Atelier du 28 mars 2026
AUTOBIOGRAPHIE : MON IDENTITÉ, DES TRANCHES DE MA VIE, MA RELATION AUX AUTRES
Atelier filmé par Patrick
Atelier filmé par Patrick
Je suis heureux quand …
Alain R
Quand tout va bien, quand comme aujourd’hui je suis entouré par des personnes que j’aime et qui m’aiment. Alors je nage dans le bonheur. D’ailleurs à chaque réunion je fais un gâteau juste pour vous remercier.
Il y a d’autres moments bien sûr, aujourd’hui j’ai mon conducteur qui me transporte. Pour vous dire simplement qu’une solution existe toujours.
En fait je suis toujours heureux, vive la vie car elle me le rend bien et j’accumule les bons points pour les jours de noirceur qui viennent de temps en temps.
Clareins
Je suis heureux quand on s’occupe de moi, mes parents, en communication facilitée ...
Je suis heureux car je ne suis pas seul, je suis même au centre de l’attention et j’en suis heureux.
Je sais que je dois rester calme, dans mon coin, mais je ne le peux pas toujours car quelque chose en moi explose que je ne peux pas contrôler.
Un jour je pourrais contrôler cette force en moi et je serais heureux car je serais adulte.
Colette
Je suis heureuse quand les oiseaux chantent, que le soleil luit sur mon front, que mon mari me caresse la main doucement, quand le temps est incertain, de bonnes nouvelles qui laissent une trace dans nos cœurs, quand la famille se réunit autour de moi, pour tous ces petits moments de l'existence qui tiennent à un fil de la vie, une réalité qui est la mienne malgré tout. Je suis heureuse là avec tout ce que je vois et j'entends, je me contente de peu finalement et ce peu est énorme.
Julien
Je suis heureux quand je suis avec vous par exemple.
Je suis heureux aussi quand je peux fuir, courir loin.
Je suis heureux quand je peux aller au cinéma avec ma mère, quand je suis avec elle et que je peux rire, quand je viens ici, quand je suis porté par mes émotions qui peuvent me faire chavirer.
Je suis heureux si je veux aussi et ça c’est un privilège !
Si je m’ennuie par exemple, je peux décider de faire sans ou avec.
J’ai le choix de mon état d’âme.
Léa
C’est une question que je ne me pose plus du tout. Ma vie extérieure est difficile certes et je suis bien obligée de m’y adapter mais, petit à petit, j’ai puisé au fond de moi une sérénité tranquille quoi qu’il se passe. Bien sûr j’apprécie tout l’amour dont je suis entourée mais s’il est absent à certains moments, je ne m’y attarde pas et je me recentre en moi pour retrouver cette force, et même foi, inébranlable. Que je suis paisible et que ma confiance en ma vie me fait passer au-dessus des obstacles qui sont pourtant bien réels.
Rémi
Je suis heureux chaque jour en me réveillant, car chaque jour est unique avec son lot de surprises.
Chaque jour, je progresse dans la compréhension de ce monde invisible qui est le mien, la spiritualité qui m’anime.
La matérialité a de moins en moins de sens et cet état est une grâce.
Zoé
Quand il y a du monde positif autour de moi que je sens de la chaleur de la bienveillance. Je suis heureuse quand je sens ma mère bien sereine, et quand il fait beau dehors et dans mon cœur.
Se regarder dans un miroir
Alain R
Quand je me regarde je me souris toujours, finalement je m’aime bien et j’aime aussi attirer l’attention. Alors, lorsque je suis le centre, je m’épanouis, vos regards interrogateurs me surprennent et m’intéressent. Suis-je beau selon vous ?
Vous avez le droit de réserver votre réponse mais je vois à vos mimiques, à votre regard, que je vous amuse et certainement que je vous plais un petit peu.
Ce petit peu me suffit pour être heureux. Et apprécier votre compagnie.
