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La guerre d’Algérie est celle de l’aviation à pistons, avec des appareils anciens et une organisation tactique qui vient directement d’Asie, où elle fut élaborée péniblement entre 1947 et 1950. La guerre aérienne d’Algérie présente donc des similitudes avec la guerre d’Indochine (lutte contre une guérilla populaire, appuis et ravitaillements des troupes au sol, reconnaissances et observations au profit de l’armée de terre) avec des moyens plus importants et une organisation plus élaborée, parce que mise en place rapidement.
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Mais l’aviation est également capitale en raison de la géographie du pays. L’Algérie française est un territoire de plus de 2 millions de kilomètres carrés en comptant le désert saharien (alors que la France ne fait que 500 000 kilomètres carrés) et couvert par des zones en grande partie désertiques, mais comportant également des reliefs élevés. Les unités stationnées au début de la guerre étant des escadrilles de liaison et d’entraînement, elles ne peuvent faire face ni au type de conflit présenté, ni aux éléments géographiques et climatiques particuliers, ni à la nature de cette guerre qui ne dit pas encore son nom. L’apport fondamental de la guerre d’Algérie en termes aéronautiques est donc de mettre en place une aviation adaptée à ce type de guerre, l’aviation légère d’appui au sol, ainsi que le développement d’une flotte d’hélicoptères de transport, d’appui des troupes et de combat.
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La guerre militaire d’Algérie comporte plusieurs phases, avec dans un premier temps la lutte contre une rébellion peu nombreuse et peu organisée de 1954 à 1956, puis avec la prise en compte du problème et l’envoi du contingent à partir de 1956, et enfin avec la prise en charge d’une véritable politique de guerre et l’octroi de moyens militaires importants. L’histoire de la guerre d’Algérie est donc celle d’une escalade militaire, entre 1954 et 1960, qui va mobiliser toujours davantage des moyens aériens, pour devenir un poids important pour l’armée de l’air comme le montrent les principaux chiffres. Entre 1958 en 1960, au plus fort de l’action aérienne, l’aviation d’Algérie utilise :
près de 50 000 hommes, soit 40 % de ses effectifs ;
700 machines, soit 30 % de son potentiel total. L’armée de l’air va engager progressivement en Algérie 41 escadrilles, dont 26 escadrilles légères d’appui au sol ;
les chiffres en heures de vol sont donc en rapport, avec une moyenne de 50 % de l’activité aérienne militaire consacrée à l’Algérie entre 1958 et 1960 (5) ;
l’armée de l’air d’Algérie effectue en moyenne 100 000 missions par an. De ce total 30 % sont des missions d’appui feu pour les troupes au sol, 25 % des opérations de reconnaissance aérienne, 17,5 % des missions de surveillance aérienne et 10 % de transport et parachutage. L’aviation d’appui au sol est donc une donnée importante, quantitativement et tactiquement, quant à l’action de l’armée de l’air en Algérie. L'Armée de l'air à la croisée des chemins de Philippe GRAS
Regard sur l'aviation militaire - Algérie 1954-1962
Armée de terre
L'ALAT dans les divisions d'Infanterie
Armée de l'air
23e Escadre d'hélicoptères - escadron d'hélicoptères lourds 2/23 et 3/23 La Réghaïa Intervention à Bizerte (Tunisie) Juillet-août1961
Mes opérations en Algérie de Jean-Paul Reynaud.
6e ERALA en Algérie
Les témoignages ci-dessous ne figurent pas sur les sites précités, ils apparaissent sur leurs liens propres (recueillis par Roger LOUIS ancien du 4e RT et 117e RI en Algérie.)