Qui suis-je ? Hier j’ai été. Aujourd'hui je suis. Demain je serai.
Alain R
Je suis essentiellement aujourd’hui. Hier a existé, bien sûr, ma famille s’en souvient encore.
Alors pour savoir qui j’étais, il vaut mieux lui demander.
La raison est toute simple, ces souvenirs ne m’intéressent pas, car je suis ici et maintenant.
Maintenant je vis, je suis comme ma respiration, ma respiration ne respire pas hier ou demain, elle respire maintenant, alors pensez à la respiration lorsque vous m’interrogez sur hier ou demain.
La réponse est la même pour demain, car je ne vis pas demain.
Je fais simplement confiance.
Colette
J'étais une femme ordinaire dans l'insouciance de mon existence.
Je suis devenue, par la force des évènements, une femme extraordinaire, dans le sens où je suis sortie de ma condition ordinaire comme la chenille qui devient papillon après un long temps de dissolution et transmutation complète.
Je serai de plus en plus dans cette voie de transformation où mon esprit a pris les commandes et je suis à la fois dans ma vie corporelle mais je suis connectée au monde de la conscience universelle. Je passe d'un monde à l'autre comme si j'étais dans mon corps et en dehors.
Julien
Je suis maintenant heureux d’être là.
Et je préfère oublier hier avec ses mésaventures.
Aujourd’hui le chemin pour venir a changé mais la vie est belle.
J’aime les regards sur moi dans leur présent. Si je ne les perçois pas, ils n’existent pas.
J’interagis avec ce qui est ici et maintenant.
Le présent est un cadeau qui EST maintenant.
Je peux provoquer dans le présent en méprisant vos codes dont je ne comprends pas le sens, sauf pour attirer votre regard sur moi.
Je sais que je vous dérange mais vous n’avez pas d’emprise sur moi et c’est ma liberté.
Lydie
Hier c’est fini. Des souvenirs bons ou moins bons. Je garde un peu plus les bons.
Aujourd’hui je ne suis plus la même, hier est toujours là et m’a construit. Aujourd’hui je cherche qui je veux être, de quoi j’ai envie, où est-ce que je veux aller. C’est difficile. Demain je voudrais le construire, mais il y a tellement d’inconnus.
Rémi
Je reste moi toujours mais, si je suis réaliste, quand j'étais encore un enfant la vie m'était simple, tout m'était offert, tout était facile, et je survolais ma vie sans question, vivant chaque jour comme une nouveauté avec tout à découvrir autour de moi. Mon cercle était restreint à ma famille, mon village et le centre tout était réglé autour de moi, pour moi.
Aujourd'hui mon univers reste le même, mais ma réflexion s'est élargie au monde, à la société et surtout aux autres. Ma différence m'autorisant à être plus conscient de l'important par rapport au superflu.
Demain c'est ma spiritualité qui va se développer encore plus, me permettant de continuer à vivre avec ce handicap qui risque de s'accentuer, en lien avec l'âge.
Mais ce qu'il faut retenir, c'est d'être ici et maintenant, conscient du présent qui est, qui était et qui sera.
J'ai pleuré beaucoup quand ...
Alain R
J’ai pleuré beaucoup quand ? Quand ? Quand ? Beaucoup de quand, car cette question interroge le passé.
Le passé n’est plus, et je n’ai pas envie de me souvenir du passé.
Alors ai-je pleuré ?
Peut-être, peut-être pas, ma vie est joie, simplement joie.
Je suis avec vous en ce moment, si vous me regardez, vous penserez certainement que je dors, mais ce n’est pas Moi qui dors, c’est mon corps.
Mon esprit est lui, toujours présent et enregistre tout ce qui se passe autour de cette table.
Et, sans que vous le sachiez, je participe de votre joie, même si cette joie est profondément enterrée en vous elle existe.
Colette
J'ai pleuré beaucoup quand je me suis retrouvée dans l'impossibilité de bouger, de parler, comme morte physiquement, mais c'était comme si j'étais dans le néant. Mais ce n'est pas ça qui m'a fait le plus de tristesse.
J'ai surtout pleuré quand j'ai compris l'impact de mon état physique sur mes proches et que je ne pouvais rien faire. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à faire ce très long chemin d'acceptation de ma situation et de toutes ses conséquences. Mais j'ai senti beaucoup d'aide de mon mari et aussi grâce à ma foi.
Julien
On ne m’a plus regardé. Si je reste dans le silence de l’interaction, de la communication, je vous vois vivre entre vous et cela m’attriste car c’est comme si vous niez mon existence.
Si je n’ai pas de place pour vous, même si vous qualifiez cette place de pénible, je me sens vide.
Je peux être autosuffisant mais pas dans la relation humaine.
J’aime quand vous parlez de mes cintres car vous parlez de moi.
