Dr Sam Parnia (2001), revue Resuscitation

Étude sur les expériences de mort immente 

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L’etude Anglaise du Dr Sam Parnia, Août 2001

Source : Resuscitation 48 (2001) 149-156


Le Dr S Parnia est diplômé du "gyus and St Thoma’s medical school" de Londres. Il est tout à la fois, spécialiste en médecine interne, en maladies des voies respiratoires et représentant de la recherche clinique. C’est alors qu’il travaillait au sein de l’unité de soins coronaires de l’hôpital général de Southampton qu’il mena avec le Dr P Fenwick la toute première étude relative aux expériences de morts imminentes au Royaume Uni. Ses résultats ont été largement diffusés dans la presse nationale et internationale et publiés en Août 2001 dans le journal médical "Resuscitation" dont nous vous propose le résumé suivant.

"Une analyse qualitative et quantitative sur l’incidence, les caractéristiques et l’étiologie des expériences de mort imminente chez les rescapés d’arrêts cardiaques.

But : mener une étude prospective chez les rescapés d’arrêts cardiaques pour comprendre aussi bien les caractéristiques qualitatives que leur incidence, et aborder ainsi l’étiologie des expériences de mort imminente au sein de ce groupe de patients.

Méthode employée : sur une période de un an, tous les survivants à des arrêts cardiaques ont été interviewés, moins d’une semaine après leur accident, sur les souvenirs de leur période d’inconscience. Les souvenirs rapportés ont été évalués suivant l’échelle de NDE de Greyson. Les rôles supposés des facteurs physiologiques, psychologiques et transcendantaux ont été étudiés. Les paramètres physiologiques tels que le taux d’oxygène ont été tirés des notes médicales. Les convictions religieuses des patients ont été documentées au cours des interviews et des cibles cachées au plafond ont été utilisées pour tester les théories transcendantales sur les éventuelles déclarations de sortie hors du corps. Les personnes rapportant des souvenirs ont été comparé à celles qui n’avaient pas de souvenirs.

Résultat : 11,1% des 63 survivants ont témoigné de souvenirs. La majorité avait des caractéristiques communes avec les NDE. Aucune différence n’est apparue au niveau des paramètres physiologiques mesurés à l’exception de la pression partielle d’oxygène durant l’arrêt cardiaque, qui était plus élevée dans le groupe qui a témoigné de NDE.

Conclusion : Les souvenirs qui suivent la réanimation d’un arrêt cardiaque sont rares (11.1%). La majorité de ceux qui sont rapportés ont des traits communs avec les NDE et sont de caractère plaisant. L’apparition de NDE au cours d’arrêts cardiaques amène des questions sur la relation possible entre l’esprit et le cerveau. Des études plus approfondies et sur une plus large échelle sont nécessaires pour nous permettre de comprendre l’étiologie et la véritable signification des NDE.

