Là c'est moi sur la photo
Clareins
Ce portrait pour moi c'est bien, c’est moi avec quelque chose en plus, quelque chose de nouveau. Je trouve qu’il est beau. Avec ma chemise à carreaux, j’aime bien.
Je pense que c’est aussi un visage connu mais que je ne vis pas toujours.
Je suis parfois différent de ce visage qui me fascine aussi. J’aime bien ce visage qui me parle de moi. Je suis aussi très intéressé par le devenir de ce visage plus tard. Comment serais-je ?
Oui, j’aimerais savoir pour plus tard comment je serai.
Si je vais être aussi beau, si je vais pouvoir être parmi vous, si aussi je serai quelqu’un qui dit.
Ce visage c’est surtout pour plaire, je suis quelqu’un qui dit/rit, qui peut être là avec vous même si je parais ailleurs.
En plus je sais que je vais être élu. C’est-à-dire ? Je vais lire mon texte devant tout le monde et je serai fier de moi, de ce visage.
Colette
Je regarde ma photo et je me retrouve bien avec mon regard avisé, scruteur et curieux de ce que dit l'autre, ou ce qui se passe. Je suis concentrée, toute ouïe, prête à tout entendre même si je ne suis pas d'accord. Et surtout j'aime entendre au-delà des mots. J'aime bien toutes les personnes qui sont ici et je me sens très proches des facilités. Nous nous transmettons nos petits trucs pour mieux nous adapter au monde des parlants, ou plutôt des bavards.
Julien
Super, c’est bien mon image, ça me réjouit mais malgré mes cintres ce n’est que la surface. Je ne vois que moi à l’instant de la photo. Pour me reconnaître il me faudrait des centaines de clichés autant dire impossible … chaque fois que je regarde une photo de moi ou que je me vois dans un miroir, c’est moi et plus que moi.
Léa
Pas mal.
Je suis surprise et pas surprise
Est-ce bien moi ? Et cette photo a été prise quand ?
Aucune importance c’est moi, peut-être un peu triste, je dirai même mélancolique mais cela me sied.
Finalement cette photo reflète plutôt bien ce qu’est devenue ma vie.
Ou plutôt une exacte représentation de ce que je suis aujourd’hui. Je vis dans un silence troublant pour vous et pour moi aussi.
Parlons de moi.
Je vis dans mon monde que je qualifie de silence car je ne parle plus.
Mais ne vous fiez pas à mon visage impassible.
Je vous écoute en permanence, je m’enrichis de vos émotions, je suis avec vous.
Et surtout, je partage avec vous et je suis avec vous presque en vous.
Un jour mon sourire reviendra et vous me reconnaîtrez.
Lydie
Je peux parler de moi intérieurement, cette photo ne montre que l’apparence mais je me reconnais quand même.
J’aspire toujours l’air de la vie et si je me tiens sur la gauche, c’est mon corps qui décide.
Même quand je suis tournée vers moi, je perçois ce qui se passe autour de moi et sans regarder à votre façon je vois qui est là et qui est disponible pour moi.
J’aime mieux regarder dans les cœurs, le paysage est beaucoup plus chaleureux, surtout quand je ressens l’amour, les couleurs sont plus lumineuses et la joie du cœur est l’essentiel de la vie. Ce cœur qui vibre, qui pulse et qui me permet mes mouvements externes peut-être limités mais surtout internes sur l’infini.