Ce miroir inattendu me fait réfléchir à ma vie, à la manière dont je la conduis, vaste question qui me permettra d’aller plus loin. Ou plus haut ?
Clareins
Non ce n’est pas moi dans le miroir, c’est un œil, un nez, un visage mais ce n’est pas moi, mon moi intime, ce n’est que superficiel, c’est une enveloppe qui est ce qu’elle est et en l’occurrence elle n’est pas mal pour moi.
Mais on ne voit pas dans ce miroir mon identité, ce qui fait que je suis moi, tout ce qui est en moi, mon caractère, mes qualités, mes vulnérabilités.
Car c’est un tout qui est important et ce qui se voit ne reflète pas ce que je suis.
Aujourd’hui on nous filme et je pense qu’un film est plus représentatif car il est animé, vivant et reflétera plus mon être avec ses mouvements, ses expressions qu’une image dans un miroir.
Colette
Je n'aime pas forcément me regarder d'habitude mais aujourd'hui je me trouve plus belle et vivante et colorée, je suis fière de moi, de mes yeux. Finalement, même si je suis pudique mon regard à moi n'a pas vraiment d'importance, ce qui compte c'est le regard des autres, un regard que je souhaite bienveillant, au plus et au moins un regard et c'est déjà bien. Plutôt me regarder dans les yeux des autres maintenant car je donne le change plus qu'avant, je pense que je présente bien. L'important est d'avoir toujours au moins un regard bienveillant et doux que pas de regard du tout.
Julien
Mon image et bien oui, je l’aime, je me trouve beau, voir amusant.
J’aime bien cette tête de clown un peu, mais pas tant non plus.
Je me trouve plutôt beau, du moins plaisant à regarder.
Je sais que je pourrais ne pas me voir, mais je suis là.
Si mon reflet me convient, est ce que les autres le trouve beau ?
Comment suis-je perçu en fait par les autres ?
Ma maman c’est sûr, elle est d’accord avec moi, mais les autres, qu’en pensent-ils ?
Ceux d’ici et ailleurs aussi.
Moi je trouve que cette image me ressemble vraiment, de celle que j’imagine.
Elle me porte et j’en suis heureux, tient, justement …
Oui c’est ça, je m’aime bien comme ça.
Léa
Je me fiche complètement de mon reflet dans le miroir.
Malgré mon âge normalement attaché à son aspect extérieur, moi, je sais que mon rayonnement est ailleurs, dans ma présence tranquille, dans mes yeux, dans mon acceptation de plus en plus profonde de mon être. Certaines personnes y sont sensibles, d’autres moins mais peu importe. Moi je suis sensible à toutes les attentions pour moi dans le quotidien et je remercie pour cela et ça m’aide beaucoup pour refléter ma propre sérénité.
Mais je n’ai jamais douté que mon visage est agréable à regarder !
Lydie
Je suis évidemment la plus belle, sans contradiction possible.
Papa me le disait souvent et je le crois encore.
Quand même, si je suis réaliste je ne vois que des cheveux qui vivent leur propre vie, un regard tournoyant et un sourire flamboyant.
Je ne sais si cela fait de moi la plus belle mais l'important c'est d'en être convaincue et je le suis.
Et mon visage n'est rien, si je veux vraiment me regarder c'est mon cœur que je vois, avec tous ceux qui y sont rentrés un jour.
Et ça, le miroir ne le voit pas.
Il faudrait un miroir de l'âme et ça n'existe pas, sauf chez certaines personnes qui ont le regard qui reflète, pas le physique mais cet intérieur que moi j'ai vu dans le miroir.
Rémi
Un regard avant tout, presque étonné de me voir dans un 1er temps. Seul mon regard m’intéresse.
Parce que ce regard dépasse les mots et je sais qu’il en dit long.
Je le vois fidèle à mon humeur.
Tout le reste de mon visage m’importe beaucoup moins. Certes, mes traits se durcissent avec le temps mais je pense que ce regard me définit et traverse les années. C’est lui qui restera à jamais.
