J15 : Jeudi 23 mai 2019
Tout vient à point pour qui sait attendre ! Voilà enfin venu le moment de nous mesurer aux gorges d'Aradena. Il était temps car immédiatement après cette randonnée nous prendrons la route vers Armeni, 10 kilomètres au sud de Réthymnon, pour notre dernière étape de deux nuits. Ça sent la fin !
Pour réaliser notre boucle à pied aujourd'hui, nous nous inspirons une nouvelle fois du guide Rother, plus particulièrement de la variante 1 de l'itinéraire 28 : Aradena – Livaniana – Marmara – Aradena soit 4 h 30 de temps de marche.
Dans ce cas, le départ se fait au niveau du pont d'Aradena qui se trouve à moins de dix minutes en voiture de notre appartement à Anapoli. Il est 8 h 30 quand nous commençons notre randonnée.
Depuis Aradena, le parcours se déroule dans le sens des aiguilles d'une montre, d'abord en direction de Livaniana, sous un ciel légèrement couvert et même sous quelques gouttes de pluie, ce qui nous évite de souffrir de la chaleur sur cette première partie sans ombre qui s'effectue sur un chemin carrossable.
L'objectif premier est de rallier la plage de Marmara d'où nous remonterons les gorges d'Aradena. Dénivelé : 600 mètres.
Nous avons effectivement lu que "la traversée est plus facile en montant à partir de la plage de Marmara en direction du village abandonné d'Aradena. Il y a plusieurs passages un peu délicats et ceux-ci nécessitent moins d'expérience et de concentration en montant qu'en descendant. Le dénivelé n'est pas trop perceptible car la montée s'étend sur toute la longueur de la gorge".
Nous espérons avoir fait le bon choix !
Pour le moment, nous profitons tout au long de la descente d'une magnifique vue dégagée sur les mamelons pelés qui bordent la côte, depuis la presqu'île séparant Loutro et Finix jusqu'à la baie de Marmara à l'opposé.
L'avantage de bénéficier de la vue en permanence est une autre des raisons qui nous ont poussés à choisir ce sens-là.
A nos pieds, la baie de Finix où nous avons passé notre journée d'hier.
Quand le chemin se rapproche de la mer, il devient plus rocailleux et plus casse-pattes.
L'arrivée à la plage de Marmara est accompagnée du retour du soleil et d'une augmentation immédiate de la température. Par conséquent, une baignade s'impose, histoire de nous mettre dans les meilleures conditions possibles pour affronter la suite.
Jusqu'à présent, l'itinéraire n'a pas posé pas de difficulté particulière, nous avons mis 2 heures pour cette partie. Mais le plus dur reste à faire. Derrière la plage et son alignement de tamaris, la profonde faille laisse déjà entrevoir le fascinant canyon.
Ça y est, après ¾ d'heure de pause en bord de mer, nous pénétrons dans la gorge, et sommes immédiatement éblouis par ses parois rougeoyantes de 300 mètres de haut bordées d'innombrables haies de lauriers roses !
Commence alors une longue montée, régulière et par paliers avec une alternance de parties quasi plates dans le lit de la gorge suivies de montées courtes et raides dans de gros éboulis rocheux qu'il faut escalader, parfois en s'aidant des mains.
Ici, un exemple de partie "plate".
Là, ces fameuses montées nécessitant un peu de concentration et d'expérience. Il y en a sept en tout sur l'ensemble du parcours.
Quand des randonneurs en descente nous souhaitent bon courage, nous restons persuadés que notre sens est moins difficile que le leur.
Cela dit, il fait chaud dans le canyon en plein midi, un facteur de difficulté supplémentaire plus pénalisant peut-être dans la montée.
Alors qu'Hervé égrène les dénivelés sur son GPS comme les Crétois les grains de leur chapelet : 65 m, 120m, 180 m, 200 m, j'ai l'impression de ne pas avancer ! On est encore loin des 600 mètres à atteindre.
Un arrêt, une banane, quelques gorgées d'eau à l'ombre d'un pin ne suffisent pas vraiment à me remettre d'aplomb.
Alors quand il s'agit d'enchaîner avec une énième grosse montée (en fait, la dernière grosse montée), je panique un peu en voyant se présenter deux séries d'échelles.
Heureusement un sentier permet de contourner la difficulté. Certes il n'est pas très bien entretenu et le gravier qui le recouvre est glissant. Par endroits les balustrades sont manquantes ou instables, mais cette variante me semble personnellement moins effrayante que les échelles.
Ce passage nous fait surtout gagner d'un seul coup beaucoup de dénivelé. Déjà le fameux pont d'Aradena est en vue et avant même de l'apercevoir, il se fait entendre quand un véhicule le traverse. ;-)
Nous sommes à présent à 480 mètres d'altitude mais pas encore arrivés pour autant.
Allez, courage, encore un peu plus de 100 mètres de dénivelé sur un sentier en lacet pour nous hisser hors des gorges et nous amener près de la buvette installée à côté du pont pour une bière et un coca désaltérants. Il est 14 heures… Tchin, tchin !
Conclusion : une randonnée fantastique, mais nettement plus difficile que toutes les autres balades que nous avons faites jusque là. En tout, 14 kilomètres en 4 heures et 45 minutes de marche, hors pauses, (pour un parcours estimé à 4 heures 30) avec 600 mètres de dénivelé à la montée comme à la descente. Finalement, nous sommes plutôt satisfaits de notre performance ! C'était dur mais ça valait vraiment le coup !
Pas de temps à perdre ! Une demi-heure plus tard, nous partons en direction d'Armeni, un trajet de 72 kilomètres entre mer et montagne.
Au loin, par delà la plaine qui nous sépare du bord de mer, nous entrevoyons, tout en roulant, la silhouette massive de la forteresse de Frangokastello.
Dans la petite ville de Sellia, nous prenons le temps d'arrêter notre carrosse afin de contempler la baie de Plakias que nous aurions dû explorer aujourd'hui si nous n'avions pas changé de programme au profit des gorges d'Aradena. Nous espérons y revenir demain.
A partir de ce point, nous tournons le dos à la mer puis, après avoir traversé le spectaculaire canyon de Kotsifou, nous progressons dans une campagne verdoyante jusqu'à destination.
Au beau milieu des champs, notre villa ! Une grande maison de 120 m2 sur deux niveaux, comprenant deux chambres, deux salles de bain, un grand salon/salle à manger, entourée d'un jardin avec jeux pour enfants, d'une piscine privée et d'une cuisine extérieure entièrement équipée (en plus de celle à l'intérieur)… le tout uniquement pour nous deux !
Waouh ! Nous restons sans voix ! Dommage qu'on n'y passe que deux nuits, on y resterait bien quelques jours de plus.
En attendant, nous profitons +++
Distance parcourue dans la journée : 80 kilomètres.