Guide de tourisme de Haute-Loire
Terre de montagnes, parcourue par les gorges de la Loire et de l’Allier, pays aux immenses forêts de sapins et aux vallées chatoyantes, la Haute-Loireest le département du tourisme vert.
Parsemé d’églises romanes et de châteaux, de voies romaines et de sanctuaires illustres, c’est aussi un territoire de passage pour les pèlerinages religieux et un carrefour d’échanges pour le commerce.
Traditionnellement agricole, la région connaît aujourd’hui un grand dynamisme industriel dans un monde rural très actif.
Pays des hautes terres, des vieux plateaux granitiques de la Margeride, des falaises et rochers du bassin du Puy, des monts du Velay et du Massif du Mézenc, la beauté et la diversité des paysages naturels de la Haute-Loire sont autant d’invitations au voyage…
La Forteresse de Polignac
A quelques kilomètres du Puy-en-Velay, le château des Polignac a été édifié dès le IXème siècle sur une butte volcanique, lui assurant une position stratégique de premier ordre...
Avec son système défensif unique, son chemin de ronde, la forteresse joua un rôle historique majeur.
La famille de Polignac, suzeraine dans la région, construisit des remparts le long des falaises vers le XIIIème siècle. C’est le véritable berceau de la dynastie qu’il ne faut pas confondre avec le château de Lavôute-sur-Loire qui fut édifié pour être la "résidence d’été" de la famille.
Aujourd’hui, dans le cadre d'un vaste programme de restauration, ce qui n'était encore que ruine il y a peu de temps, retrouve de sa splendeur d'antan... Les 800 m de remparts ont été restaurés et... le donjon carré du XIVème magnifiquement mis en valeur !
L'Abbatiale de Chanteuges
Dominant le paisible village, l'Abbatiale de Chanteuges est construite tel son prolongement, à l'aplomb de la falaise où coule en contre-bas la Desge, accentuant ainsi l'impression de puissance et d'invulnérabilité, de force et de protection spirituelle !
Malmenée et trahie, la riche abbaye fondée en 936 est pillée et désertée. Reprise en main, reconstruite au XIIème siècle, elle devient un simple prieuré qui, largement remanié au XVème siècle, devient la résidence d'été des abbés de La Chaise-Dieu à une cinquantaine de kilomètres au nord-est.
Construite en pierre volcanique, aux couleurs sombres mais chaleureuses, l'église possède un clocher, carré et massif, couvert d'un toit pyramidal en tuiles flamboyantes ! Un grand vitrailsur la façade atténue l'austérité du monument et apporte une belle luminosité à l'intéreur, remarquable pour ses 4 larges travées et ses voûtes d'ogives du XVème remplaçant une première voûte romane certainement plus haute.
Les 44 chapiteaux attribués à l'école de Mozac, sont un véritable petit trésor : tous différents, ils reprennent des thèmes plus ou moins répandu, le porte-mouton, le supplice de l'usurier, la sirène...
Le Puy en Velay
Perchée sur un écrin de pitons volcaniques, la ville du Puy-en-Velay est un site naturel aux panoramas exceptionnels.
Accrochés aux reliefs tourmentés, les monuments religieux font de la cité une "ville sainte" qui attirent depuis le Moyen Age les pèlerins du monde entier.
Le point de départ du chemin de Saint Jacques de Compostelle (via Podiensis) se situe place du Plot au pied de la fontaine dite de la "Brodoire", la plus ancienne de la ville (1246).
La cathédrale Notre-Dame-du-Puy se dresse majestueuse et envoûtante sur le Mont Anis, cœur primitif de la ville. La très jolie Place du Martouret, autrefois lieu des exécutions publiques, abrite l’Hôtel de Ville achevé en 1766 par l’architecte Portal.
Cité épiscopale reconnue dans le monde entier, la ville s’est développée autour des pèlerinages millénaires. Toutefois il ne faut pas oublier l’artisanat : l’art de la dentelle au fuseau a également fait la gloire du Puy dès le XVIème siècle.
Quant aux produits du terroir, la lentille du Puy, est également très recommandée pour ses qualités gustatives et ses vertus diététiques.
Brioude
Aux pieds des monts de la Margeride et du Velay, sur la rive fertile de l’Allier, le village de Brioude est une paisible cité provinciale. Il fait bon déambuler dans ses rues aux toits rouges dans une atmosphère de sérénité.
