2ème jour de kayak sur Isla San José, vendredi 09/11/12
Afin d'éviter les thermiques qui apparaissent dès le milieu de la journée, nous sommes prêts avant le soleil
dont nous assistons au lever sur la Mer de Cortez.
La côte rocheuse prend des teintes incroyables, c'est un régal !
Pélicans et cormorans sont aussi au spectacle...
Plus au sud et comme indiqué dans le bouquin de Dave Eckardt, la côte devient franchement austère, voire hostile et peu propice à un débarquement en dehors d'un contexte d'urgence.
Le vent du sud se lève encore plus tôt qu'hier (dire que j'ai conçu le parcours en comptant sur un vent du nord, bien plus fréquent) et c'est en serrant les dents et les mains crispées sur nos frêles pagaies que nous franchissons, après 16 km dont la moitié face au vent et aux vagues, la pointe sud de l'île.
Comme toujours en ces endroits, la mer est tourmentée, hachée, creuse, impossible de lâcher les pagaies pour boire ou manger une bricole (pas de photos donc)
On n'en mène pas large et pour le coup on se félicite d'être sans les enfants.
Avec ce vent du sud, comme craint, la côte sud de l'île est inabordable et il nous faut continuer.
Impossible de rentrer dans la lagune et la mangrove : la mer déferle trop dans le chenal d'accès et je ne me vois pas entrer vent et mer de l'arrière dans ce labyrinthe végétal dont d'ici nous ne voyons pas l'issue. On zappe donc cet éventuel raccourci et...on continue !
Nous finissons pas retrouver des eaux plus calmes, abrités en partie par Isla San Francisco.
Encore quelques km pour faire le tour de la pointe SE de Isla San José et nous accostons sur une langue de galets après 25 km de pagaie énergique ! Ouf !
Quel plaisir de se dégourdir les jambes
en marchant vers ces belles roches rouges qui surplombent la mangrove !
D'ici on aperçoit le chenal d'accès au lagon, à présent asséché.
Point de vue idéal sur la mangrove,
et sur la langue de galets où nous avons laissé le kayak. Un voilier est mouillé dans la baie.
Toujours autant de gros oiseaux ! Ici un billot sans doute utilisé par les oiseaux (lesquels?) pour briser les coquillages.
Les oiseaux profitent des ascendances ...pour une fois je peux prendre en photo des frégates qui ne volent pas trop haut. Elles sont vraiment hyperperformantes quand oo les voit tournoyer à haute altitude sans un coup d'aile puis tracer à toute vitesse vers une autre ascendance, ce sont vraiment les oiseaux qui nous ont le plus impressionnés par leur capacité à planer.
Aigles et vautours sont plus "banals"...
Allez courage ! Encore 5km vent dans le dos et mer calme jusqu'au bivouac du soir, situé un peu à l'est de Punta San Ysidro, à une distance théoriquement suffisante de la mangrove pour être à l'abri des moustiques.
On trouve un coin à l'ombre au fond d'un arroyo.
Pas de snorkeling aujourd'hui : fonds sableux, ressac et grosse fatigue (30 km dans les pattes avec un entraînement nul!)
On marche un peu à la recherche d'un puits d'eau saumâtre indiqué par Dave Eckardt, sans succès.
Dès que l'on s'éloigne de la mer (et que l'on se retrouve à l'abri du vent) on est assailli de petits moustiques très entreprenants et pas du tout impressionnés par le répulsif acheté quelques jours plus tôt.
On fait un gros feu dont la fumée nous offre un médiocre répit.
On dîne rapidement et on se réfugie dans la tente, sales bestioles !