : que J'étais Son Fils, que par Elle Je suis venu racheter les générations, et qu'Elle fut la première en qui J’eus mon premier champ d’action divine dans Son âme. Tout le reste des faveurs et des mers de grâces qu’Elle recevait resta dans le sanctuaire des secrets divins. Cependant, la chose la plus importante, la plus grande et la plus sainte fut connue : que le Fils de Dieu était Son Fils ! C'était pour Elle le plus grand honneur, celui qui L'élévait au-dessus de toutes les créatures. Ainsi, sachant l'essentiel sur Ma Mère, il n’était pas nécessaire de connaître le reste. Ainsi ce sera pour toi, Ma fille. On saura seulement que Ma Volonté a eu Son premier champ d’action divine dans ton âme, et tout ce qui est nécessaire pour faire connaître ce qui La concerne ; on saura comment Ma Volonté veut Se manifester pour que la créature retourne à son origine, et comment Elle attend avec impatience la créature dans Ses bras, pour qu’il n’y ait plus de division entre elle et Moi.
Si cela 3 n’était pas connu, comment les créatures pourraient-elles aspirer à ce grand bien ? Comment pourraient-elles se disposer à une si grande grâce ? Si Ma Mère n’avait pas voulu faire connaître que J’étais le Verbe Éternel et Son Fils, quel bien la Rédemption aurait-elle produit ? Le bien inconnu, si grand soit-il, n’a pas de voies pour communiquer le bien qu’il possède. Et de même que Ma Mère ne s’est pas opposée à ce qui concerne Ma Volonté, ainsi Ma fille ne doit pas s’y opposer non plus. Tout le reste des secrets, les envolées que tu fais dans Ma Volonté, les biens que tu reçois, les choses les plus intimes entre toi et Moi, tout restera dans le Sanctuaire des secrets divins. N’aie pas peur, ton Jésus te satisfera en tout.
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1 le Verbe Éternel : la Parole Éternelle
2 En quoi puis-je être une copie de ma Mère Céleste ? : Quelle similitude y a-t-il entre ma Mère Céleste et moi ?
3 cela : réfère au savoir essentiel que Jésus veut que les créatures aient concernant la Volonté divine et la Rédemption
(1) Ma pauvre âme nageait dans la mer interminable de la Divine Volonté, et mon toujours aimable Jésus me montrait la Création toute entière, vivante, en action. Quel ordre, quelle harmonie, quelles beautés variées ! Chaque chose portait le sceau d'un Amour incréé 1 qui se précipitait vers les créatures, descendant au fond de chaque cœur, et criait dans son langage muet : " Aime, aime Celui qui t’aime tant. " J’éprouvais un doux enchantement en contemplant la Création ; son mutisme amoureux, plus qu’une voix puissante, blessait mon pauvre cœur, au point que je me sentais défaillir. Et mon doux Jésus, me soutenant dans Ses bras, me dit :
(2) « Ma fille, toute la Création crie : " Gloire et adoration à notre Créateur, amour pour les créatures. " Ainsi, la Création est pour Nous une gloire, une adoration silencieuse, car elle n’a reçu aucune liberté, ni de croître ni de diminuer. Nous l’avons fait sortir de Nous, mais Nous l’avons conservée en Nous, c’est-à-dire dans Notre Volonté, pour chanter — bien que de manière muette — Notre puissance, Notre beauté, Notre magnificence et Notre gloire ; si bien que c’est Nous-mêmes qui chantons Notre puissance, Notre gloire, Notre amour infini, Notre bonté, Notre harmonie et Notre beauté. La Création ne Nous donne rien par elle-même, bien qu'elle soit l’effusion de Notre Être Divin. Elle sert de miroir à l'homme, en lui montrant comment regarder et reconnaître son Créateur, en lui donnant des leçons sublimes - d'ordre, d'harmonie, de sainteté et d'amour. On pourrait dire que le Créateur Lui-même, en tant que Maître Divin, donne autant de leçons qu'Il a créé de choses, de la plus grande à la plus petite œuvre sortie de Ses mains créatrices.
Il n'en fut pas ainsi lors de la création de l'homme. Notre amour pour lui surpassa tout l'amour que Nous avions manifesté dans la Création. Voilà pourquoi Nous l'avons doté de raison, de mémoire et de volonté, et Nous avons placé Notre Volonté comme fondement dans la sienne, afin qu'il la multiplie, la décuple, — non pas pour Nous, car Nous n’en avions pas besoin, mais pour son propre bien. Ainsi, il ne resterait pas comme les autres choses créées, muettes et figées, dans l'état où Nous les avions faites, mais lui, l'homme, croîtrait toujours — en gloire, en richesses, en amour et en ressemblance avec son Créateur. Et pour qu'il puisse trouver toutes les aides possibles et imaginables, Nous avons mis à sa disposition Notre Volonté, afin qu’il agisse avec Notre propre puissance pour accomplir le bien, croître et acquérir la ressemblance qu’il désirait avec son Créateur.
Notre Amour, en créant l’homme, voulut faire le pari audacieux de placer Nos biens — Notre beauté, Notre sagesse, Notre sainteté, Notre amour, etc. — dans le petit cercle de la volonté humaine, comme sur une table de jeu. Notre Volonté devait être le guide et l'actrice de ses actions, non seulement pour l'aider à croître à Notre ressemblance, mais aussi pour lui conférer la forme d'un petit dieu. Alors, Notre douleur fut grande de voir la créature rejeter ces grands biens : Notre pari échoua. Cependant, même échoué, il restait un pari divin qui pouvait et devait être repris. Après de nombreuses années, Mon Amour voulut tenter à nouveau ce pari audacieux, cette fois avec Ma Mère Immaculée. En Elle, Notre pari ne faillit pas et produisit son plein effet. C’est pourquoi Nous lui avons tout donné et tout confié ; il y avait comme une compétition entre Nous : Nous en donnant, et Elle en recevant. »
(3) « Maintenant, sache que Notre Amour veut refaire ce pari audacieux avec toi [Luisa], afin qu'unie à la Mère Céleste, tu Nous aides à triompher dans ce pari et à réparer l’échec causé par le premier homme, Adam. Notre Volonté, ainsi restaurée dans Ses victoires, pourra de nouveau mettre en œuvre les biens qu'Elle désire offrir aux créatures avec tant d'amour. Et de même que, par l'intermédiaire de la Vierge Sainte — ayant réparé Mon pari — J'ai fait surgir le Soleil de la Rédemption pour sauver l'humanité perdue, de même, par ton intermédiaire, Je ferai ressurgir le Soleil de Ma Volonté afin qu’Il puisse tracer sa route parmi les créatures. Voilà pourquoi Je t'accorde tant de grâces et de connaissances sur Ma Volonté : c'est Mon pari audacieux que Je suis en train de former en toi.