Zoé
J'aime me regarder dans le miroir mais je préfère me regarder dans une glace tout entière, un portrait complet. Que mon visage ne me reflète pas assez. Je suis heureuse quand je me vois tout entière. Mais j'aime bien regarder que ma tête, ça parle de ce que je ressens.
L'écoute
Alain R
Écoutez-moi. Oui je ne parle pas, j’essaye de m’exprimer autrement par des mimiques par des postures, alors ayant dit cela je comprends maintenant qu’il vous est difficile de m’entendre, peut-être pourriez-vous écouter, entendre mon silence ?
Le silence est d’or dit-on, pourtant pour moi c’est une réalité, écoutez-moi dans le silence, ce silence qui permet aux âmes de se parler, de communiquer à un niveau exceptionnel. J’aime ces silences qui sont tellement parlants, qui sont pour moi la vie réelle, car tout est contenu dans ce silence.
Ma vie et la vôtre réunies dans une communion de confiance en la vie.
Clareins
Parler de l’écoute pour quelqu’un qui ne parle pas ou peu est une question assez étrange.
Comment nous écouter quand on a du mal à s’exprimer ?
D’abord il faut prendre le temps et le temps, les adultes ne l’ont pas toujours, ils sont toujours très occupés.
Puis il faut nous écouter, nous porter attention et ce n’est pas facile car on pourrait penser que l’on a rien à dire.
Quand tout cela existe, le temps, la volonté il faut aussi la possibilité. Ici à l’atelier, on est attentif à nous mais ce n’est pas toujours le cas.
Alors j’ai pris l’habitude de tout faire pour me faire remarquer afin que l’on m’écoute, ce qui n’est pas facile. (Merci).
Colette
L'écoute, je suis devenu une experte en la matière, je sais écouter les sons autant que les humeurs. C'est pas de la magie mais c'est presque un don chez certaines personnes, je pourrais même dire que c'est une qualité incroyable même. De nous jours on écoute plus, on entend juste que ce qui nous arrange, moi j'écoute au plus profond de mon être et quand cette écoute fait écho chez une autre personne je suis soulagée, tellement. Écouter, la vraie écoute est tellement rare de nos jours. Heureusement qu'il y a la CF, un espace où il est nécessaire de m'écouter et cela me fait un bien fou, me soulage au plus haut point. Une écoute attentive est une caresse de l'âme, une douceur du silence que l'on perçoit seulement si le cœur est ouvert en grand, j'aime cette question simple. Moi je trouve qu'il n'y a rien de plus beau sur terre qu'une écoute, c'est un respect mutuel a se porter, c'est de l'amour.
Julien
Je sais écouter, ça oui.
C’est mon quotidien, mon univers, comment dire, c’est ce que je vis tout le temps, écouter les autres, écouter le bruit du vent, le chant des oiseaux, … tous les sons du monde qui m’entoure.
Par contre, est-ce qu’on m’écoute moi ?
Est-ce qu’on écoute mon cœur ? Mon intériorité ? Ça c’est moins évident.
Je me demande même parfois si certains pensent que j’ai un moi intérieur qui lui, écoute l’extérieur.
Je sais que je pourrais être aussi ce personnage qui n’aurait pas de vie en somme, mais pas du tout.
Certaines personnes confondent l’extérieur et l’intérieur.
Moi j’ai une apparence mais qui ne reflète pas toujours ce que je pense, mon moi intérieur et savoir vraiment écouter ça serait ça, écouter ce moi intérieur que peu de personne arrivent à faire.
Moi je pense qu’il faudrait que tout le monde puisse pratiquer cette méthode (la CF) pour que tous sachent que tous ont un moi intérieur.
C’est le plus important et ça pourrait changer les choses, le regard des autres, presque une révolution !
J’aimerais pouvoir propager cette idée auprès de tous et surtout des soignants qui parfois nous ignorent.