1. Introduction :

Dans les années 70, on a rapporté de nombreux cas de personnes qui, ayant frôlé la mort, avaient survécu et décrivaient toutes, de manière similaire, des expériences inhabituelles. Cela a conduit à l’élaboration de nombreuses études rétrospectives. Les sujets décrivaient la vision de tunnel, de lumière, de proches décédés, une perception de séparation du corps, et ils connaissaient apparemment ces expériences, souvent à un moment où ils étaient inconscients. Ces expériences sont lucides et entraînent des modifications dans le mode de vie. Elles sont aujourd’hui communément désignées sous l’appellation " expériences de mort imminente ". Les explications avancées sur ces expériences sont allées de leur assimilation à des hallucinations confuses ou des inventions, jusqu’à la confirmation de l’existence d’une vie après la mort. Plus de 20 ans plus tard, le débat sur les NDE continue encore. La plupart des auteurs acceptent aujourd’hui l’idée que ces expériences se produisent réellement et ne sont pas des inventions. Des quantités de NDE ont été recensées dans beaucoup de cultures différentes et à travers l’histoire, par exemple, elles sont décrites dans la République de Platon, dans une peinture du XVième siècle, chez beaucoup de survivants à des accidents de montagne en Suisse et plus récemment, chez les survivants à un séisme en Chine. Beaucoup de recherches ont été maintenant menées sur ce sujet, y compris sur les NDE d’enfants. Le plus jeune cas de NDE connu dans la littérature est un tout jeune bébé de 6 mois. Il n’est jamais facile de définir à partir des récits, si l’expérience se produit avant, pendant ou durant la récupération de la période d’inconscience. A ce jour, aucune étude prospective n’a été publiée sur l’incidence et le caractère subjectif des expériences en corrélant ces critères avec des mesures physiologiques objectives. Il a alors été décidé de mener une étude prospective pilote pour évaluer la fréquence et les causes possibles des NDE chez les rescapés d’arrêts cardiaques. Les survivants d’arrêts cardiaques ont été utilisés comme modèles parce que l’expérience a été fréquemment rapportée lors d’arrêts cardiaques. Ces patients ont été réanimés par le biais de traitement standard, leur administrant des médicaments et des techniques de réanimation. De plus, l’état mental des rescapés est le modèle le plus proche de ceux qui ont un cerveau en état de mort. Cela est dû au fait que les patients en état d’arrêt cardiaque présentent deux des trois critères attendus pour déclarer la mort de l’individu (pas de fonction cardiaque, pas de mouvement respiratoire spontané) et généralement dans les conditions cliniques d’un arrêt, ils développent les trois critères (pupilles fixes et dilatées) à cause de la perte de l’activité cérébrale.

2. Methode :

Pendant une période d’un an, tous les rescapés d’arrêts cardiaques des unités de soins médicales, des urgences et du service coronaire de l’Hôpital Général de Southampton ont été identifiés et interviewés alors qu’ils étaient encore à l’hôpital. Le comité d’éthique local a approuvé le protocole d’étude. Les critères de prise en compte pour l’étude étaient les suivants : (1) survivant à un arrêt cardiaque de toute unité de soins : médicale, urgence ou coronaire ; (2) patients âgés de plus de 18 ans ; (3) résultat du test mental de 10/10 (basé sur les 10 points du test mental minimal afin d’exclure tout patient potentiellement déséquilibré) ; (4) accord de l’équipe médicale et de l’équipe de soins qui s’occupaient des patients pour mener l’interview ; (5) accord de tous les patients avant l’ interview. On expliquait aux patients que les chercheurs s’intéressaient à ce qui pouvait être découvert de nouveau à travers les souvenirs que gardaient ceux qui étaient tombés dans le coma après un arrêt cardiaque et on leur demandait, à travers une question ouverte, tout souvenir apparaissant de la période d’inconscience. Toutes les expériences rapportées ont été enregistrées et analysées. Aucune question directe ni spécifique n’était posée sur les expériences de mort imminente, de sortie hors du corps ou de ce type. Les expériences ont été évaluées selon l’échelle d’évaluation de NDE de Greyson. L’échelle de Greyson est un questionnaire standardisé en 16 points utilisée pour évaluer les composantes principales des NDE. Un résultat de 7 ou plus étant considéré comme compatible avec une NDE. Ceci a été utilisé pour classer les réponses des patients de la manière suivante : (a) " expérience de mort imminente " : groupe d’étude ; (b) " non-expérience de mort imminente " : groupe de référence. Les origines physiologiques et pharmacologiques possibles de NDE, considérées ici étaient l’hypoxie et l’hypercapnie, les troubles électrolytiques, les drogues administrées et les troubles spécifiques du rythme cardiaque. (Certains rythmes, tels que les asystolies sont associés à un taux mortel plus élevé, et on pourrait s’attendre à trouver une association plus élevée de tels rythmes lors de NDE). Les taux d’oxygène, de dioxyde de carbone, de sodium et potassium obtenus par l’analyse gazeuse du sang artériel et du sang périphérique ont été extraits des notes médicales. L’enregistrement des médicaments administrés aux alentours de la période d’arrêt cardiaque ainsi que toute anormalité du rythme cardiaque durant la période d’arrêt ont également été notés. Les seuls facteurs psychologiques étudiés étaient le passé religieux particulier des patients et s’ils étaient des membres pratiquants de leur religion. Il ne leur était rien demandé sur leur peur de la mort au moment de l’arrêt. On a pu recueillir des récits de patients qui, au cours de leur NDE, rapportent avoir été fixé au plafond et avoir vu les procédés de réanimation utilisés alors qu’ils étaient " inconscients ", éléments qu’ils n’auraient pas pu voir s’ils étaient restés à leur place sur la table. Certaines de ces déclarations ont, plus tard, été vérifiées par l’équipe médicale présente. Dans le but de tester l’éventuelle validité de ces expériences de sortie hors du corps, des tableaux ont été suspendus au plafond de la salle de l’hôpital avant le début de l’étude. Ceux-ci avaient diverses illustrations sur la face visible du plafond. Si les expériences de sortie hors du corps étaient authentiques, on pouvait s’attendre à ce que toutes les personnes qui déclareraient avoir quitté leur corps et s’être trouvé près du plafond durant les tentatives de réanimation soient capables d’identifier ces cibles. Cependant, si de telles perceptions étaient psychologiques, on pouvait alors évidemment s’attendre à ce que ces cibles ne soient pas identifiées.

