Un monde sans Hommes. Un monde où les dieux sont vieux, mais les rancunes
plus vieilles encore.
Il y a longtemps, les humains ont tenté d’imposer leur vérité au monde.
Une vérité unique. Immuable. Gravée sur des croix de fer et déversée par le feu.
Ils voulaient brûler les forêts sacrées.
Tordre les fleuves anciens pour en faire des douves.
Domestiquer la magie comme on apprivoise un chien.
Mais les créatures d’autrefois ont vu venir la fin.
Alors elles ont frappé avant.
Et quand le ciel s’est couvert de cendres, l’humanité fut effacée.
Aujourd’hui, seuls subsistent leurs ossements et quelques ruines noyées sous les
lianes.
Ûfiren leur a survécu.
Et il s’est reconstruit sans eux.
L’Empire Occidental – Le Cœur Forgé
Dans les montagnes aux veines d’or et de
fer, dans les villes enfouies sous des
kilomètres de roche, les Nains règnent.
Mais ce n’est pas un royaume fermé. Non.
Des centaures montent la garde sur les
cols. Des gnomes calculent les marées de
magie dans les observatoires des cimes.
Des esprits de pierre dorment dans les
fondations des cités.
Les Nains ont bâti leur empire sur la
connaissance, la mémoire et la main
d’œuvre de tous ceux qu’ils ont su rallier.
Ils ne prônent pas la domination. Ils
prônent l’ordre, l’utilité, la permanence.
Leur Parlement est aussi vaste qu’une
cathédrale et chaque décision y est pesée
comme l’or.
Mais sous les bibliothèques, sous les
grandes forges, certains couloirs n’ouvrent
que sur le silence... et des secrets trop
anciens pour être oubliés sans raison.
L’Empire Oriental – La Lame et la Brume
À l’est s’étend l’Empire d’Elvharï, façonné
comme un poème de guerre.
La lignée impériale est elfe noire, et l’actuelle
souveraine — la redoutée Impératrice XianYë
— est crainte jusque dans les temples les plus
reculés.
Mais l’empire n’est pas fait que d’elfes.
On y croise des kitsune en soieries
enchantées, des oni dans les rangs de l’armée,
des espritsnuées, des dragons masqués qui
n’ont pas parlé depuis des siècles.
Les écoles enseignent l’art de la guerre
comme on apprend à respirer.
Un duel vaut parfois mille batailles. Une
calligraphie peut être un ordre de mort.
Tout est grâce, honneur et cruauté.
L’Empire Oriental se veut éclairé — mais sa
lumière découpe, tranche, éclaire les trahisons
mieux que le soleil.
Et dans ses palais silencieux, les intrigues sont
aussi mortelles que les lames.
Les Terres du Sud – Le Chaos aux Crocs
Verts
Dans les étendues rouges et les jungles
suintantes, les peuples goblinoïdes vivent
sans empires, sans lois durables.
Gobelins querelleurs, trolls immenses et
lents, orcs à la peau d’obsidienne, tous
luttent pour un territoire, une ressource, un
nom à faire craindre.
La guerre est leur souffle quotidien.
Et pourtant, parmi les clans errants,
certains orcs parlent d’un autre avenir.
Au cœur des jungles les plus sombres,
des villesorcs ont été bâties. De pierre, de
racines, de cendres.
Leur existence est un murmure. Un mythe
que même les elfes n’ont jamais prouvé.
Mais il arrive que des convois
disparaissent. Que des messagers
n’arrivent jamais.
Et les sages commencent à comprendre :
le Sud aussi s’organise.
Puis le ciel s’est déchiré.
Un grondement.
Une lumière que nul mage n’avait prédite.
Et un monde de l’autre côté.
Eormengrund.
Un monde encore jeune. Encore sauvage.
Encore naïf.
Les premiers à traverser furent les aventuriers.
Pas des armées. Des ombres. Des éclaireurs.
Des érudits nains venus cartographier les lignes
telluriques.
Des sabreurs elfes masqués, aux pas aussi
silencieux que la neige.
Des orcs bâtisseurs, posant des bornes dans les
vallées.
Ils n’ont rien conquis. Pas encore.
Mais les trois puissances regardent.
Et derrière chaque regard, une question
silencieuse brûle :
Eormengrund estil à prendre... ou déjà pris ?