Rémi
C’est une représentation momentanée de moi mais est ce que je me reconnais ? Pas vraiment dans cette expression, sûrement pas car il manque effectivement la lueur bleue étincelante de mes yeux qui éclairent chaque syllabe que je peux dire et qui appuient ma parole à chaque instant. Donc en pratique c’est moi, mais je ne me reconnais pas complètement car comme l'a dit Charline, on ne voit pas le bleu profond de mes yeux. Je tiens à le souligner, mes yeux c’est le miroir de l’âme, et là sur cette photo on ne les voit pas franchement et j’ai l’air complètement ailleurs, pas sur le timing du photographe donc pour la prochaine note Anne-Marie, me prendre pas en contre-jour, mais dans le plein rayonnement de mon bleu profond qui est si représentatif de moi. Et puis la tête, avec ce mouvement me plaît quand même, nous ne sommes pas dans le portrait avec surenchère sur la matière mais tout de même la prochaine fois on met mes yeux bleus plus en avant, car c’est mon moi extrême et profond. Et il n’y aura pas l’obligation de rajouter une légende écrite, l’image se suffira à elle-même. La photo, cela reste du statique et je préfère les vidéos quand même car là c’est trop figé pour moi, à un instant où je ne suis pas vraiment présent donc ça me gêne, car moi je suis toujours présent à 4000 lieues au-dessus de la mer, la mer de mes yeux justement.
Zoé
Je suis une jolie jeune femme. J'aime qu'on m'admire et qu'on me regarde même si j'affiche un air modeste. Je suis une personnalité complexe, j'aime la mode et j'aime être bien habillée. Cela se voit sur la photo, j'aime ma chemise en jean avec le foulard qui apporte une touche bleue. Et oui, malgré mon handicap ou à cause de lui je suis coquette, j'en ai besoin, non pas pour paraître ce que je ne suis pas, mais pour être moi !
L'attente
Clareins
L’attente pour moi, c’est comme si je joue tout seul dans mon coin et que personne ne me regarde, personne ne m’attend ni me calcule. C’est aussi de faire comme ceux-là qui sont là.
J’attends aussi souvent qu’on vienne me chercher, qu’on s’intéresse à moi, ou plutôt à mes désirs, mon envie. Je sais je ne suis pas facile à satisfaire mais je sais aussi qu’on me comprend.
J’essaye de faire ce que je peux pour attendre le moins possible alors je joue, je bouge car pour moi l’attente, c’est long. Ça ne me gêne pas trop mais quand même, je préfère ne pas attendre.
Mes parents sont toujours là pour moi et ça c’est bien
Je ne vis pas vraiment trop d’attente car je suis toujours en mouvement. Cela m’aide à attendre justement. Je vis comme à cent à l’heure, comme sur un circuit de course où tout va vite. J’aime bien aller vite, courir, tout faire vite. Je sais que je ne suis pas simple à suivre mais c’est comme ça.
L’attente, c’est aussi pour moi quelque chose que je maîtrise car je suis excellent là-dedans. Je sais que je vais étonner mais j’aime bien pouvoir faire comme je veux.
Alors attendre, finalement, ce n’est pas beaucoup pour moi.
Colette
Ah ! elle est devenue une compagne familière que j'ai apprivoisée au fil du temps. Mais au début je ressentais de l'impatience qui pouvait devenir de l'agacement. Mais aujourd'hui tout cela m'a quitté. L'attente est remplie de ma présence à ce qui est, et j'ai plein de ressentis. Ce n'est plus un vide c'est un plein que j'habite. Je me sens connectée à mon entourage, à la nature, à des pensées et des choses qui sont au-delà de moi. En acceptant totalement l'attente, je vis la présence à ce qui est, sans la juger.
Julien
C’est mon quotidien d’attendre les choses courantes de la vie. Pour ce qui est de moi, du moi profond, sans prétention je maîtrise. Attendre ça m’agace je me suffis bien sûr. J’attends beaucoup de ma mère. Je suis dépendant cela me gêne parfois. J’aimerais de pas avoir besoin d’attendre mais la vie c’est aussi attendre, notamment de l’amour.
Léa
J’attends tout et je n’attends plus rien.
Je n’attends plus rien car un jour le monde a basculé.
Et tout est devenu différent. Mes anciens repères n’existent plus.
Tout a été changé et j’ai changé.
Une partie de moi s’est enfuie avec ce monde ancien.
Il faut tout refaire, tout reprendre, tout regarder, tout recomprendre.