Sois donc attentive, afin de ne pas Me causer le plus grand des chagrins que Je puisse recevoir dans toute l’histoire du monde : que Mon second pari échoue. Ah, ne Me fais pas cela ! Mon amour triomphera et Ma Volonté trouvera son accomplissement ! »
(4) Jésus disparut, et je restai inquiète de ce qu'Il m'avait dit, bien que toute abandonnée à Sa Suprême Volonté. Concernant ce que j'écris, seul Jésus connaît la douleur de mon âme et ma grande réticence à mettre sur le papier ces choses que j'aurais aimé enfouir. J'eus envie de lutter contre l'obéissance, mais le 'FIAT' de Jésus ayant triomphé, je continue d'écrire ce que je ne veux pas. Alors mon doux Jésus revint, et, me voyant inquiète, Il me dit :
(5) « Ma fille, pourquoi crains‑tu ? Ne veux-tu pas que Je joue avec toi ? Tu ne mettras de toi rien d’autre que la petite flamme de ta volonté, que Moi-même Je t'ai donnée en te créant : ainsi tout l’enjeu de Mes biens sera le Mien 2 Ne veux-tu pas être la copie de Ma Maman ? Viens donc avec Moi devant le Trône divin. Là, tu trouveras la flamme de la volonté de la Reine du Ciel aux pieds de la Majesté Suprême — flamme qu’Elle avait mise dans le jeu divin, car pour jouer, il faut toujours mettre quelque chose de soi ; autrement le gagnant n’aurait rien à prendre et le perdant n’aurait rien à laisser (le jeu serait vide). Puisque J’ai remporté le jeu avec Ma Mère, Elle a perdu la flamme de sa volonté. Mais ce fut une perte heureuse, car, en laissant sa petite flamme comme hommage continu aux pieds de son Créateur, Elle a formé sa vie dans le grand feu divin, grandissant dans l’océan des biens divins et obtenant ainsi le Rédempteur tant désiré.
À présent, il te revient de placer la flamme de ta petite volonté à côté de celle de Ma Mère inséparable, afin que tu puisses toi aussi former ta vie dans le feu divin et croître dans les reflets de ton Créateur. Alors, tu trouveras grâce auprès de la Suprême Majesté pour obtenir le 'FIAT' tant désiré.
Et ces deux petites flammes, n’ayant eu aucune vie propre, seront visibles aux pieds du Trône Suprême pour toute l’éternité : l’une ayant obtenu la Rédemption, et l’autre l’accomplissement de Ma Volonté, ce dernier constituant le but ultime de la Création, de la Rédemption et de Ma revanche dans Mon pari audacieux en créant l’homme. »
(6) En un instant je me suis retrouvée devant cette Lumière inaccessible, et ma volonté, sous forme de flamme, s'est placée à côté de celle de ma Mère Céleste pour faire ce qu'Elle faisait. Mais qui peut dire ce que je voyais, comprenais et faisais ? Les mots me manquent, et je m’arrête donc ici. Et mon doux Jésus a ajouté :
(7) « Ma fille, la flamme de ta volonté, Je l’ai gagnée, et toi, tu as gagné la Mienne. Si tu n’avais pas perdu la tienne, tu n’aurais pas pu gagner la Mienne. Maintenant nous sommes tous deux heureux, tous deux victorieux.
Mais regarde la grande différence qu’il y a dans Ma Volonté : il suffit de faire un acte, une prière, un 'je t'aime', une seule fois, pour que, prenant place dans la Volonté Suprême, le même acte, la même prière, le même 'je t'aime' se fasse toujours, sans jamais s’interrompre. Un acte accompli dans Ma Volonté ne s'interrompt plus jamais : une fois fait, il reste fait pour toujours, comme s’il se répétait éternellement. L’action de l’âme dans Ma Volonté entre dans le mode d’action divin, où chaque acte est accompli une seule fois et se renouvelle de lui-même, sans jamais devoir être répété. Qu'ils seront nombreux tes 'je T'aime' dans Ma Volonté, répétant toujours leur refrain : 'je T'aime', 'je T'aime', 'je T'aime' ! Ils seront pour Moi autant de blessures (d'amour) et Me prépareront à accorder la grâce la plus grande : que Ma Volonté soit connue, aimée et accomplie.
Ainsi, dans Ma Volonté, les prières, les œuvres et l'amour entrent dans l'ordre divin, et l'on peut dire que c'est Moi-même qui prie, qui travaille, qui aime ! Que pourrais-je Me refuser ? De quoi ne pourrais-Je pas Me réjouir ? »
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1 Amour incréé : signifie un amour qui n’est pas créé, c’est-à-dire l’amour divin éternel, infini et intrinsèque à Dieu, contrairement à l’amour créé qui existe dans les créatures ; Luisa décrit ici la Création comme portant le sceau de l’Amour divin éternel, qui coule de Dieu vers toutes les créatures.
2 Explications sur ce jeu spirituel, ce pari mystique.
🔹 1. L’enjeu = le but du jeu, ce qu’il y a à gagner ou à perdre, le gain final
La victoire de la Volonté de Dieu dans l’âme et la transformation de l’âme
➡︎ union de la volonté humaine à la Volonté divine, ressemblance divine, le salut, la participation aux biens divins.
🔹 2. Ce qui est mis en jeu = la mise, la part que chacun engage pour participer au jeu.
Jésus met en jeu Ses propres biens divins (amour, sainteté, beauté, sagesse, etc.).
L’âme met en jeu la flamme de sa volonté, c’est-à-dire l’abandon de sa propre volonté humaine.
🔹 3. Qu’y a-t-il à gagner ?
Si Jésus “perd” (comme avec Adam) → l’âme refuse, rejette ce pari, et alors son « jeu d’amour » échoue. Mais ses biens restent à Lui, rien ne Lui échappe.
Si Jésus “gagne” (comme avec Marie) → l’âme accepte de mettre en jeu sa volonté. Alors Jésus peut lui donner en retour ses propres biens divins. L’âme grandit en ressemblance avec Dieu et devient presque « un petit dieu », participant à la sainteté et à l’amour divin.
(1) Je continue à me perdre dans la Sainte Volonté Divine. Je voudrais embrasser 'tout et tous' pour pouvoir tout apporter à mon Dieu, comme des choses qui m’appartiennent, puisqu’Il me les a données 1 — afin de Lui rendre pour chaque chose créée un petit mot d’amour, un merci, un 'je Te bénis', un 'je T'adore'. Et mon toujours aimable Jésus est sorti de mon intérieur : avec Son 'FIAT' Tout-Puissant, Il a appelé toute la Création et l'a déposée dans mon sein [sur mes genoux] pour m'en faire don. Avec une tendresse toute d'amour, Il m'a dit :
(2) « Ma fille, tout appartient à celui qui doit vivre dans Ma Volonté! Tout ce qui est sorti de Ma Volonté, tout ce qu'Elle conserve et possède, tout doit lui appartenir entièrement, de droit (divin). C’est Mon 'FIAT' Tout-Puissant qui a étendu le ciel et l’a constellé d’étoiles, qui a appelé la lumière à la vie et a créé le soleil, ainsi que toutes les autres choses créées. Et Mon 'FIAT' est resté dans la Création comme Vie triomphante, dominatrice et conservatrice. Or, celui qui a conquis Ma Volonté a conquis toute la Création et même Dieu Lui-même ; et, par droit de justice, il doit posséder tout ce que Ma Volonté possède, et bien plus, puisque la Création est muette pour son Créateur 2 ! Je l’ai faite muette afin que celui à qui Je la donnerais — parce qu’il vit dans Ma Volonté — ait la parole dans toutes les choses créées, les rendant parlantes et non muettes.
Ainsi, tu deviendras la voix du Ciel, dont l’écho fera résonner ta parole dans toute l’étendue céleste, proclamant : " J'aime, je glorifie, j'adore mon Créateur ". Tu seras la voix de chaque étoile, du soleil, du vent, du tonnerre, de la mer, des plantes, des montagnes, de tout, qui répéteront continuellement : "J'aime, je bénis, je glorifie, j'adore, je remercie Celui qui nous a créés. " Oh ! Comme elle sera belle, la voix de Ma petite fille, Ma nouvelle-née de Ma Volonté ! Par Elle, toute la Création, toutes les choses Me parleront ! Ce sera plus beau que si J’avais donné la parole à la Création. Ah, Je t'aime tant que Je veux t'entendre dans le soleil, aimant, adorant, glorifiant. Je veux t'entendre dans les sphères célestes, dans le murmure de la mer, dans le frétillement du poisson, dans l'oiseau qui chante et gazouille, dans l'agneau qui bêle, dans la tourterelle qui soupire. Je veux t'entendre partout. Je ne serais pas content si, dans toutes les choses créées, où Ma Volonté tient la première place [puisqu’elles sont créées par Moi], Je n’entendais pas la voix de Ma petite nouveau-née qui, Me rendant toute la Création parlante, Me donne amour pour Amour ³, gloire et adoration pour chaque chose créée.
