Retrouvez ici des nouvelles pour vous imprégner de l'univers Eormengrund
Eormengrund n’était au début qu’un territoire inconnu, sauvage, silencieux. Une terre vierge où les vents soufflaient sans nom, et où l’horizon n’avait pas encore été découpé par les ambitions humaines. Puis, un jour, il y a seize ans, un homme venu d’un autre monde – un monde que l’on nommait Angleterre – tenta l’impossible : remonter le cours du temps. Il s’appelait H.G. Wells. Il échoua. Ou réussit trop bien. De son invention naquirent les premiers portails. Non pas des passages dans le temps, mais des failles entre les mondes. Huit d’entre eux furent répertoriés. Huit branches jaillissant d’un tronc inconnu, que l’on appela bientôt Eormengrund. Ce monde au centre de tout, capable de les contenir tous. Pendant deux ans, les portails s’ouvraient et se refermaient de façon anarchique, provoquant guerres, explorations, colonisations. Puis seuls deux restèrent actifs : celui du Temple tibétain, bâti par une civilisation oubliée et présent dans chaque monde, et celui de l’Arbre Blanc, une entité vivante enracinée dans le sol même de Haute Ville. Pendant quatre ans, ces deux points servirent de trait d’union entre les peuples, les empires, les prophètes et les exilés. On échangeait, on complotait, on survivait. Et puis, l’Arbre a fleuri une dernière fois. Le neuvième a parlé. Et les portails se sont tus. Cela fait dix ans que le monde est clos. Dix ans que les puissances se regardent avec méfiance. Dix ans que la magie est devenue plus forte… mais aussi plus instable. Car le neuvième n’a pas détruit l’Arbre : il l’a guéri. Et dans sa guérison, le lien entre les mondes s’est replié sur lui-même. Depuis, la magie court plus vite, jaillit plus fort, mais elle échappe aux lois. Elle fait fondre, pourfend, blesse ceux qui croyaient la maîtriser. Certains pensent que c’est une punition. D’autres une bénédiction. Tous savent que ce n’est qu’un sursis. Dans les cours des grandes villes, dans les monastères cachés, dans les cavernes des technomages et les sanctuaires d’elfes, on cherche des traces. Des notes. Des reliques. Des équations. Quelque chose qui parlerait de Wells. De l’Arbre. Du Temple du Tibet. Car si les portails sont fermés… rien n’interdit qu’ils puissent s’ouvrir à nouveau. Et si l’on parvenait à rouvrir un portail ? Qui déciderait ce qui passe de l’autre côté ? C’est là que commence cette histoire.