Et l’attente, toujours cette attente qui pour le moment me blesse car je ne peux pas redevenir la personne que j’étais.
Alors, je commence à appréhender autre chose, un autre monde commence à émerger en moi.
Et mon attente se transforme petit à petit en patience.
Oui car pour pouvoir rester avec, je cultive cette attente patiente qui me permet de retrouver le goût de la vie.
Lydie
Il y a bien longtemps que je n’attends plus puisque j’ai compris que vous n’aviez pas accès aux mêmes codes que nous.
Anne-Marie a parlé de quantique : est-ce la bonne explication pour vous, nous verrons en janvier.
J’ai surtout attendu de grandir, de me développer, d’intégrer vos fonctionnements. Puis j’ai compris que je fonctionnais autrement, alors je me suis adaptée à mes capacités et je les ai développées. Je les exploite à fond quand je suis avec mes semblables et avec vous, qui êtes dans la moyenne, j’essaie de me mettre à votre niveau. Parfois cela fonctionne avec ceux qui me connaissent et parfois vous passez à côté mais je fais avec.
J’attends maintenant le premier samedi de chaque mois.
Rémi
Qui je suis pour attendre plus que la moyenne ? Comme ceux qui peuvent attendre des heures que les trains passent, j’aime aussi regarder les trains qui passent. D’ailleurs en d’autres circonstances j’aurais pu être chauffeur de train, quel métier passionnant, on attend à l’intérieur, au chaud et on fait voyager des millions de personnes qui vivent des milliards de choses et de pensées à la seconde. Pour moi c’est bien cela l’attente, avoir la possibilité d’être traversé par des millions de pensées sans pouvoir les arrêter avec une action qui stoppe le processus de la pensée, tel le chauffeur de train que je voudrais être, j’aurais le pouvoir incroyable de conduire et de ne plus être conduit, le pouvoir d’attendre un nouveau lieu, une nouvelle ville, une attente teintée d’excitation ou de nouveaux paysages apparaissent devant moi qui roule à grande vitesse et qui en plus transporte les autres dans sa locomotive à un rythme fracassant. Je suis ce train, je suis ce chauffeur et cette attente est belle et excitante, je la veux comme ça et pas autrement. Pas l’attente d’un jour meilleur, négative, et qui te prend l’ensemble du cerveau, celle qui n’a pas d’espoir et qui est malheureuse que rien n'arrive au final, non pas celle-là. Juste l’attente du chauffeur de train qui fait découvrir aux voyageurs de nouvelles vues magiques.
Zoé
C'est ma vie, c'est collé à ma vie mais c'est du quotidien et la réalité. C'est la seule réalité connue car elle régit toute la journée. L'attente n'a donc pas le même sens pour vous que pour moi ou nous. Pour vous, l'attente c'est l'angoisse, c'est un moment dont on voudrait se passer. Pour moi, l'attente c'est ma réalité, je vis avec mais je n'attends rien, car je vis chaque instant de l'attente. J'en profite pour papoter avec les copains, regarder, humer, profiter de chaque instant. L'attente telle que vous la vivez n'est pas pour moi.
Moi je vis chaque instant, je n'attends rien.
Auto dérision : je parle de mon corps comme Cyrano de Bergerac
Clareins
Je me trouve comme Harry Potter. Ou comme un singe qui grimpe partout. Je suis aussi celui qui vit à côté de ses pompes. C’est-à-dire que je suis aussi prêt à faire n’importe quoi, comme si je pouvais être un surhomme, comme Harry Potter quoi. En plus je lui ressemble un peu non ? Sur la photo … !
Un petit singe ça me plaît bien. Je peux chiper plein de trucs à tout l’monde et personne ne peut vraiment m’engueuler. C’est trop drôle un petit singe, je pourrai bondir de partout.
Je me trouve plutôt beau donc m’"autodériser" pas trop pour moi !
