Ici, la foi est une morsure. Le salut, une malédiction. Et l’espoir, un poison lent.
Dans ce monde, la croix ne protège personne.
Car le Messie n’est jamais monté au ciel.
Il est revenu.
Mais ce n’était pas un retour de lumière et de pardon. C’était la naissance du premier
prédateur.
Yeshua, ressuscité dans la nuit, ne cherchait plus à sauver les hommes. Il les
asservissait.
Le sang devint sacrement. La morsure, baptême. Et l’éternité, un fardeau qu’il partagea
avec ses apôtres.
Chacun d’eux reçut un don... ou une tare.
Ils fondèrent les Clans, des lignées
puissantes et orgueilleuses, bâtissant leurs
cathédrales sous la terre, dans les palais
de marbre brisé ou les arrièresalles des
palais humains. Car très vite, les vampires
comprirent qu’ils n’avaient pas besoin de
dominer le monde par la force.
Il suffisait de tirer les ficelles.
Rois, prophètes, empires... tous ont dansé
sur la musique d’une mascarade invisible,
composée dans les cryptes et les salons
des immortels.
Tous... sauf un.
Judas Iscariote ne but pas le sang du Fils
Sombre. Il le refusa.
Et pour cela, il fut maudit par les siens et par
les siècles.
Mais dans la nuit, il bâtit autre chose. Il devint
le père d’une nouvelle caste : les
nécromanciens. Ses disciples ne se
nourrissaient pas de sang, mais de mort elle-
même. Ils parlèrent aux cadavres,
questionnèrent les âmes, disséquèrent les
secrets que même les vampires craignaient de
nommer.
Ils devinrent les chasseurs.
Mais jamais les sauveurs.
Et tandis que le monde se teintait d’ombre, un
autre peuple s’éveilla sous la lune.
Les Enfants de Lilith, bêtes nées du rejet et de
la colère.
Ils n’étaient ni morts, ni vivants.
Ils étaient la rage.
Loups, démons de chair, monstres de muscles
et d’instincts.
Ils hurlent dans les landes, déchirent les chairs
et ravagent les pactes. Ils ne veulent pas
dominer. Ils veulent que le monde brûle pour
renaître.
Et leur haine est un feu plus ancien que la
parole.
Humains ?
Ne me fais pas rire.
Ils sont la monnaie de cette guerre. Le
bétail des uns, les soldats des autres, les
pantins de tous.
Mais parfois, un humain se réveille. Et
alors, tout devient plus dangereux.
Voilà Damnat.
Un monde où la nuit est un trône, et le
sang, sa couronne.
Mais alors que les clans tissaient leurs
intrigues, que les meutes traquaient dans
l’ombre et que les morts murmuraient dans
leurs tombeaux...
un portail s’est ouvert.
Une faille, quelque part, vers un monde
inconnu.
Une faille, quelque part, vers un monde
inconnu.
Eormengrund.
Un monde vierge, où les créatures de Damnat
ne sont pas des légendes mais des
puissances étrangères.
Un monde où le sang est encore pur, et la
peur, nouvelle.
Un monde à conquérir, à pervertir, ou à fuir.
Depuis l’ouverture du portail, les seigneurs
vampiriques envoient leurs ambassadeurs
masqués. Les nécromanciens y cherchent
des morts oubliés des livres. Et les enfants de
Lilith sentent dans ses terres une odeur de
chasse éternelle.
Eormengrund ne sait pas encore ce qui vient.
Mais Damnat, lui, est déjà là.