3. Resultats :

Durant une période d’un an, 63 patients ont survécu et ont été interviewés. Parmi ceux-ci 56 (88,8 %) n’avait aucun souvenir de leur période d’inconscience ; les sept survivants restant (11,1%) avaient des souvenirs. Les souvenirs de ces patients étaient alors évalués selon l’échelle de Greyson. Selon ces critères, quatre patients (6,3%) avaient vécu des NDE. Les trois autres patients (4,8%) ne remplissaient qu’une partie des critères permettant de leur attribuer une NDE. Il est cependant intéressant de noter que les souvenirs de deux (3,2%) parmi les trois précités présentaient certains traits caractéristiques des NDE (y compris des sentiments de paix ou la vision de proches décédés) mais pas suffisamment pour être retenu comme critères de l’échelle de Greyson. Une personne seulement (1,6%) avait gardé des souvenirs mais ceux-ci n’avaient aucun trait commun avec les NDE.

Le groupe des NDE

Les fréquences des différentes caractéristiques dont se souviennent ceux du groupe de NDE ont été classées. L’ensemble des quatre patients du groupe de NDE ont eu la sensation d’un point de non retour. Trois sur quatre ont également eu une vision de lumière brillante, ainsi que des sentiments de paix, de charme et de joie. Deux des quatre ont vu des proches décédés, et disent être entrés dans un nouveau domaine, avoir eu la sensation que ce temps est passé très vite, avoir perdu conscience de leur corps, avoir ressenti l’harmonie, et avoir vu leurs sens s’accroître . Deux des caractéristiques de l’échelle de Greyson : avoir une connaissance approfondie et prendre conscience d’un côté mystique, ont été vécues uniquement par l’un des quatre patients. Aucun des patients n’a vécu le phénomène de sortie du corps (cibles non décrites). Tous les membres du groupe NDE étaient des chrétiens. Cependant, aucun ne s’est décrit comme étant pratiquant et aucun n’avait vu une image relative à la chrétienté au cours de leur NDE. Un des quatre s’est également décrit comme païen. Comme aucun n’a prétendu avoir vécu une expérience de sortie hors du corps durant cette étude, il n’y avait pas de raison de vouloir tester la véracité de l’expérience des cibles. Finalement, nous avons noté qu’aucun de ceux qui avaient vécu une NDE n’avaient trouvé cette expérience traumatisante.

