Ne rêvons pas – on n’apprend pas le karatedo d'un jour à l'autre. Il faut plusieurs années pour correctement maîtriser la base. Les techniques fondamentales telles que les positions (tachi kata), les attaques (tsuki waza et uchi waza), les parades (uke waza) et les coups de pied (keri waza) sont répétés des milliers de fois jusqu'à ce qu'ils soient affinés et exécutés presque par instinct ou réflexe, sans aucune pensée consciente. Pour maîtriser une technique, nous avons besoin de cet état d’esprit vide - « mushin » en japonais. Et comme dit le proverbe, « l’exercice fait le maître » – atteindre l’état de « mushin » demande énormément de répétition.
Toutefois, on peut facilement tomber dans l’ennuie ou la frustration quand on répète la même chose encore et encore. Mais le kihon ne se pratique pas uniquement et forcément en ligne, en avançant et reculant simplement. Bien que telle est la manière traditionnelle d'apprendre les techniques au début, ça dépends que de notre imagination de les pimenter avec des enchaînements ou séries de techniques (renzoku waza). En combinant les techniques de base avec des déplacements du corps (tenshin happo) ou avec l'un des cinq principes de défense (par exemple rakka ou kushin), nous pouvons garder la pratique du kihon polyvalent.
En effet, il faut redéfinir ou nuancer le mot «connaissance». Quand est-ce que nous connaissons vraiment une technique? Au début, lorsque les techniques nous sont enseignées pour la première fois, nous découvrons leur forme, leur sens et leur utilité. Nous les pratiquons à nombreuses reprises pour y habituer notre corps, pour que nos muscles les mémorisent. Peu à peu, nous parvenons à les harmoniser avec la respiration correcte, la concentration, l'énergie et la vitesse pour avoir du « kime ». Et pour terminer, lors de la pratique avec un partenaire, nous devons être en mesure de prouver son efficacité.
Quand nous cessons de penser à « quoi », « quand », « comment » et « pourquoi » lors de notre pratique, nous nous rapprochons de l’état de l'esprit de « mushin » qui est le but d’une pratique efficace. Après tout, connaître ne suffit pas. Nous devons sentir. A la place de l’intellect, c’est à nos instincts que nous devons faire appel.
Et pour revenir à mon point de départ dans cet article - rêvons plutôt. Sur des bases solides, nous pouvons construire de grandes choses. Le kihon est juste une façon de révéler notre potentiel pour accomplir nos rêves avec de la patience, du travail acharné et de la persévérance.
Sensei Veronika Jambor
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