Au cœur de la ville, un joyau miraculeux : la basilique Saint-Julien, une des plus belles églises romanes de l’Auvergne. Elle est entrée dans l’histoire car elle abrite les reliques et le tombeau de Saint-Julien.
La basilique Saint-Julien de Brioude est la plus vaste église romane d’Auvergne.
Elle ressemble à un immense vaisseau, lumineux et coloré, magnifique orné. Remaniée par plusieurs architectes entre le XIIème et le XIVème siècle, son style est tout à fait hétéroclite et très original. L’alternance des pierres rousses et doréesconfère à l’architecture un style majestueux et harmonieux.
L’église est entrée dans l’Histoire car elle abrite les précieuses reliques de Saint-Julien. Soldat romain converti à la foi chrétienne au IVème siècle, il fut persécuté et décapité. Dès lors considéré comme un martyr, sa renommée devint grandissante et son tombeau, un haut lieu de pèlerinage au Moyen Age. C’est sur son tombeau que fut édifiée la première basilique mérovingienne au VIème siècle.
Poisson mythique, le saumon est le deuxième symbole objet de vénération de Brioude. Au XIXème siècle, ces poissons qui affluaient par milliers dans l’Allier ont attiré des pêcheurs venus de toute la France.
Pour tout savoir sur le "poisson roi", lamaison du Saumon et de la Rivièreest un musée étonnant avec sa rivière artificielle unique en Europe dans laquelle on peut observer de près les gros saumons. (04 71 74 91 43)
La Chaise Dieu
Fondée au XIe siècle, l’abbaye de La Chaise-Dieu est fermée à la Révolution en 1790.
L’église abbatiale devient ensuite l’église paroissiale.
L’église abbatiale est un vaste édifice en granit de 75 m de long, 24 m de largeur et 18 m de haut.La volonté du pape Clément VI de faire construire une église abbatiale monumentale pour abriter sa sépulture a conduit à de véritables tours de force.
Le chantier fut conduit avec une extrême diligence : commencés en 1344, les travaux étaient pratiquement achevés à la mort du pape en 1352. D’Avignon, Clément VI a veillé à la bonne marche du chantier et a assuré un financement coûteux. Comme il n’a pas voulu déplacer le tombeau de saint Robert, tout en voulant une église plus grande à l’emplacement de la précédente, il a fallu corriger le dénivelé du terrain : creuser à l’est pour y loger l’abside, apporter de solides remblais à l’ouest pour y construire la façade avec ses tours massives et concevoir un grand escalier pour y donner accès.
Il a confié les travaux à Hugues Morel, qu’il faisait travailler à la construction du palais d’Avignon : on y retrouve les mêmes contreforts et surtout la nef de l’église a le même plan que la chapelle pontificale. Il se fit aider par Pierre de Cébazat, qui travaillait également à la construction de la cathédrale de Clermont.
Dans le cadre magnifique de l'abbaye de la Chaise Dieu à 40km du Puy en Velay, se déroule l'exceptionnel festival de la Chaise Dieu...
C'est sans aucun doute l'un des festivals les plus réputés demusique classique et sacrée en France. La remarquable acoustique de l'abbatiale associée à une prégnance spirituelle indéniable ont contribué à la renommée internationale de ce festival...
Créé en 1966, le festival a su imposer son style, à savoir une programmation très large, d'oeuvres connues, d'oeuvres tombées dans l'oubli, de mises en scène d'opéras d'église,... servi par des artistes, des ensembles vocaux et orchestraux de renommée internationale.
Depuis quelques années, le festival s'est élargi à d'autres lieux, au Puy en Velay, à Saint Brioude... afin de répondre au succès jamais démenti, mais surtout pour accompagner cette volonté de faire correspondre au mieux les oeuvres présentées aux lieux choisis... Une symbiose totale qui agit également sur les spectateurs qui apprécient ces moments d'exception de pure beauté...
Lavaudieu
A peu de distance de Brioude, sur les bords de la Sénouire,Lavaudieu est un village authentique et champêtre.
Son abbatiale Saint-André est célèbre pour son cloître à deux étages, le seul de style roman et conservé intact. Dans l’abbaye, les peintures murales de l’école italienne (XIVème siècle) sont absolument superbes.