C’est pourquoi, Ma fille, sois attentive : Je t'ai donné beaucoup et Je veux beaucoup de toi. Ta mission est grande : c'est la vie de Ma Volonté qui doit se déployer en toi, laquelle embrasse tout et possède tout. »
(3) Après cela, je me disais en moi-même : " Comment puis-je faire tout ce que dit mon Jésus ? Me retrouver dans toutes les choses créées, avoir un acte pour tout ce que fait la Volonté Suprême, comme si Lui devait être mon écho et moi le Sien, alors que je ne suis qu’une nouveau-née dans la Divine Volonté ? Il faudrait au moins que je grandisse un peu, pour pouvoir me répandre un peu mieux dans toutes les choses créées, comme le veut mon Jésus Bien-aimé. " Or, tandis que je pensais cela, Il est sorti de mon intérieur et m’a dit :
(4) «Ma fille, ne t'étonne pas si Je te dis que tu es la nouveau-née 4 de Ma Volonté. Tu dois savoir que même Ma Mère Immaculée est la nouveau-née de Ma Volonté, car, entre ce qu’est le Créateur et ce que la créature peut être et recevoir de Dieu, on peut dire qu’elle est une petite nouveau-née. Et parce qu’Elle fut la nouveau-née de Ma Volonté, Elle se forma à la ressemblance de son Créateur et put être Reine de toute la Création. En tant que Reine, Elle dominait tout et son écho, parcourant toutes choses, s’harmonisait parfaitement avec l’écho de la Divine Volonté. Outre la Souveraine Céleste, tous les saints, anges et bienheureux peuvent être appelés nouveau-nés dans l’Éternelle Volonté. Car dès que l’âme sort du corps mortel, elle renaît dans Ma Volonté ! Si l'âme ne renaît pas en Ma Volonté, non seulement elle ne peut pas entrer dans la patrie céleste, mais elle ne peut même pas se sauver : car dans la gloire éternelle, nul n’entre sans être d’abord enfanté dans Ma Volonté.
Mais maintenant, Je dois te révéler la grande différence qui existe entre l'âme qui est nouveau-née de la Suprême Volonté dans le temps terrestre et celle qui renaît en Elle seulement aux portes de l’Éternité.
Prenons l'exemple de Ma Maman Reine, qui fut nouveau-née de la Divine Volonté durant le temps terrestre. Parce qu’Elle était nouveau-née, Elle eut le pouvoir de faire descendre son Créateur sur la terre. Tout en Le laissant dans Son immensité, Elle Le rendit petit dans Son sein maternel pour Le revêtir de Sa propre nature et Le donner comme Sauveur aux générations humaines. Étant nouveau-née, Elle forma des océans de grâces, de lumière, de sainteté et de science, capables de contenir Celui qui l’avait créée. Par la puissance de la Vie de la Suprême Volonté qu’Elle possédait, Elle put tout faire et tout obtenir. Dieu Lui-même ne pouvait refuser ce qu'Elle demandait, car ce qu’Elle demandait était la Volonté même de Dieu, à laquelle rien ne pouvait ni ne devait être refusé.
Ainsi, celui qui est nouveau-né dans Ma Volonté durant le temps terrestre, se constitue durant l’exil des mers de grâce. Et, en quittant la terre, il emporte avec lui toutes les mers de biens que possède la Divine Volonté 5 ; ainsi, il emporte avec lui Dieu Lui-même. C'est un prodige que d’emporter depuis l'exil cette Volonté, ce Dieu qui règne dans les Cieux ! Toi-même tu ne peux pleinement comprendre les grands biens et les prodiges de celui qui est nouveau-né dans Ma Volonté dans le temps terrestre. Ainsi, tout ce que Je te dis, tu peux le faire et davantage encore, car Ma Volonté s'identifiera à ton petit être et le fera à ta place.
Par contre, pour celui qui renaît dans Ma Volonté en quittant la terre, c’est la Divine Volonté qui lui fait trouver Ses mers immenses pour faire renaître l’âme en Elle. Il n’emporte pas son Dieu avec lui, mais Dieu se laisse trouver par lui. Quelle différence entre l’un et l’autre !
C’est pourquoi Je ne pourrais t’accorder une grâce plus grande que de faire de toi la nouveau-née de Ma Volonté. Et si tu veux grandir, fais seulement croître Ma Volonté. »
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1 Dieu a créé la Création pour l’homme, dès l’origine.
Dieu a donné les choses créées (la Création) à l'homme, en particulier à Adam, pour qu’il les possède et les rapporte à Dieu dans un échange d’amour et de gloire ; mais par le péché, l’homme a perdu cette capacité d’embrasser et de rendre tout à Dieu ; en Luisa, Jésus restaure cette grâce : à travers la vie dans la Divine Volonté, l’âme reprend possession mystique de tout ce que Dieu a créé.
2 la Création est muette = les choses créées n'ayant pas la parole, elles rendent gloire à Dieu de façon silencieuse alors que l'homme, doué de parole, s'il vit dans la Divine Volonté, peut rendre grâce au Créateur, au nom de chaque chose créée ; il rend la Création "parlante" à travers lui.
3 Amour pour amour = chaque acte d’amour donné par Dieu reçoit un acte d’amour identique de la créature.
4 la nouvelle-née ou la nouveau-née ; les deux sont corrects en français
5 ... il emporte avec lui toutes les 🔗 mers de biens que possède la Divine Volonté
Les « mers de biens » appartiennent à Dieu seul, source de tout bien, de toute grâce, de toute lumière, de toute sainteté et de tout bienfait spirituel. Cependant, les actes de l’âme qui vit dans la Divine Volonté sont une participation à ce que Dieu possède déjà. Ce qui est en Dieu devient comme « possédé en elle », non par droit propre, mais par communication de vie. Ainsi, en quittant la terre, l’âme emporte avec elle ces « mers de biens », parce qu’elle a laissé la Volonté de Dieu agir et vivre en elle.
(1) J'écris seulement pour obéir et pour accomplir la seule Volonté de Dieu. Ainsi je pensais en moi-même :
" Mon toujours aimable Jésus me dit tant de fois que je dois être la copie de ma Maman Céleste — embrasser tout, suppléer 1 pour tous, afin de pouvoir obtenir le 'FIAT' tant désiré — comme la Souveraine Reine Elle-même a obtenu le Rédempteur tant attendu. Mais comment puis-je faire cela ? Elle était sainte, conçue sans la tache originelle ; moi, au contraire, je suis l'une des plus petites et pauvres créatures, conçue comme tous les enfants d'Adam avec le péché originel, pleine de misères et de faiblesses. Comment pourrais-je suivre les envols de la Souveraine Dame dans la Volonté Divine pour obtenir ce 'FIAT' tant désiré que mon doux Jésus désire tant voir régner sur la terre ? "
Alors que je pensais cela, mon doux Jésus sortit de mon intérieur et, me serrant fort dans ses bras, me dit :
(2) « Ma fille, si Ma Mère fut conçue sans la tache originelle pour pouvoir obtenir le Rédempteur désiré, c'est qu'il était juste et convenable que Celle qui devait être Ma Mère n’ait jamais eu en Elle, même le germe du péché. Elle devait être la plus noble et la plus sainte de toutes les créatures, mais d'une noblesse divine et d'une sainteté toute semblable à son Créateur, afin que Je puisse trouver en Elle tant de grâce et de capacité qu'Elle pût concevoir le Saint des Saints, le Verbe Éternel 2. Souvent les créatures font de même : si elles doivent conserver des choses précieuses et de grand prix, elles préparent des vases très purs et d’une valeur équivalente à ce qu’elles doivent contenir ; au contraire, si ce sont des choses ordinaires et de peu de valeur, elles préparent des vases d’argile de peu de prix, sans souci de les garder sous clé comme pour les récipients précieux, qu’elles laissent ainsi exposés. Ainsi, selon la préciosité du vase et la manière dont il est conservé, on peut reconnaître si ce qu’il contient est précieux et de grande valeur.
