Sur cette carte, il manque les 10 premiers km que Gmaps ne connait pas.
Comme prévu, nous avons assez mal dormi, et eu un peu froid, même si nous ne sommes qu’à 3600 m…la nuit a été très claire…
Après concertation, nous décidons de continuer la piste en voiture, plutôt que de remonter à pied la rivière sur quelques km (4 selon le GPS) car nous craignons d’être bloqués par une éventuelle gorge ou passage infranchissable. La piste est facile jusqu’au minuscule hameau de Amuyo, complètement désert.
Or j’ai lu que la lagune est sur une propriété privée et qu’il faut payer un petit écot pour la visiter…tant pis, on continue, on ne va pas renoncer à qq km du Graal.
200 m plus loin, la conjonction d’un « message de bienvenue » et d’un virage merdique en montée nous pousse à abandonner la voiture pour continuer à pied.
Les messages se succèdent…sympa !
Après qq km nous quittons la piste pour couper à travers la caillasse afin d’éviter un dernier virage (la piste mène à 1 ou 2 bicoques, qui semblent occupées, mais on préfère se dispenser d’avoir à faire à l’auteur de tous ces messages un peu parano…dont le sens du commerce nous échappe un peu…)
Et voilà enfin la lagune !
On y accède en traversant un gué peu profond,
puis on monte au niveau de la lagune,
légèrement en surplomb par rapport aux 2 rivières qui l’entourent et se rejoignent en aval.
J’en suis pratiquement sûre à présent, il doit être possible d’aller directement à la lagune depuis le gué sur la piste (là où nous avons bivouaqué). Ça doit être très amusant, du moins par faible niveau d’eau dans la rivière.
Fred s’installe près d’une petite lagune verte (chaude) et lance le drone.
En y regardant bien, on l’aperçoit sur les clichés, ça donne l’échelle (la lagune rouge fait 100 m de diamètre),
tandis que je me balade sur le site : il y a en tout 3 ou 4 lagunes secondaires, toutes petites, et quelques trous +/- fumants (ne pas marcher le nez en l’air !)
On s’en met plein les yeux, puis on regagne la voiture.
https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/laguna-roja-depuis-bivouac-riviere-44129737
On aperçoit le lac de barrage, tout proche, mais préoccupés par la piste du retour, nous ne prenons pas le temps d’y faire un saut (il faut dire que les pistes du coin sont pas mal ravinées)
Pause pic-nic près de la rivière au niveau du gué (le coin est très accueillant et on veut reprendre des forces avant la caillasse)
Finalement, et comme toujours, la piste qui nous a tant stressés à l’aller est avalée sans problème au retour, en 1h15 pour 17 km (quand même) Sur la fin nous croisons une voiture de touristes, qui ressemble à la nôtre (un SUV 4X4 aux pneus de ville) et quand nous leur disons que plus loin la piste est pire (ce qui est vrai !), ils font demi-tour…Sinon nous n’avons pas vu âme qui vive depuis 24h00.
Soulagés, nous reprenons la piste qui remonte vers l’altiplano,
en passant au large du village de Pumiri,
puis nous entrons à nouveau dans le Parque Nacional Volcan Isluga.
Nous verrons parfois de petites forêts de quenua,
un arbre dont l’écorce rouge s’épluche un peu comme celle d’un bouleau,
dont les feuilles sont persistantes,
et qui se plait à 4000 m (en face nord donc au soleil puisque nous sommes dans l’hémisphère sud)
Dès qu’il y a des gros blocs rocheux, avec un peu de concentration, il est en général possible d’apercevoir des viscachas…
Pas mal de llaretta encore par ici…
voilà à quoi ressemble leur structure interne (elles servaient de combustible, une fois séchées, mais elles sont désormais protégées)
A l’arrière- plan le Cerro Pumiri (5484m),
dont la face sud est hyper-minérale,
tandis qu’en face nord de l’autre côté de la vallée, se multiplient les llarettas.
En rejoignant l’A 95, qui va de Colchane au Salar de Surire, nous retrouvons quelques voitures.
Nous passons près des hameaux abandonnés de Llocuoma et Villacollo et d’un bel enclos de pierre, d’au moins 75 m de diamètre, qui nous semble énorme vu ce qu’il y a à brouter dans le coin.
Un peu plus loin, un petit bofedal,
dont profitent quelques vigognes (qui sont des animaux sauvages non domesticables, à la différence des lamas et des alpagas)
Je pense que la zone a dû se désertifier, et hommes et bétail sont partis…
Le Cerro Curamare (5571 m) est en Bolivie, toute proche,
si proche que la piste nous y fait passer sur qq km (pas de poste frontière donc ne pas trainer dans le coin), ce qui nous évite un bon détour et nous permet d’avoir dès le retour au Chili cette vue dominante sur le Salar de Surire, balayé par un vent « de sel ».
Les qq km de piste en Bolivie sont sableux (et ça monte quand on va vers le nord) mais sitôt de retour au Chili, la piste est excellente et entretenue (alors que ce passage est en théorie impossible « légalement »…)
Encore quelques km en descente et nous voilà aux Termas de Polloquere.
Le coin est superbe, l’eau très chaude, il n’y a personne : on s’installe pour la nuit !
Nous posons la tente à l’abri d’un muret qui abrite une table de pic-nic, à 2 m d’une eau délicieusement chaude (38°C en arrivant car il y a du vent et des vagues, 40°C le lendemain matin : oui, on a fait plusieurs trempettes ! Attention il y a des endroits où elle est brûlante !)
De l’autre côté du Salar de Surire, au nord, le cerro Arintica (5017m)
Et encore plus loin à 60 km à vol d’oiseau, le volcan Guallatiri (6063m)
C’est le domaine des oiseaux d’eau : flamants et canards huppés),
Avocettes des Andes,
Mouette des Andes
Et des vigognes, bien moins sauvages qu’ailleurs, qui se savent protégées dans ce parc national.
A l’est le ciel noircit au-dessus de la Bolivie, comme nous l’avons souvent constaté, souvent dès le début de l’après-midi.
Nous profitons du spectacle jusqu’au coucher du soleil,
puis nous replions dans la tente, bien au chaud car ici aussi nous avons le chauffage par le sol ! Sympa à 4200 m !