Mais je sais que ce n’est pas facile de percevoir tous nos états intérieurs, mais pour autant ce serait une vraie avancée dans la compréhension de l’humanité.
Léa
L’écoute, c’est une grande partie de mon monde intérieur. C’est ce qui me nourrit car je suis devenue hypersensible aux voix, à leur douceur ou pas, mais aussi dans la musique et les bruits de la nature. Mais j’écoute aussi avec mes yeux, en regardant ce qui se passe autour de moi, je ressens les gens, leur disponibilité, leur attention, leur bonté. Et puis je m’écoute aussi beaucoup et parfois je suis plus exigeante avec moi mais je progresse en tempérance.
Lydie
L'écoute avec des oreilles c'est que l'on pense en général avec ce mot. Mais pour moi il est autre et la CF montre que l'on peut écouter dans le silence, de cœur à cœur. Moi je suis toujours à l'écoute et j'entends beaucoup plus que des mots, je capte toutes les émotions des personnes autour de moi, j'entends aussi ceux qui nous ont quittés quand leur amour traverse les réalités. L'écoute ce n'est pas que des mots, souvent pauvres pour exprimer les sentiments, mais une présence à la vie dans cette incarnation, en n'oubliant pas le chemin.
Rémi
Elle est si rare, trop rare. J’enfonce une porte ouverte.
J’ai le sentiment de me répéter mais ceux qui n’ont pas accès la parole ont rarement droit à l’écoute ou alors, juste en passant, par politesse.
C’est pourquoi notre monde intérieur est si vaste. Je suis recentré sur moi-même et l’univers et ne cherche plus vraiment d’écoute. Voilà où est ma liberté et sans doute, celle de tous mes copains mutiques.
Pourtant, on ne fait qu’écouter toute la journée vos paroles, mais nous savons aussi faire semblant d’écouter.
Zoé
L'écoute ? La mienne ou celle des autres ? J'écoute tous les bruits, les rumeurs qui montent à mes oreilles, j'aime écouter les voix des gens qui m'entourent, ils me parlent ou se parlent, ils se révèlent à ceux qui les écoutent. J'attends beaucoup que l'on m'écoute, je ne parle pas mais regardez, vous m'entendrez. Il suffit pour s'en convaincre de nous regarder ici aujourd'hui.
Le moment le plus ennuyeux de votre vie
Alain R
C’est quand je n’existe plus à vos yeux, quand vous m’oubliez car vous avez tellement de choses à faire !
Oui il vous arrive de m’oublier, vous ne faites pas exprès, non juste parce que vous êtes ailleurs, dans vos pensées dans vos rêves, quand des ennuis vous assaillent, alors là je n’existe plus, il me faut une grande force d’âme pour résister à ces moments où vous êtes absents. Heureusement pour moi ces instants ne durent pas.
Un regard qui revient, une petite attention, et ma vie redevient celle qu’elle est, celle que j’aime, vous et moi.
Car sans vous je n’existe pas. Car j’ai toujours besoin de vous pour vivre ma vie.
Clareins
C’est quand je me retrouve seul, tout seul, face à moi et à tout ce qui m’échappe, à toutes mes limites.
C’est quand je découvre tout ce que je ne peux pas faire.
On pourrait penser que je suis triste mais non. Pas seulement, je suis vide.
Colette
Le moment, même s'il y en a eu plusieurs, c'est les moments d'attente en salle d'attente à l'hôpital, un temps qui me paraît toujours interminable pour avoir quoi à la sortie ? D'autres moments interminables, c'est d'un ennui mortifère. Et puis est-ce que je pourrais dire que je m'ennuie souvent quand il n'y a rien à regarder d'intéressant ? Ce moment où je ne sais même pas ce que j'attends en fait j'attends. La fin ? Non, plus maintenant, j'attends le moment où je serais surprise par la vie et que cet ennui se transforme alors en joie.