Or, devant recevoir le Sang de Ma Mère pour être conçu en Son Sein, il était juste que Son âme et Son corps soient très purs et enrichis de toutes les grâces, privilèges et prérogatives 3 possibles et imaginables — que Dieu peut donner à une créature et qu’elle peut recevoir. Maintenant, Ma fille, si tout cela fut accordé à Ma chère Maman parce qu’Elle devait faire descendre le Rédempteur tant désiré sur la terre, il en est de même pour toi. T’ayant choisie pour le 'FIAT' tant attendu par le Ciel et la terre, — attendu avec tant d’amour et d’ardeur par la Divinité Elle-même, plus encore par Dieu que par les hommes — , Je devais te donner toutes les grâces nécessaires pour pouvoir déposer dans une âme et un corps non corrompus, non seulement les connaissances inhérentes à Ma Volonté mais aussi Sa propre Vie, afin que Ma Volonté puisse se former et se déployer en toi.
Bien que Ma Volonté ne t'ait pas exemptée de la tache originelle, par Sa puissance, Elle en a réprimé la racine 4, la tenant fermement afin qu’elle ne produise aucun de ses effets corrompus. Ainsi, la racine du péché originel, écrasée par Ma Volonté, ne possède plus ni force ni vie en toi : cela était juste et nécessaire pour la noblesse, le décorum 5 et la sainteté de la Suprême Volonté. Car si en toi résidaient des effets mauvais, Ma Volonté trouverait des ombres, des brouillards. Elle ne pourrait pas répandre Ses rayons de vérité comme le soleil à son plein midi 6 , et encore moins former en toi le centre du déploiement de Sa vie divine. Sa pureté et Sa sainteté sont telles qu'Elle — Ma Volonté — ne peut coexister ni s’adapter avec la moindre imperfection. »
(3) À ces paroles, tremblante, je dis : " Jésus, que dis-tu ? Est-ce possible tout cela ? Pourtant je me sens si misérable et petite que j’ai besoin de Toi, de Ton assistance et de Ta présence pour pouvoir continuer à vivre. Et Tu sais dans quel état lamentable je me trouve lorsque Tu me prives de Toi. " Et Jésus, interrompant mes paroles, ajouta :
(4) « Ma fille, ne t’en étonne pas : c'est la sainteté de Ma Volonté — la plus grande chose qui existe au Ciel et sur la terre — qui l'exige. Si, dans la Rédemption, Je suis venu sauver l’homme, maintenant il s’agit de sauvegarder Ma Volonté dans les créatures. Il faut donc faire connaître le but de la Création et de la Rédemption, les biens que Ma Volonté veut donner, la vie qu’Elle veut former en chaque créature, et les droits qui Lui reviennent.
Mettre en sécurité une Volonté Divine au sein des créatures est la plus grande chose qui soit. Les fruits de Ma Volonté, connue et régnante, surpasseront ceux de la Création et de la Rédemption : Elle sera la couronne de Mes œuvres et le triomphe de Nos œuvres. Mais si Ma Volonté n’est pas connue, aimée et accomplie, ni la Création ni la Rédemption n’atteindront leur plein but ni leur fruit complet. La Création et la Rédemption sont sorties de Mon 'FIAT' Tout-Puissant (Omnipotent) ; et pour que Notre gloire soit complète et que la créature reçoive tous les effets et biens qu’elles contiennent, tout doit revenir à Notre Volonté. »
(5) Qui pourrait dire comment mon pauvre esprit se perdait dans l’immensité de la Volonté Éternelle, et ce que je comprenais ? Mais le point qui m’impressionnait le plus, c’était que le 'FIAT' devait surpasser même le bien de la Rédemption. J'éprouvais une profonde réticence à révéler ce qui est dit plus haut, craignant que l'obéissance ne m’impose de tout écrire. Oh ! Comme j'aurais voulu me taire ! Mais avec le 'FIAT', on ne discute pas, car de toute façon la victoire doit toujours lui revenir. Ainsi, mon doux Jésus, toujours bienveillant, revint vers moi et me dit :
(6) « Ma fille, il est nécessaire que tu manifestes cela, non pas pour toi, mais pour le décorum 5 et la sainteté qui conviennent à Ma Volonté. Crois-tu que tout le travail que J'ai accompli dans ton âme pendant plus de quarante ans ait été seulement pour toi, pour le bien que Je t’ai voulu et que Je te veux encore ? Ah non ! C’était surtout pour le décorum de Ma Volonté — afin que lorsqu’Elle viendrait régner en toi — Elle y trouve Mon travail, Mes prières incessantes qui L’invitent à venir, le trône de Mes œuvres et de Mes souffrances pour qu'Elle puisse dominer et établir Sa demeure, et, la lumière de Sa propre connaissance, pour y retrouver Ses honneurs et Sa propre gloire divine. Voilà pourquoi il est nécessaire que Je fasse tant de manifestations sur la Suprême Volonté : pour la décence qui lui convenait.
Maintenant, tu dois savoir que Ma Volonté est plus grande et plus interminable que la Rédemption elle-même, et que ce qui est plus grand porte toujours des fruits et des biens plus grands. Ma Volonté éternelle dans le temps et dans l’éternité 7 : Elle n’a pas eu de commencement et n’aura jamais de fin. La Rédemption, bien qu’éternelle dans l’esprit divin, a eu son commencement dans le temps et fut un produit de la Volonté Éternelle. Ce n’est donc pas la Rédemption qui donna vie à la Volonté Divine, mais l'inverse : la Volonté Divine donna vie à la Rédemption. Et ce qui a le pouvoir de donner la vie, par nature et par nécessité, est plus fécond que celui qui reçoit la vie.
Mais ce n’est pas tout. Dans la Création, la Divinité a laissé jaillir d’Elle-même les ombres 8 de Sa lumière, les ombres de Sa sagesse et de Sa puissance. Elle a effleuré toute la création de l’empreinte de son Être, si bien que la beauté, l’harmonie, l’ordre, l’amour et la bonté de Dieu que l’on contemple dans la création ne sont que des ressemblances divines, des reflets de la Majesté Suprême. Ma Volonté, en revanche, n’est ni une simple ressemblance ni un reflet (une ombre) : Elle est présente dans la Création comme la Vie même de toutes les choses créées. Ainsi, Ma Volonté est la base, le soutien, la force vivifiante et conservatrice de tout ce qui est sorti de Nos mains créatrices.
C’est pourquoi tout est dû à la Volonté Suprême. Ma propre Rédemption s’est inclinée devant Elle, implorant qu’Elle devienne la Vie même de chacun de Mes actes, de chacun de Mes battements de cœur, de chacune de Mes souffrances, et jusque dans Mon souffle, afin qu’Elle fasse couler vers les créatures les aides vitales pour les sauver. Ma Rédemption peut être comparée à un arbre dont la racine est la Volonté Divine. De cette racine sont sortis le tronc, les branches, les feuilles et les fleurs de tous les biens qui existent dans l'Église ; et de cette même racine jailliront aussi les fruits de Vie qu’elle contient.