Colette
J'ai peut-être l'air d'une personne bien sous tous rapports, bien élevée quoi, sérieuse, gentille et polie. Et bien pas du tout ! Je le suis quand il faut l'être mais j'ai aussi l'autre facette qui aime tout remettre en question. Et avec tout le temps dont je bénéficie, j'apprécie chez les autres tous ceux qui agissent et pensent différemment. Voilà je crois que j'ai gagné en tolérance. Mais en fait, il y a une infinité d'êtres différents qui existent et moi j'en suis émerveillée. J'ai appris à aimer toute la variété des êtres. Vous m'avez reconnue ?
Julien
Je ne cherche pas à attirer l’attention mais je sais que mon comportement vous étonne, je ne tiens pas en place c’est comme ça, je ne connais pas l’expression faire les 100 pas car elle me paraît bien ridicule. En revanche si je veux prendre ma pause, gare à vous car je saurai la prendre là où bon me semble, n’est-ce pas Anne-Marie !
Vous avez tellement l’habitude de me voir bouger que c’est ma tranquillité et mon repos qui vous intriguent. Je bouge au rythme que je veux et ceux qui m’entourent n’ont qu’à me suivre pour me comprendre : vous devez subir le même sort que mes cintres. Je suis un grand bavard, j’adore venir vous voir mais quand il est l’heure de faire la pause du goûter, c’est chacun sa guerre … ou alors je vous conseille d’être de mon côté. Je sais que ce n’est pas évident pour tout le monde mais essayer de bouger, cela libère l’esprit.
Lydie
Non je ne suis pas de gauche mais je tends vers le cœur.
Viens ici mon enfant que je te croque !
Un fauteuil, pas un Louis XIV mais un carrosse sans laquais.
Vous pouvez me confier vos secrets, je resterai bouche cousue, promis.
Je m’arrange pour toujours avoir un foulard, voire plusieurs par jour, connaissez-vous mon truc ? Je ne pense pas que vous l’appliquerez …
Léa
Un jour j’étais belle.
Un jour j’étais différente.
Aujourd’hui je suis encore différente, et chose extraordinaire, tout le monde voit la métamorphose.
Je marchais, je courais, je parlais, je chantais, je faisais rire, je faisais pleurer.
Aujourd'hui je suis toujours belle, je suis encore plus différente.
Je ne marche plus, je ne cours plus, je ne parle plus, je ne chante plus, je ne fais plus rire.
Est-ce que je fais pleurer ?
Non, ne pleurez pas car je vis, je marche, je cours, je parle, je fais toujours rire.
Mais là où la différence est ahurissante, tout cela se passe en moi, tout est passé de l’extérieur à l’intérieur.
Du vacarme au silence.
Du mouvement à l’immobilisme.
Et pourtant, n’en doutez pas, je suis heureuse.
Rémi
Rire de moi, est ce que je peux ? Mais bien sûr chère amie, toi qui me regardes et qui me marches dessus sans grande complaisance.
Oups ! non ce n’est pas mon bras, c’est ma jambe, tu t’es trompé voyons, un peu de sérieux tout de même.
Merci pour ce thé, alors là ce n’est pas ma bouche c’est mon oreille, alors un peu d’effort tout de même.
"Tout va bien, je vais bien," comme ils disent, mais je peux même me permettre d’avoir toujours les mêmes chaussures car elles sont étincelantes de propreté bien que cela fait des décennies que je marche avec dans mon esprit mais comment je fais ! Je fais avec tout le reste car moi j’ai des beaux restes, surtout à l’intérieur.
Zoé
J'ai des mains de poupées, si j'étais pianiste je jouerais sur un piano d'enfant.
J'ai les cheveux frisés mais je suis toujours décoiffée, on dirait un clown ...
Je pourrais continuer mais je n'aime pas cet exercice car je n'ai pas envie de rire de moi.
Ce n'est pas que je me prends au sérieux mais le regard des autres me suffit pour exprimer tout ce que je ne dirais pas.