Un maître verrier, Emmanuel Barrois, perpétue l’art et la tradition de la fabrication du vitrail dans son atelier "le carrefour du vitrail". Il restaure des vitraux anciens et réalise des œuvres contemporaines. Son atelier est ouvert au public et des stages d’initiation sont proposés (Tél : 04 71 76 46 11).
Avant de quitter le village, il faut flâner près du joli pont de pierre, au bord de la rivière, pour admirer la beauté harmonieuse du site.
Le Mont Mouchet
Dans un paysage grandiose et émouvant, au coeur des forêts de la Margeride, à 1335 mètres d'altitude, aux confins des départements du Cantal, de la Haute-loire et de la Lozère, se trouve le Mont-Mouchet, où fut implanté à partir du 20 Mai 1944, sous l'autorité du Colonel Gaspard, Chef régional des F.F.I de la zone R 6, l'un des cinq grands Maquis de France.
Dès le 2 juin 1944, celui-ci subissait un premier assaut d'un bataillon allemand. Puis les 10 et 11 juin, 2 200 soldats de la Wehrmacht livraient, en ces lieux, contre les maquisards, des combats acharnés. Repliés sur le "Réduit de la Truyère", ces maquisards subissaient le 20 juin un assaut plus important encore qui les obligeait à rompre le contact. Après les combats du Mont-Mouchet, les compagnies F.F.I. reconstituées, réparties en 20 zones de guérilla, harcelèrent les troupes nazies un peu partout dans les quatre départements d'Auvergne, jusqu'à la Libération de la France. Dans tout ce secteur les pertes furent sévères tant chez les F.F.I que du côté allemand. Plusieurs villages furent détruits.
Avec l'accord et l'appui du général de Gaulle fut érigé dans la clairière le Monument national à la Résistance et aux Maquis de France inauguré le 9 juin 1946, dû au sculpteur parisien Raymond Coulon. Chaque année, fin juin, un important Rassemblement du Souvenir a lieu au pied de ce Monument.
Le Chemin de Saint Jacques de Compostelle
Cette démarche est universelle: on la rencontre tout au long de l'histoire humaine, dans toutes les religions, sur tous les continents. Devenant un étranger, quittant son monde familier, perdant son statut social et ses références hiérarchiques, le pèlerin prend conscience de lui-même, de ses limites et apprend parfois à les dépasser.
Tout pèlerinage évoque notre marche sur terre vers le ciel. Il nous rappelle que sur terre, nous sommes de passage, en route vers notre demeure définitive, dans l'attente active de la rencontre et la communion éternelle avec Dieu.
Quelques richesses d'un pèlerinage à pied
1. Il s'agit d'une démarche de toute notre personne: corps et esprit.
2. Emportant l'essentiel sur le dos, on se désencombre de l'inutile, du superflu.
3. On goûte le silence, la paix et la beauté de la Création de Dieu.
4. La marche est une école de patience. Image de notre propre vie, il s'agit d'avancer jour après jour avec courage.
5. Les gestes simples de la vie prennent une autre saveur: boire, se laver, accueillir un sourire en chemin, etc. On y apprend aussi l'entraide: indiquer le chemin, partager la nourriture, etc.
6. Le pèlerinage est une école d'égalité: riche ou pauvre, savant ou non, il s'agit d'avancer patiemment et humblement.
7. Le pèlerinage donne la chance de rencontres profondes avec d'autres pèlerins ou avec des habitants des lieux traversés.
8. Le pèlerinage ouvre le cour à Dieu: « Seigneur, je te donne du temps, je te fais de la place. Agis en moi, donne moi ta lumière ».
9. Le chemin donne le temps de prier, aidé par de nombreux lieux saints rencontrés (églises, sanctuaires); aidé aussi par le témoignage d'innombrables frères humains qui l'empruntent depuis plus de dix siècles.
En marche vers Saint Jacques...
Qui est saint Jacques ? Jacques, un des douze apôtres de Jésus, est le frère aîné de l'apôtre et évangéliste Jean. Fils de Zébédée, pêcheur avec son père sur le lac de Galilée, Jésus l'a surnommé, ainsi que son frère, Boanerges (Fils du tonnerre). Ce surnom indique un caractère impétueux, ardent, décidé et audacieux.
Avec Pierre et Jean, il fait partie des « intimes de Jésus », témoins privilégiés d'événements importants de sa vie: résurrection de la fille de Jaïre. Transfiguration et agonie de Jésus. La Tradition en fait l'évangélisateur de l'Espagne.