Julien
Le moment le plus ennuyeux de ma vie c’est quand par exemple je ne fais pas ce que je voudrais faire, quand on m’interdit en somme mes élans, ce que je souhaite faire.
C’est comme qui dirait se faire saboter en pleine course.
Moi je sais que c’est difficile de se faire empêcher et je n’aime pas ça.
Le plus ennuyeux c’est aussi quand je dîne avec d’autres personnes ou du moins certaines personnes que je n’aime pas.
Au centre par exemple, parfois c’est ennuyeux.
Je ne sais pas quoi faire d’autre que ce qu’on veut m’imposer de faire, mais en général ils se calment vite car je ne me laisse pas faire.
C’est ça aussi ma force. Un peu comme la force tranquille, implacable qui me permet de rester aligné, centré sur ma vie.
J’aime ça pouvoir faire comme je veux, aller ou je veux même si ce n’est pas bien loin !
L’ennuyeux sinon, pas beaucoup car je sais vite m’évader quand je le veux, de partout, souvent, c’est facile pour moi.
Léa
Le moment le plus ennuyeux est tout ce qui touche à la toilette, habillage et qu’on me tourne dans tous les sens. J’ai l’impression parfois d’être un vulgaire chiffon !
Même si je reconnais qu’après je me sens bien mais ce passage m’agace mais je sais qu'il est temporaire et qu'il est fait au mieux des possibles.
Il revient quotidiennement et j’en ai pris mon parti. Pas besoin d’en faire tout un plat !
Lydie
Choisir va être difficile car des épisodes ennuyeux j'en vis de nombreux chaque jour.
Mais si je suis juste ennuyée, c'est pas important, ce ne sont pas des moments que j'amasse dans mes souvenirs non, ils passent directement dans l'oubli.
Alors comment en raconter un ? Je ne sais pas.
Pourtant je devrais en trouver un.
En fait ce n'est pas un isolé mais un qui se répète suffisamment pour qu'il se soit quand même imprimé dans ma mémoire, ce sont les regards fuyants. Et quand j'étais petite cela m'emportait dans une immense tristesse. Mais en grandissant et avec l'amour de mes parents pour me soutenir, je suis peu à peu sortie de la tristesse pour en être juste ennuyée.
Mais quand même, tous ces regards fuyants devraient être à la poubelle alors qu'ils me hantent encore.
Un jour je saurai les oublier et je n'aurai vraiment aucun moment ennuyeux à raconter.
Rémi
Il faut que je remonte loin dans mes pensées. Car l’ennui n’est plus vraiment dans ma vie.
Il faut que je remonte à l’enfance, mes attentes répétées alors que je voulais prendre la fuite. C’est une forme d’ennui qui se répétait, c’est ma dépendance qui créait l’ennui mais je pense aussi que cet état est lié à l’enfance en général.
En vieillissant, c’est un état que l’on aimerait peut-être retrouver : voir le temps qui passe sans rien faire. Est-ce ça qui mène à l’ennui ? L’ennui est juste une sensation et c’est une grande chance de ne plus avoir cette sensation. Je ne suis plus dans l’attente.
Zoé
Quand je me rends compte que personne ne s'intéresse à moi, c'est comme si je n'existais plus. Heureusement ces moments sont relativement peu fréquents mais ça fait mal, c'est désespérant. On est tous désireux d'espoir et d'en donner.
Les fêtes et rites dans votre vie
Alain R
Ma vie a toujours été un rituel, tout doit être programmé pour que tout se fasse dans la fluidité. Fluidité, j’aime ce mot étrange que je découvre à l’instant. Tout n'est pas fluide dans ma vie, loin de là, mais il y a une nécessité d’enchaînement dans les actions pour que simplement la vie soit. Mais je m’aperçois en écrivant que tous ces enchaînements existent pour toutes les vies, alors des rites pour toutes les vies ? Oui. Donc je suis simplement comme vous ? Soumis à des rites obligatoires pour que la vie soit.