Ma maison familiale et ou le centre
Clareins
C’est un miel où je me sens bien. C’est aussi un lieu où je peux croître, grandir quoi, où je peux m’épanouir avec mes amis. J’aime bien être chez moi, avec ma famille. Ils m’aiment et je me sens bien. Je sais aussi que parfois je peux être lassant mais je vis quand même à fond.
Ma maison c’est mon havre, c’est ma culotte de rechange, c’est tout ce que je vis à l’intérieur.
Je sais que je peux aller au-devant de vous avec toutes mes peurs et mes craintes, mais je serai quand même bien chez moi. C’est douillet. Ma maison, c’est ce lieu où je vis avec mes parents.
J’aime bien ce feu qui attire à l’intérieur, c’est doux.
Ma maison, c’est un lieu où je me sens bien, au chaud, douillet, entouré.
Colette
Moi j'ai la chance d'habiter une maison et d'avoir un jardin. Et en plus et surtout d'y vivre avec mon mari qui est aux petits soins pour moi depuis toujours. Ma maison est spacieuse et je m'y sens très bien et je peux voir toutes les saisons se dérouler grâce au jardin. Mais ce que j'apprécie le plus dans ma maison c'est que c'est mon foyer, il y a la chaleur de l'amour qui circule en plus d'un bon chauffage pour l'hiver. Je ressens beaucoup de gratitude envers la vie.
Julien
Mon chez-moi c’est là où je peux me sentir moi-même, il n’y a pas de chez vous, chez moi. Au moment où vous m’ouvrez la porte et que je peux agir en tout acte et toute conscience c’est chez moi ! Quand maman me gronde ou m’empêche de faire ce que je veux, j’ai envie de lui dire : JE SUIS CHEZ MOI ! Et puis d’abord quelle est votre définition du foyer ? 4 murs, 1 toit ? Ou bien le lieu où vous pouvez partager de bons moments et vivre comme bon vous semble. J’aimerais que l’on puisse me donner l’accès à mon chez-moi et qu’on me laisse inviter qui je veux, la famille, mes amis (ceux qui me supportent) et que je sois le maître des lieux, personne pour me surveiller ou me dire quoique ce soit.
Léa
Depuis quelque temps déjà je vis ailleurs. Ailleurs ce n’est plus ce chez moi qui existait avant.
Avant quoi ?
Avant un grand chambardement qui a tout remis en question, au point que mon chez-moi s’est transformé en ailleurs.
Cet ailleurs est un lieu totalement différent, je n’y suis ni bien ni mal. Mais ayant tout perdu il faut bien que je sois quelque part.
Je suis donc ailleurs, ne pouvant rien faire, tout est fait pour moi.
Cette situation a été pour moi très longue à comprendre, très longue à accepter.
Aujourd’hui je prends mes marques, j'ai 2 ailleurs, celui dont je vous ai parlé, et un autre vraiment ailleurs puisqu'il est à l’intérieur. Ou bien plus haut ?
Lydie
La maison cela a déjà évoqué bien des fois directement ou indirectement, alors passons au centre qui est aussi une maison, ma maison pour la semaine.
J’y ai plus de liberté au sens où on me connaît différemment, les professionnels font moins d’hypothèses et de propositions, d’inclusion car ils s’abritent derrière le cadre professionnel.
Mais le centre est aussi mon jardin secret car je peux communiquer facilement avec les autres résidents et tout cela à l’abri des valides.
Là aussi, parfois on ne me comprend pas mais cette alternance avec ma maison familiale me va bien et j’ai mes repères, différents dans les deux.
Des environnements différents, des morceaux de vie différents qui se complètent, qui s’emboîtent, il n’y a pas d’opposition.
Rémi
Alors la maison, c’est grand et c’est aussi partout là où je suis avec des gens de cœur et qui sont là pour moi. La maison est plus accueillante et plus dans la compréhension de mes envies, je suis dans mon antre quand je suis dans ma chambre, plafond jaune moutarde et bibelots machinales, fuite par la fenêtre où je m’évade quand je peux. C’est important d’avoir une fenêtre ouverte sur la vie mais aussi sur les gens et ma maison c’est ça, au sens propre comme au figuré, c’est l’endroit où je peux rester seul mais où je ne crains pas d’être seul car je suis entouré par les bras de ceux qui habitent la maison.