D'après les Actes des Apôtres, il mourut martyr à Jérusalem (entre 41 et 44), décapité sur l'ordre du roi Hérode. Si Etienne est le premier chrétien martyr (vers l'an 35), Jacques fut le premier apôtre qui versa son sang pour le Seigneur Jésus. Fuyant la persécution, des disciples de Jésus auraient ramené son corps, en barque, dans les lieux qu'il avait lui-même évangélisés. Son tombeau fut découvert à Compostelle, au IXe siècle Dès l'an mil, Compostelle est devenu, avec Rome, le principal pèlerinage d'Occident.
Saint Jacques a tout quitté pour suivre Jésus et il lui a donné sa vie. Ce pèlerinage nous invite à accueillir son témoignage, à nous ouvrir à celui pour lequel il a été décapité. Être pèlerin de Saint-Jacques, n'est-ce pas chercher à être comme lui un intime de Jésus, un vrai disciple; vivant sa foi avec audace, générosité, ardeur et fidélité. À l'exemple de ce « Fils du tonnerre ».
L'évêque de Compostelle nous encourage aussi à dialoguer en chemin: « Le chemin de Saint-Jacques doit être une « route de fraternité », en tant qu'espace, temps et environnement spirituel où les catholiques rendent raison de leur foi et de leur espérance. Ils favorisent le dialogue ocuménique avec leurs frères séparés, avec les membres des autres religions, et aussi avec ceux qui ne vivent pas la joie de la foi et qui, dans un esprit de recherche, se posent des questions et s'interrogent tout au long du chemin » (Lettre pastorale pour Tannée sainte compostellane 1999)
Partir du Puy ou passer au Puy
Le premier pèlerin historique connu fut Godescale, évêque du Puy de 927 à 962. En 951, il se rend « en hâte jusqu'aux confins de la Galice pour implorer humblement la miséricorde de Dieu et le suffrage (l'aide, la prière) de l'apôtre Jacques». Revenu sans doute enthousiaste, comme les pèlerins d'aujourd'hui, il fit bâtir une chapelle au sommet du rocher d'Aiguilhe en 962 et invita les pèlerins à partir du Puy, confiant leur démarche à la prière de Marie et de l'archange saint Michel.
Le Puy en Velay est un des plus anciens sanctuaires marials d'Europe. Depuis le Vème siècle, d'innombrables pèlerins montent jusqu'ici pour confier leurs soucis à la prière de Marie, la mère de Dieu. Pour venir à nous, Dieu a voulu passer par une jeune vierge: Marie.
La statue de Notre-Dame-du-Puy nous le rappelle.
Nous pouvons nous laisser guider par elle, nous confier à sa prière, « Femme », comme l'appelle Jésus, reprenant le mot de la Genèse, Marie marche à nos côtés, servante humble et fidèle. Vierge, elle est entièrement tournée vers Dieu.
Elle nous conduit à son Fils Jésus. Mère, elle veille à notre croissance de fils de Dieu, comme elle l'a fait pour Jésus.
Si le soleil est au rendez-vous, la couleur de vos visages ressemblera à celle des visages de Jésus et de Marie ! Comme nous, le Fils de Dieu a marché durement sous le soleil de notre terre, sa mère à ses côtés. Il a donné sa vie pour nous, acceptant de mourir sur une croix. À l'invitation de Marie sa mère, accueillons son amour, source de lumière et de paix. « La mère de Dieu vous aidera, tout au long de votre pèlerinage, à mieux connaître et aimer l'Eglise qui a tant besoin de vous ! Elle vous montrera où passe pour chacun le chemin du plus grand amour; en un mot, comment être un saint dans notre temps » Mgr Brincard, évêque du Puy en Velay.
Le sanctuaire de Saint-Michel-d'Aiguilhe nous rappelle aussi que nous pouvons compter sur la présence et l'aide des anges, nos compagnons invisibles. Ils veillent, "de peur que nos pieds ne heurtent une pierre" (Mt. 4, 6).
Que ce pèlerinage vous renouvelle. Comme l'a dit un pèlerin: « On ne prend pas le chemin de Saint-Jacques; c'est lui qui vous prend ! ». Que saint Jacques, Notre-Dame et saint Michel intercèdent pour vous devant le trône du Très-Haut !