4. Discussion :

Cette étude prospective nous amène à penser que la fréquence des souvenirs suivants un arrêt cardiaque et une réanimation est de 11,1%. Parmi ceux-ci, 6,3% ont eu des souvenirs lucides et un état mental similaire, compatible avec les NDE précédemment décrites avec des résultats de 7 voir plus sur l’échelle des NDE de Greyson. Les caractéristiques étaient différentes de ceux qui ont eu des hallucinations confuses, elles étaient très structurées et avaient un style très narratif, les patients s’en souvenaient facilement et elles étaient claires. 4,8% ont eu des souvenirs qui n’ont pas permis d’atteindre les critères de Greyson (résultat inférieur à 7) et parmi ceux-ci 1,6% avait un souvenir qui ne présentait aucun trait commun avec la NDE, souvenirs apparaissant davantage comme des épisodes de trouble. Dans cette étude, les facteurs physiologiques possibles n’ont pas pu être étudiés de manière adéquate compte tenu du nombre relativement restreint de patients dans le groupe d’étude c’est à dire les sept NDE. Néanmoins, il était intéressant de noter que les patients du groupe d’étude avaient un taux d’oxygène plus élevé que ceux du groupe contrôle. Cela peut être simplement un résultat biaisé dû au petit nombre de patients (résultat non significatif). Il peut également indiquer que les patients qui ont vécu une NDE avaient une meilleure oxygénation durant la phase de réanimation, permettant une meilleure fonction corticale. Si on suppose que les niveaux d’oxygène dans le sang reflètent les niveaux d’oxygène dans le cerveau, les découvertes laissent ici penser que, dans ce modèle d’arrêt cardiaque, l’anoxie cérébrale peut être un facteur important dans l’apparition de ces expériences et peut évidemment en "freiner" leur survenue. Certains patients semblent avoir obtenu des informations qu’ils n’ont pas pu obtenir durant leur période d’inconscience. Dans ce cas, cela suggérerait qu’une partie de la conscience humaine soit capable de se séparer du corps et d’obtenir des informations à distance. Cependant il n’est pas exclu que les informations rapportées aient pu être obtenues par le biais de sources sensorielles tout à fait ordinaires. Dans cette étude, aucune expérience de sortie hors du corps n’a été décrite. Les auteurs ne connaissent aucune étude prospective ayant permis de clarifier ce point. Les données recueillies suggèrent, dans ce cadre d’étude (arrêt cardiaque), que la NDE se produirait durant la période d’inconscience. Ceci est une conclusion surprenante car à ce moment précis le cerveau est hors d’état de fonctionner (patient dans un coma profond), et les structures cérébrales à la base des expériences subjectives et des souvenirs devraient être alors sévèrement affaiblies. Des expériences complexes de l’ordre de celles rapportées au cours de NDE ne devraient pas pouvoir se produire, ni être gardées en mémoire. On pourrait plutôt s’attendre à ce que de tels patients n’aient aucune expérience subjective (comme c’était le cas pour 88,8% des patients de cette étude) ou tout au mieux ne rapporter qu’un état confus si une partie de leurs fonctions cérébrales est malgré tout conservée.

5.Conclusion :

Cette étude montre que les NDE consécutives à un arrêt cardiaque sont relativement rares (11.1% des cas) et qu’elles se produisent probablement durant la phase d’ " inconscience ". Parmi les souvenirs qui apparemment, se produisent durant l’ " inconscience ", la majorité ont des traits communs avec les NDE. L’étude a confirmé le caractère classiquement décrit de la NDE. Pour pouvoir collecter un échantillonnage prospectif adéquat de telle sorte qu’à la fois les aspects psychologiques (y compris les expériences de sortie hors du corps) et physiologiques de l’expérience puissent être étudiés en détails, une enquête sur plusieurs centres médicaux s’avère nécessaire."