Zoé
Ma maison est un cocon, elle est faite pour moi et les autres. Elle m'appartient comme à chacun qui y passe. C'est un foyer dans le sens où il y fait chaud et bon à vivre. C'est un cocon mais qui évolue car au printemps la chenille devient papillon et le jardin me remplit de joie avec les sons des oiseaux et les odeurs d'herbe.
Elle est tout à la fois pareille et toujours différente, je la redécouvre chaque fois aussi en fonction de mon humeur.
La société dans laquelle je vis
Clareins
La société c’est quoi au juste ? C’est où on est, on vit ? Si c’est ça, ça me va, je suis bien.
Si la société c’est les autres, dans la rue, ça me fait un peu peur.
Je suis certain de pouvoir/vouloir aller vers les autres mais je suis frileux, j’ai un peu peur. Les autres, c’est ces gens qui me regardent parfois comme étrange, comme un petit animal qui bouge partout. Mais je n’aime pas leur regard. Il est froid. J’aime qu’on m’aime, qu’on fasse attention à moi.
La société, les gens quoi, c’est autre, c’est pas toujours très gai, ni très bien. J’ai plutôt peur, je ne me sens pas très bien ou attiré par le dehors. Les autres ailleurs, c’est des gens que je ne connais pas, ni qui me connaissent et je n’aime pas trop. Ils ne me parlent pas toujours alors que je suis là à comprendre. Je n’aime pas ou ne trouve pas que ce soit intéressant, même si ça peut m’aider à devenir autre, je sais.
Je sais que je peux avoir besoin d’eux, de la société mais pas tout de suite.
Colette
Quelle vaste question ! Moi je ressens qu'en ce moment la société ne sait plus très bien où elle en est. Elle se cherche. Il y a du positif, des personnes, des communautés qui inventent de nouvelles façons de vivre, de coopérer, de partager, de faire attention à l'autre, aux autres, aux différences, à la Terre et c'est très enthousiasmant. Donner du sens à sa vie, bien communiquer, tenir compte des autres, etc. De l'autre côté, il y a du négatif comme les guerres, les agressions, …
Mais je crois que l'essentiel est de choisir ce qu'on veut regarder et où on veut s'investir dans sa vie. Moi j'ai choisi la Paix, l'accueil de ce qui est et, à ma façon, je prie pour aider les humains à trouver le meilleur en eux.
Julien
Quand je suis dehors, je n’ai pas peur, je suis quelqu’un de gentil, honnête et super souriant. Aucune raison de s’inquiéter à moins que … les autres, ces gens qui ne me connaissent pas, qui n’ont pas cette chance de me comprendre comme vous ici dans cet atelier. Ma vision des relations en société n’est peut-être pas des plus communes mais c’est de cette manière qu’elle me convient. Quand j’entends relation, j’entends aussi échange et contact. Les personnes qui m’entourent ont chacune leur bulle et mon passe-temps favori c’est de m’y inviter … s’offre à moi deux possibilités, l’acception ou l’inconfort, car non je ne vais pas m’en aller !
Léa
Difficile de parler de la société en général, car j’en suis sortie et maintenant je me concentre sur moi, rien que moi, encore et toujours moi.
Comprenez-moi.
La vie a été ce qu’elle a été, j’ai accepté mais pas au point de me retourner pour regarder.
Le monde, la société, je suis actuellement en phase de progression, mais cette progression est essentiellement tournée vers moi.
Je commence à me retrouver, je m’intéresse à moi, je cherche autre chose.
Je cherche ce qui me permettra de sortir par le haut.
Mais ce que je pressens n’est pas de ce monde, ni dans cette société.
Alors peut-être qu’un jour je vous parlerai de la société, mais j’ai pour le moment autre chose à faire.