De plus, la Création est sortie de Nous dans le but unique que Notre Volonté soit connue et aimée plus que la vie elle-même. Et afin que cet objectif puisse s’accomplir, Elle, Ma Volonté, s’est constituée la Vie de tout. Toutes les autres choses que Nous avons créées, et même la Rédemption elle-même, ont été données comme des aides pour faciliter l’accomplissement de Notre dessein. Donc, si Nous n’obtenons pas Notre but premier, comment pourrions-Nous obtenir Notre gloire complète, et comment la créature pourrait-elle recevoir le bien que Nous avions établi pour elle ?
Au-delà de cela, la Création, la Rédemption et le "FIAT Voluntas Tua" comme au Ciel ainsi sur la terre 10 symbolisent la Très Sainte Trinité. Et, de même que les Divines Personnes sont inséparables entre Elles, ces trois œuvres sont inséparables entre elles : l’une donne la main à l’autre 11, l’une aide l’autre, et le triomphe ainsi que la gloire sont à toutes les trois. Et comme Notre Volonté a tenu la première place dans toutes Nos œuvres, la Création et la Rédemption demeurent éclipsées et comme perdues dans l’immensité et l’interminabilité de la Suprême Volonté, qui enveloppe tout et considère même les choses faites par Nous comme Son trône, où Elle règne et domine. Donc, si Elle est tout, pourquoi t’étonner qu’Elle produise des fruits plus grands que Nos autres œuvres ? Et l’homme recevra cette Vie qu’il possède et qu’il ne connaît pas, car il La tient comme comprimée, noyée, affaiblie. Elle gémit et soupire, parce qu’Elle veut déployer sa Vie et qu’il ne lui est pas accordé de le faire.
C’est pourquoi sois attentive, car la connaissance de Ma Volonté ébranlera l’homme et sera comme un ciment contre le ver qui produisit le péché originel dans l’arbre des générations humaines. Ainsi, la racine étant fortifiée, la créature pourra faire vivre en elle cette Vie qu’avec tant d’ingratitude elle avait repoussée. »
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1 suppléer pour tous : compenser
2 le Verbe éternel : la Parole éternelle
3 prérogatives : avantages ou droits attachés à une fonction, un état
4 la racine : le germe du péché originel
5 décorum : ensemble des règles à observer pour tenir son rang dans une bonne société, dignité, honneur, convenances
6 le soleil en plein midi : le soleil à son zénith
7 dans le temps : pour toute la Création et l’histoire humaine, finie et progressive ; dans l’éternité : au-delà du temps, hors des limites temporelles, dans la perfection éternelle de Dieu.
8 Ombre : reflet plus pâle, moins défini, d'un objet éclairé par la lumière
9 similitudes : ressemblances
10 Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel
11 chaque œuvre soutient et complète l’autre, qu’elles sont intimement liées et interdépendantes
(1) Ayant reçu la Sainte Communion, j’appelais tout le monde : ma Reine Maman, les saints, le premier homme Adam avec la suite de toutes les générations jusqu'au dernier homme à venir sur terre, puis toutes les choses créées, afin que tous ensemble avec moi, prosternés autour de Jésus, L’adorions, Le bénissions et L’aimions, de sorte qu’il ne manque rien autour de Lui de toutes les œuvres sorties de Ses mains : ni un cœur qui bat, ni un soleil qui brille, ni l'immensité du ciel bleu constellé d'étoiles, ni la mer qui murmure, ni même la petite fleur qui élève son parfum. Je voulais concentrer tout et tous autour de Jésus-Hostie, afin qu’on Lui rende les honneurs qui Lui sont dus. Sa Volonté me rendait tout présent comme si tout m'appartenait, et je voulais tout donner à Jésus. Or, pendant que je faisais cela, il me semblait que Jésus était heureux de contempler toutes les générations et toutes Ses choses autour de Lui. En me serrant contre Lui, Il me dit :
(2) « Ma fille, comme Je suis content de Me voir entouré de toutes Mes Œuvres ! Je sens que Me sont rendus la joie et le bonheur que Je leur donnai en les créant, et Je les comble en retour d’un bonheur nouveau. Voilà le grand bien que contient et apporte Ma Volonté : chez celui qui vit en Elle, Elle concentre en lui les biens de tous, car il n’est aucun bien que Ma Volonté ne porte, et Elle unit l’âme à tous et à tout ce qui Lui appartient. Si la créature ne s’était pas soustraite à Ma Volonté, J’aurais trouvé tous réunis en un seul et chacun présent en tous. Les biens, la lumière, la force, la science, l’amour et la beauté devaient être communs à tous. Il ne devait y avoir ni 'tien' ni 'mien', que ce soit dans l’ordre naturel ou spirituel : chacun aurait pris autant qu’il le voulait.
La vie humaine devait être vécue dans Ma Volonté, tel un soleil, où tous peuvent prendre la lumière autant qu’ils veulent sans que personne n’en manque.1 Mais l’homme s'étant soustrait à Ma Volonté, les biens, la lumière, la force, l’amour et la beauté restèrent divisés et comme réduits de moitié entre les créatures. C’est pourquoi il n’existe plus ni ordre, ni harmonie, ni véritable amour, ni envers Dieu, ni entre elles. Oh ! si le soleil se divisait en de nombreux rayons détachés du centre de sa lumière, ces rayons finiraient par devenir ténèbres ! Que deviendrait alors la terre ? Ah ! Bien sûr, plus personne ne pourrait avoir une lumière toute à lui et pour lui seul. Ainsi en est-il de Ma Volonté : en s’en retirant, l’homme a perdu la plénitude des biens, la plénitude de la lumière, de la force, de la beauté, etc., et il a été contraint de vivre dans la privation. Sois donc attentive : que ta vie dans Ma Volonté soit continue, afin que tu contiennes tout et que Je trouve tous en toi 2.
(3) Alors je pensais en moi-même : " Si la vraie vie dans la Volonté Suprême contient tant de bien, pourquoi la Maman céleste — qui était toute Volonté de Dieu — n’a-t-elle pas imploré, avec le Rédempteur tant désiré, le 'FIAT VOLUNTAS TUA' 3 sur la terre comme au Ciel, afin de faire revenir l’homme dans ce 'FIAT' Suprême d'où il est sorti, pour lui redonner tous les biens et le but pour lequel il avait été créé ? D'autant plus qu'étant entièrement dans la Volonté de Dieu, n'ayant aucune nourriture étrangère à Dieu, Elle possédait donc la même puissance divine. Par cette puissance, Elle pouvait tout obtenir ! " Et mon doux Jésus, se mouvant de nouveau en moi, ajouta en soupirant :
(4) « Ma fille, dans tout ce que fit Ma Maman et ce que Je fis Moi-même dans la Rédemption, le premier but, le but primordial, fut que Mon 'FIAT' règne sur la terre. Ce n’eût pas été faire preuve d’un Amour véritable, ni d’une grande générosité, et encore moins être digne du Dieu que J’étais, que de venir dans le monde pour donner aux créatures la chose la plus petite : les moyens de se sauver, et de ne pas leur donner la plus grande : Ma Volonté, qui contient non seulement les remèdes, tous les biens possibles qui existent au Ciel et sur la terre, mais aussi le salut et la sainteté, cette sainteté qui élève l’âme à la même sainteté que celle de son Créateur. Oh ! si tu pouvais pénétrer dans chaque prière, dans chaque acte, dans chaque parole et dans chaque peine de Ma Mère indivisible (inséparable de Moi), tu y trouverais le 'FIAT' qui soupirait et implorait ; et si tu pouvais entrer dans chaque goutte de Mon Sang, dans chacun de Mes battements de cœur, de Mes respirations, de Mes pas, de Mes œuvres, de Mes douleurs et de Mes larmes, tu y découvrirais le 'FIAT' qui régnait, celui après lequel Je soupirais et demandais pour les créatures.