Quant aux fêtes, je les accueille avec joie, mais elles restent elles aussi soumises aux rites. Alors qu’en pensez-vous ? Je me sens brillant lorsque je philosophe.
Clareins
Il y en a dans notre famille que je ne comprends pas toujours, mais pour mes parents et le reste de la famille c’est important. Alors cela l’est pour moi aussi.
J’aime ces moments où l’on se retrouve ensemble, autour d’une bonne table avec des gens joyeux, qui sont contents d’être ensemble.
Je comprends que cela rythme nos vies, les fasse évoluer et j’en suis heureux. C’est comme les saisons qui jalonnent nos années, il y a le printemps avec les éclosions des cultures, l’été avec ses longues soirées autour d’une bonne tablée et l’hiver avec son froid, et la recherche de la chaleur avec de bons plats bien chauds, sans oublier l’automne avec le début d’une autre année autour d’une école ou d’une structure.
Ce sont les rites que je vis autour de la nature que j’aime et qui me rendent heureux.
Colette
Le mot fête me parle, rites je ne sais pas à quoi y rattacher, aux rituels qui jalonnent ma vie au quotidien, ou bien est-ce le rite de passage, de l'âge enfant à l'âge adulte, à ces instants où le temps s'est arrêté pour laisser place à quelque chose de totalement différent ? Alors ce mot rite aura été mon rituel de l'avant moi au moi d'aujourd'hui, et j'en ai passé des rituels obligés, même non voulu.
Après la fête s'est quand je suis heureuse avec des rires autour de moi, des chants, de la musique des pas de danse même, une brise de beauté qui sent bon le printemps, pour moi c'est une fête, ce n'est pas la même perception que j'en avais avant, maintenant cela prend des aspects spirituels, intimes, cachés, il y a moins de monde mais ce sont des moments délicats où je goûte à la légèreté.
Julien
Les fêtes pour moi c’est joyeux, j’aime bien, je suis joyeux dans ces moments-là.
Malheureusement ce n’est pas très souvent mais quand ça arrive, comme Noël par exemple, il y a plein d’émotions et ça j’aime bien, c’est agréable, plaisant, je ne m’ennuie pas justement !
Même si parfois les fêtes ou plutôt un peu les rituels, comment dire, les moments imposés qui correspondent à un anniversaire par exemple ou autre chose comme ça, et bien je n’aime pas toujours ces moments imposés où on ne peut pas toujours faire et être comme on veut. Comme "fais pas ci, fais pas ça", comme quand on est petit ! Ça je n’aime pas, même si c’est important pour les autres où certaines personnes mais moi là parfois je m’ennuie car je m’en fous un peu de l’évènement, du moins quand je m’en fous, je m’ennuie. C’est ça.
Sinon en soit une fête c’est plutôt bien dans le sens où ça change le quotidien, mais il ne faut pas non plus que ça m’entrave dans mes mouvements car j’aime être indépendant.
Léa
Pour moi, ils ne sont pas indispensables mais je reconnais que ça permet de mettre des couleurs, de l’animation et une atmosphère joyeuse autour de moi dont je profite pleinement car la joie, le rire, la détente déteignent sur mon humeur, à condition que le bruit ne soit pas trop intense et que l'ambiance ne soit pas superficielle. J’aime ressentir que chacun y met du sien pour réaliser un bon moment ensemble. Oui j’aime les fêtes et tout ce qui rend les moments plus intenses et plus fraternels.
Lydie
Ma vie est une suite de rituels obligatoires pour ne rien oublier. Je ne les décris pas car ça serait vite ennuyeux (clin d'œil a la question précédente). Par contre la fête c'est la vie et pas besoin d'occasion particulière, anniversaire ou date mémorielle, juste être réunis, être ensemble, manger et boire, échanger des nouvelles avec des sourires qui s'affichent, des éclats de rire qui fusent. Les mots s'entrecroisent, s'emmêlent et moi, au milieu de ce chaos apparent, je suis heureuse, je peux écouter et regarder, ressentir et partager ma joie.