Lydie
Première syllabe : so, sot, sottise, ... Tous les dérivés sont possibles et justes.
Nous sommes dans une société qui bouge mais pour aller vers où ? Personne ne sait et je pense qu’elle sera ce que nous en ferons, mais en avons-nous conscience ? C’est ce que nous disons entre nous car nous sommes libres dans notre communication, pas de censure et nous sommes sortis de vos dogmes. Je sais, vous vous dites à quel prix ? Mais je vous rassure, je préfère cette liberté sans compromis que cette société errante, perdue dans laquelle vous êtes englués et que vous critiquez sans rien changer. À notre niveau, nous ressentons beaucoup de bonheur entre nous quand nous sommes d’accord et essayons de vous le partager, mais votre réception est perturbée par ??? je ne sais quoi …
Rémi
La société n’est pas la crème du beurre, on pourrait même dire même plus, une société où des gens coexistent au détriment d’autres, peut-on réellement parler de société au sens d’une organisation de vies ou bien sur un empilement de données de chaque individu qui se suffisent comme il peuvent à eux-mêmes quand ils le peuvent. Et heureusement qu’il y a dans notre société des personnes comme moi, oui en situation où on a besoin des autres pour leur montrer qu’il peut y avoir un peu d’humanité, que ce n’est pas une relique perdue d’il y a des années dans un linceul. Et oui grâce à des personnes comme moi la société devient un peu plus humaine et moins égoïste et ça me rend fier de mettre ma pierre, enfin mon caillou, mon petit gravier, dans ce rouage qui ne tourne malheureusement pas très rond. Ce sujet me parle beaucoup dans tous les domaines qui touchent notre société, les lois, la politique, le manque d’authenticité surtout, un assemblage et un jeu pittoresque de montagnes qui ne bougent pas et qui encerclent notre liberté. C’est dans l’hyper cadre, sans amour, sans justesse.
Zoé
Je ne la connais qu'à travers les autres, les soignants, les amis, ma mère ... et ce que j'en entends ne me fait pas envie. Toujours courir après le travail, le temps, l'argent ne me dit rien.
On me dit que c'est nécessaire et je le crois, mais je sais aussi qu'on passe à côté de choses essentielles et je suis déçue pour eux.
J'ai la chance de ne pas avoir à vivre dans cette société mais à côté, et j'en suis bien aise.
Une boîte : qu'y a-t-il dedans ?
Clareins
Il y a un clown dans la boîte. Un petit clown qui tourne pas rond et sur lui. Pourquoi ? Parce que ce clown c’est un peu de moi. Un peu de ma part personnelle, mon moi intérieur peut être, je ne sais pas comment dire. J’aime bien ce petit clown qui tourne car il va être seul et ça c’est un avantage. Il me parle et me dit de faire comme je veux. C’est pour ça que je l’aime bien. C’est mon moi intérieur en fait. Il me conseille toujours de faire comme ça.
Ce petit clown il est vert, avec un vêtement à carreaux, et un chapeau pointu. Pourquoi ? Je ne sais pas, je l’imagine comme ça. Il me ferait rire et ça j’aime bien, rire. Ça me met du baume au cœur, ça illumine mon intérieur.
Alors ce petit clown finalement, il me va bien et me fait du bien. Je l’aime bien. Il tournoie sur lui pour que je l’admire et que je joue avec lui. Un peu comme si je jouais en moi. C’est pour ça que je lui dois bien ça, un petit texte pour vous le décrire. Et pour dire que je l/m’aime bien.
Et oui, c’est ça l’art d’aimer, de s’aimer.
Colette
Dans ma boîte il y a des écrits que j'ai gardés. Des notes personnelles sur ce qui est important pour moi, des passages de livres que j'ai aimés, quelques lettres. En fait que des choses que je ne voulais absolument pas perdre et que je voulais relire à l'occasion, bref des écrits précieux qui me paraissaient à l'époque essentiels. Alors bien sûr en relisant tout ça, je suis touchée mais surtout agréablement surprise parce que je reconnais comme un fil entre ce qui me paraissait fort avant et qui me paraît tellement évident maintenant, car je le vis intérieurement. Qu'est-ce que ça me fait du bien !
