Tout groupe est un lieu d'influence mutuelle, où l'on constate rapidement une ambiance (une "mentalité" commune faite des représentations partagées et des sentiments collectifs, des manifestations émotionnelles) avec l'émergence de rôles spontanés et de normes (des règles de conduite co-construites).
La durée de vie collective du groupe détermine ce qui s'y produit : un groupe qui fonctionne au quotidien durant plusieurs mois se fédère et se forge une identité collective, s'aménage pour se supporter mais affronte souvent d'inévitables turbulences, tandis que ceux qui se réunissent ponctuellement (ateliers hebdomadaires, tels que les groupes de parents) peuvent rester conviviaux, car plus "en surface", affichant une tolérance à la différence ("pseudo-mutualité") et une attente forte vis à vis du formateur. Ce type de groupe à court terme redoute les tensions qui seraient une perte de temps et d'énergie, et reste dépendant de celui qui anime pour être accompagné, régulé.
La situation groupale peut être déstabilisante, car c'est un lieu d'exposition de soi, ce qui est anxiogene pour certains, excitant pour d'autres, et complexe à gérer pour beaucoup, qui sont à la fois contents de partager et inquiets d'être jugés, aux prises avec l'ambivalence (c'est à dire en conflit interne, entre le besoin de révéler leurs difficultés pour progresser et le désir de paraître à la hauteur, de sauver leur image).
Tout participant doit donc être satisfait dans ses besoins fondamentaux, en priorité ses besoins de sécurité et de reconnaissance
Dans ce but, d'emblée, le leader du groupe va incarner pleinement une posture sécurisante et facilitatrice, en assurant la double fonction normative et socio-affective (parentale, éducative, managériale) : "la loi - le lien".
Puis face à d'éventuels phénomènes de groupe, il va réagir et y faire face en cohérence avec l'approche qu'il vient transmettre : congruence, exemplarite, utilisation des compétences Gordon !
Nos compétences Gordon sont les bienvenues :
Écoute active individuelle ou collective (reflet des émotions groupales) pour faciliter l'expression, pour faire alliance, pour métacommuniquer.
Message-Je collectif : d' affirmation, d'appréciation, de prévention etc...
Pas de message de confrontation à un individu pour ne pas lui faire perdre la face en public : différer.
Si besoin d'exprimer un message de confrontation collective, commencer par "Je" dans le message.
Et se souvenir qu'un confrontation collective peut tomber à plat de responsabilisation ou être vécue comme généralisante et englobante donc provoquer l'apparition de sentiments d'injustice.
Attention aux erreurs typiques et aux attitudes à risque dangereuses face à un problème de groupe :
Éviter / minimiser : faire comme si de rien n' était en espérant que ça se résolve tout seul ;
Cadrer trop vite par anxiété que ça dégénère : ça excite la rivalité, ou ça refroidit tout le monde ;
Séduire, flatter, manipuler pour neutraliser : personne n'est dupe !
Principales recommandations à retenir :
Accueillir tout ce qui se passe avec acceptation et écoute avant d'intervenir pour faire alliance avant de gérer.
Éviter l'effet PING-PONG : Limiter les interactions duelles (3 maxi )!
Ne pas se focaliser sur un élément du groupe ou polémiquer trop longtemps : risque d'escalade symétrique galvanisée par le groupe qui assiste au duel et compte les points. Idem si c'est quelqu'un en difficulté : écouter bien sur, mais pas de relation d'aide en public (si besoin de plus : différer)
Pour défocaliser : couper le contact visuel, se tourner vers le groupe pour l'associer, mutualiser, questionner, faire circuler...