Ici à l'atelier chaque mois, c'est une petite fête pour moi. Je dis petite, pas par la qualité mais par le nombre de participants. Maman sait organiser en rien de temps des fêtes ou il manque des chaises pour s'asseoir mais où tous trouveront de quoi se nourrir.
La fête c'est une part importante de ma vie.
Rémi
J’ai la chance d’avoir une grande famille. Les réunions autour de la table étaient et restent fréquentes. Manger est important et la cuisine de maman généreuse.
Mais il n’y a pas que la nourriture qui compte.
Les rites spirituels sont tout aussi importants et je suis un pratiquant. La période que je vis actuellement par exemple est essentielle : c’est un grand moment pour les Chrétiens. Pâques ce n’est pas seulement le chocolat. J’ai dépassé ces plaisirs purement charnels et ce qui me remplit le plus est justement cette communion autour de la foi.
Ces rites sont là pour nous retrouver et c’est une grande chance de vivre ensemble ces instants de communion. Ça me remplit et me donne toujours un nouvel élan.
Zoé
J'aime les fêtes, j'ai toujours ma place, je me sens au milieu de tous. Les rites pour moi ce sont les petites choses du quotidien le lever le coucher les repas qui donnent non seulement un rythme mais surtout de la vie très riche.
J'ai demandé pardon
Alain R
Je connais le pardon mais je ne pratique pas car je n’ai rien à me faire pardonner.
Pourquoi ? Parce que je ne fais rien pour blesser les autres, je ne le fais pas exprès.
Si j’ai fait une erreur, elle reste simplement une erreur et je ne m’en préoccupe pas.
Cela est juste un aléa dans ma vie et dans la vôtre.
Alors le pardon ? Je laisse cela aux personnes qui font le mal intentionnellement, mais demandent-elles pardon ?
Je vis dans un monde où le pardon n’existe pas car il n’y a rien à pardonner.
Clareins
Pardon à mes parents pour tout le travail que je leur impose.
Je sais qu’ils ne l’avoueront jamais et qu’ils m’aiment de tout leur cœur.
J’aimerais leur rendre tout le bonheur qu’ils me donnent et je fais tout ce que je peux pour leur dire que je les aime.
Colette
J'ai demandé pardon à la vie oui c'est un peu vaste mais c'est ma première idée car j'ai pu lui en vouloir à celle-là de m'avoir fait vivre tout ça. La vie a pu être douce et dure selon les moments c'est pour ça que je lui ai demandé pardon. D'ailleurs tous les jours je le fais souvent au cas où elle oublie pour justement être dans une certaine sérénité. (Sanglots de Colette)
Cette souffrance me faisait mal au quotidien, j'ai appris à dire pardon car à une période je ne comprenais pas pourquoi je devais demander pardon alors que j'aurais voulu qu'on me dise pardon à moi et maintenant je sais pourquoi je demande pardon à la vie c'est important pour me sentir légère, me pousser à avancer chaque jour et puis bien sûr, j'aimerais dire pardon à mon entourage, de ce qui s'est passé mais ils m'ont déjà bien rassurée à ce sujet alors on ne le dit jamais assez alors "Pardonnez-moi si j'ai péché ou pour ce que j'aurais pu faire ou pas faire.
Julien
Pardon de quoi ? Pourquoi je demanderais pardon en fait ? Je ne sais pas et ne vois pas.
Pardon, ce serait peut-être si je bouscule trop les autres (les gens), physiquement et psychologiquement parce que je détonne et peut-être dérange quelque part. Mais pourquoi je devrais demander pardon alors que très rarement on me demande pardon, alors que là il pourrait y en avoir des pardons !
Oui, c’est ça, c’est plus auprès de moi qu’on devrait exprimer des pardons. Pardons de ne pas me calculer par exemple, de faire semblant ou de faire comme si je ne comprenais rien. Ça oui il pourrait y en avoir des pardons !