Julien
Pour un dernier sujet, je trouve ça un peu simple me concernant car il est évident que je vais choisir le verre, celui qui peut être à moitié vide ou à moitié plein. Bon maintenant que j’ai fait ma blague je veux surtout parler de mes cintres. Quoi d’autres ? Ils m’accompagnent nuit et jour, on a tout vécu et on partage notre vie ensemble, en rythme. Je veux parler d’eux à la troisième personne avec le qui avec un i car on a partagé trop de moments et de secrets. Après s’ils sont dans une boîte c’est que vous me les avez piqués, car leur place c’est avec moi !
Léa
J’ai envie de vous répondre RIEN.
Mais cette réponse ne vous plaira pas, alors je vais tenter l’exercice.
Il y a tout ce que je ne veux plus.
Mes souffrances, mes regrets, mes infirmités, mon silence, mes doléances de toutes sortes. Et cette boîte, je veux la jeter dans un feu joyeux, un feu qui brûlera toutes ces souffrances, toutes ces impossibilités qui sont entrées dans ma vie.
Alors à cet instant le bûcher est prêt, le feu est très beau.
Et je vous invite à cette fête d’un renouveau. Une nouvelle vie qui surgira dès l’instant où je jetterai cette boîte dans le brasier qui sera mon adieu à ce passé de souffrance.
Tout est bien !
Lydie
Si c’est dans ma boîte, mon jardin secret, je ne suis pas sûre de vouloir le partager. Alors je vais choisir ce que je vais vous donner …
Ma boîte d’amour contient donc de l’amour, avec une couleur chaude, quelque chose de nourrissant et que j’ai envie de partager, car ce sont des moments de la vie que ces moments de partage.
Dans ma boîte, il y a tout ce qui me préserve de la solitude. Cela ne veut pas dire que je veux toujours être avec quelqu’un, mais la solitude c’est de se sentir seule, sans personne sur qui compter, sans personne à appeler, sans personne à aimer et ce n’est pas ma situation.
Rémi
Dans ma boîte, il y a du vide, du néant, je préfère cela car cela me permet d’en prendre quand j’en ai le plus besoin, du rien, du vide, du bien. Je ne veux pas découvrir un affreux bonhomme avec un ressort qui m’effraie, non ma boîte me permet de ranger du vide, du rien, mais qui a un sens quand je le rajoute à mes pensées qui défilent sans cesse dans ma tête. Le rien me fait du bien, je n’ai pas d’angoisse, j’ai un vide, un espace où je peux construire, un terrain de jeu vierge de sens qui me permet de recréer à nouveau. J’aime créer mais j’en ai un peu perdu le goût depuis quelque temps, je veux que ma boîte m’offre ce vide évident à ma création, à ma résonance, à mes idées, à mes pensées, je veux retrouver du vide pour créer, et ce vide il est bien rangé dans ma boîte, ma boîte à souvenirs peut être. À l’intérieur elle est bleue feutrée et un vent frais la garde bien sèche avec une petite senteur de lilas, de muguet et du vide, du vide confortable où je me love sans pensées et je m’endors en rêvant à mes futures créations. N'ouvrez surtout pas ma boîte, elle ne s’ouvre que pour moi et m’apporte mon air frais.
Zoé
C'est une boîte de feux d'artifice de toutes les couleurs, il y a du bruit, de la couleur, des Oh des Ah ... Cette boîte me réveille et me permet de me remettre parmi vous.
J'aimerais que cette boîte vous réveille aussi, vous permette de voir la vie sous un autre jour, faite de couleur et de rêves.
Je vous permets de terminer cette journée bien grise par une explosion de couleur et de lumière ... parfait en ce jour de fête des lumières Ha Ha Ha !