Tweets racistes, questionnements sur son talent vocal et son niveau de français… autant d’éléments ayant déclenché une polémique sur la nomination d’Aya Nakamura en tant qu’artiste performant pour la cérémonie des JO de Paris 2024.
Mais en quoi s’agit d’une controverse en ligne ? Pour répondre à cette question, il est d’abord essentiel de rappeler ce qu’est une controverse en ligne. Pour faire simple, il s’agit d’un débat confrontant plusieurs parties prenantes, dont la particularité concerne le terrain de l’événement : internet. Un lieu que nous comprenons dans sa plus large acception : réseaux sociaux, moteurs de recherche, intelligence artificielle…
Le SEO, ou Search Engine Optimization dans sa version complète, se traduit en français par les différentes stratégies cherchant à améliorer le référencement naturel d’une page web. En clair, il s’agit d’améliorer la position d’une page sur les moteurs de recherche.
D'abord, cela nous permet d'analyser la controverse sous l'angle des contenus écrits eux mêmes, en s’attardant sur la forme et le contenu des articles et pages web s’affichant en premières lorsque nous faisons des recherches sur notre sujet. Ainsi, la répétition de certains mots clés, d’arguments communs ou le repérage de parties prenantes régulières nous permet de saisir l’essence de la polémique, et d’en dénouer les causes et enjeux.
D’un autre côté, analyser les recherches réalisées par les internautes nous permet de comprendre l’intérêt porté par le grand public au sujet de cette controverse. Nous verrons ainsi qu’en étudiant ces résultats, le web n’a pas été un terrain majeur de la polémique, contrairement à d’autres espaces tels que les réseaux sociaux.
Dans notre étude du SEO et des moteurs de recherche, nous avons décidé de mobiliser deux méthodes de recherches différentes.
Notre première méthode se compose de deux étapes. La première étape a été de repérer des mots clés entourant la polémique, et de croiser ces mots clés afin de créer des intitulés de recherches sur le web correspondant le mieux à notre sujet. Cela nous a mené à des combinaisons de recherches telles que « Aya Nakamura racisme », « JO racisme » ou « Aya JO ». En outre, après avoir établi ces recherches types, nous nous sommes répartis sur différents moteurs de recherche (Google, Mozilla Firefox, Edge…) afin d’analyser les résultats de recherche, et de comparer les potentielles différences entre les moteurs.
Notre seconde méthode de recherche correspond à l’emploi de l’outil Google Trends, un site développé par le leader mondial du numérique nous permettant de connaître la fréquence à laquelle des recherches particulières sont effectuées sur le moteur de recherche. Nous nous sommes donc servis de cet outil afin de comprendre la propension de notre sujet sur le web, de le replacer dans un cadre relatif, en comparaison avec d’autres recherches similaires, ou pour le moins comparable dans notre cas présent.
Ce que l’on traite avec cette controverse en ligne se rapproche notamment d’autres travaux scientifiques comme l’article “L’imbrication des rapports de pouvoir dans les dispositifs de débat télévisé à l’ère du numérique - Le cas de la controverse sur le racisme en France” de Florian Vörös publié en 2019.
L’article nous raconte les rapports de pouvoir présents dans les débats télévisés et surtout dans la manière dont le débat est conditionné par un certain dispositif qui va favoriser un jugement, une personne. Ils analysent le cas de la controverse sur le racisme dans les débats télévisuels, un cas se rapprochant fortement de la controverse d’Aya Nakamura et sur le débat et les dénonciation du racisme entourant la controverse. Également, cela se rapproche de l’article dans la manière dont le numérique, les débats publics, entourent et façonnent la controverse en maintenant des rapports de pouvoirs des différentes parties prenantes participant à amplifier et favoriser la transmission de la controverse.
AI generated- généré par IA
Pour débuter notre recherche sur la controverse d’Aya Nakamura, nous nous sommes intéressés d’abord aux moteurs de recherche, afin d’étudier les aspects purement numérique de la controverse ; avant de nous pencher sur les parties prenantes de la controverse, à travers une analyse comparative réalisée sur l’outil Google Trends.
Pour analyser la controverse, nous nous sommes ainsi appuyés sur la méthodologie de la recherche de la polémique sur différents moteurs de recherche afin de rendre compte des différences ou non de traitements par rapport à ce sujet.
De ce fait, parmi Google, Ecosia, Firefox… Nous avons toutes cherché le même thème de recherche, comme par exemple : “ Aya nakamura JO” “ Aya nakamura racisme”... afin de mettre en lumière les recherches associées et de rendre compte si tous les moteurs de recherche allaient évoquer la controverse, de la même manière ou non.
Les résultats de cette méthodologie de recherche semblent émettre quelques réserves quant à la forte présence de la controverse dans le numérique.
En effet, les résultats étaient très souvent, à quelques exceptions près, les mêmes. C’est à dire qu’en mettant les mêmes questions recherches sur la controverse d’Aya les résultats sortants étaient souvent liés à plusieurs thèmes récurrents : la performance d’Aya, des articles dénonçant le racisme, les réactions positives face à sa performance…
Cela semble donc déconstruire le fait que les différents moteurs de recherches émettent des recherches différentes, beaucoup démontrent des mêmes mots clés et du même traitement de l’information.
De plus, lorsque l’on demande des résultats sur les controverses aux JO, le racisme aux JO… sans mentionner Aya Nakamura, cette dernière n'apparaît pas du tout en tête de liste des résultats. Cela semble ainsi également démontrer que la controverse est plutôt discrète sur le web avec peu d’articles sur le sujet ou que sa polémique est rarement mentionnée surtout si son nom n’apparaît pas.