Mais alors que le 'FIAT' était le but premier, Ma Bonté dut commencer par un but secondaire et agir un peu comme un maître qui, tout en possédant les sciences les plus élevées et pouvant donner des leçons nobles et sublimes dignes de lui, doit, parce que ses élèves sont tous analphabètes, s’abaisser à leur niveau pour leur enseigner les premières lettres (l’a, b, c), afin de parvenir peu à peu à son but premier : leur transmettre la science qu’il possède et en faire, à leur tour, des maîtres dignes de lui. Mais si ce maître refusait de s’abaisser à ces études élémentaires et voulait enseigner directement sa haute science, ses élèves, étant analphabètes, ne le comprendraient pas ; et, confus par une science qui leur est inconnue, ils l’abandonneraient. Ainsi, le pauvre maître, en ne voulant pas s’abaisser, n’aurait donné ni le petit bien de sa science, ni le grand.
Ainsi, Ma fille, lorsque Je vins sur la terre, les créatures étaient illettrées en ce qui concerne les choses du Ciel ! Si J'avais voulu leur parler du 'FIAT' et de la véritable vie en Lui, elles auraient été incapables de le comprendre, car elles ne connaissaient pas encore le chemin pour venir à Moi. La plupart étaient boîteuses, aveugles, malades ! Je dus m'abaisser sous les apparences de Mon Humanité qui voilait ce 'FIAT' que Je voulais donner ; Je dus me faire leur frère, Me mettre au niveau de tous pour pouvoir enseigner les premiers rudiments, l’a-b-c du 'FIAT' Suprême. Tout ce que J’enseignai, fis et souffris ne fut rien d'autre que la préparation de la voie, du Royaume et de la souveraineté de Ma Volonté. C’est là l’habitude de Nos œuvres : faire les choses moindres comme acte préparatoire aux choses plus grandes. N’ai-je pas agi de même avec toi ? Je ne t'ai certes pas parlé dès le début du 'FIAT' Suprême, ni de la grandeur, de la sainteté que Je voulais te voir atteindre dans Ma Volonté, ni fait allusion à la grande mission à laquelle Je t'appelais... Je t'ai tenue comme une petite enfant à qui Je me plaisais à enseigner l'obéissance, l'amour de la souffrance, le détachement de tout, la mort à ton propre moi. Et tandis que tu y consentais, Je me réjouissais, car Je voyais se préparer en toi la place où déposer Mon 'FIAT' et les leçons sublimes propres à Ma Volonté.
Il en fut ainsi dans la Rédemption : tout fut fait dans le but que le 'FIAT' puisse de nouveau régner dans la créature, comme lorsqu’elle sortit de Nos mains créatrices. Nous ne sommes pas pressés dans Nos œuvres, car Nous avons non seulement les siècles, mais toute l’éternité à Notre disposition. C’est pourquoi Nous avançons à pas lents, mais avec la certitude de Notre triomphe. Nous préparons d’abord et ensuite Nous accomplissons. Et, ce n’est pas parce que Je suis retourné au Ciel que Je n’ai plus la même Puissance que lors de Mon passage sur terre. Ma puissance est toujours égale, peu importe que Je sois au Ciel ou sur la terre. N'ai-je pas appelé et élue Ma Mère alors que J'étais dans Ma Patrie Céleste ? Et Je t'ai appelée et élue avec cette même Puissance à laquelle nul ne peut résister, pour le 'FIAT' tant désiré 4 .
En vérité, Je te dis que pour L’obtenir, tu as à ta disposition des choses plus grandes et plus importantes que n’en eut Ma bien-aimée Maman. C’est pourquoi tu es plus fortunée : Elle n’avait ni Maman, ni les œuvres de Celle-ci pour l’aider à obtenir le Rédempteur tant attendu, mais seulement le cortège des actes des prophètes, des patriarches et des justes de l’Ancien Testament, ainsi que l’espérance des grands biens promis par la venue du futur Rédempteur. Toi, en revanche, tu as une Maman et toutes Ses œuvres pour t’aider ; tu disposes des aides, des peines, des prières et de la Vie même, non seulement prévue mais accomplie, de ton Rédempteur. Tous les biens et toutes les prières, déjà faits dans l'Église ou qui s’y accomplissent maintenant, s’unissent à toi pour t’aider à obtenir le 'FIAT' tant désiré.
Et puisque tout ce qui a été accompli par Moi, par la Reine du Ciel, et par tous les Justes avaient pour but premier l'accomplissement de Ma Volonté, tout est donc avec toi pour implorer la réalisation de ce but 5. Sois donc attentive : Je serai avec toi, Ma Maman sera avec toi ; tu ne seras pas seule à soupirer après le triomphe de Notre Volonté. »
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¹ La vie humaine, vécue dans la Volonté divine, est symboliquement comme un soleil 'spirituel' : elle est source de lumière, de bien et de vie pour tous, et personne ne manque de cette lumière.
2 ... afin que tu contiennes tout (l’univers, les biens, les créatures, les actes divins…) et que Moi, Je trouve tous (les êtres humains) en toi.
3 FIAT Voluntas Tua = Que ta volonté soit faite
4 Jésus a élu Luisa pour le 'FIAT' ; quel est son rôle ? Elle vivifie, prépare et diffuse le 'FIAT' par sa vie, ses actes et son union avec Jésus, afin que la Volonté divine règne dans les âmes comme elle le fait dans le Ciel. 🔗 Un texte explicatif
5 la réalisation de ce but : la fin de ce dessein, que la Volonté divine vienne régner sur la terre comme Elle règne au Ciel
(1) Mon pauvre esprit se perdait dans la Divine Volonté, et une Lumière interminable 1 envahissait le petit cercle de mon intelligence. Cette Lumière me semblait concentrée en mon esprit. Pourtant, Elle se répandait à l’extérieur, remplissait toute l'atmosphère et pénétrait jusqu’aux Cieux, où Elle paraissait comme centrée dans la Divinité. Qui pourrait dire ce que l'on ressentait et comprenait en demeurant dans cette Lumière ? On y éprouvait la plénitude du bonheur : rien ne pouvait pénétrer en Elle pour en assombrir la joie, la beauté, la force, la pénétration des secrets divins et la connaissance des mystères suprêmes. Alors mon toujours aimable Jésus, tandis que je nageais dans cette Lumière, me dit :
(2) « Ma fille, cette Lumière, ce séjour si enchanteur, qui ne connaît ni couchant ni nuit, c'est Ma Volonté. Tout est complet en Elle : bonheur, force, beauté, connaissance de l'Être Suprême, etc. Cette Lumière interminable, qui est Notre Volonté, sortit du sein de la Divinité comme héritage pour l'homme, le plus bel héritage que Nous pouvions lui donner. Elle sortit du plus intime de Notre Sein, portant avec Elle une part de tous Nos biens, pour les donner en héritage à la créature, afin de la rendre toute belle, toute sainte et semblable 2 à Celui qui l’avait créée.
Tu vois donc, Ma fille, ce que signifie " faire et vivre " dans Ma Volonté : tous les biens qui existent, au Ciel comme sur la terre, appartiennent à la créature lorsqu’elle vit en Elle. Et Je veux que tu les connaisses ; autrement, comment pourrais-tu les aimer, les posséder et t’en servir dans les différentes circonstances, si tu ne les connais pas ? Si tu ne sais pas que tu as à ta disposition une force divine, tu te laisseras abattre pour un rien. Si tu ignores que tu possèdes une beauté divine, tu n’oseras pas te tenir en Ma Présence avec familiarité 3 ; tu te sentiras différente de Moi et tu n’auras pas l’audace de Me solliciter pour que le 'FIAT' vienne régner sur la terre. Et si tu ne sais pas que tout ce que J’ai créé est à toi, tu ne M’aimeras pas en toutes choses et tu ne posséderas pas la plénitude du véritable Amour. Ainsi en est-il pour toutes les autres choses.
