Prie et travaille

pour qu'Il règne!

Quel ange bienveillant est venu déposer ce frugal réconfort ?

Il y a là un geste discret, prévenant, qui ouvre un espace lumineux de grâce avec un presque rien : du pain et de l’eau ; le nécessaire et le suffisant pour la route.

Du pain ! « Notre pain ». Œuvre collective de nombreux bras qui ont uni leurs efforts. Mais avant tout « Notre Père », prière des enfants dans laquelle se nouent paternité et fraternité pour une humaine solidarité.

Puis cette eau claire et pure, source jaillissante jusque dans l’éternité !

Qui s’y abreuve reçoit Celui qui l’a offerte gratuitement ; Celui qui parmi nous, a aussi éprouvé la faim et la soif, à l’égal des plus indigents.

Du pain, un verre d’eau fraîche ! Et plus encore !

Quand un cœur vigilant se donne, les mains se font agissantes, sans calcul aucun.

« En vérité, je vous le dis, tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Généreuse Année 2022

Votre sœur en Christ, Claude Caux-Berthoud

Prieure de la Fraternité Spirituelle des Veilleurs

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EDITO ...

de notre Prieure

(Bulletin Avril 2022)

Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. Voici comment vous devez prier : Notre Père qui est aux cieux… prière que tous les chrétiens ont retenue, selon Matthieu 6. 8.

Tout d’abord une première remarque importante, évidente mais essentielle. Quand je dis « Père » je me situe comme fils ou fille de ce Père. Et quand je dis notre, ou nous, je me situe en tant que frère ou sœur de Jésus qui prie avec nous, et frère ou sœur de ceux et celles qui prient avec les mêmes mots.

Le Fils. C’est lui qui nous donne cette prière dans toute sa présence, lui qui intercède avec nous, pour nous. (Rom 8.34). Et quand des demandes du Notre Père, nous semblent difficiles comme le pardon, n’oublions pas que Jésus est là, se glissant dans notre prière auprès du Père. Le Père c’est à lui que nous nous adressons, et non à un Dieu tout Puissant, lointain, indifférent ou partial, mais à un Père plein d’amour, de compassion, de miséricorde, de bienveillance. Il y a aussi l’Esprit Saint ce souffle de vérité qui est partout présent, qui demeure en nous, qui tisse des liens entre nous, car il intercède pour nous. (Rom 8. 26,27)

Il y a aussi les mots nous et notre que nous trouvons 8 fois dans cette prière. C’est vraiment l’appel de Jésus à prier avec lui, dans l’unité, les uns avec les autres, les uns pour les autres. Ce nous, ce notre, est vraiment le signe fraternel, communautaire et solidaire, qui tisse des liens dans notre Fraternité, et qui s’étend à l’Eglise universelle, à la communion des saints, à l’humanité entière.

Par cette prière magnifique, nous vivons une communion dans l’amour sans limite du Christ, qui nous apprend à aimer. Elle est un service d’amour fraternel qui nous engage.

Avec vous tous, avec chacune et chacun, en communion de prière,

Votre sœur Prieure





(Bulletin Octobre 2021)

Faire sienne la prière des frères et sœurs, c’est entrer dans un même mouvement, une communion riche en sa diversité ; c’est une invitation à un déplacement, un envol pour notre propre prière, qui se déploie à travers les mots offerts.

C’est ainsi que réunis à Sète, lors de notre Rencontre Générale des Veilleurs en juin dernier, les frères et sœurs ont réfléchi et partagé en groupe sur le thème proposé : « La Règle entre loi et liberté ». (Se reporter à l’édito du bulletin de juillet 2021). Ils nous font part de leurs méditations et de leurs prières dont voici quelques extraits que j’ai recueillis pour vous. (Claude Caux-B)


« Le chemin que tu suis est fait de liberté/discipline intérieure, cependant recherchée. / Ta solitude extrême fut souvent fortifiée/par la chaîne d’amour et de fraternité. / »


« Père, bénis sois-tu pour la Règle de notre Fraternité. Elle est l’écrin, où habite notre liberté intérieure. Bénis sois-tu pour ce cadre, ce secours lorsque nos repères viennent à manquer. Bénis sois-tu pour ce fil à plomb dans les turbulences de nos vies. Merci pour cette Règle, source d’équilibre qui nous rend heureux et nous met en marche à la suite de ton Fils et dans le souffle de l’Esprit Saint. »


« Seigneur notre Dieu, j’ai rendez-vous avec toi tous les jours, à chaque instant. Que ma vie soit imprégnée de ta lumineuse fidélité dans les actes de ma journée de travail, dans mes relations, dans le repos, dans mes pensées. Tel que je suis, emporté par le tourbillon de ma vie, avec mes faiblesses et ma petitesse, je veux te rencontrer et te retrouver encore… une fois, deux fois, trois fois dans ma journée ? tout le temps ? Viens à mon aide et je te chanterai. »


« Seigneur dieu nous te confions toute forme de culpabilité qui vient alourdir une expression libre et harmonieuse de notre engagement. Donne-nous d’accueillir le silence intérieur ainsi que ta joie. Inspire-nous des initiatives pour conjuguer solitude, espérance et engagement. »


« S’engager.