Lydie
J’ai pleuré, dans le secret parfois, quand j’ai perdu mon Papa. Cela fait mal et je ne pouvais rien faire. C’est la vie qui décide, ou la maladie. Heureusement je pense aussi beaucoup à la vie, c’est ce qu’il y a de plus important et qui me permet d’avancer avec ceux qui m’aiment.
Rémi
Pleurer n'est pas une manière d'exprimer mes émotions, même les plus tristes. Des larmes peuvent s'écouler de mes yeux mais c'est presque un réflexe.
Pourquoi ? Quel élément produit cette réaction ? Un regard qui se détourne ou un mot que j'entends, cela reste des micro évènements auxquels je porte de moins en moins d'importance.
Alors que j'ai souvent senti mon cœur pleurer dans le silence lorsqu'un être qui m'est cher quitte ce monde pour un ailleurs où je ne le verrai plus, ou face à une injustice, ou face à des évolutions de la société que je ne comprends pas et sur lequel je ne peux rien.
Et cela arrive souvent.
La prière reste mon salut.
Mes lieux importants
Alain R
Ma maison, l’atelier. Quand je dis atelier je pense à l’atelier d’écriture où je suis actuellement.
Mais aussi à l’atelier-maison où je fais certaines choses de temps en temps, j’aime beaucoup cet atelier-maison, autant que l’atelier d’écriture.
Mon attachement ne s’arrête pas à ces deux endroits, mais ils sont les plus importants, car ils me représentent vraiment.
Colette
Ma maison qui est mon cadre où je me sens en sécurité, pouvoir voir mon jardin et regarder la nature changer au fil des saisons. Ici, l'atelier qui est devenu un repère stable pour nous retrouver avec mes amis facilités et facilitants. Mais j'aime aussi les balades en voiture ou en fauteuil qui me permettent de voir des paysages et d'autres lieux. En fait j'aime bien les lieux stables et changeants.
Julien
Ce sont les lieux où je me sens accueilli, attendu, accepté.
Des lieux de relation et encore mieux si j’ai mes repères.
Les lieux nouveaux me déstabilisent et il faut que je me les approprie.
Le lieu importe peu, ce que j’y fais et avec qui est plus important pour moi.
Lydie
Il y en a plusieurs. Le premier c’est chez moi, entourée, aimée, je suis au chaud il n’y a pas mieux.
Le deuxième c’est ici où je vous parle et où vous m’entendez. Où c’est la fête pour tous ensembles.
Rémi
J'ai des lieux préférés mais je trouve plus important les personnes qui sont présentes à côté de moi, car je pourrai vivre n'importe où si je suis bien entouré.
Il me faut un peu de confort pour ne pas accentuer mes tensions, mais pour être avec ceux que j'aime, je supporterai l'inconfort.
Après, je conserve au fond de moi des lieux, des ambiances et des odeurs qui me rassurent lorsque la tristesse m'emporte trop loin.
Le silence en écho, l'odeur d'encens et les hautes vibrations quand j'entre dans une église est le meilleur exemple.
Comment ma couleur préférée affecte ma vie ?
Alain R
Ma couleur préférée n’affecte pas ma vie elle la sublime. Cependant je m’interroge sur le verbe affecter, ce verbe a plutôt pour moi un sens négatif, alors je pense qu’il est difficile de l’appliquer à quelque chose que l’on préfère.
Alors oui, ma couleur n’affecte pas ma vie elle la réjouit ET LA FAIT DANSER.
Colette
Vous avez remarqué que je suis toujours bien habillée avec goût et j'apprécie que mon mari prenne soin de mon habillement. Les couleurs dérivées du marron, ocre jaune … me vont bien au teint et me font me sentir en harmonie avec la nature, la terre.
Ces tons me dynamisent juste ce qu'il faut !
Julien
Une couleur chaude qui est symbole de la vie. Je ne sais pas si je crache uniquement quand j’ai un polo rouge mais la couleur de mon cœur est un arc-en-ciel de sensations, d’émotions et chacune résonne d’une manière différente en lien avec l’environnement.
Ce cœur changeant me permet aussi de vous montrer que je sais parler quand je veux.
Je suis certainement plus sensible aux sons que je sors et qui roulent dans ma bouche, comme le crachat qui sort de ma bouche et le souffle du rire qui part de ma gorge.
Lydie
Ma couleur préférée change en fonction de mon humeur, du temps. J’aime plus les couleurs lumineuses et douces. Les couleurs parlent de notre humeur, de nos envies.
Rémi
Une couleur préférée ? Cela dépend des jours, de mon humeur et de la couleur du ciel.
Pour me vêtir, je n'ai pas le choix et cela me convient, pas de prise de tête, il suffit que je sois confortable.
Mais pour le reste, chaque instant aurait sa couleur et il me faudrait une palette variée dans laquelle je pourrai puiser.
À l’instant c'est le bleu qui m'inonde.
Mais en arrivant à l'atelier c'était le jaune.
Et tout à l'heure ? Je ne sais pas.
Le bleu de mes yeux reste, en secret, LA teinte. La seule qui ne trompe pas.