Si tu ne connais pas tous les biens que possède Ma Volonté — alors que tu es appelée à tous les posséder puisque tu vis en Elle et que tout Lui appartient — il t’arrivera ce qui arrive à un pauvre à qui l’on donnerait un million, sans lui dire que cette somme se trouve dans son pauvre taudis 4. Le pauvre, ne connaissant pas le bien qu’il possède, continuerait à vivre dans la pauvreté, à moitié affamé, mal vêtu, buvant à petites gorgées les amertumes de sa misère. Mais s’il venait à connaître sa nouvelle fortune, il transformerait sa cabane en un palais, se nourrirait abondamment, s’habillerait convenablement et boirait à longs traits la douceur de sa richesse. Ainsi, quels que soient les biens que l’on possède, si on ne les connaît pas, c’est comme si on ne les avait pas.
Voilà pourquoi, souvent, très souvent, J’élargis ta capacité 5 ; Je te donne de nouvelles connaissances sur Ma Volonté et te fais connaître tout ce qui Lui appartient — afin que tu puisses posséder, non seulement Ma Volonté, mais aussi tout ce qui Lui appartient. D’ailleurs, pour venir régner dans une âme, Ma Volonté Suprême veut y trouver Ses biens et Ses domaines. L'âme doit donc se les approprier afin que, venant régner en elle, Ma Volonté y trouve Ses propres domaines, où déployer Son régime 6 et Son commandement. Sinon, si Elle ne trouve ni Ciel ni terre dans l'âme, sur quoi pourrait-Elle régner ? Voilà pourquoi Ma Volonté souhaite centraliser tous Ses biens en toi 7 : tu dois les connaître, les aimer et les posséder, afin qu’en étant en toi, Ma Volonté puisse trouver Son Royaume, Le dominer et Le gouverner. »
(3) Alors que je pensais à ce que Jésus m’avait dit, je voyais plus que jamais ma petitesse et je me disais en moi-même : " Comment puis-je devenir le centre où se rassemble tout ce que contient la Volonté Divine ? Il me semble que plus Il parle, plus je deviens petite et plus je me sens incapable ; alors, comment cela peut-il être ? " Et Jésus, revenant, ajouta :
(4) « Ma fille, tu dois savoir que Ma Maman Céleste a pu Me concevoir, Moi, le Verbe Éternel, dans Son Sein très pur, parce qu'Elle accomplissait la Volonté de Dieu comme Dieu Lui-même l’accomplissait (et l’accomplit toujours). Toutes les autres prérogatives 8 qu'Elle possédait — virginité, conception sans péché originel, sainteté, mers de grâces — n’étaient pas des moyens suffisants pour concevoir un Dieu ; elles ne Lui donnaient ni l’immensité ni l’Omnivoyance 9 nécessaires pour concevoir un Dieu immense qui voit tout, et encore moins la fécondité pour pouvoir Le concevoir. En somme, il Lui aurait manqué le germe 10 de la fécondité divine. Mais, possédant la Volonté Suprême comme Sa propre vie et accomplissant la Volonté de Dieu — comme Dieu Lui-même la faisait (et la fait toujours) — Elle reçut la semence de la fécondité divine. Grâce à ce germe, Ma Mère acquit l’immensité et l’Omnivoyance, et ainsi, de manière connaturelle 11, Je pus Me concevoir en Elle : il ne Me manquait rien, ni l'immensité, ni tout ce qui appartient à Mon Être.
Maintenant, Ma fille, il en sera de même pour toi : la centralisation de tout ce qui appartient à Ma Volonté te sera connaturelle, si tu parviens à faire la Divine Volonté comme Dieu la fait. La Volonté de Dieu en toi et Celle qui règne en Dieu ne feront qu’Une. Quelle merveille donc, si tout ce qui appartient à Dieu et que Sa Volonté gouverne, conserve et domine, devient aussi tien ! Avant tout, ce qu'il faut c’est que tu connaisses ce qui Lui appartient, afin que tu puisses aimer les biens que tu possèdes et en les aimant, acquérir le droit de les posséder.
Faire la Volonté de Dieu comme Dieu Lui-même la fait fut le point le plus élevé, le plus substantiel et le plus nécessaire pour Ma Mère afin d’obtenir le Rédempteur tant attendu ; toutes Ses autres prérogatives n’étaient que superficielles : la décence, le décorum 12 qui Lui étaient naturellement dus. Il en va de même pour toi : si tu veux obtenir le 'FIAT' tant attendu, tu dois parvenir à faire la Volonté de Dieu comme Dieu Lui-même la fait. »
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1 lumière interminable : lumière sans fin, infinie
2 semblable : à la ressemblance, à l'image
3 tu n'oseras pas être à l'aise avec Moi
4 taudis : masure, pauvre logis, cabane
5 J’élargis ton esprit et ton cœur
6 régime : ensemble d'institutions, de procédures et de pratiques caractérisant un mode d'organisation et d'exercice du pouvoir ; les institutions et le personnel ...
7 centraliser tous Ses biens en toi ; évoque plutôt l’idée de rassembler des éléments dispersés autour d’un centre, les unifier sans les réduire ; proche du sens verbe italien accentrare, qui exprime le fait de tout ramener dans un seul centre vivant — ici, la Volonté Divine — sans en perdre la richesse et la multiplicité ; donc, le mot centraliser est le terme le plus juste pour traduire cette idée, bien qu'inhabituel dans un texte spirituel.
8 prérogative : avantage ou droit attaché à une fonction ou un état, privilège
9 Omnivoyance : capacité de tout voir, voir tout, partout et tout le temps ; terme souvent utilisé pour parler de Dieu qui voit tout
10 germe : semence, graine ; ici, le mot ' germe' ne désigne pas simplement une semence biologique, mais le principe divin de fécondité qui permet la conception du Verbe Éternel dans le sein de la Vierge Marie. Il symbolise le début d’une vie divine, la capacité spirituelle et surnaturelle de concevoir Dieu Lui-même, grâce à la possession de la Volonté Suprême et à l’accomplissement parfait de la Volonté de Dieu.
11 de manière connaturelle : de même nature ou participant à une même nature ; dans le contexte mystique, il exprime que la Sainte Vierge, en possédant la Volonté Divine comme Vie propre, entra dans une communion si intime avec Dieu qu’Elle participa à Sa propre Vie ; tout ce qu’Elle faisait devenait ' connaturel' à Dieu ; Ses actes portaient la même qualité, la même fécondité et la même puissance d’Amour que ceux de la Volonté Divine Elle-même.