Sinon perso, je ne vois pas vraiment.
Léa
Je crois que j’ai demandé pardon à l’adolescente que j’étais, qui a eu un jour sa vie totalement bouleversée et a basculé dans une vie avec un important handicap.
Je crois que j’ai au cours de ces années accepté ma nouvelle vie et je ne regrette pas l’ancienne vie car j’ai tellement cheminé intérieurement que je suis en paix et heureuse de qui je suis devenue, même si le quotidien n’est pas évident tous les jours.
Lydie
Le pardon c'est certainement difficile pour les personnes qui ont une vie dite normale, car un incident et leur vie peut basculer. Et le pardon n'est pas évident surtout si l'incident a eu un impact sur leur capacité d'aller et de venir, ou de s'exprimer.
Moi le pardon c'est une évidence car je n'ai rien à pardonner, ni à personne. Alors, c'est un concept qui n'est pas entré dans ma vie.
Pardonner, c'est impliquer une personne dans une situation où elle se trouve, peut-être, elle-même sans motif, sans compréhension.
Donc je n'ai personne ni rien à pardonner.
Au contraire, j'ai un mot qui traverse ma vie, c'est le mot amour. Et mon cœur trésaille rien qu'à l'entendre.
Rémi
Je ne me souviens pas avoir demandé pardon. Il me semble que pour demander pardon, il faut vraiment avoir besoin de faire cette demande.
Alors, au fond de moi, j’ai peut-être demandé pardon à mes parents de leur faire vivre tant de contraintes avec mon handicap. Mais c’est le seul moment où j’ai ressenti ce besoin.
Et encore, mon handicap, je n’en suis pas responsable. Alors pourquoi demander pardon, n’est-ce pas ? Non je ne me sens coupable de rien.
Zoé
Oui mais l'ai-je reçu ? Oui souvent mais parfois non, ou je l'ai pas entendu. Il faut aussi comprendre que je n'arrive pas toujours à être celle que l'on voudrait que je sois. Être pardonnée, c'est pouvoir se reconstruire mais le temps qui passe remet de l'ordre. L'impardonnable ne doit pas exister !
Des conseils à Patrick (qui a filmé l'atelier d'écriture)
Alain R
Je n’ai pas de question mais j’aimerais tellement que la CF progresse pour que tout le monde nous comprenne et nous respecte.
Clareins
J’ai hâte de me voir dans un film et de donner envie aux autres personnes de venir et de parler avec nous, j’aimerais qu’on soit de plus en plus nombreux.
Colette
Mon plus grand embarras est de pouvoir dire tout en même temps que mes émotions, car j'en ai eu beaucoup aujourd'hui, surtout pour le pardon. Je voudrais tellement m'exprimer à chaque sujet car j'aime échanger. Les personnes autour de cette table sont des joyaux et si on pouvait faire connaître hors ateliers la CF cela permettrait un réel lien et de ne pas se sentir seule. Ce monsieur a bien fait de venir, cela peut être un porte-parole et un regard pour la suite pour amener la CF au quotidien, dans vos quotidiens.
Léa
Changer le regard sur nous.
Ce n’est parce que notre corps ne fonctionne pas ou plus normalement qu’on est une coquille vide. Notre être intérieur est indemne et croît même encore plus vite je trouve.
Julien
Qu’il diffuse auprès du plus grand nombre pour que la CF soit connue.
Comme je le disais, ce serait une vraie révolution ! Pour le respect des personnes comme moi et d’autres non verbales.
Lydie
Que le monde entier accepte, pas seulement la méthode de CF, mais accepte que derrière notre corps abîmé, un être est présent, avec toutes ses facultés d'humanité.
Rémi
Question à l'intervenant Est-ce la 1ere fois que vous assistez à un tel atelier ? Oui
Zoé
Que le monde s'accepte.