Un sujet qui me tient à cœur
Alain R
Il y en a beaucoup, mais je vais en choisir un.
Le regard des autres. Le regard des autres m’intéresse car il est tellement changeant, « ce regard qui me regarde ». Ce regard peut être bienveillant, et j’aime. Ce regard me passionne, un échange a lieu à ce moment-là, juste de l’amour.
Parfois le regard devient dur, inquisiteur, un jugement se forme et me percute. Alors, je me protège, je glisse doucement sur le côté, je l’évite, je l’éloigne en m’éloignant.
Dommage, l’échange n’a pas eu lieu, un petit regret, une toute petite blessure qui ne laissera pas de cicatrice car l’amour demeure.
Colette
Pourquoi, si la conscience est aussi en dehors de nos cerveaux, pourquoi le regard et l'attention aux personnes qui ne peuvent pas s'exprimer ou se comporter de façon ordinaire n'évoluent pas plus car ça semble intéresser peu de gens.
Nous sommes ici des pionniers.
Julien
Mes ressentis et sensations corporelles me tiennent à cœur.
Qui d’autre que moi peut parler de ce qui se passe à l’intérieur de moi et que vous avez parfois, souvent du mal à décoder.
Quand vous êtes concentrés, je ne suis jamais sûr que vous êtes en lien avec moi.
La vie m’amuse dans ce qu’elle provoque dans mes expériences sensorielles et parfois aller jusqu’au bout, comme manger jusqu’à vomir fait partie de cette exploration.
Vos regards sur moi, vos oreilles qui guettent mes mots, mes sensations tactiles avec les cintres dans mes mains, le mouillé sur ma peau occupent une part réjouissante de mon esprit.
Lydie
Où vais-je aller, où va ma vie, qui décide d'où doit aller ma vie ?
Finalement qui mène le monde ?
J’aimerais savoir. Pourquoi, pour qui vit-on ?
Rémi
Un seul ? Moi j'ai plusieurs sujets qui m'intéressent et auxquels je suis sensible.
Mais s'il faut en choisir un, la dépendance reste le premier car je la vis au quotidien et j'ai le loisir de l'étudier, de réfléchir autour de ce thème depuis ma petite enfance, lorsque ma différence a imposé ce mot dans ma vie.
Alors que ma pensée est capable de tout comprendre, de tout envelopper en un clin d'œil, mon corps est réticent à réaliser le moindre mouvement coordonné.
Alors l'autre devient celui qui me permet de vivre, cet autre sans qui je ne serai pas là (plus là), quel qu'il soit, je lui envoie de la joie de partager ma vie, même pour un court instant.
Les gros mots
Alain R
Pas grand-chose car je ne les utilise pas. Pourtant j’en entends de temps en temps, alors je me recule, je ne me bouche pas les oreilles car je ne suis pas sensible à leur nuisance.
Nuisance. J’aime bien la sonorité de ce mot.
Les gros mots qui sont jetés à la face de l’autre pour blesser sont donc une nuisance. Malgré sa sonorité, je me demande si je dois continuer à aimer ce mot « nuisance ».
Colette
Je n'ai jamais beaucoup pratiqué les gros mots.
Il y a fort longtemps, quelques-uns ont dû m'échapper quand je ratais bêtement quelque chose ou que j'étais vraiment en colère. J'ai pu en dire !
Je pense que certains en ont besoin pour faire sortir une profonde colère ou pour se faire remarquer. Alors ça devient un langage qui se banalise pour eux.
Je pense que c'est une mauvaise habitude à éviter !
Julien
J’ai bien assez à dire des mots que vous comprenez sans aller apprendre de mots grossiers, même si je suis sûr que cela vous ferait rire si j’en disais.
Les mots grossiers sont des raccourcis quand la pensée est inapte à dire ce qui a besoin d’être dit.
Cela démontre une impuissance de l’esprit, alors mon esprit sait où il va.
Même si vous avez du mal à me suivre.
Lydie
C’est ce que l’on dit dans un état de colère, d’agacement, de rébellion. Et qui ne servent à rien parce que personne ne veut les entendre ou les lire. Ce sont des mots de ruptures, de rejet, et ils courent le monde, même le nôtre.
Rémi
Ma voix ne peut pas dire de gros mots mais ma pensée non plus. Je reste toujours policé dans mon expression.
Mais il m'arrive d'en entendre autour de moi et ça écorche.
Je ne comprends pas comment ces mots grossiers peuvent aider à vivre une situation.
Si j'ai mal "aye", si je suis apeuré "ouh" et si je suis content c'est un cri impossible à écrire.
Mais je reste poli car c'est, je crois, ma nature.
Et les dictionnaires nous offrent suffisamment de mots ou d'expression pour, définitivement, ne pas utiliser de gros mots.
Un jour peut-être en dirais-je un ? NON CAR MES OREILLES NE LE SUPPORTERAIENT PAS.