12 décence : respect de ce qui touche les bonnes mœurs, les convenances
décorum : ensemble des règles à observer pour tenir son rang dans une bonne société
(1) Me trouvant dans mon état habituel, je me sentais toute immergée en mon aimable Jésus, et mon pauvre esprit se perdait dans les connaissances divines. Mais tout était silence, de ma part comme de celle de Jésus, et je ne sais dire ce que mon esprit comprenait. Puis Il reprit la parole et me dit :
(2) « Ma fille, tout ce que Je fais dans l’âme – oh ! combien cela surpasse tout ce que j’ai fait dans la Création ! Vois‑donc,
❖ chaque fois que Je manifeste une nouvelle perfection 1 de Moi-même ou une vérité 2 appartenant à la Divinité, c’est un nouveau Ciel 3 que J’étends dans l’âme;
❖ à mesure que l’âme s’élève dans les vérités qu’elle vient de connaître — pour se rendre semblable à son Créateur — ce sont de nouveaux soleils 4 que Je forme dans l’espace de ces cieux 5 ;
❖ chaque grâce que Je répands, chaque fois que Je renouvelle l’union de l’âme avec Moi, ce sont des mers 6 qui se déploient dans l’âme ; son amour pour Dieu, sa correspondance avec Lui, forment le doux murmure de ces mers, ainsi que des vagues impétueuses qui s'élèvent jusqu'au Ciel pour venir se décharger aux pieds du trône divin.7
De plus, comme l’âme pratique les vertus et que le corps coopère à leur exercice, le corps, peut être appelé le petit terrain de l’âme ; J'y répands les plus beaux prés fleuris, et Je me délecte à y créer sans cesse de nouvelles fleurs, de nouvelles plantes et de nouveaux fruits. 8 »
(3) « Et puisque Je suis un Acte unique — une fois accompli, il demeure accompli pour l'éternité 9 — la Création aussi devait être un Acte unique ! Ainsi, de la même manière que Mon acte unique continue de préserver la Création, toujours nouvelle, intègre et fraîche, Ma création dans les âmes est continue 10. Je ne m’arrête jamais ; toujours, toujours Je suis en acte de former des choses plus belles, surprenantes et nouvelles, sauf lorsque Je rencontre des âmes qui Me ferment les portes et interrompent Mon acte continu de création.
Alors, Je trouve un autre moyen : J’abonde et Je multiplie Mon acte continu dans les âmes qui gardent leurs portes ouvertes 11. Avec elles, Je Me délecte et continue Mon œuvre de Créateur. Mais sais-tu où Mon acte continu n’est jamais interrompu ? Dans l’âme qui vit dans Ma Volonté. Ah ! oui ! C’est seulement en elle que Je peux agir librement, car Ma Volonté l’habite et la prépare à recevoir le ‘FIAT’ — le même qui sortit lors de la Création. Ainsi, nos deux Volontés — Ma Volonté possédée par l’âme et celle que Je garde en Moi-même — se donnent la main, s’embrassent et forment les plus grands prodiges.
C’est pourquoi sois toujours attentive, et que ton vol soit toujours dans Ma Volonté. »
(4) Après cela, je pensais à la Résurrection de Notre-Seigneur ; et, reprenant (la parole), Il ajouta :
(5) « Ma fille, Ma Résurrection a tout complété et scellé 12. Elle M'a rendu tous les honneurs et rappelé à la Vie toutes les œuvres que J'ai accomplies au cours de Ma Vie sur terre. Elle a formé le germe de la résurrection des âmes et des corps lors du jugement universel. 13 Ainsi, sans Ma Résurrection, Ma Rédemption serait restée incomplète et Mes plus belles œuvres auraient été ensevelies.
De même, l’âme qui ne ressuscite pas pleinement dans Ma Volonté voit toutes ses œuvres rester incomplètes. Et si le froid s’infiltre dans les choses divines, si les passions l’oppressent, si les vices la tyrannisent, ce sera là la tombe où l’enterrer. Car, privée de la Vie de Ma Volonté, elle se trouve sans Celui qui ressuscite le feu divin, Celui qui, d’un seul coup, éteint toutes les passions et fait surgir toutes les vertus. Ma Volonté est plus qu’un soleil : Elle éclipse tout, féconde tout, transforme tout en lumière et forme la résurrection complète de l’âme en Dieu. »
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1 les perfections : les attributs de Dieu ; les qualités intrinsèques et parfaites de Dieu telles que l’amour, la bonté, la puissance, la sagesse, la justice, la fidélité, etc. Chaque perfection manifestée par Dieu à l’âme lui permet de contempler un aspect de sa nature divine.
2 les vérités : les réalités ou principes divins, immuables et éternels, comme l’unité et la Trinité de Dieu, son éternité, l’ordre de la Création selon sa volonté, ou sa justice.
3 ciel : l’espace intérieur où Dieu se manifeste et règne dans l’âme ; ce ciel devient le cadre où l’âme peut s’élever, correspondre à Dieu et recevoir davantage de lumière
4 soleils : les vertus, amour, actes héroïques, correspondance de l’âme à Dieu ; des lumières illuminant les cieux intérieurs formés par chaque connaissance ou vérité divine.
5 cieux : renvoie aux cieux déjà formés dans l’âme par chaque connaissance ou vérité divine révélée ; les cieux sont cumulés : à chaque révélation, un nouveau ciel se superpose aux précédents, créant un univers intérieur croissant, vivant et lumineux.
6 mers : l’abondance et la profondeur des grâces divines, de la lumière et de l’amour que Dieu répand dans l’âme ; représentent le mouvement et la vie intérieure générés par la correspondance de l’âme avec la Divine Volonté
7 son amour pour Dieu, sa correspondance avec Lui, forment le doux murmure de ces mers, ainsi que des vagues impétueuses qui s'élèvent jusqu'au Ciel pour venir se décharger aux pieds du trône divin.
son amour : l’amour de l’âme pour Dieu, sa réponse active et vivante aux grâces divines
sa correspondance : la réponse exacte de l’âme à la Volonté de Dieu, l’action intérieure, la vertu vécue, la fidélité à la lumière divine.
le doux murmure : l’expression harmonieuse, continue et tranquille de l’amour et de la correspondance de l’âme, la vie spirituelle paisible et constante de l'âme
ces mers : les grâces répandues par Dieu dans l’âme (comme expliqué précédemment).
les vagues impétueuses : quand l’âme agit avec intensité, force et générosité, son amour et sa correspondance deviennent des vagues puissantes, symbole de l’élan de l’âme vers Dieu, la montée de ses prières, vertus et sacrifices vers le Ciel
pour venir se décharger aux pieds du trône divin : les vagues de l’âme atteignent le trône de Dieu et apportent la lumière, l’amour et les actions de l’âme à Dieu ; image d'une communication intime et directe avec Dieu : l’âme participe à la vie céleste en « déversant » ses vertus et son amour à la source divine.
8 prés fleuris, fleurs, plantes et fruits : symboles des vertus vécues concrètement dans la vie de l’âme ; Dieu répand dans le corps — le « petit terrain » de l’âme — la beauté et la fécondité de la grâce divine : les fleurs représentent la variété des vertus, les plantes leur croissance, et les fruits les œuvres bonnes qui manifestent la vie de la Divine Volonté.
9 acte unique : une fois accompli, il perdure et se répète inlassablement ; Tome 18 : 24 octobre 1925 ; Tome 19 : 23 février 1926, point no 3, 2e paragraphe
10 Ma création dans les âmes est continue : le 'FIAT' divin agit sans cesse dans l’âme qui demeure ouverte à Dieu ; comme dans la Création matérielle, où l’acte créateur de Dieu se prolonge en la conservant vivante et ordonnée, ainsi, dans l’âme docile à la Volonté divine, Dieu continue de créer — non plus des cieux visibles, mais des merveilles spirituelles toujours nouvelles : lumières, vertus, transformations divines
11 Les âmes qui gardent leurs portes ouvertes : âmes dociles à la Volonté divine, où le 'FIAT' agit librement et multiplie sans cesse ses merveilles de grâce
12 Ma Résurrection a tout achevé et scellé :
Elle complète et confirme toutes les œuvres de Jésus sur terre ; elle rend visible et durable l’honneur et la gloire de Dieu, et « rappelle à la Vie » toutes les actions bonnes de Sa Vie terrestre.
13 Germe de la résurrection :
Le Christ initie la résurrection des âmes et prépare celle des corps pour le Jugement universel.