La lassitude du jour… Le désir de marcher à ta suite

Le manquement du vendredi… La grâce de la fidélité.

Le désert de la récitation… La respiration de ta Parole

Seigneur tu sais tout de nous ; et aujourd’hui tu nous appelles. Et déjà tu nous bénis.

La fraternité.

La solitude de la chambre… Le partage de l’office au téléphone.

L’intercession muette… La communion sensible avec ces frères et sœurs que l’on connaît.

L’éloignement géographique… Le trésor découvert dans une vidéo ou un livre.

Seigneur tu sais tout de nous ; et aujourd’hui tu nous appelles. Et déjà tu nous bénis.

Les Veilleurs.

Peur de la Règle… Joie de la Règle

Complexité de la Règle… Simplicité de la Règle.

Rigueur de la Règle… Miséricorde de la Règle.

Seigneur tu sais tout de nous ; et aujourd’hui tu nous appelles. Et déjà tu nous bénis .» Amen !

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« Je n’éprouve la présence de Dieu, qu’en souffrant de son absence. »

Louis Evely (1910-1985)


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(Bulletin Juillet 2021)

La Règle entre Loi et Liberté

Dans le cadre de notre Fraternité la Règle est une prescription que nous nous imposons, une loi à observer dans le double idéal de discipline réelle, et de liberté intérieure.

Cette Règle qui est remise à chaque novice est un engagement qui anime les Veilleurs depuis leur création en 1923 par Wilfred et Théodore Monod. Elle permet d’être unie dans nos différences, nous qui poursuivons le même but ; Suivre le Christ dans l’esprit des Béatitudes : Joie, Simplicité, Miséricorde. Et depuis bientôt 100 ans d’existence de notre Fraternité, que d’expériences vécues par les uns et les autres, pour qui la Règle a été une aide profitable ! Cette discipline vécue en Dieu par l’esprit qui vivifie, les a maintenus dans la persévérance, affermis, fortifiés, et secourus dans les événements délicats, douloureux, difficiles et éprouvants de leur propre histoire. J’aime à dire que notre Règle est un cadre aéré, car il n’enferme pas. Ce cadre est traversé par le souffle vivant de l’Esprit, par la priorité de l’amour sur toute loi, par la grâce vivifiante qui éclaire, stimule, purifie et encourage. Elle permet de garder l’équilibre, l’harmonie et non le désordre dans notre vie quotidienne, la communion aussi, puisque nous sommes sœurs et frères Veilleurs, pèlerins dans le même mouvement, dans la même dynamique et au-delà de nos possibles difficultés relationnelles, de nos choix de vie et de notre théologie.

Nos engagements sont une invitation permanente à être en Dieu, à vivre en Dieu, à l’associer sans cesse à notre vie quotidienne : vigilance, prière, méditation, activités, relations, travail…etc. Et suivre la Règle ne se fait pas dans une visée perfectionniste, car cela traduirait notre désir d’être reconnu, apprécié, aimé, valorisé, mais plutôt suivre la Règle pour être imprégné de la vie et de la sainteté du Christ qui s’est fait humble et doux pour nous. C’est un chemin d’humilité qui nous fait grandir en Dieu, et nous ouvre aux autres, à l’exemple du Christ qui s’est donné pour nous ; Le Christ qui n’était pas opposé à la loi de son peuple mais qui l’a illuminée par une observance libre, réfléchie, compatissante, priante, innovante telle qu’on la découvre dans la spiritualité des Béatitudes ; le Christ qui savait donner en toutes circonstances la priorité à l’humain, devant tout règlement autoritaire, froid et mortifère.

La Règle est bien notre orientation spirituelle où se conjugue selon l’évangile, le verbe aimer à tous les temps et de plusieurs manières. Cette vie d’observance portera en son temps, ses fleurs et ses fruits, car Dieu fait toutes choses belles en son temps.

Claude Caux-Berthoud, votre sœur et votre prieure


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